Kerxizor a écrit:Il est désormais mathématiquement impossible pour Ted Cruz d'espérer s'approcher du nombre magique de 1237. Et au vu des sondages des primaires qui s'annoncent, Donald Trump pourrait également franchir la barre des 1237 avant la fin des primaires.
Si tel n'était pas le cas et qu'il lui manquait entre 50 et 100 délégués, les officiels du GOP pensent qu'il arriverait à convaincre ceux qui n'ont aucune affiliation avant la convention de Cleveland.
Pour la générale, je remarque avec intérêt que les primaires républicaines ont amené un nombre de votants bien supérieur aux Démocrates dans les Swing States.
En effet dans les 7 Etats que sont l'Iowa, le New Hampshire, le Nevada, la Virginie, en Caroline du Nord, en Floride et dans l'Ohio la somme des militants républicains qui se sont déplacés pour la primaire est systématiquement et toujours supérieure à celle des démocrates. On peut relativiser en considérant qu’un fan de Marco Rubio ne votera peut-être pas pour un Trump. Le fait est que la réciproque est toute aussi vraie, un fan de Sanders n’étant pas plus automatiquement additionnable à une Clinton. Si on s’en tient à l’analyse du réservoir de voix démocrates / républicains, le constat est sans appel : les républicains ont le vent en poupe plus que les démocrates en Iowa, au New Hampshire, au Nevada, en Virginie, en Caroline du Nord, en Floride et en Ohio. Soit un total de grands électeurs de … 91. Soit 1 de plus qu’il n’en faut pour que Trump ne devienne président des États-Unis.
Je partage certains points, j'en tempérerai certains autres, mais je diverge complètement sur les conclusions.
Concernant les primaires, comme le rappelle manudu83, les primaires républicaines mobilisent toujours plus que les primaires démocrates, à l'exception notable de 2008 (les primaires démocrates avaient mobilisé pas loin de 40 millions d'électeurs alors, pour l'heure on est à 23 millions de votants côté GOP, ils devraient finir assez loin en dessous du record démocrate de 2008 cependant). Les démocrates ont d'ailleurs toujours un gros problème : leur base ne se mobilise vraiment que lors des présidentielles. Ils ont du mal à mobiliser massivement, notamment les minorités, lors des primaires et des élections intermédiaires ou locales.
Rappelons également que la sur-mobilisation de "l'opposition" après 8 ans de mandat présidentiel est un grand classique de la vie politique US. Ce qui est plus étonnant par contre, c'est que le camp du sortant offre aussi des primaires mobilisatrices, déjà parce que pour une fois le vice-président ne se présente pas, mais pas seulement. Avec 18,5 millions de voix côté démocrate pour l'heure, la participation est très élevée selon les standards du parti de l'âne.
Enfin, malgré ces chiffres de participation en faveur du GOP, j'ai beaucoup de mal à ignorer une réalité implacable de ces primaires : pour l'heure, Trump affiche 8,8 millions de voix au compteur, Clinton est à 10,5 millions. Hier, 1.8 millions de personnes ont participé à la primaire new-yorkaise des démocrates, contre 800 000 pour le GOP. La Californie devrait encore aggraver cette réalité. Clinton sera quoi qu'il arrive le candidat de ces primaires ayant réuni sur son nom le plus de suffrages.
Concernant les reports en interne, je ne suis pas totalement d'accord avec vous. Tous les exit polls du GOP montrent que selon les états, entre 25% et 40% des électeurs des primaires ne voteraient pas pour Trump à la générale. Comme je l'ai déjà dit, je ne dis pas qu'ils ne reviendront pas sur leur opinion lors de la générale. Mais ça ne se fera pas tout seul, Trump va devoir mouiller la chemise pour ça. Et pendant ce temps, il ne partira pas à la (re)conquête d'autres électorats.
A l'inverse, côté démocrate, les mêmes exit polls montrent que les soutiens de Sanders sont tout à fait prêts à voter Clinton lors de la générale (ou, à minima, à voter contre Trump). D'autant que Clinton a un gros avantage sur le sujet : elle peut faire valoir son attitude digne et sportive de 2008 où elle avait su se rallier à Obama dans l'intérêt du parti. Aujourd'hui qu'elle est dans la position d'Obama alors, elle peut rétroactivement récolter les fruits de sa position passée de "bonne perdante" en espérant la même chose de la part de Sanders.
Enfin, concernant les swing states que vous évoquez. Déjà , Trump n'a pas gagné l'Iowa, et il a gagné de très peu la Virginie (à peine 1/3 des voix, talonné par Rubio). Pour cette dernière d'ailleurs, j'attends la fin des primaires, mais personnellement je ne suis pas certain de la retenir dans ma liste des "swing states". La dernière élection sénatoriale y a vu la victoire à l'arraché du candidat démocrate dans un contexte très défavorable, les sondages pour la générale donnent Clinton très largement devant Trump, et la sociologie électorale de l'état penche de plus en plus démocrate. Par contre je mettrais plus la Pennsylvanie en "swing state" (c'est d'ailleurs l'un des rares états où Trump continue à être très compétitif même dans les sondages pour la générale, en obtenant le match nul avec Clinton).
Mais surtout, ce qui me marque le plus, c'est que dans les swing states à forte coloration hispanique (Floride, Nevada, Arizona, Nouveau Mexique et Colorado), les états recensent depuis plusieurs mois des inscriptions massives sur leurs listes électorales d'électeurs latinos, qui ne font pas mystère de leur intention de voter contre Trump à la générale.
Quant aux primaires, je pense que Trump devrait rater de peu la barre des 1237 délégués. Mais de tellement peu qu'il ne devrait pas avoir trop de problèmes à convaincre suffisamment de délégués non liés de le rallier dès le premier tour. Si il n'y parvient pas c'est vraiment qu'il a des sondages pour la générale encore plus catastrophiques que maintenant.
Edit
NB : rappelons aussi que les chiffres de participation pour les primaires du GOP sont très fiables, par contre ceux du parti de l'âne sont toujours inférieurs à la réalité puisque de nombreux caucus y recensent les votes des délégués élus par les caucus, mais pas le nombre de votants ayant participé à l'élection de ces délégués.
En clair, le nombre de votants pour les primaires démocrates et le score de Clinton sont inférieurs à la réalité (de l'ordre de quelques centaines de milliers de voix?).
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