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La vie politique au Canada

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Re: La vie politique au Canada

Messagede Républicain67 » Jeu 29 Nov 2018 15:43

Eco92 a écrit:C'était en effet difficilement tenable. Cela me rappelle de nos échanges privés mais il semble il y avoir un vent mauvais pour les francophones au Canada, au moins on parle d'eux mais bon... Cela rend visible un sentiment identitaire fort et permettra peut-être de mieux y intégrer les plus jeunes. A noter que cette défense des minorités francophones est souvent portées en communs avec les autochtones, les gains d'une minorité étant souvent intéressante pour l'autre (même si bien sur il n'y a pas de réserves francophones etc.).

Au Manitoba (province avec très peu de francophone) une partielle en juillet a vu l'élection du libéral Dougald Lamont dans Saint-Boniface. Cette circonscription est le berceau des franco-manitobain (qui y représentent 30% des habitants), on y trouve la majeures partie de leurs institutions. Dougald Lamont n'est pas du tout anti-francophone, mais il n'est pas bilingue, et le fait que cette circonscription précise soit représentée par un non-bilingue a été remarqué à son élection.

J'ignore ce qu'il en est pour les territoires francophones de Terre-Neuve-et-Labrador, le Labrador étant un territoire contesté par Québec. La province est très massivement anglophones, il y a quasiment autant de francophones langue maternelle que de locuteurs innus (soit autour de 0,5%), mais il me semblait qu'il y avait des villages ou ville majoritairement francophone, je ne retrouve pas ça.


Saint-Boniface est en effet le berceau des francophones dans l'Ouest canadien. Si je ne me trompe pas, la révolte des Métis de la Rivière de 1867, avec Louis Riel, a débuté dans le coin. Je ne sais pas pour le Labrador, mais je crois qu'il y a une certaine présence autour de Labrador City, à la frontière avec le Québec. Shefferville n'est pas loin.

La situation est en effet inquiétante pour les francophones hors-Québec, notamment pour les deux principaux groupes, les Franco-Ontariens et les Acadiens du Nouveau-Brunswick. Les évolutions politiques actuelles en Ontario et au Nouveau-Brunswick ne présagent rien de bon pour l'avenir de la francophonie canadienne hors Québec. En fait cela faisait désormais plus de vingt ans, après la crise autour du projet de fermeture de l'hôpital Montfort en Ontario en 1997 (après les manifestations et décisions anti-francophones de l'après Meech en Ontario: Sault-Sainte-Marie, Brookeville) que la situation linguistique n'avait plus été aussi tendue au Canada anglais. Les évènements des dernières semaines, avec notamment le soutien du gouvernement et de la classe politique québécoise (ainsi que du gouvernement fédéral) démontre que les "deux solitudes" existent toujours au Canada. Les communautés francophones hors Québec restent menacées (notamment par l'assimilation) au Canada, alors que la minorité anglaise du Québec, est certainement avec les germanophones de Belgique, la minorité linguistique la mieux protégée au monde: réseau séparé d'écoles, collèges et universités, municipalités bilingues, institutions, hôpitaux...
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Jeu 29 Nov 2018 18:14

A noter, le très touchant discours d'Amada Simard quelques jours avant de quitter le caucus conservateur, quand elle a appuyé la motion du NPD : https://twitter.com/iciontario/status/1067877796402421760

Républicain67 a écrit:Saint-Boniface est en effet le berceau des francophones dans l'Ouest canadien. Si je ne me trompe pas, la révolte des Métis de la Rivière de 1867, avec Louis Riel, a débuté dans le coin.

Vous ne vous trompez pas, il a grandi dans la ville et parmi les symboles de la francophonie dans la circonscription il y a la tombe de Louis Riel.


Républicain67 a écrit:La situation est en effet inquiétante pour les francophones hors-Québec, notamment pour les deux principaux groupes, les Franco-Ontariens et les Acadiens du Nouveau-Brunswick.

