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Elections législatives de 1968

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Re: Elections législatives de 1968

Messagede vudeloin » Sam 13 Oct 2012 11:35

Pour compléter l'information du lecteur, on relèvera une relative identité de destin entre les deux adversaires de la première circonscription de Haute Garonne en 1973, Alexandre Sanguinetti qui, amateur de jeu, ne devait pas aimer le chiffre 13 (il fut battu comme député du 13e arrondissement de Paris avant d'être battu comme député de Toulouse en 1973) et Alain Savary.

Sanguinetti fut le dernier secrétaire général de l'UDR avant que Jacques Chirac ne fit main basse sur le mouvement gaulliste et ne le transforme en RPR, c'est à dire en véhicule de sa propre ambition présidentielle dont on sait qu'elle mettra une vingtaine d'années à se matérialiser.

Et Alain Savary, avant de donner son nom à une réforme de l'Université controversée qui sera finalement abandonnée par François Mitterrand, tout comme la loi sur l'enseignement laïque, fut en 1969 le premier Secrétaire du nouveau PS, créé en mai 1969 au congrès d'Alfortville sur les restes de la SFIO.
Le contexte politique troublé de l'époque s'y prêtait.
Après 1968 et le triomphe apparent du gaullisme, nous avions connu le referendum d'avril et la victoire du NON entraînant le départ du grand Charles et l'élection présidentielle anticipée de 1969.
Les socialistes s'étaient d'ailleurs accordés à présenter la candidature de Defferre dont on sait qu'elle fut sauvée des oubliettes par la grâce des calculs préfectoraux et ministériels place Beauvau.
Un second congrès, celui d'Issy les Moulineaux (à l'époque, le maire de la ville, Raymond Menand, n'avait pas encore quitté le PS) eut lieu en 1969 et confirma Alain Savary à la tête du nouveau PS, avec, entre autres missions, celle de convoquer avant deux ans un congrès de rassemblement des socialistes (ce sera Epinay), au delà de la SFIO, cela visant notamment la CIR de Mitterrand.
Savary sera reconduit premier secrétaire en devançant d'une seule voix Pierre Mauroy, bénéficiant en la matière du soutien de Guy Mollet, dit Robespierrot.
Alain Savary sera cependant victime du coup du Duc D'Enghien, lors du congrès d'Epinay en juin 1971, où les conspirateurs (si l'on peut dire) Mitterrand, Mauroy, Defferre et Chevènement assureront la prise du Parti socialiste par François Mitterrand, le jour même de l'adhésion de la Convention des institutions républicaines au Parti en assurant le regroupement des votes obtenus par leurs motions respectives.
On notera d'ailleurs, pour l'anecdote, que c'est la motion Savary Mollet qui est arrivée en tête de toutes les motions à Epinay avec environ 34 % des votes devant la motion Mauroy Defferre (vieille affaire des luttes entre grosses fédérations socialistes) pourvue de 30 % et de la motion Mitterrand, seulement troisième avec 15 %, soit un peu plus que le vote des seuls anciens membres de la CIR.
Au vote militant, Mitterrand sera de fait premier secrétaire du PS avec le soutien d'un peu moins de 52 % des adhérents du nouveau PS.
Comme on le sait, une partie des tenants de la motion Savary Mollet, composée d'élus SFIO relativement chevronnés, quittera le PS a compter de ce Congrès, amenant à une relative "gauchisation" du nouveau Parti.
Savary, pour le coup, ne peut cependant pas être assimilé à l'aile droite de la "vieille" SFIO.
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Re: Elections législatives de 1968

Messagede vudeloin » Sam 13 Oct 2012 13:07

Autre département, celui de l'Hérault.
Comme on l'a vu, la droite avait conquis des positions dans ce département et il ne restait, en 1968, qu'un député socialiste, Raoul Bayou, maire de Cessenon sur Orb, élu sur le siège de Béziers Saint Pons de Thomières.
En 1973, comme le Gard, l'Aude et les Pyrénées Orientales, l'Hérault va de nouveau glisser à gauche.

Comme je l''ai indiqué, Paul Balmigère emportera le siège de Pierre Leroy Beaulieu et GIlbert Sénès prendra sa revanche sur le Lodévois.
Raoul Bayou sera réélu, sans difficultés, sur son siège.

