Les stratégies trop diverses, manifestement décidées localement, peuvent effectivement être un problème, au moins en termes de lisibilité et parfois de défaites non seulement d'EELV mais de ses partenaires potentiels dès le premier tour. Cela se joint parfois à des bisbilles PCF/PG où le PG seul part avec EELV, même si ce n'est pas premièrement la faute de ces derniers...
Les stratégies d'alliance ont permis néanmoins des qualifications là où des candidatures autonomes auraient parfois conduit à des sorties de piste dès le premier tour. Ainsi sur Alès-1, binôme Fdg-EELV en tête alors que la division aurait pu s'avérer cuisante.
Sur les scores selon la stratégie indiqués plus haut:
-les alliances avec le PS semblent s'être avérées fructueuses amenant de nombreuses qualifications au second tour. Rien qu'en comparant avec les autres stratégies on voit bien que le PS y amène un fort apport (certes ce ne sont pas les mêmes cantons...); l'apport d'EELV dans de tels binômes ne réside pas seulement dans "ses" voix mais aussi dans la dynamique d'union et ce que j'appellerais la dilution de l'image "vallsienne" permettant de repêcher des électeurs "frondeurs" qui auraient davantage renâclé à voter "pur PS".
-Avec le FdG c'est plus mitigé mais certains s'en sortent comme dit plus haut.
-En autonomie ce n'est pas terrible, moyenne inférieure à l'ancien seuil de qualification (au nouveau [i]a fortiori[i]) alors que comme le dit pba ce sont des cantons choisis. Encore que parfois ils sont "choisis" par les directions départementales plus pour cause de bisbilles locales que de score attendu. Inversement cette moyenne inclut les cantons où EELV a bénéficié d'une alliance (parfois tacite) avec tout ou partie du reste de la gauche et a donc fait un bon score mais pas qu'avec "ses" voix. C'est notamment le cas dans les 3(?) cantons où un binôme étiqueté EELV est en tête: Saint-Gély-du-Fesc dans l'Hérault, Avignon-2 dans le Vaucluse (merci manudu83, j'allais le rater) et Besançon-3 dans le Doubs. Ceux-là , on peut avoir du mal à les compter comme EELV mais après tout il y a bien des cantons (ex. Aigues-Mortes) où EELV n'a pas présenté de candidat en laissant la place libre à un binôme PS et où c'est compté PS sans sourciller... Ce qui compte pour le ministère et, dirais-je, en réalité c'est la couleur des (potentiels) élus, dont vont dépendre les votes en assemblée départementale. Ledit ministère a, ceci dit, un souci avec les binômes bicolores surtout de gauche non-PS...
Le vrai souci de fond pour EELV est le manque de préoccupation écologique, arrivant dans les derniers avec 16% selon le sondage francetvinfo sur les motivations du vote (cf.
http://www.francetvinfo.fr/elections/de ... 55905.html ). Et ce malgré l'épisode de pollution aux particules dans le bassin parisien qui a remis cette thématique en lumière.
Par rapport à ces seulement 16% dont ce n'est pas forcément l'unique ni même la principale préoccupation, EELV n'en capte pas la totalité, pas tellement au profit d'autres formations écologistes d'ailleurs, le souci n'est pas là , c'est plutôt qu'une partie des électeurs "éco-préoccupés" vote quand même pour des partis plus classiques, qui ne sont pas forcément muets sur la question.