C'est une réalité, on note une grande solidarité venant notamment des indépendantistes (mais pas que) québécois, un peu à rebours de ce que je connaissais jusqu'ici - les francophones hors Québec ayant tendance à rejeter l'indépendantisme, qui serait pour eux la quasi certitude de disparaitre comme langue nationale réelle.

Pour l'anecdote, il y a en Nouvelle-Écosse une petite ville (3000 habitants) où les Acadiens sont toujours restés majoritaires, et représentent 67 % de la population (francophones natifs).
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Républicain67 » Ven 30 Nov 2018 20:10

Eco92 a écrit:A noter, le très touchant discours d'Amada Simard quelques jours avant de quitter le caucus conservateur, quand elle a appuyé la motion du NPD : https://twitter.com/iciontario/status/1067877796402421760

Républicain67 a écrit:Saint-Boniface est en effet le berceau des francophones dans l'Ouest canadien. Si je ne me trompe pas, la révolte des Métis de la Rivière de 1867, avec Louis Riel, a débuté dans le coin.

Vous ne vous trompez pas, il a grandi dans la ville et parmi les symboles de la francophonie dans la circonscription il y a la tombe de Louis Riel.


Républicain67 a écrit:La situation est en effet inquiétante pour les francophones hors-Québec, notamment pour les deux principaux groupes, les Franco-Ontariens et les Acadiens du Nouveau-Brunswick.

C'est une réalité, on note une grande solidarité venant notamment des indépendantistes (mais pas que) québécois, un peu à rebours de ce que je connaissais jusqu'ici - les francophones hors Québec ayant tendance à rejeter l'indépendantisme, qui serait pour eux la quasi certitude de disparaitre comme langue nationale réelle.

Pour l'anecdote, il y a en Nouvelle-Écosse une petite ville (3000 habitants) où les Acadiens sont toujours restés majoritaires, et représentent 67 % de la population (francophones natifs).


Il est en effet intéressant de voir les indépendantistes québécois (PQ, QS) soutenir les francophones hors Québec, alors qu'il n'y a plus vraiment de liens entre le mouvement souverainiste québécois et les mouvements francophones du reste du Canada. La cassure s'est faite en 1967 avec les Assises nationales des États généraux du Canada français, où est apparu un nationalisme spécifiquement québécois, couplé à l'indépendantisme québécois. Les indépendantistes québécois ont alors délibérément choisi de se consacrer à la souveraineté de la province et d’abandonner le nationalisme canadien-français traditionnel. Les autres francophones canadiens étant considérés comme perdus face à l’assimilation à l’anglais. Les Québécois francophones avaient jusqu’à là, comme cœur du Canada français, toujours soutenu les minorités francophones du reste du Canada, comme par exemple Louis Riel et les Franco-Ontariens lors du règlement 17 (abolition de l’enseignement franco-catholique en Ontario en 1917). Depuis les francophones hors Québec, se sentant abandonnés par le mouvement souverainiste québécois, se sont éloignés du Québec et ont appuyé le gouvernement fédéral dans sa politique de bilinguisme officiel. Cela a conduit certains d’entre eux à prôner le « Non » au référendum de 1995. Les francophones hors Québec craignent la sécession éventuelle du Québec, vu qu’ils se retrouveraient tous seuls face au Canada anglais, alors qu’ils ne forment que 4,5% de la population du Canada. Certains anglophones canadiens affirmant que le bilinguisme officiel ne se justifierait plus dans un Canada sans le Québec (où 95% de la population serait désormais anglophone, contre 75% aujourd’hui) voudront sans doute abandonner le bilinguisme. Les droits des francophones canadiens seraient alors sérieusement mis en danger. Il serait intéressant de voir la réaction du Québec souverain. Donnera-t-il, comme l’avait choisi proposé Jacques Parizeau en 1995, de donner la nationalité québécoise a tous les francophones canadiens voulant rejoindre le Québec indépendant. Les territoires majoritairement francophones du ROC sont presque tous situés à la frontière du Québec (Nord du Nouveau-Brunswick, Est de l’Ontario). Rejoindraientt-il un Québec souverain ou resteraient-ils au sein du Canada au risque d’être désormais très minoritaire et menacé à plus ou moins long terme par l’assimilation ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat ... n%C3%A7ais
https://fr.wikipedia.org/wiki/Assises_n ... is_de_1967
http://www.axl.cefan.ulaval.ca/francoph ... sation.htm

