chroniqueur central a écrit:Bien entendu Fabien, je comprends bien que pour vous, Sarkozy est un adversaire idéal, tellement plus facile à combattre que les centristes ! Mais vous faites erreur et prenez vos désirs pour des réalités. Tous les clignotants sont au rouge pour Sarkozy et plus il tapera sur Juppé et Bayrou plus il sera distancé dans deux semaines, mais il ne le comprend visiblement pas ! Son aveuglement va le mener à l'humiliation annoncée depuis début octobre.
Non, non, je vous assure, vous faites erreur. Sarkozy est prêt à tout, (comme Trump effectivement) et cela le rend potentiellement assez dangereux, même s'il semble assez discrédité. Perso, mon chouchou, c'est Fillon. Le néo-thatchérien aux allures de notaire dépressif, qui donne plus envie de se tirer une balle que d'aller voter, quel bonheur pour un adversaire!
Mais entre Juppé et Sarkozy, si tous les observateurs disent que le meilleur candidat pour la droite est Juppé, je préfère en effet Sarkozy.
Le choix de la droite a tout de même son importance de mon point de vue. Certes, les transferts de voix entre mon candidat et celui de la droite quel qu'il soit devraient rester dérisoires (pas plus de quelques dizaines de milliers de voix). Mais dans la perspective d'un accès au second tour, notre intérêt est que le postulant LR soit le plus faible possible.
Cela étant dit, si les juppéistes comptent (comme l'annoncent les sondages) sur un renfort d'une part significative des socio-libéraux et autres derniers partisans du gouvernement, ils risquent une cruelle déconvenue. Ces gens peuvent tout aussi bien finir par se rendre compte que Juppé est un homme de droite pur et dur -et n'a l'a d'ailleurs jamais caché- et non le "modéré" qu'on prétend, avec un programme qui ferait passer le Chirac dans sa période "reaganienne" pour un gauchiste. Même les médias qui roulent pour lui et Macron n'arrivent pas totalement à dissimuler cela, c'est dire!
Pour ce qui est du vote "stratégique", du style "la gauche est foutue quoi qu'il arrive, alors optons pour le moindre mal même si ce n'est pas notre tasse de thé", il reste tout de même très aléatoire, soumis aux variations imprévisibles des sondages et aux humeurs de l'opinion.
Si j'étais un juppéiste, je ne compterais que sur l'électorat de droite (quitte à avoir de bonnes surprises). Et sur ce seul segment, c'est déjà moins glorieux pour Juppé.
Par ailleurs, peu de gens notent que le 1er tour est testé sans concurrent "centriste" pour Juppé. Ce serait une première dans l'histoire de la 5eme république, et franchement, je serais étonné que personne ne profite du créneau laissé vacant par Bayrou. Si on ajoute à cela les ressemblances frappantes entre les profils du Balladur de 95 et du Juppé de 2017 (un candidat européiste "raisonnable" porté à des niveaux délirants par les médias et les sondages, cachant plus ou moins volontairement ses options ultra-libérales derrière une facade faussement modérée, incapable du plus petit commencement de créativité, d'audace ou d'imagination en matière politique, un contexte où la gauche semble larguée, une personnalité perçue à tort ou à raison comme distante, qui fait l'objet de haines solides dans son camp,...), à la place du second, je ne serais pas si rassuré...