Et Pierre Arraut, adjoint au maire communiste de Sète GIlbert Martelli après avoir été lui même maire de la ville, sera élu député de Sète;

Enfin, un jeune spécialiste du droit romain emportera le siège structuré autour du centre de Montpellier en battant René Couveinhes, maire de la Grande Motte.
Son nom ? Georges Frêche, trente quatre ans en mars 1973, apparemment destiné à un certain avenir au sein du PS à ce moment là...
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Re: Elections législatives de 1968

Messagede Pullo » Lun 15 Oct 2012 22:13

Parmi les candidats aux législatives de 1968, il y en a un au profil assez atypique : Roger Hanin, dont tout le monde ici connaît la profession. En juin 1968, il a eu à affronter dans la 2e circonscription des Hauts-de-Seine (qui correspond à la ville d'Asnières) Albin Chalandon, ancien résistant devenu inspecteur des Finances puis banquier, cadre éminent du mouvement gaulliste (trésorier, secrétaire général...), et ministre de l'Industrie depuis le renouvellement gouvernemental du 31 mai 1968. Mais avant de regarder les résultats de 1968, rappelons ceux de 1967 :
1er tour
Inscrits : 47 726
Votants : 39 313 (abstention : 17,63%)
Exprimés : 38 606
Majorité absolue : 19 304

Claude Denis, PCF, 9 202 voix, 23,83%
Roger Lefèvre, ancien député, FGDS, 6 269 voix, 16,23%
Marc Richter, CD, 4 599 voix, 11,91%
Albin Chalandon, UDVe, 17 431 voix, 45,15%
Roland Bayet, ARLP, 1 105 voix, 2,86%

2e tour
Inscrits : 47 728
Votants : 36 861 (abstention : 22,77%)
Exprimés : 34 950


Claude Denis, PCF, 15 405 voix, 44,08%
Albin Chalandon, UDVe, 19 545 voix, 55,92%, ELU

Si le scrutin de 1967 avait globalement été contrasté pour le mouvement gaulliste, l'élection d'Albin Chalandon avait été assez facile. Un an plus tard, la campagne de la coalition UDR-RI sur la peur de la révolution gauchiste produisait ses effets, à Asnières comme dans le reste de la France. Voyons les résultats du premier tour :
Inscrits : 46 018
Votants : 37 214 (abstention : 19,14%)
Exprimés : 36 938
Majorité absolue : 18 470

Germaine Truffet, PSU, 1 950 voix, 5,27%
Claude Denis, PCF, 7 783 voix, 21,07%
Roger Hanin, FGDS, 3 727 voix, 10,08%
Marc Richter, PDM, 4 511 voix, 12,21%
Albin Chalandon, UDR, 18 178 voix, 49,21%
Jacques Viet, Technique et Démocratie, 789 voix, 2,13%

Le beau-frère de François Mitterrand, qui faisait campagne sous son nom d'acteur, et pas sous son vrai nom (Roger Levy), est sèchement éliminé dès le premier tour. Non seulement il perd plus de 2500 voix par rapport à son prédécesseur, mais il se retrouve en plus derrière le candidat centriste qui, un an plus tôt, avait été nettement devancé par le candidat FGDS... Il a fait les frais à la fois de l'abstention et du score de la candidate PSU Le candidat communiste parvient au second tour, mais il a perdu plus de 1400 voix, pour les mêmes raisons que Roger Hanin visiblement. Il se retrouve dans une situation délicate face à Chalandon, qui a raté la réélection au premier tour de 292 voix.
2e tour
Inscrits : 46 023
Votants : 33 812 (abstention : 26,54%)
Exprimés : 32 341

Claude Denis, PCF, 12 167 voix, 37,63%
Albin Chalandon, UDR, 20 174 voix, 62,37%, REELU

La victoire du ministre au second tour est écrasante malgré, ou à cause de, la hausse de l'abstention entre les deux tours. Dès lors, Albin Chalandon poursuit sa route, faisant des allers et retours entre la politique et le monde des affaires...
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Re: Elections législatives de 1968

Messagede Jean-Philippe » Mar 16 Oct 2012 09:02

Roger Lefèvre qui a été battu en 1967 face à Chalandon est-il le même que l'ancien député SFIO de Charente-Maritime élu en 1936 et candidat aux législatives de 1962 à Grenoble où il est devenu conseiller municipal ?
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Re: Elections législatives de 1968

Messagede Zimmer » Mar 16 Oct 2012 09:50

Jean-Philippe a écrit:Roger Lefèvre qui a été battu en 1967 face à Chalandon est-il le même que l'ancien député SFIO de Charente-Maritime élu en 1936 et candidat aux législatives de 1962 à Grenoble où il est devenu conseiller municipal ?


