Corondar a écrit:@Jean24 : pour le Sénat, si je devais regarder la carte électorale seule, hors de tout contexte, un gain net de 3 sièges pour les républicains serait loin d'être tout à fait ubuesque. Ce serait même un scénario très possible : comme vous le rappelez fort justement les républicains défendent très peu de sièges, et les démocrates beaucoup trop :). Et pour ces derniers, dans la liste, il y a des états où ils ne devraient même pas avoir de sénateurs au départ :). Mais j'ai beaucoup de mal à faire coïncider ce scénario de 3 gains nets au Sénat pour le GOP (qui de mon point de vue, au regard de la carte, serait déjà pas si impressionnant que ça pour les républicains, surtout si les démocrates conservent des états comme le Montana, la Virginie Occidentale ou l'Indiana), avec dans le même temps une Chambre qui bascule aux démocrates et une dizaine (ou pas loin) de postes de gouverneurs en plus pour les démocrates.
Bref, si je pronostique un statut-quo au Sénat (ou un gain ou une perte dans un sens ou dans l'autre, soit entre 48 et 50 pour les démocrates, et entre 50 et 52 pour le GOP), c'est surtout pour être raccord avec mes autres pronostics pour la Chambre et les gouverneurs. Mais, remarquez, je me suis un peu fait avoir avec ce genre d'éléments en 2016 :). En effet, à l'époque, je voyais très difficilement Clinton perdre le vote populaire, et je la voyais difficilement ne pas avoir au moins 2 ou 3 millions de voix d'avance sur Trump. Et, toujours à l'époque, je ne pensais pas possible une dissonance aussi forte entre vote populaire et collège électorale. Du coup, j'ai aussi fait coïncider mes pronostiques au niveau des états avec le reste. Le piège c'est que je n'avais pas imaginé qu'un écart aussi fort au niveau du vote populaire pourrait ne pas se "ressentir" dans plusieurs états pivots, au point que dans plusieurs d'entre eux le candidat en retard au niveau du vote populaire puisse s'imposer de peu (au final, Trump gagne pour environ 100 000 voix les états du Wisconsin, du Michigan et de Pennsylvanie : la bascule d'un des trois me paraissait possible, mais des 3 en même temps avec une Clinton en tête de 3 millions de voix au national, non).
Bref, il n'est pas impossible que cette fois encore les démocrates subissent une "mauvaise" répartition de leurs voix (surmobilisation dans leurs zones acquises, et sous-mobilisation dans des zones à enjeu), conduisant à une distorsion un peu contre-intuitive des résultats.
L'autre inconnue qui peut changer la donne (dans un sens ou dans l'autre) c'est la participation. Sur le précédent scrutin (2014), on avait atteint un record avec un très maigrelet 35%. Les éditions précédentes tournaient autour d'un guère plus impressionnant 40%. Or, cette année, on observe des mouvements impressionnants au niveau des votes par anticipation. On explose les chiffres de 2014, et, dans certains états, on est même carrément plus proche des chiffres d'une élection présidentielle que d'une élection de midterms (en Arizona et dans le Maine on a par exemple dépassé les chiffres de vote par anticipation de 2016). Sans préjuger de quel camp cela pourrait avantager le plus, si le jour du vote aussi on constate une forte mobilisation, et qu'on se retrouve au final avec une participation comprise entre 45 et 50%, tous nos pronostics (enfin, les miens en tout cas c'est sur :) ), pourront être jetés à la poubelle. Chez moi j'entrevois une participation de l'ordre de 42 ou 43%, avec un léger avantage côté mobilisation démocrate. Mais si on dépasse les 45% avec un fort différentiel partisan dans la mobilisation, tout devient possible (un tsunami bleu comme une victoire républicaine).
Mes pronostics peuvent paraître bizarre en effet, mais quand je fais État par État je trouve les prédictions que j'ai écrit. Peut être que j'aurais tort mais pour l'instant je pense que ça va se passer ainsi.
Juste comme précision et pour m'expliquer un peu :
Dans le Nevada la course est serrée et les petits candidats sont au désavantage de Heller, mais je pense que l'effet sortant jouera, surtout qu'il a fait le plein des soutiens, de Trump à Sandoval toutes les personnes de son camp l'ont soutenu, même Stephen Cloobeck l'a endossé (c'est un donateur du parti démocrate). C'est peut être le siège où je me risque le plus.
