de elec31 » Ven 13 Mar 2026 16:33
On arrive au bout de la campagne et l’on pourra dire qu’elle aura été difficile pour LFI. Entre la mort du militant fasciste à Lyon et les accusations d’antisémitisme, LFI apparaît plus isolée que jamais à gauche.
Malgré cela, je pense que l’on a tendance à sous-estimer les résultats que pourra faire LFI. Ils ne reproduiront pas leurs scores nationaux mais ils ne devraient pas s’effondrer non plus. Les dernières séquences ont encore davantage polarisé l’électorat, mais LFI semble parier sur l’idée qu’il n’existe pas de « mauvais buzz » et cherche désormais à mobiliser sur le terrain de l’antifascisme.
Dans l’immense majorité des communes, LFI devrait rester très bas. Mais le mouvement pourra probablement mettre en avant quelques réussites visibles qui serviront de vitrines et masqueront en partie une implantation encore très limitée. Objectivement, en partant de presque rien — quatres petites communes — LFI ne peut, arithmétiquement, que progresser.
En dépassant les 10 % dans de nombreuses villes importantes, le mouvement devrait réussir à contraindre le reste de la gauche à fusionner pour espérer l’emporter. Même en étant second à gauche, ils ne pourront pas être marginalisé. Ces fusions sont une aubaine pour LFI dans la situation actuelle : elles lui permettent d’obtenir des élus, de briser son isolement et de démontrer que la lutte contre l’antisémitisme est instrumentalisée par le reste de la gauche (rapidement reléguées au second plan dès qu’une victoire électorale devient possible).
Petit tour des situations que j’ai pu repérer :
La ville la plus importante qui pourrait être prise serait Limoges. Une victoire y constituerait un exploit et casserait un peu l’image « Terra Nova » de l’électorat insoumis. Des victoires à Saint-Denis ou Argenteuil sont aussi possible. Si une seule de ces trois villes devenait insoumise, ce serait déjà un succès. Roubaix, qui est proche du seuil des 100 000 habitants, représente la chance de victoire la plus forte pour LFI.
Dans les autres villes de plus de 100 000 habitants, une victoire paraît impossible, même à Toulouse.
Je vois pas LFI atteindre 10 % à Annecy, Reims, Nîmes, Angers, Toulon ou Aix-en-Provence. En revanche, dépasser ce seuil semble plus plausible à Dijon, Besançon, Tours, Orléans ou Nice.
À Brest, Rennes, Rouen, Le Mans ou Nantes, LFI devrait dépasser les 10 %, mais le PS devrait refuser toute fusion, n’ayant pas besoin des voix insoumises pour l’emporter.
En revanche, LFI pourrait être en position d’imposer une fusion de liste à l’ensemble de la gauche dans la plupart des grandes villes : Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Saint-Étienne, Grenoble, Clermont-Ferrand, Mulhouse, Amiens, Le Havre et Bordeaux.
C’est probablement à Paris que la négociation sera la plus difficile, mais un refus du PS devrait entraîner sa défaite.
LFI devrait également tenter des fusions avec les écologistes contre le PS dans certaines villes comme Strasbourg, Lille ou Poitiers. Pas sur que cela se concrétise.
Enfin, LFI pourrait devenir la première force d’opposition dans certaines villes : Villeurbanne et Montpellier face au PS, et peut-être Perpignan face au RN.
Dans les villes moyennes, LFI peut espérer des percées dans certaines communes très populaires.
En Seine-Saint-Denis, le mouvement devrait entrer dans de nombreux conseils municipaux, souvent comme première force d’opposition. En plus de Saint-Denis, des victoires sont envisageables à Aubervilliers, La Courneuve, Bagnolet, Neuilly-sur-Marne ou Villetaneuse.
Dans le Val-d’Oise, des villes comme Garges-lès-Gonesse, Bezons ou Villiers-le-Bel pourraient être gagnées, tandis que des victoires en triangulaire restent possibles à Argenteuil ou Cergy.
Dans le Val-de-Marne, une victoire semble envisageable à Vitry-sur-Seine.
Dans les Hauts-de-Seine, LFI pourrait devenir la première force d’opposition, voire créer une surprise à Nanterre ou Gennevilliers.
En Auvergne-Rhône-Alpes, des victoires en triangulaire sont envisageables à Vénissieux, Vaulx-en-Velin, Échirolles ou Saint-Fons.
Dans le Nord, en plus de Roubaix, LFI dispose d’une petite chance à Villeneuve-d’Ascq.
Dans les villes plus petites, l’attention se portera surtout sur les municipalités déjà acquises : Faches-Thumesnil, Commentry, Jœuf ou Grabels. Ailleurs, les insoumis ne devrait se faire remarquer qu’en cas de bonne surprise au soir du scrutin.
LFI partant d’à peu près rien, je me demande à partir de quand on pourra parler de mauvais résultats. Même si LFI ne gagne aucune nouvelle ville, ils pourront se targuer d’avoir augmenté leur nombre d’élus, ce qui sera vrai. Mais plus sérieusement, si la seule conquête devait être Roubaix, cela signifierait que le processus de diabolisation dont LFI fait l’objet porte ses fruits.