Effectivement ce serait un résultat médiocre mais avec amélioration, un peu comme passer de 8/20 à 9/20: il y a pire, ça s'améliore mais reste insuffisant. Mais ça confortera les hollando-patients dans leur attente du frémissement. D'ailleurs d'ores et déjà , si la défaite départementale de la majorité nationale a été moins forte que ce à quoi on s'attendait, c'était économiquement prévisible (v.
http://www.electionscope.fr/prévision-électorale/elections-départementales-2015/ , désolé que l'accent casse le lien) à cause notamment du rythme relativement lent de hausse du chômage. A noter que dans les modèles sus-cités, les votes la fois précédente comptent aussi (habitudes de vote incluant
ipso facto la prime au sortant,...).
Pour les autres, ce ne sera certes pas plus convaincant que l'infléchissement de la hausse du chômage à la fin du quinquennat de l'ex-président éjecté (ça m'écorcherait le clavier de taper le nom de quelqu'un dont on ne devrait plus entendre parler) ne l'a été pour les électeurs opposés à lui. Infléchissement qui explique en partie pourquoi le résultat présidentiel et législatif de ce camp ne fut pas catastrohique bien que constituant une défaite.
N'oublions pas non plus que tout vote à gauche n'est pas forcément un vote pro-gouvernement.
Le fond de la question est qu'une croissance économique "suffisante" n'est plus possible. Cf. par exemple le film
"Sacrée Croissance!" qui s'ouvre sur moultes déclarations de dirigeants internationaux appelant à plus de croissance, ça aide à comprendre la vanité dudit appel, le mot "croissance" devenant un mot qui fait rire (jaune peut-être, certes). Une croissance infinie dans un monde fini n'est pas possible. Or avec une majorité de gens qui ne se sont pas faits à l'idée, qui en veulent plus matériellement et ont souvent l'impression (pas forcément à tort) de ne pas en avoir assez, l'insatisfaction est peu évitable avec son corollaire d'alternances systématiques voire pire...
La différence départementales-régionales existe néanmoins. Même quand elles étaient couplées, il est arrivé que les électeurs fassent basculer un canton de gauche à droite tout en contribuant à la bascule en sens inverse de leur région! Ce qui explique pourquoi certains ont voulu coupler encore plus les deux en faisant élire des conseillers territoriaux bi-rôles, seul moyen d'éviter que les électeurs émettent un tel vote partisanement incohérent. C'est un argument pour, pas forcément suffisant.
De toute façon, cette fois-ci, les élections départementales et régionales sont un peu découplées et seront le même jour la prochaine fois (sauf changement de mode de scrutin... et encore, il garderait le couplage de date). Les idées des électeurs n'auront pas beaucoup changé entre mars et décembre mais elles pourront se concrétiser différemment avec une vision moins locale et plus nationale.
La circonscription régionale lisse complètement les effets de "fiefs"; elle nécessite un nombre important de candidats de préférence locaux sur un nombre important de départements. Ceci défavorise les régionalistes (sauf s'ils sont à l'échelle de toute la région: Bretagne, Corse) et autres petits partis: extrême-gauche, Ligue du Sud, autres petites formations vues aux européennes... Certaines candidatures "de témoignage" ne pourront même pas se monter et aller jusqu'au dépôt de liste.
Une question récurrente dans les fils par région est celle de l'union ou non à gauche et de sa traduction électorale. D'autant plus dans le contexte particulier où la mouvance écolo se recompose(rait?) avec d'un côté: aile droite EELV avec des ministres + Force Démocrate de Benahmias + mouvement de Corinne Lepage, et de l'autre: aile gauche EELV se rapprochant d'autres écolo-sensibles au FdG (PG, Ensemble avec la FASE et les Alternatifs) et Nouvelle Donne. Avec la question du milieu: à qui restera(it) l'appareil? et où iront/iraient ceux qui, sur un axe droite-gauche, se sentent proches des socialistes "frondeurs" mais ni de Valls ni de Mélenchon?
3 possibilités aux premiers tours:
[list=]1 liste: union du FdG jusqu'au PRG
2 listes: FdG + EELV (gauche) (+NPA?) vs PS+PRG+écolos(de, euh, non-gauche?)+autres alliés MUP, MRC
3 listes: FdG (+NPA?), EELV (unis?), PS+PRG+autres[/list]
Dans le cas "1": la liste fait le plein de ses voix au premier tour, en en perdant à cause de ses contradictions sûrement, même si l'idée est d'avoir un programme local et qui convient à tout le monde, et n'a pas de réserves au second tour (sauf abstentionnistes venus faire barrage à l'UMP et au FN). En cas de danger FN sans chance de victoire, se poserait la question du retrait: ça devient une habitude que tant les électeurs que les appareils peuvent anticiper.
Dans le cas "2": les deux listes sont qualifiées et négocient une fusion sous menace de maintien, habituellement on s'attend à ce que le PS soit en tête mais l'objectif de l'autre liste aura été de passer devant et peut-être que ça fonctionnera quelque part. Ceci dit, l'arithmétique d'une fusion est assez simple: sièges au prorata des voix et tête de liste à la liste ayant le plus de voix; la vraie négociation portant sur des points emblématiques de programme.
Quadrangulaire possible si pas de fusion, d'où victoire assurée de l'UMP-UDI - en cas de danger FN, les choses se passeraient autrement.
Dans le cas "3": la liste PS est qualifiée et les autres sont à repêcher (entre 5 et 10% des exprimés) voire éliminés (si PCF parti tout seul en particulier). D'où fusion avec un total gauche supérieur au cas 1 et maximal (les écolos ayant pleinement pu exprimer leur message) mais peut-être des reports difficiles. Ce cas peut aussi mener à une élimination générale, suivie d'un barrage anti-FN. Ou à plusieurs qualifiés avec fusion probable mais quadrangulaire voire pentagulaire possible...