SgtJohn74 a écrit:Pas d'accord avec vous, les primaires ne sont pas apparues en France suite à un désir soudain (et tardif) de singer les Américains mais en réaction à cet évènement de notre propre histoire que fut le 21 avril 2002.
Et alors ? Le résultat du scrutin de 2002, aussi navrant soit il (surtout pour les "bien pensants"), fut la conséquence d'un choix démocratique et cela à tout point de vue !
Il y avait un candidat officiel du PS et un candidat officiel de la Droite libérale... Bien sur, il y eu de multiples candidats à gauche (Taubira, Chevènement, Hue) , certes, mais il y en avait aussi, pas mal à droite (Bayrou, Madelin, Boutin et même Mégret)... 4.800.000 personnes ont voté pour Le Pen... Eh bien, c'est leur choix... C'est quoi le problème ? le Peuple n'a pas "bien" voté ?
Le 21 avril ayant confirmé la tripolarisation de la vie politique francaise (nettement amplifiée depuis), toute double candidature revient quasiment à une auto-élimination pour le deuxième tour (mais peut-être M. Macron me fera-t-il mentir...).
C'est sur, mais la faute à qui ? Une politique conduite à la godille et qui ne tient pas compte des aspirations du Peuple (
c'est vrai que les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent) ne peut qu'encourager cette tripolarisation comme vous dites. Organiser une primaire de gauche pour entendre certains de ses primo-candidats vouloir, à posteriori, se rapprocher des vrais candidats déjà en campagne sans qu'on sache exactement dans quelles conditions, cela me fait doucement rire ! C'est quoi ce jeu de chaises musicales, on choisit celui qui paye la tournée ou quoi ?
De par la nature du mode de scrutin, l'incitation au regroupement d'un camp autour d'un candidat unique est très forte. Le système des primaires ne parait pas plus illégitime qu'un autre (le suffrage encore plus 'censitaire' des militants, ou bien la lutte politique des éléphants et/ou barons). En tout cas c'est le système qui semble le mieux optimiser les chances dudit camp pour l'élection elle-même.
De plus, cette "primairisation" (puisqu'on aime les néologismes), c'est donc un moyen de détourner le vote populaire mais aussi un moyen de fragiliser ce qui fait la légitimité des partis : un homme (ou une femme) fort(e), un consensus derrière cette personne et s'il y en a qui ne sont pas contents, soit, ils s'organisent pour contrer avec leurs moyens (ils créent un nouveau parti à l'instar du sieur Macron), soit ils s'écrasent (et généralement, c'est le cas). Lors de l'opposition Mitterrand-Rocard, les choses avaient été très claires. Vous voyez Mitterrand en 1988 dans une primaire ? Et pourquoi pas De Gaulle en 1965 pendant qu'on y est ? Décidément la démocratie, la vraie, celles de nos aieux est bien en train de crever.