guillaume44 a écrit:Dans l'intérêt du GOP, il faudrait mieux que Donald Trump réalise un nombre de grands électeurs similaires à McCain...
S'il s'avère que Trump remporte tous les états de Mitt Romney à l'exception de la Caroline du Nord mais y ajoute l'Ohio et l'Iowa, cela lui fera 215 grands électeurs contre 206 pour Mitt Romney...
De là , il pourra dire que le GOP lui a savonné la planche ce qui n'est pas faux mais en même temps, il est aussi très fort pour se la savonner tous seul...
Dans ce cas là , les divisons risquent de redoubler entre la branche conservatrice religieuse pour qui les valeurs morales sont importantes et la branche trumpiste pour laquelle les questions d'identité priment... Déjà de nombreux sénateurs de l'Oklahoma et d'Iowa inquiet du changement démographique sont critiques vis à vis de la position de Paul Ryan...
Ce dernier et l'ensemble des élus républicains ayant pris position contre Donald Trump se retrouvent dans une situation inconfortable... Les scandales de Donald Trump n'ont pas affecté sa base et celle-ci représente 44% de l'électorat républicain... Du coup même, la chambre des représentants se retrouve menacée si cette branche s'abstient de voter pour les représentants républicains ayant opté pour cette position...
J'ai même lu dans l'Observateur que Paul Ryan pourrait ne pas être élu dans le Wisconsin si tel était le cas, je ne m'en fais pas pour lui.. Le GOP lui donnera "un fromage de la république" en attendant pour reprendre une expression bien française...
En tous cas, les sondages ne semblent pas si catastrophique pour Donald Trump malgré une semaine épouvantable... Peut-être que ça a libéré le vote de quelques hésitants en sa faveur car ils sont persuadés qu'il a perdu donc autant se faire plaisir :) ...
Encore une fois, au niveau du vote populaire, vu le clivage politique de la société américaine désormais, un manche à balai avec l'étiquette "républicain" ou une chèvre avec un collier "démocrate" est à peu près assuré d'obtenir au minimum 35 à 40% des suffrages. Et sans doute dans les 150 grands électeurs minimum pour les républicains et 200 minimum pour les démocrates.
Concernant les élus qui abandonnent Trump ou pas, il faut bien voir que certains sont dans un choix impossible. Pour un élu religieux conservateur d'un état très rouge de l'intérieur, le choix est vite fait. Il peut se permettre de lâcher un candidat trois fois divorcé, aux positions floues sur l'avortement et le mariage gay, avec le
pussygate en tête, sans prendre le moindre risque quant à sa réélection. L'électorat religieux conservateur votera Trump, certes avec une pince à linge sur le nez, mais comme un bon petit soldat, parce qu'il votera surtout contre Clinton (qui elle est ouvertement
pro choice et pour le mariage gay). Mais il ne tiendra pas rigueur à son gouverneur ou à son sénateur de ne pas en avoir fait autant. Voire, sans le dire, il lui en saura gré par procuration.
Par contre pour des élus d'états plus hétérogènes, le choix est cornélien. Je ne prendrai qu'un exemple : Kelly Ayotte, sénatrice sortante du New Hampshire, qui affronte une réélection très serrée face à la démocrate Maggie Hassan. Et bien elle, elle est très embêtée. Pour gagner, elle doit aussi bien faire le plein de la base républicaine de son état (qui doit apprécier Trump), que faire de bons scores chez les femmes ou les électeurs éduqués. Si elle désavoue Trump, elle peut perdre les premiers. Si elle l’appuie trop ostensiblement, elle peut perdre les seconds. Pour ce genre de profil d'élus républicains, l'équation Trump actuelle c'est perdant-perdant. Pour Ryan, je ne me fais guère de crainte quant à sa réélection. Il a écrasé son concurrent lors des primaires, et il semble très bien implanté localement. Lui ce qu'il craint surtout c'est qu'un naufrage de Trump ne coute au GOP sa majorité à la Chambre.
Par contre, comme manudu83, je m'interroge : ça dépend de où vous placez le niveau de la catastrophe je dirais... On parle quand même d'un candidat républicain à la présidence qui a vu un sondage lui donner 5 petits points d'avance sur la candidate démocrate dans l'Utah, et un autre qui les donne à égalité. C'est un peu comme si chez nous un sondage donnait pour un second tour de présidentielle, le candidat PS au coude à coude avec le candidat LR en Alsace. Aujourd'hui un sondage vient de sortir pour le Texas :
Trump 47%
Clinton 43%
Johnson 3%
Stein 0%
Ce qui est terrible c'est que Trump n'a que 4 points d'avance alors que Johnson est complètement dans les choux. Quand le candidat républicain semble à la portée du candidat démocrate (je ne dis pas que ces deux états vont voter démocrates, mais le simple fait que l'hypothèse soit possible est déjà énorme) dans des états comme l'Utah ou le Texas, c'est quand même assez catastrophique je trouve.