de arthas » Dim 23 Fév 2020 12:53
Avant d'évoquer l'impact potentiel de l'épidémie de coronavirus sur les élections municipales françaises, j'avoue que je suis assez indécis par rapport à la manière d'appréhender le sujet même de l'épidémie du coronavirus. Je ne m'attendais pas à ce qu'il commence à prendre une telle ampleur.
En France, la grippe saisonnière provoque en moyenne le décès direct ou indirect de plusieurs milliers de concitoyens par an.
L'année dernière (hiver 2018-2019), la période d'épidémie grippale a débouché sur une surmortalité de 13 000 décès, dont environ 8000 ont été attribués à la grippe par les autorités sanitaires.
L'épidémie d'avant (2017-2018) avait malheureusement eu un bilan encore nettement plus lourd en France.
En Chine, dans un pays peuplé de 1,4 milliard d'habitants, on dénombre 2 500 décès attribués au coronavirus en à peu près 2 mois. Sans vouloir remettre en cause la dangerosité de ce virus, j'ai le sentiment que le problème ne se situe pas (pour l'instant) au niveau de la mortalité intrinsèque liée à l'épidémie.
J'ai l'impression que la problématique vient de la part d'inconnue qui entoure l'épidémie. Inconnue du virus en lui-même à l'origine, ce qui n'a pas permis de pronostiquer sa virulence (qu'on aurait pu imaginer pire), ni d'élaborer un vaccin (contrairement à nos souches de grippe). Inconnue aussi de la situation réelle en Chine, la distance géographique et les différences de méthodes de comptage nécessitant forcément une part de vigilance sur les chiffres qu'on nous communique.
Pour envisager le report des élections municipales, il faudrait à mon sens que les méthodes de prévention aient échoué et que l'épidémie touche durement la France sous deux semaines. Cela me paraît peu probable au regard de la vitesse de propagation du virus.
Si l'on commence à voir le report de grands événements de rencontre comme des matchs de football ou des spectacles, la question pourra se poser pour les meeting. La densité de population présente simultanément à ces occasions est par essence plus propice à la propagation d'un microbe que le vote dans l'isoloir (où l'on est par définition isolé). Les mesures préventives seraient plus aisées à mettre en place à l'entrée des bureaux de vote que dans une salle regroupant plusieurs centaines de personnes.