Il est beau de voir les souverainistes québécois se tourner à nouveaux vers leurs frères du reste du Canada. Un éventuel Québec souverain, cœur de la francophonie nord-américaine, devra fortement soutenir les francophones hors Québec.
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Dim 2 Déc 2018 11:41

Eco92 a écrit:Autre sujet, une partielle fédérale aura lieu à Brampton-Est en Ontario, le député libéral Raj Grewal ayant annoncé sa démission immédiate a annoncé sa démission immédiate pour raisons personnelles et médicales le 23 novembre. Il s'est avéré qu'il s'agissait de traitements contre la dépendance aux jeux, et qu'une enquête était ouverte suite à des dettes contracté par le député, qui aurait été faites auprès de personnalités en liens avec le blanchiment d'argent voire le terrorisme (précisons qu'il s'agit en ce cas d'un effet collatéral, le député n'étant accusé d'aucune complicité volontaire).

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201811/28/01-5206015-un-mystere-entoure-la-demission-du-depute-du-plc-raj-grewal.php

Ironie de l'histoire, cette circonscription fédérale était représenté auparavant au provincial (l'Ontario est la seule province à avoir exactement les mêmes circonscriptions sur les deux échelons, à quelques détails près) par... Jagmeet Singh. Il a démissionné du parlement provincial quand il a été élu chef du NPD, son frère a repris la circonscription pour le NPD provincial, et avait d'abord indiqué qu'il s'y présenterait lors des élections fédérales de 2019.

Face à la grogne des députés le pressant d'aller trouver un siège aux Communes, Jagmeet Singh a accepté de se présenter à la partielle dans Burnaby-Sud, siège laissé vacant par le NPD mais pas gagné d'avance, et situé à plus de 4000 km de sa résidence d'origine.

Malgré l'ouverture du siège le plus logique et sur pour lui, Jagmeet Singh a indiqué qu'il restait candidat dans Burnaby Sud. A voir si - si les partielles ne sont pas déclenchées le même jour - s'il ne pourrait pas garder Brampton-Est en siège de sécurité en cas de défaite dans Burnaby. En tous cas le timing est cocasse.


Bon, décidément les députés libéraux qui annoncent leurs démissions ont des regrets. Raj Grewel a indiqué avoir été bouleversé quand ses proches et le gouvernement ont appris son addiction et avoir pris une décision "irrationnelle" en annonçant sa démission immédiate. Une annonce non suivie d'une lettre de démission, il est donc toujours député et a indiqué qu'il le resterait finalement.

Jagmeet Singh a bien fait de ne pas se jeter dans la brèche !

Le caucus libéral a annoncé l'exclusion de son groupe du député, qui siège donc depuis samedi comme indépendant.

Outre la question du jeu (et de l'enquête à ce sujet, que le gouvernement dit avoir ignoré jusqu'aux révélations), le cabinet indique qu'ils ont été mis au courant d'une enquête avec deux chefs d'accusations liés au voyage en Inde de M. Trudeau : M. Grewel (qui est d'origine indienne) aurait a invité un dirigeant d'une entreprise de construction à qui il fournissait des services juridiques à participer à des événements officiels avec le premier ministre pendant le voyage. Cela est un possible conflit d'intérêt.

On ignore quelle sera la carrière à venir du député, mais s'il reste siéger ce sera en indépendant.
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Lun 10 Déc 2018 23:07

Référendum sur la réforme électorale en Colombie-Britannique
La participation de ce référendum pourtant réalisé durant un mois par voie postale est faible. Le 7 décembre, date où a priori tous les bulletins sont arrivé (on pouvait voter jusqu'au 1, cachet de la poste faisant foi), la participation était de 41 %.

Cela ne créé pas de problème particulier pour la validité du scrutin.