Je ne crois pas.

D'après mes sources, le nom du candidat FGDS de 1967 s'orthographiait Lefebvre.
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Re: Elections législatives de 1968

Messagede Pullo » Mar 16 Oct 2012 09:54

Zimmer a écrit:
Jean-Philippe a écrit:Roger Lefèvre qui a été battu en 1967 face à Chalandon est-il le même que l'ancien député SFIO de Charente-Maritime élu en 1936 et candidat aux législatives de 1962 à Grenoble où il est devenu conseiller municipal ?


Je ne crois pas.

D'après mes sources, le nom du candidat FGDS de 1967 s'orthographiait Lefebvre.

Lefèvre est l'orthographe que j'ai trouvée dans le recueil édité par le ministère de l'Intérieur et l'Imprimerie nationale. Il se peut qu'ils aient fait une erreur. En tous cas, il faudra revérifier.
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Re: Elections législatives de 1968

Messagede Pullo » Mar 16 Oct 2012 15:19

J'ai regardé dans le Maitron, dictionnaire du mouvement ouvrier français (qui recense les personnalités politiques, syndicales, intellectuelles et artistiques proches des courants socialistes, communistes et libertaires) pour savoir quel Roger Lefèvre ou Lefebvre était candidat de la FGDS en 1967. J'en ai trouvé trois :

1) Roger Lefèvre (1907-1981), maire adjoint et conseiller général de Rochefort, député de Charente-Inférieure de 1936 à 1940, dont Jean-Philippe parlait plus haut. Le Maitron signale qu'il est à l'origine du changement de nom de son département d'élection (la Charente-Inférieure est devenue la Charente-Maritime), rappelle qu'il a voté les pleins pouvoirs à Pétain mais a résisté, mais ne parle pas de sa carrière politique après guerre. On dit qu'il a reprit sa carrière de professeur de philosophie à l'université (à Alger, à Montpellier, à Grenoble, puis à Lille). A sa mort, il venait d'achever une étude sur Descartes...

2) Roger Lefebvre (né en 1912), de son vrai nom Michel Braudo. Les parents de ce militant trotskyste d'origine russe (il est né à Saint-Petersbourg) ont été victimes des purges staliniennes. Il est entré à la SFIO en 1935 et y reste après le départ de Marceau Pivert et de la plupart des trotskysants du PS. Il participe à la résistance, puis rejoint en 1946 le Parti Communiste Internationaliste qui réunit alors la majorité des tendances trotskystes. Sur le plan syndical, Lefevbre, longtemps encarté à la CGT, rejoint FO à sa création en 1947. Après des années d'inactivité politique, il reprend en 1973 sa carte au PS rénové par Mitterrand.

3) Roger Lefebvre (né en 1925). Ce cheminot a occupé des responsabilités tant à la CGT qu'au PCF, dans le département du Pas-de-Calais. Comme syndicaliste, il a été secrétaire de la CGT des cheminots en 1956, et secrétaire de l'Union départementale CGT de 1965 à 1968. Comme communiste (il avait pris sa carte en 1948), il a été membre du bureau des sections de Calais (1956-1957) et de Béthune (1968), tout en faisant partie du comité fédéral du PCF du Pas-de-Calais (1956-1965), puis du bureau fédéral en 1966.

Voilà pour les présentations. Tirez vos conclusions...
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Re: Elections législatives de 1968

Messagede vudeloin » Mar 16 Oct 2012 19:37

S'il s'agit d'un ancien député, ce ne peut être que le premier...
Pour le reste, les noms, qu'ils soient orthographiés Lefèvre, Lefébure, Lefebvre ou simplement Fèvre, Favre, Faure et autres Fabre sont suffisamment fréquents un peu partout en France pour qu'il soit utile de rappeler qu'ils désignent de manière générale les personnes dont le métier d'origine est de travailler le métal, et singulièrement le Fer.
une activité fort répandue au demeurant en Europe puisqu'elle est à l'origine de quelques noms anglo saxons comme Smith, Schmidt, Smet ou Desmet, sans parler de Smit.
Et présente aussi en Europe du Sud avec nos Fabbri, Ferrero, Ferreira, Herrera, Herrero et j'en passe...

