alamo a écrit:Ramdams a écrit:En effet, je crois que ces élections seront sans réel enjeu et sans réel intérêt, avec une forte stabilité des majorités sortantes.
Si, une défaite du parti au pouvoir d'une telle ampleur, en France mais aussi probablement ailleurs, c'est un enjeu et un signal...
Mais dans les perdants des Municipales, effectivement j'aurais pu ajouter LFI...
Bon, LFI part de peu - mais ses ambitions étaient aussi très élevées après la présidentielle et même les législatives : la banlieue rouge lui semblait alors promise - du moins dans le 93. Je ne vois aujourd'hui aucune ville susceptible d'être remportée par LFI. La désillusion est un peu comparable à celle de LREM avec des points communs : refus de la structure partisane, militants souvent jeunes et peu aguerris...
Parmi les autres perdants potentiels figurent les radicaux :
- le MRSL a fait le choix de l'alliance avec LREM (et plus rarement avec LR) et pourrait le payer dans des duels serrés (le soutien LREM coûtant des voix) : pour la formation radicale, la perte de Nancy (et dans la foulée l'agglo ?), que détient son président Laurent Hénart, serait emblématique, mais là -bas on se dit que chaque année les sondages sont critiques et qu'à chaque fois les listes Rossinot puis Hénart l'avaient emporté... sauf que je ne crois pas à la loi des séries en politique ; Christophe Bouchet est aussi dans une situation incertaine à Tours ; en revanche, Pascal Blanc est a priori favori à Bourges ;
- le PRG, s'il est revenu à gauche dans une majorité de communes, a aussi fait de mauvais choix d'alliance (électoralement parlant) : listes Villani à Paris, Georges Képénékian à Lyon... et pourrait perdre ses maigres élus dans ces villes emblématiques. A Marseille, le PRG a disparu au profit de LRDG. Ailleurs, les stratégies sont parfois illisibles (comme l'alliance avec Christian Estrosi avec Nice) alors que le PRG était rené de ses cendres en février 2019 pour redevenir une formation de gauche. En pratiquant de manière opportuniste l'alliance à droite ou au centre, le prix à payer risque d'être lourd aux sénatoriales (les grands électeurs de gauche regarderont à deux fois avant de soutenir un candidat PRG) et aux régionales ;
- LRDG, de loin la plus petite formation radicale, a tiré son épingle du jeu à Marseille, mais ses deux co-présidents sont dans une situation complexe : Stéphane Saint-André n'a pas encore reconquis Béthune, et l'ancienne députée européenne Virginie Rozière est numéro 5 de la liste Ollier à Montpellier après avoir soutenu un temps... Mohed Altrad (Virginie Rozière se rendant soudainement compte qu'il était favorable au Président de la République, ce qui n'avait pourtant jamais été un mystère) ; à Paris, LRDG a tenté - en vain - d'obtenir des places sur la liste LFI.
Bref, le radicalisme municipal a un avenir incertain, et le plus probable est que ses élus continuent de se réduire comme peau de chagrin.
Pour les autres partis politiques, on notera que Génération Ecologie, parfois le MEI et surtout les animalistes de diverses obédiences ont souvent réussi à négocier des places avec EELV (ou d'autres, s'agissant des animalistes).
Je manque de visibilité sur le Modem et Agir à ces élections.
L'UDI vise surtout à garder ses bastions, notamment de Seine-Saint-Denis, mais la sortie du livre dénonçant là -bas son clientélisme et ses affaires pourrait faire quelques dégâts (mais qui lira ce livre parmi les électeurs ?). L'UDI est sinon globalement tributaire des succès de LR, donc pas trop mal placée, même si des rapprochements locaux avec LREM ont eu lieu avant que la défaite de LREM ne se dessine plus nettement. Comme pour le MRSL et le PRG qui ont aussi noué des alliances avec LREM ou ses dissidents, il apparaît que l'art des prévisions électorales est comme celui des prévisions météorologiques : incertain au-delà de quelques jours, voire quelques semaines...
Genération.s et Place publique se sont éclipsés du devant de la scène à gauche (à Toulouse, l'ancien maire G.s est mal placé pour la reconquête), après avoir été visibles aux européennes. On les trouve souvent sur les listes de gauche; mais parfois il n'y a que le logo - et pas de colistiers.
Enfin, l'extrême-gauche part d'assez bas : du fait de son nombre de listes, LO aura des succès locaux dans des configurations particulières (on a parlé ailleurs sur ce forum des duels LO-autre liste, mais dans une triangulaire LO a de bonnes chances de dépasser 5% du fait de la faible offre politique, et donc d'obtenir des élus - si le conseil municipal compte assez de membres - en l'absence alors le plus souvent de 2e tour). Pour le NPA les listes sont plus nombreuses que prévu, avec une perspective de possible rebond à Toulouse. Le POID fera certainement, comme aux précédents scrutins, des scores dans des petites villes ou des villages, grà ce à des candidats connus localement. Le POI, lui, semble avoir largement déserté la scène électorale.