Le dépouillement, malgré le nombre de bulletins, va être long. On annonce des résultats au plus tôt le 19/20 décembre et le service électoral annonce un flou "avant Noël" qui n'est qu'espéré et pas certain.

https://lactualite.com/actualites/2018/12/07/moins-de-50-de-participation-au-referendum-sur-le-mode-de-scrutin-en-c-b/
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Jeu 20 Déc 2018 23:43

Eco92 a écrit:Référendum sur la réforme électorale en Colombie-Britannique
La participation de ce référendum pourtant réalisé durant un mois par voie postale est faible. Le 7 décembre, date où a priori tous les bulletins sont arrivé (on pouvait voter jusqu'au 1, cachet de la poste faisant foi), la participation était de 41 %.

Cela ne créé pas de problème particulier pour la validité du scrutin.

Le dépouillement, malgré le nombre de bulletins, va être long. On annonce des résultats au plus tôt le 19/20 décembre et le service électoral annonce un flou "avant Noël" qui n'est qu'espéré et pas certain.

https://lactualite.com/actualites/2018/12/07/moins-de-50-de-participation-au-referendum-sur-le-mode-de-scrutin-en-c-b/


Le résultat est donné et c'est une large défaite pour la représentation proportionnelle puisque 61.3% des votants (42.6% de participation) ont soutenu le système uninominal à un tour en place.

La seconde question, qui n'a pas d'utilité stricte puisque le mode proportionnel est rejeté, indiquait un choix à 41.24% du mode de proportionnelle mixte, seul existant actuellement dans d'autres pays. Les deux autres modes proposés, que j'ai expliqué plus haut, ont quasiment obtenus le même score : 29.45% pour la représentation proportionnelle binominale et 29.31% pour la représentation proportionnelle rurale-urbaine (RPRU).

https://electionsbcca.blob.core.windows.net/electionsbcca/referendum/results.html
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Mar 8 Jan 2019 07:47

Eco92 a écrit:Voici les partielles fédérales à venir :
- Burnaby-Sud (Colombie-Britannique) : le sortant NPD est aller briguer (avec succès) la mairie.
- Outremont (Québec) : suite à la démission de l'ex-chef du NPD après.
- Brampton-Est (Ontario) : vacante par démission pour raisons médicales (sortant PLC).
- Saint-Léonard - Saint-Michel (Québec) : le sortant a annoncé sa démission avant l'été mais la rendra effective le 22 janvier (PLC).

Finalement Brampton-Est n'a pas vu son député démissionner, et la loi électorale fait que Saint-Léonard-Saint-Michel n'aura pas d'élection puisqu'après le 20 janvier il n'y aura plus de partielles déclenchées (six mois avant la date de la prochaine élection), ce siège restera donc vacant.

Deux circonscriptions se sont cependant rajoutées à Burnaby-Sud et Outremont, toutes deux auparavant tenues par le NPD.

- Sheila Malcolmson, députée NPD de Nanaimo-Ladysmith (Colombie-Britannique) a démissionné le 2 janvier pour se lancer au provincial dans une partielle à haut risque. En effet le NPD dirige un gouvernement minoritaire et a un siège d'avance (grâce au soutien des verts), il faut donc qu'il mette toutes les chances de son côté pour conserver ce siège et Malcolmson étant la députée fédérale elle est plus connue.
- Cela m'avait échappé mais l'ex ministre et leader du gouvernement Harper, le conservateur Peter Van Loan, a démissionné de la circonscription ontarienne de York-Simcoe fin septembre. Il occupait le siège depuis 2004, ce dernier devrait rester aux mains des conservateurs.

Trudeau devait déclencher les partielles dans les trois circos libres début janvier pour un scrutin début février, il va sans doute ajoute Nanaimo à la liste. Le NPD va jouer gros en février avec 3 circonscriptions en jeu, qu'il peut toutes perdre, et la peau de son chef : en cas de défaite il devra quitter la scène fédérale et le NPD trouver un nouveau leader à six mois des élections.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1144790/quatrieme-circonscription-federale-libre-trois-elections-partielles
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Mer 9 Jan 2019 22:47

Le premier ministre a déclenché les élections dans Burnaby-Sud, Outremont et York-Simcoe mais pas dans Nanaimo-Ladysmith. Ces trois élections auront lieu le 25 février.

