Il est clair que cette succession sera compliquée: soit l'exécutif y met disons "un écolo" et pour compenser le déficit d'image il faut encore plus mettre le paquet, en termes de moyens matériels (plan de rénovation énergétique des bâtiments au-delà des dispositifs existants par exemple) et/ou politiques (ex. poste encore plus important avec non seulement le titre de ministre d'Etat mais le placement de l'Agriculture par exemple comme ministère délégué ou secrétariat d'Etat auprès de lui...).
Soit il y met un ministre chargé des affaires courantes et de la gestion de l'existant, ce qui n'exclut pas des annonces fracassantes (ex. interdiction de vendre des chaudières à fioul à partir d'une certaine année, ...) mais implique un milieu politique et associatif écolo (encore) plus nettement anti-gouvernemental.
L'approche de Cohn-Bendit semble indiquer que l'exécutif veut une tête écolo. Le souci là était aussi que le ministre potentiel a trop de personnalité alors qu'être ministre implique de la gommer (constat un peu désolant en un sens mais pas nouveau). L'autre souci est qu'après, il faut assumer sinon ça se verra très vite (i.e. avant les européennes...), d'autant plus que le nouveau ministre sera bien plus scruté que ses collègues.
Dans son entretien, Canfin dit qu'il "est très bien à la tête du WWF" ce qui sous-entend soit qu'il n'ira pas soit qu'il faudrait le supplier pour qu'il y aille.
Il parle aussi, davantage sur le fond, d'un "big-bang" dans l'organisation des pouvoirs publics, comparable à la construction européenne et à la décentralisation, sans pour autant le définir (ce qui est dommage) mais cela implique que ce n'est pas seulement une question de volonté politique mais de structure.
C'est fort possible mais s'il faut en plus changer les structures ça risque de prendre encore plus de temps à un moment...
Et toujours d'après lui, ce big-bang est nécessaire à tout écologiste (y compris S.Royal et L.Tubiana apparemment)...
Sur le fond, la question de la compatibilité entre néolibéralisme et urgence écologique se pose. Selon Gaël Giraud, chef économiste de l'Agence Française de Développement, les limites seraient plus exactement l'extractivisme (la dépendance de l'économie à l'extraction non renouvelable de ressources) et le dogme du tout-privatisation.
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