Kerxizor a écrit:Corondar a écrit:Par contre, si Rubio empoche l'investiture, il a clairement intérêt à faire du training si il ne veut pas se faire manger tout cru par Clinton dans les débats pour la générale. Mais je reste là aussi sur mes positions : Clinton aura plus de mal à gagner face à Rubio qu'à Trump ou même Cruz (un ticket Rubio-Haley doit donner des sueurs froides à Hillary je pense).
Cruz apparait maintenant comme affaibli car la Caroline du Sud était un fief d'électeurs religieux évangélistes, et il est largement dépassé par Trump et talonné par Rubio. Les Etats du Sud des primaires du 1er Mars ont des profils assez similaires et mis à part le Texas, elles devraient donner les mêmes résultats (Trump est en tête dans 10 des 14 southern states selon les sondages).
Je suis assez sceptique sur le nouveau statut de sauveur de l'appareil Républicain qui est conféré à Rubio et sur la dynamique que cela pourrait créer. Il apparait maintenant comme très establishment avec un profil avantageux (jeune sénateur latino élu grâce au Tea Party). Il risque de perdre le crédit qu'il avait dû à son profil pour devenir un Jeb Bush sans le nom. Je ne suis pas sûr néanmoins que cela suffise à stopper la dynamique qui s'est enclenchée pour Donald Trump.
Je crois que les commentateurs US ne se sont pas rendus compte qu'on ne jouait plus 50 élections différentes à la suite mais bien une seule et même dynamique pour le processus des primaires en général. Ce qui explique les scores élevés et stables de Trump qui confirment son statut de favori. Alors que Cruz ou Kasich ne sont compétitifs que pour certains Etats ou certains électorats.
La question que l'onse poser à l'avenir est : Donald Trump peut il remporter la générale. Mitt romney a remporté 59% du vote blanc en 2012, on peut considérer que Trump pourra faire au moins aussi bien sinon mieux. Peut-il faire mieux que les 11% du vote Afro-américain qui ont permis la victoire de Bush en 2004. On voit que Trump commence à bouger vers le centre dans ses prises de position (Irak, sécurité sociale, planning familial). A voir ses positionnements dans les débats dans les semaines à venir à mesure que les Etats voteront.
Ce sera une élection très complexe et très serrée je pense contrairement à ce que peut dire Corondar mais passionnantte ;).
J'ai aussi dit qu'une éventuelle victoire de Rubio était très très loin d'être acquise. Si il veut avoir une chance de l'emporter il faut qu'il récupère l'ensemble des électeurs de Bush et Kasich (rien que ça c'est pas gagné), qu'il récupère tout l'establishment et les super PAC qui vont avec (ça c'est fort probable), et qu'il crée et conserve une forte dynamique en sa faveur. Bref, ça fait beaucoup de suppositions. A l'heure actuelle, Trump reste le candidat ayant le plus de chances de remporter les primaires du GOP. Rubio je le vois plutôt récupérer le champ de ruines post Trump pour le coup d après...
Quant à la générale, depuis le début je dis que tout est réuni pour en faire une élection serrée, sauf si c'est Trump le candidat républicain. Je ne vois pas comment il pourrait espérer empocher le vote latino, sans lequel le chemin de la Maison Blanche lui sera fermé. Avec Trump comme candidat, il n est même pas tout à fait exclu que le Texas ne devienne un état disputé. Ou alors, il faudrait qu'il fasse un immense carton chez tous les blancs, y compris ceux du Nord Est et de l'Ouest qui votent démocrates depuis longtemps. Mais je ne le vois pas non plus empocher New York, la Californie, la Pennsylvanie ou les Grands Lacs. Pour New York et la Californie c'est hautement improbable. L'Ohio sera disputé comme toujours (le problème c'est que les démocrates peuvent remporter la maison blanche sans l'Ohio, pas les républicains), quant à la Pennsylvanie et les Grands Lacs, je suis quand même pas sur que les ouvriers blancs du nord est choisissent le trublion milliardaire plutôt que la hausse des bas salaires des démocrates.
Quand je dis que Trump n a aucune chance de remporter la présidentielle, je me base uniquement sur le collège électoral, absolument pas sur le vote populaire. Oui la base républicaine se mobilisera comme jamais pour voter contre Hillary (mais dans des états déjà acquis au GOP, la belle affaire). Oui les électeurs anti Washington iront voter pour Trump. Mais le compte n'y est toujours pas à mon avis. Il ne faut pas oublier que pour la générale, le profil de l'électeur lambda est assez éloigné du profil de celui des primaires du GOP. Les indépendants, les jeunes et les femmes n'iront pas voter massivement pour Trump (pour les primaires en Caroline du Sud, Trump accuse d'ailleurs de gros déficits dans ces catégories là au sein de son électorat).
Mais qui sait, avec une campagne démago où il promettrait tout et son contraire, peut-être pourrait-il espérer un miracle ? Mais j'y crois vraiment pas. D'autant qu'il ne faut pas se leurrer, si Trump empoche bien l'investiture, le GOP ne le soutiendra que du bout des lèvres. L'aile gauche du parti sera aux abonnés absents. Et beaucoup parieront sur sa défaite.
C'est un élément à prendre en compte aussi : les primaires démocrates restent très civilisées entre les 2 candidats (on sent que la volonté de ne pas diviser le parti est réelle). Du côté du GOP, on sent quand même les haines et les divisions. Cela jouera aussi pour la générale.