Aucun siège libéral n'est en jeu, le NPD joue gros avec deux sièges sortant mais de possibles pertes (vers les libéraux potentiellement), le PCC devrait conserver son siège.

https://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201901/09/01-5210458-ottawa-annonce-des-elections-complementaires-le-25-fevrier.php
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Lun 14 Jan 2019 11:49

Yves François-Blanchet, ancien ministre péquiste devenu chroniqueur dans la populaire émission "Les Ex", qu'il a quitté depuis son retour comme candidat à la chefferie du Bloc québécois, devrait être couronné demain sans adversaire.

Une course couterait 100000$ au Bloc qui n'en a pas vraiment les moyens. Les sondages donnent le parti encore en baisse, avec 5/6 députés. Cependant Blanchet est aussi très bien perçu au Québec et pourrait donc faire remonter la côte du parti - un gros risque pour Trudeau qui a l'avantage d'avoir un Québec massivement derrière lui.

Tout porte à croire que Blanchet est consensuel : populaire, couronné, salué par le caucus, etc. Mais rappelons nous qu'en mars 2017 Martine Ouellet était également couronnée et saluée par tous, ça ne l'a pas empêché de se retrouver avec une vague énorme de départ et de devoir démissionner un peu plus d'un an plus tard. Certes son caréactère réputé intransigeant n'a pas du aider.

Mais rappelons nous que si Duceppe a démissionné en octobre 2015 après seulement 5 mois de retour comme chef (il l'était de mai 1997 à décembre 2011) à cause de sa défaite dans sa circonscription, il remplaçait au pied levé et sans élection Mario Beaulieu, élu pile un an avant et ayant perdu la moitié de son caucus (certes, de 4 personnes). Luis même remplaçant, suite à une élection cette fois, Daniel Paillé, qui avait du démissionner en décembre 2013 après deux ans à la tête du Bloc pour raison de santé.

Bref depuis la défaite de 2011 jusqu'à laquelle le leadership de Ducceppe était incontesté, le Bloc aura demain connu pas moins de 5 chefs en sept ans, plus quatre chefs intérimaires. Notons que l'un d'eux, Rhéal Fortin, a assuré l'intérim durant un an et cinq mois soit plus longtemps que les trois chefs officiels élus depuis 2013...

Autre info sur le Bloc, Louis Plamondon - frère du compositeur mais aussi député historique du Bloc (il est élu depuis septembre 1984 et a co-fondé le Bloc en 1990) - a annoncé qu'il serait candidat à onzième mandat. Il devrait conserver son siège mais avec plus de difficultés qu’auparavant.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1146607/bloc-quebecois-blanchette-chefferie-couronnement-louis-plamondon

Notons également que l'ancien ministre d'état conservateur Tim Uppal a remporté l'investiture conservatrice dans la circonscription d'Edmonton Mill Woods (Alberta). En 2015 il avait été devancé de 92 voix par le libéral Amarjeet Sohi. Cette victoire a été récompensée du portefeuille de ministre des Ressources naturelles, mais l'Alberta pourrait très bien n'avoie aucun député libéraux après les élections, probablement seulement un ou deux, donc ce siège loin d'être un fief est plus que compétitif dans un contexte de grogne contre un premier ministre pourtant bien peu actif sur les questions climatiques mais tout de même considéré comme un extrémiste anti-pétrole par la plupart des politiques albertains.
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1146623/tim-uppal-ancien-ministre-conservateur-elections-siege-alberta
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Re: La vie politique au Canada

Messagede Eco92 » Jeu 17 Jan 2019 10:01

Depuis quelques jours de bonnes nouvelles pour le NPD et son chef Jagmeet Singh, ce n'était pas gagné ! (même si pour certains une victoire de ce dernier faisant de lui assurément le leader pour l'élection d'octobre serait une bonne nouvelle car il est à la traine dans les sondages, mais bon, il est remonté ici !)