En Arizona je suis plus confiant, la polémique avec sa critique de l'Arizona pour Sinema puis la candidature verte qui la pénalise me font dire qu'elle va perdre. La course sera serrée mais McSally est implantée dans un bon district pour cette course et sa campagne était correcte. Après en 2016, un candidat a gagné le vote des femmes blanches en voulant les attraper par la chatte donc c'est possible que les Arizoniens ne lui en tiennent pas rigueur, mais j'imagine mal ce scénario.
L'Arizona plus les trois autres sièges démocrates que je vois basculer, ont tous un point commun, c'est que les autres courses électorales de ces États ont des enjeux beaucoup moins fort, à part le second district de l'Arizona, les démocrates n'ont à priori aucune chance d'avoir des bascules pour la chambre, seul l'Arizona parmi ces quatre États va élire un gouverneur et à priori le sortant est plébiscité. De plus les votes contre Kavanaugh ne vont pas aider les sortants et ça jouera forcément en leurs défaveurs dans des États aussi rouges.
Dans le New Jersey et en Floride, il y a d'autres compétitions très favorables aux démocrates, la chambre pour le premier (c'est un peu moins vrai pour la Floride où seuls deux districts sur 27 peuvent basculer) et le gouverneur pour le denier ; je les vois rester démocrate en partie à cause de ce phénomène qui va plus mobilisé les démocrates (en Floride je pense que Gillum et Nelson ont chacun créés une dynamique de leurs cotés qui a pu aider l'autre). Ce n'est pas le seul critère, mais pour moi c'est important, les États votent souvent dans le même sens comme dans le New Hampshire en 2016, mais bien sur il y aura probablement des exceptions qui éliront un gouverneur et un sénateur de partis différents. Ensuite dans le New Jersey, Hugin n'a pas vraiment réussi à créer une dynamique de fonds et en Floride, le sortant n'a pas eu de scandales et le contexte national défavorise Scott dans cet État pourpre.
Il reste donc l'incompréhension du Montana et de la Virginie Occidentale, aucune course serrée à part le sénat, Tester qui vote contre Kavanaugh, pourquoi je ne vois pas de bascule ? à cause des candidats républicains, même si Rosendale a fait une excellente campagne sur la fin, ça reste insuffisant, il perdra pour quelques points mais il perdra. Je voyais Morrisey comme potentiellement plus attractif que Jenkins pendant les primaires, mais je me suis trompé complètement, ce candidat est archi-nul et la bascule de la Virginie Occidentale aurait du être plus qu'envisageable. Le vote contre Kavanaugh de Tester va être un inconvénient mais je pense que c'est surmontable alors que celui favorable de Manchin lui assure sa réélection.
Pour les gouverneurs le raisonnement est semblable pour certains États (l'Iowa et la Floride notamment) et différents pour d'autres, certains États très rouges il me faut autre chose que des courses compétitives pour la bascule (le Kansas), seul l'Ohio échappe à ce schéma, mais l'implantation de DeWine est pour moi un tout petit avantage de pas grand chose, peut être que la vague démocrate l'emportera mais je le vois gagner d'un cheveu. Quand au Nevada, Laxalt n'a pas le même profil de Heller, il a moins de soutiens et n'est pas sortant.
Il reste le Wisconsin, mais ça je ne sais pas quoi dire, Evers sera à sa quatrième élection, il a tenu en 2012 alors qu'au sénat il y a eu des surprises pour les démocrates et que le Wisconsin élisait Baldwin, donc je ne prédis rien surtout que les sondages n'aident pas dans cet Etat.
Dans tous les cas je ne vois pas les républicains gagner plus que ces 54 sièges. Les sortants démocrates de Floride, du New Jersey, de Virginie Occidentale et du Montana (et les grands lacs bien sûr) sont pour moi sûrs de se faire réélire, alors que les sièges de l'Arizona, du Nevada, de l'Indiana et du Missouri peuvent être démocrates (mais quand je les prends individuellement je pense que les républicains gagneront).
Pour conclure, je dirai que cette année comme en 2016, j'aime le risque, car au fond, les résultats tomberont demain et tout le monde fera une erreur ici et là , les résultats seront ce qu'ils seront et aujourd'hui on ne peut pas les connaître, quand nous faisons nos prédictions nous prenons des risques et comme en 2016 j'en prends peut être un peu trop (mais en 2016 ça avait été payant), on verra ce que cette nuit nous réserve !