Pour le solde, que l'un de nos Lefebvre ait été à la fois au PCI et à FO permet de nous rappeler que l'organisation lambertiste a, de tous temps, eu un certain rôle au sein de ce mouvement syndical, notamment celui d'alimenter le service d'ordre...
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Re: Elections législatives de 1968

Messagede Pullo » Mer 17 Oct 2012 11:26

Dans le pavé (plus de 1000 pages) édité par le ministère de l'Intérieur et l'Imprimerie nationale sur les législatives de mars 1967, on précise que Roger Lefèvre est professeur de faculté et ancien député. Le mystère est donc résolu, il s'agissait bien de l'ancien élu de Rochefort.
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Re: Elections législatives de 1968

Messagede vudeloin » Mer 17 Oct 2012 19:29

Pour prolonger notre analyse des élections serrées lors du scrutin de juin 1968, un petit détour par les Landes et leur 2e circonscription (Dax) où le socialiste Henri Lavielle fut élu avec 28 027 voix contre 27 098 voix à son adversaire de droite, soit une majorité de 929 voix et un pourcentage de 50,84 %.

Ce qui laisse évidemment quelque peu rêveur quand on voit comment le département vote aujourd'hui.

Une autre élection serrée eut lieu dans le Loir et Cher, où, dans la 2e circonscription (Romorantin, Salbris, Selles sur Cher), l'UDR Roger Corrèze, maire de Salbris, battit le socialiste Kléber Loustau, alors président du conseil général en réunissant 21 935 voix contre 21 008, soit une majorité de 927 suffrages et un pourcentage de 51,08 %.

Premier mandat du long stage de Roger Corrèze dans ce département.

En Haute Loire, nous eûmes aussi une élection serrée.

Et ce fut celle du socialiste René Chazelle, juriste reconnu et conseiller général du canton de Blesle, dans le pays brivadois, qui fut reconduit dans ses fonctions en obtenant 25 946 voix contre 25 914 à son adversaire.
Soit une majorité de 32 voix et un pourcentage de 50,03 % !

Député jusqu'en 1973, René Chazelle sera battu par Jean Claude Simon, médecin et conseiller général de Saugues, qui remettra la Haute Loire un peu plus dans sa tradition politique de droite.

Pour autant, René Chazelle parviendra à être élu sénateur du département en 1974, en tirant parti des amitiés et du respect qu'il avait su inspirer durant ses mandats de député.

Notons que contrairement à une assertion tenue par une célèbre encyclopédie en ligne, il ne fut pas le dernier parlementaire de gauche, élu du département puisque le décès prématuré de Jean Claude Simon en août 1976 dans un accident de voiture entraînera l'organisation d'une élection législative partielle emportée par le maire socialiste de Brioude, Louis Eyraud.

Mais 1978 marquera le retour à la normale avec l'élection de deux députés de droite : Jacques Barrot et Jean Proriol.

Les connaisseurs de la géographie politique altiligérienne savent cependant que le siège de la seconde circonscription, organisé autour des cantons de Brioude, Blesle, Loudes ou encore La Chaise Dieu, pouvait avoir une inclination à gauche...

Une autre élection serrée fut celle de Maurice Faure, ancien et futur Ministre, candidat radical FGDS, dans la première circonscription du Lot (Cahors, Gourdon notamment) qui l'emporta en effet avec 21 988 voix contre 21 471 voix pour son adversaire.

Ce qui donnait au responsable radical une majorité de 517 voix et un pourcentage de 50,59 % qui est incontestablement son point bas dans ce secteur.
Le score fut notamment particulièrement serré sur Montcuq.

Dans le Lot et Garonne voisin, scrutin également serré dans la deuxième circonscription du département, organisée autour de Villeneuve sur Lot, Castillonnès, Monflanquin ou encore Villeréal, avec un score de 21 032 voix pour le candidat communiste Hubert Ruffé battu par le candidat UDR Bégué, pourvu de 21 733 voix, soit une majorité de 701 voix et un pourcentage de 50,82 %.

Hubert Ruffé retrouvera son mandat de député en 1973 et siégera d'ailleurs au Palais Bourbon jusqu'en 1981.

Une autre élection relativement serrée fut celle de la 5e circonscription du Morbihan.

Nous avons déjà parlé de ce siège où le Ministre des Armées Pierre Messmer était tombé à la mer en 1967, victime d'un désistement organisé à gauche qui avait conduit à la victoire d'Yves Allainmat, instituteur socialiste et maire de Lorient.

En 1968, le même Allainmat obtient 25 545 voix au second tour face aux 26 485 voix du candidat RI Roger de Peyrus de Vitton, descendant d'une famille noble, officiellement né à Keryado, ancienne commune désormais rattachée à Lorient et, en juin 1968, responsable départemental de la FNSEA.

