de Chaban » Mer 17 Mar 2021 22:25
A la suite de la fusion annoncée des 4 listes (Verts – LFI – PCF – PS) de gauche, il y a deux hypothèses et deux pronostics possibles d’évolution :
1/ La fusion ‘réussie’ permettrait théoriquement d’additionner les scores des 4 listes de gauche qui étaient testées jusqu’alors au premier tour, soit 26% dans le sondage de novembre dernier. Elle permettrait peut-être même d’aller au-delà d’une simple addition en créant une dynamique qui n’existait pas dans un scénario où la division décourageait la mobilisation d’électeurs et confortait le duel entre Xavier BERTRAND et le Rassemblement national ;
2/ La fusion ‘bâclée’ ne permettrait pas d’additionner les scores des 3 listes de gauche initialement testées car en général ces fusions mal gérées engendrent des soustractions plus que des additions électorales. En raison des frustrations politique et des interférences dans le discours. Cf le message assez révélateur de SALVAT plus haut. Cf. aussi les annonces de retraits de la future liste unitaire d’élus locaux influents du PS et du PCF, sans parler de ceux qui préféreront un échec collectif à un leadership régional des Vert. Les noms des futurs absents commencent d’ailleurs à circuler.
Les prochains sondages – il en faudra probablement plusieurs - nous donneront une indication. Je serais intéressé d’avoir vos avis sur le sujet.
A titre personnel, je dirais 3 choses.
- La première est que même si le scénario 2 devait finalement s’imposer par échec de la campagne unitaire, de toutes les façons, il vaut mieux faire 20% au premier tour que d’avoir 4 listes sous les 10% ou 3 listes éliminées et une liste pouvant se maintenir mais avec un score très faible. Sous cet angle, la fusion était nécessaire pour exister, quoi que l’on en pense sur le fond des idées plus ou moins compatibles ;
- La seconde est que le scénario 2 sera potentiellement plus facile (ou moins douloureux) à gérer pour justifier un retrait de liste au second tour pour faire barrage au RN, si la victoire est impossible en raison d’un score unitaire très décevant et sans aucune réserve de voix. Tandis qu’un scénario où 2 ou 3 listes additionnés donneraient un score égal ou supérieur à la liste arrivée en seconde position (surtout si c’est celle de Sébastien CHENU) et proche de celui arrivé en tête, pourrait créer un flottement sur la question du maintien ou du retrait. Comme dans le Grand Est en décembre 2015 et comme cela pourrait d’ailleurs se produire en Centre-Val-de-Loire et Bourgogne-France-comté en juin 2021. Je ne dis pas que c’est un scénario crédible ni que le retrait est absolument souhaitable mais c’est forcément une hypothèse sur la table pour celui qui arrivera 3ème dans un match à 3. Or, nous sommes désormais dans un match à 3 ;
- La troisième est que selon moi le scénario 2 est par principe favori sur le 1er, sauf quand certaines conditions très strictes sont remplies : une excellente tête de liste ou qui sans être excellente permet de rendre crédible l’union ou qui permet de la personnifier. Et une mobilisation militante d’autant plus forte qu’il y a quelqu’un à abattre en face ou un adversaire décrédibilisé ou honni. En gros, pour prendre un exemple : le printemps marseillais choisissant Michèle RUBIROLA pour empêcher l’élection de Martine VASSAL, héritière du système GAUDIN et fragilisée par des soupçons de fraudes aux procurations de certains de ses militants. Les 2 conditions sont remplies, y compris pour RUBIROLA, quoi que l’on soupçonnait déjà de ses limites et que la suite des événements finira par confirmer.
A l’évidence, Xavier BERTRAND n’est pas du tout dans la situation de Martine VASSAL. Et à ce jour il est loin d’être acquis que Karima DELLI saura fédérer ou incarner une dynamique politique qui n’a pas grand-chose à voir avec des dynamique d’appareil. D’autant que le jeu d’acteurs n’aura vraiment pas été le même entre un Benoît PAYAN talentueux "faiseur de Reine éphémère" à Marseille et celui des dirigeants de LFI du Nord dont l’objectif premier en choisissant Karima DELLI aura été de démolir Fabien ROUSSEL et dans une moindre d’écarter Patrick KANNER pour cause de "hollandisme non-abjuré".
Bref et en résumé, à titre personnel je parie sur le scénario 2 et une réélection de Xavier BERTRAND, tout en reconnaissant que cette union est le moins mauvais des choix stratégiques que pouvait faire la gauche des Hauts-de-France.
NB : je précise que je ne voterai pas dans cette région en juin prochain. Mais c'est probablement l'un des scrutins les plus intéressants à suivre.