de Ramdams » Sam 13 Juin 2020 22:50
J'ai passé en revue les seconds tours des grandes villes (> 100 00 habitants)... Autant dire que les "villes à suivre" sont légion !
Je vous propose ma liste de villes à suivre absolument, de villes à suivre dans une moindre mesure, et celles qui n'ont plus de réel intérêt, à mon sens. Vous pouvez être en désaccord avec moi, bien évidemment.
Les points chauds ou villes à suivre absolument :
- Lyon (et la métropole) : sans doute le point le plus chaud parce qu'il recèle beaucoup d'inconnues. Les écologistes semblaient avoir un boulevard devant eux le 15 mars, mais il s'est réduit par l'alliance décriée entre Collomb et la droite, dont on peine à jauger le potentiel.
- Marseille : l'affaire des procurations rebat les cartes et jette le discrédit sur une droite dont les chances de victoire sont moindres qu'à l'accoutumée. Le Printemps marseillais, qui s'est sabordé dans le VIIe secteur, peut-il en profiter ? Et comment Ghali jouera-t-elle de son influence ?
- Strasbourg : Là encore, le boulevard qui se dessinait devant les écologistes s'est réduit en ruelle. L'alliance qui était prévue EELV-Trautmann n'a jamais eu lieu et celle entre Fontanel et Vetter, enterrée jusqu'à 15 heures a été scellée juste avant le dépôt à la préfecture. Les électeurs suivront-ils ?
- Perpignan : Un maire sortant avec une faible légitimité, un front républicain qui n'a plus l'efficacité d'autrefois, des candidats qui franchissent le Rubicon en apportant leur soutien à Aliot... Beaucoup d'incertitudes sur ce duel.
- Toulouse : Alliance scellée au forceps à gauche pour tenter de reprendre la ville à Moudenc. Un duel serré comme en témoigne les sondages.
- Le Havre : La mésentente de Lecoq avec les écologistes lui coûtera-t-il sa victoire ? Edouard Philippe n'est-il pas préféré à Matignon, plutôt qu'au Havre ?
- Montpellier : La liste ubuesque Altrad, qui représente sur le papier de 50 % des voix du premier tour tiendra-t-elle ses promesses ? Face à elle, des concurrents qui font chacun moins de 20 %... Une campagne qui aura été du début jusqu'au second tour riche en rebondissements. Le résultat confirmera-t-il la singularité de ce scrutin montpelliérain ?
- Besançon : Nouveau boulevard pour les écologistes... mais la droite est bien décidée à jouer la carte du péril "pastèque" pour en découdre. Eric Alauzet semble hors course, ses électeurs joueront-ils stratégique ?
- Lille : Martine Aubry plus que jamais menacée et isolée, comme victime de l'usure du pouvoir. Mais les écologistes, arrivés deuxième, ont du retard à combler et devront absolument convaincre les électeurs insoumis... Quant à Violette Spillebout, elle peut profiter des reports d'une droite en déconfiture.
- Tours : Maire sortant en difficulté mais alliance avec LREM qui peut rebattre les cartes. Le duel promet d'être très serré.
- Saint-Denis (93) : La forteresse communiste est menacée pour la première fois depuis les années 1920, sous fond d'une campagne violente, où tous les coups bas sont permis.
Les points tièdes qui gardent une part de suspens :
- Amiens : Triangulaire mais duel serré entre la gauche et la maire sortante UDI.
- Annecy : L'alliance peu orthodoxe entre la gauche et LREM "tout sauf Rigaut" tiendra-t-elle ses promesses ?
- Clermont-Ferrand : Bianchi pénalisé par l'alliance à la lyonnaise entre LREM et la droite, mais aussi par le maintien des Insoumis au second tour... Mais le maire sortant peut compter sur de bonnes réserves de voix, contrairement à ses adversaires.
- Nancy : Mathieu Klein semble bien parti pour arracher cette mairie ancrée à droite/au centre-droit depuis la Libération.
- Orléans : La lutte entre l'ancien et l'actuel maire pourrait profiter à une gauche unie... Le jeu semble ouvert.
- Argenteuil : Les guerres intestines de la gauche s'expriment aisément ici. Le jeu semble ouvert et la droite comme Doucet peuvent espérer garder/reprendre la mairie.
- Metz : Malgré son avance, François Grosdidier (LR) ne peut pas se reposer sur ses lauriers et devra affronter la liste de gauche dont on connait encore mal le potentiel et le RN qui, même s'il perdra des plumes, représente autant d'électeurs perdus pour la droite.
- Saint-Paul (974) : La large union à droite menée par le maire sortant peut-elle en venir à bout de l'ancienne maire Huguette Bello ? Les reports de voix des nombreuses listes non qualifiées seront à scruter ici.
Ex-points chauds qui se sont refroidis :
- Paris : Avec le plantage de Griveaux et le burn-out de Buzyn, LREM a cessé d'être une menace pour Anne Hidalgo qui est bien partie pour être reconduite pour un second mandat. Le soufflé Rachida Dati semble être retombé.
- Bordeaux : L'alliance de dernière minute entre la majorité sortante et LREM d'une part et le maintien de la liste Poutou d'autre part cadenassent le scrutin, et fait voler en éclats toute perspective de victoire pour les écologistes.
- Rouen : Les écologistes étaient promis à un succès à Rouen, au point d'avoir le leadership à gauche, avec l'affaire Lubrizol en arrière-plan... Mais c'est finalement un second tour plus traditionnel qui se joue, où les écologistes servent de supplétifs.
Villes sans grand enjeu :
Aix-en-Provence, Brest, Dijon, Grenoble, Le Mans, Limoges, Mulhouse, Nantes, Nice, Nîmes, Rennes, Saint-Denis (974), Saint-Etienne, Villeurbanne.
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Ramdams le Dim 14 Juin 2020 11:25, édité 1 fois.