En effet il était donné distancé largement dans la circonscription brito-colombienne de Burnaby Sud, même si la non-candidature annoncée du Parti vert (puissant en Colombie-Britannique) devait l'aider.

Un premier sondage réellement fait sur la circonscription, avec 740 personnes interrogées et une marge d'erreur de 3,6%, change la donne. Réalisé par appel automatique en trois langues, mais en anglais (langue parlée à la maison pour 57% des habitants), mandarin (16%) et cantonnais (9,2%) il a bouleversé les perceptions.

Ainsi, il donne le leader du parti néodémocrate largement en tête avec 39% des suffrages. Il est suivi par la candidate libérale (26%), le Parti conservateur (22 %) et le Parti populaire de Maxime Bernier (9%). Jagmeet Singh, très contesté et qui a pris un gros risque en déménageant dans une autre province loin de sa circonscription d'élection ontarienne (plus de 4000km quand même) qui lui aurait sans doute assuré un siège, peut-être rassuré car hors marge d'erreur pour le moment (il reste un peu plus d'un mois). On notera que depuis la publication de ce sondage une nouvelle actualité l'a aidé : la candidate libérale Karen Wang, issue de la communauté chinoise qui -on l'a vu avec les statistiques de langue - est importante dans la circonscription, a publié sur wechat (un réseau social chinois) : "En tant que seule personne chinoise candidate dans cette circonscription, si je peux recueillir 16 000 votes, je vais facilement gagner l'élection partielle, contrôler la course électorale et faire l'histoire ! Mon adversaire dans cette élection partielle est le candidat du NPD Singh, d'ascendance indienne !". Ma traduction du texte anglais (lui même traduit du chinois) est personnelle mais on le retrouve facilement en ligne.
Si parler de communautés et d'ethnie ne fait pas peur au Canada, attaquer quelqu'un à ce sujet (et le message laissait penser quelque chose de négatif sur les indiens) ne passe pas. Après la révélation de ces propos, Karen Wang a publié une lettre d'excuse à Jagmeet Singh. Elle y fait d'abord amende honorable "En tentant de parler de ma propre histoire et de l’importance de voir des gens de différents milieux s’impliquer dans cette élection partielle, j’ai fait des commentaires au sujet du milieu culturel de Jagmeet Singh. Mon choix de mots n’était pas bien réfléchi et ne reflétait pas mon intention" puis a annoncé son retrait de la course.
A ce jour il n'y a donc plus de candidat libéral à Burnaby, il reste un peu plus d'un mois donc ils devraient réussir à nommer quelqu'un, mais alors que la candidate labourais le terrain pour tenter d'emporter le siège et que les libéraux étaient en difficulté, ça ne va pas aider.

Outre celui de Singh, le score de la candidate du Parti populaire fait beaucoup parler. Il est en effet élevé et fait craindre au PCC la division du vote pour la prochaine élection (même si là même avec 100% des voix du PP, le PCC perdrait quand même).
Il faut se méfier tout de même car
1/ Ce n'est qu'un sondage, sur un parti qui se présente pour la première fois ;
2/ La candidate du PP est quelqu'un de connue, Laura-Lynn Tyler Thompson est une animatrice de de talk-show chrétien révélée il y a deux ans par une lutte acharnée contre l'éducation sexuelle et au genre à l'école ;
3/ Cela reste une partielle, où les petits partis ont généralement de meilleurs scores car plus mobilisés.

https://blog.338canada.com/2019/01/mainstreet-research-jagmeet-singh-takes.html
https://www.thestar.com/vancouver/2019/01/15/as-ndp-leader-jagmeet-singh-campaigns-in-burnaby-south-a-liberal-candidate-brings-race-into-the-byelection.html
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1147207/demission-karen-wang-burnaby-sud-parti-liberal-commentaires
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1146268/maxime-bernier-parti-populaire-candidate-chretienne-burnaby-thompson
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