de arthas » Ven 24 Jan 2020 22:39
En Alsace, le RN obtient ses scores nationaux/régionaux les plus élevés dans le Nord-Ouest (dite "Alsace bossue"), dans le Bassin Potassique et dans certaines localités des vallées vosgiennes au contexte économique difficile. A l'échelle municipale, il n'a pas de scores de références, ne disposant pas ou de peu d'implantation. Dans les rares villes où des conseillers municipaux siègent sous cette étiquette, ils ne représentent pas forcément de liste d'une élection à l'autre. En 2014, il y avait 3 listes dans le Haut-Rhin, qui compte tout de même 43 communes de plus de 3 000 habitants. Dans les deux communes où les candidats RN ont obtenu leur meilleur score (Illzach et Ensisheim), il ne semble pour l'heure plus d'actualité de présenter une liste (d'ailleurs les leaders sont partis).
En 2020, il y a pour le moment 1 liste RN pressentie dans le Bassin Potassique, sur les 12 communes potentielles. Si elle est effectivement investie (?) et qu'elle réunit les 33 noms nécessaires.
Dans le Haut-Rhin, le RN se situe donc au niveau 1 pour tenter de remporter une mairie : avoir le potentiel électoral sur la base des résultats nationaux. Les 15-20 % qui voteraient de fait pour la liste ... si elle existe. Les autres 15-20 % d'électeurs ayant voté ainsi à une élection nationale restent souvent à convaincre (voir paragraphe suivant).
Dans les communes ouvrières lorraines, le potentiel semble meilleur qu'en Alsace. En Moselle peut-être plus encore qu'ailleurs en Lorraine, non pas à cause des résultats nationaux, mais parce qu'il y a déjà eu des tentatives d'implantation. En 2014, il y avait 12 listes FN (pour 63 communes de plus en 3 000 habitants) en Moselle. Deux ont pu, au lendemain du premier tour, envisager la victoire (Forbach et Hayange), et l'une y est parvenue (Hayange).
A Hayange, le candidat Fabien Engelmann a fait campagne pendant plus d'un an (déclaré dès le printemps 2013), était l'enfant du pays et candidatait déjà précédemment (sur une liste d'extrême-gauche). En particulier, lorsqu'il a été renvoyé de la section locale de la CGT qu'il administrait pour sa proximité avec le FN, l'intégralité de son équipe syndicale l'a suivi par solidarité. Quand on connaît l'enracinement du mouvement syndical dans les anciennes communes minières, cela en disait long sur la notoriété du jeune homme auprès d'une partie de la population.
En face au second tour : 4 listes différentes qui se déchiraient. Le Maire (PS) et sa Première adjointe dissidente (DVG), qui ont finalement fusionné dans la douleur (l'addition des voix s'est faite difficilement et sans plus-value) ; un candidat (DVD) vexé de n'avoir pas été associé aux discussions d'entre-deux-tours alors qu'il était (de peu) le mieux placé pour battre Engelmann, et qui divisera finalement encore davantage l'opposition en récupérant malgré tout une partie des voix ; un candidat sans étiquette qui se maintient contre tout le monde sans aucune chance de victoire (13 %).
Cet ensemble de circonstances favorables a permis au FN d'atteindre, dans une ville de Moselle, le score de 34 %, et surtout sans qu'aucune autre liste ne dépasse ce score.
A Mantes, Cyril Nauth a gagné exactement dans les mêmes circonstances (sauf que c'est la liste DVD qui s'est désistée, au final pour personne puisque la Maire et son Adjointe se sont maintenues l'une contre l'autre).
Je ne sais pas si d'autres candidats FN/RN avaient en 2014 ou auront en 2020 ce type de dynamique. Par contre, se retrouver face à une telle configuration au second tour restera relativement aléatoire. Et souvent, la bonne dynamique d'un outsider passe par une campagne active et anticipée ...