Le candidat de droite obtient donc une majorité de 940 voix et un pourcentage de 50,90 %.

L'année d'avant, Pierre Messmer avait été battu de 2 410 suffrages sur le siège et en 1973, les choses reviendront à la normale avec le retour d'un député PS sur le siège.

Le département du Nord, en 1968, vota assez nettement en faveur de la droite.

En effet, parmi les vingt trois parlementaires nordistes, on trouva cette année là 5 élus communistes, 3 élus socialistes, un républicain indépendant, un divers droite et surtout, 13 élus UDR.

Les cinq députés communistes étaient Emile Roger (14e circonscription), Arthur Ramette (15e circonscription), Georges Bustin (18e circonscription), Arthur Musmeaux (19e circonscription) et Henri Fiévez (20e circonscription).

Les trois socialistes étaient l'inoxydable maire de Lomme Arthur Notebart (5e circonscription), l'inaltérable maire de Gravelines Albert Denvers (11e circonscription) et l'inusable maire de Cambrai Raymond Gernez (16e circonscription).

Pour le reste, la droite en force et notamment plusieurs élus qui devinrent Ministre, ne serait ce que pour leur permettre de gagner en épaisseur en vue d'autres combats.

La remarque ne vaut pas pour Maurice Schumann, élu de la 10e circonscription, mais plus pour François Xavier Ortoli, élu de la 1ere circonscription du Nord et qui sera le candidat tête de liste de la droite aux municipales de Lille en 1971 et Pierre Billecocq, élu de la 2e circonscription.

A gauche, il y eut en juin 1968 trois échecs de peu.

D'abord dans la 6e circonscription du Nord (Cysoing, Seclin, Pont à Marcq) où René Vandelanoitte (UDR) l'emporta avec 24 296 voix contre 23 722 au candidat SFIO, soit une majorité de 574 voix et un pourcentage de 50,60 %.
Il sera battu en 1968 par le socialiste André Laurent.

Puis dans la 8e circonscription, avec la victoire de l'UDR Pierre Herman avec 25 234 voix contre 24 686 suffrages pour le SFIO sortant Jean Delvainquière.
Dans cette circonscription, taillée dans Roubaix, Wattrelos et Croix, l'avance du candidat de droite est donc de 548 voix et son pourcentage de 50,55 %.
Pierre Herman qui avait déjà été élu en 1962, avec une avance plus conséquente, ne sera pas reconduit dans ses fonctions en 1973, victime de la poussée de la gauche en faveur de Léonce Clérambeaux, militant chevronné du PS.

Enfin, victoire dans la 22e circonscription (Maubeuge) de l'UDR Bernard Lebas qui l'emporte avec 21 331 suffrages face au candidat communiste Albert Maton, pourvu de 20 837 voix.
Un écart de 494 voix donc et un pourcentage de 50,59 % pour le vainqueur.

Qui n'aura pas de lendemain, Albert Maton étant reconduit dans ses fonctions de député en 1973.

Et trois victoires plutôt serrées pour le PCF.

D'abord, dans la 14e circonscription, où Emile Roger, maire de Lallaing, est élu avec 28 906 voix contre 28 082 à son adversaire UDR, soit une majorité de 824 voix et un pourcentage de 50,72 %.

Puis dans la 18e circonscription (Condé sur l'Escaut, Valenciennes) où Georges Bustin, maire de Vieux Condé, l'emporta avec 22 362 voix contre 22 176 à son adversaire républicain indépendant.

Soit une majorité de 186 voix et un pourcentage de 50,21 %.

Enfin, dans la 19e circonscription (Saint Amand les Eaux) où Arthur Musmeaux gagna la partie avec 28 428 voix contre 28 251 voix à son adversaire UDR, soit une majorité de 177 voix et un pourcentage de 50,16 %.

Pour finir ce message, un détour par le Puy de Dôme où l'on eût une élection serrée dans la 4e circonscription (Thiers, Ambert) avec le succès du maire de Thiers, Fernand Sauzedde, vainqueur par 24 109 voix contre 23 134 voix à son adversaire RI.
Soit 975 voix de majorité et un pourcentage de 51,03 %.

Et un petit tour dans les Hautes Pyrénées où la première circonscription resta fidèle à René Billères, dirigeant historique du radical socialisme, avec 26 340 voix contre 25 386 à son adversaire de droite.

Ce qui donnait à l'ancien Ministre de la Quatrième République une avance de 954 suffrages et un pourcentage de 50,92 %.
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