de Herimene » Mer 16 Mar 2016 22:05
Je pense également que l'écart entre Juppé et Sarkozy est fortement surestimé, sauf dans le cas d'une primaire avec une participation massive et notamment de sympathisants du centre, ce vers quoi on semble difficilement s'acheminer.
Après, si Sarkozy n'est pas hors jeu, il est quand même clair que Juppé est l'immense favori pour le moment. Mais il ne peut que baisser d'ici l'automne... et attention au syndrome Balladur avec une popularité bien plus forte en dehors de son parti que dedans. Si les adhérents LR seront minoritaires à la primaire, les sympathisants du 1er cercle pourraient tout de même être majoritaires, ce qui favorisera Sarkozy et les candidats marqués à droite.
Sinon le truc qui m'étonne le plus c'est le score cumulé des candidats de l'aile gauche du parti (ou tout du moins modérée) qui atteindrait 68% ! Même si certains de ces candidats plutôt perçus comme modérés peuvent également attirer des électeurs marqués à droite (Le Maire et Fillon par positionnement politique parfois ambiguë, et Juppé par opportunisme politique et volonté de voter pour le "gagnant déclaré"), ça semble tout de même beaucoup trop haut pour être vrai, d'autant plus qu'on s'achemine pas a priori pour l'instant vers une participation massive de l'électorat centriste.
Aussi franchement si les scores de Morano ou de Copé m'étonnent, c'est plutôt pour leur faiblesse que pour leur relative force. Après, pour les "petits candidats", leur score dépendra beaucoup du nombre de candidats qualifiés in fine en termes de parrainages. A ce petit jeu, Copé est quasi certain d'obtenir le nombre de parrainages, grâce à un réseau d'élus fidèles encore assez consistant malgré les affaires. Pour Mariton, ça semble un peu moins probable mais pas impossible (pour la même raison que Copé, mais dans une moindre mesure). Par contre pour NKM et Morano, c'est quasi impossible qu'elles y arrivent.
Mais Copé et Morano s'ils peuvent se présenter in fine auront leur électorat propre qui pourrait bien atteindre les 5% pour chacun d'entre eux (voire plus pour Copé, surtout si Morano et Mariton sont sur la touche). Par contre, je vois vraiment difficilement NKM, si jamais elle arrivait à se présenter, atteindre 4% avec un Juppé, un Le Maire voire un Fillon sur quasi le même créneau qu'elle (avec quelques nuances, mais tant que ça objectivement).
Outre Juppé, le candidat qui peut pas mal baisser selon moi d'ici octobre c'est Fillon (syndrome Ségolène Royal de 2012, candidat objectivement "has been" (sans doute la faute aux médias, mais pas que) et quasi sur le même créneau que le grand favori). Avec la montée de Le Maire, ça ne me semble pas impossible qu'il soit même en dessous de 5%, et possiblement derrière Copé par exemple.
Faut aussi pas oublier que même si la participation à la primaire était massive, ça ne veut pas forcément dire que les Centristes et les quelques électeurs de gauche qui s'aventureront dans l'isoloir seront plus nombreux que ceux de la droite extrême ou de l'extrême-droite. Il y aura des sympathisants FN ou DLF pour voter Copé par exemple. Et en plus avec un Sarkozy aussi bas, il y a bien la place pour qu'un challenger émerge à sa droite... Ne pas oublier le cas Montebourg à gauche en 2012, parti de quasiment rien et porté à la fois par la faiblesse de la candidate favorite de la gauche du parti, Martine Aubry et la participation relativement massive des sympathisants Front de gauche et associés.
Même si je pense in fine que Sarkozy sera beaucoup plus haut... car les candidats de l'aile droite du parti (Sarkozy, Copé, peut-être Mariton et Morano s'ils sont qualifiés) peuvent très difficilement être en dessous des 40% en cumulé, et seront peut-être même bien au dessus.
Dernière édition par
Herimene le Mer 16 Mar 2016 22:16, édité 3 fois.