Herimene a écrit:Le mal est sans doute fait auprès des militants LR et des sympathisants de droite farouchement opposés à LREM mais il faut bien avouer que la composition des listes Muselier est vraiment maline et bien pensée. Il y a en réalité très peu d'élus LREM, je ne suis même pas persuadé qu'il y ait globalement davantage de Centristes (difficile de voir vu toutes leurs divisions en chapelles) qu'en 2015. Il y a surtout beaucoup d'élus locaux, avec d'ailleurs des élus locaux ayant réalisé des conquêtes symboliques comme David Gehant qui vient de conquérir l'ancienne mairie de Castaner à Forcalquier. Comme attendu, la liste dans le Vaucluse est un peu plus faible sur le papier que les autres car la droite classique y est en grande difficulté depuis quelques années, mais globalement c'est très solide et peu soupçon de "compromissions" avec la majorité présidentielle. Il est d'ailleurs un peu marrant d'y retrouver davantage de figures connues de la vie politique locale comme Christophe Madrolle que de nouveaux entrants en politique issus de LREM. C'est une vraie liste d'élus locaux et là -dessus Muselier aura réussi son pari. Certaines figures de l'ouverture à la société civile de l'actuelle majorité disparaissent d'ailleurs, comme Maud Fontenoy, pourtant citée comme possible tête de liste départementale du Var il y a encore quelques semaines.
Muselier aurait mieux fait de présenter sa liste il y a quelques jours, ça aurait pu éteindre la polémique. Maintenant le mal est fait, mais il aura réussi son tour de passe-passe au niveau du rapport de force global car les purs LREM y sont très minoritaires. Par contre, il n'est pas certain du tout que son image ne soit pas durablement dégradée dans l'opinion, en particulier parmi celle des électeurs de droite, électorat au combien essentiel dans la région.
Pour Christophe Madrolle j'en suis tout aussi surpris. Certains dans l'entourage de Muselier ont peut-être en tête les municipales marseillaises de dans 5 ans ?
Dans le Vaucluse, ce constat fait consensus dans nos analyses. La liste Muselier a perdu sa tête de liste naturelle avec le retrait de Julien Aubert, les parlementaires étant tous écartés, y compris les sortants comme lui ou le sénateur Philippe Tabarot. A l'évidence, c'était le prix à payer pour avoir dit qu'aucun ministre ou parlementaire LREM ne pourrait être retenu et qu'il fallait privilégier les élus locaux. Ce n'est d'ailleurs pas absurde dans son principe, même si ce cumul de mandats est légalement autorisé. A noter aussi dans cette liste du Vaucluse, le Maire LR de Valréas, donc successeur (indirect) de Thierry Mariani dans ce mandat.
Autre zone de fragilité, des territoires des Alpes-maritimes sont pas, peu ou mal couverts, à commencer par Le Cannet/Grasse, ce qui n'est pas le cas des autres départements. C'est d'ailleurs un sujet insuffisamment analysé et commenté. Je suis très frappé du fait que tout au long des 2 semaines au plus fort de la polémique, cela a (très) lourdement tangué dans les Alpes-Maritimes entre Estrosi/Muselier et les Ciotti, Lisnard, Tabarot et même le pourtant calme et modéré Jean Leonetti, tandis que personne n'a noté que cela été le silence le plus total dans les rangs dans les 5 autres départements. Non pas que les élus locaux les plus à droite étaient en phase avec Muselier. Ils ont pour certains laissé entendre modérément leurs préoccupations (Aubert/Boyer...) sans aller au-delà . Ce constat me fait penser qu'au delà des questions politiques de fond posées par le retrait de LREM, le véritable enjeu est en réalité celui du contrôle à venir de ce département et de cette métropole.
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