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Élections municipales dans le Nord

Forum de discussion consacré aux élections municipales qui seront organisées en France en mars 2026.

Re: Élections municipales dans le Nord

Messagede Ramdams » Ven 13 Mar 2026 14:44

Haha, bien vu, j'ai corrigé. J'espère que ça ne remettrait pas en cause mon objectivité. :)
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Re: Élections municipales dans le Nord

Messagede Ramdams » Ven 13 Mar 2026 23:50

31. Lesquin (9 600 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Jean-Marc Ambroziewicz (DVD)
Lesquin a gardé une identité de "ville-village" en dépit de l'installation de l'aéroport de Lille (et de toutes les nuisances qui vont avec). En 2020, Jean-Marc Ambroziewicz avait enregistré un score soviétique de 81,56% face à une liste concurrente de droite menée par Nicolas Toulemonde.

Avant ça, Jean-Marc Ambroziewicz était devenu maire, en 2017, après la démission en tant que sénateur de Dany Wattebled (maire de 1995 à 2017) en raison du cumul des mandats. Le scrutin de 2026 sera nettement plus difficile pour le maire sortant, puisqu'il affrontera Alexis Wattebled, fils de l'ancien maire (dont il était pourtant l'adjoint et le dauphin) et coprésident du club de football local.

Pronostic : Election potentiellement serrée. J'ai envie de parier sur une victoire d'Alexis Wattebled, qui bénéficie d'un réseau essentiel dans cette commune de cette taille.

32. Leers (9 521 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Jean-Philippe Andriès (DVD) - non-candidat
Cette commune frontalière de la Belgique, plutôt tranquille, est ancrée au centre-droit. Le maire sortant ne se représente pas et a adoubé Carmelo Furnari (DVC), adjoint aux travaux. Ce dernier affrontera les deux adversaires d'Andriès de 2020 : Mathieu Johnston (RE, 20,35% en 2020), et Jérémy Rotsaert (DVC, 28,14%).

Pronostic : Avantage à Carmelo Furnari dans ce match retour.

33. La Chapelle-d'Armentières (8 754 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Damien Braure (DVD)
La Chapelle-d'Armentières est une ville qui a conquis son autonomie de haute lutte face à sa voisine Armentières en 1820. Dévastée pendant la Première Guerre mondiale, elle a mis des décennies à se reconstruire. Après avoir succédé à Bernard Coisne (maire de 1989 à 2020 tout de même), et sa réélection en 2020 (65% contre une liste DVC), il est déjà assuré d'un second mandat, puisqu'il est le seul à concourir.

Pronostic : Scrutin à liste unique, réélection de Damien Braure.

34. Pérenchies (8 455 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Karim Louzani (DVD/SE)
Voisine de La Chapelle-D'armentières, Pérenchies est une ancienne cité textile, avec un fort tissu industriel. D'une très petite superficie, la ville est un écrin de béton très dense entouré de zones agricoles.

La commune a connu une forte instabilité politique. En 2020, la liste Valérie Provo (DVC) défait celle de Benoît Delobel, soutenue par la maire sortante Danièle Lekien (DVD, 2015-2020) avec une petite avance (44,96% contre 41,03% au second tour). Une liste DVG ferme la marche dans cette triangulaire avec 14% des voix.

Pour l'anecdote, Valérie Provo n'a aucun lien de parenté avec Bernard Provo, ancien maire de la ville de 2001 à 2015. Toutefois, Bernard Provo était sur la liste de Valérie Provo, en dernière place (mais pas si symbolique, on le verra plus tard). Pourtant, Danièle Lekien était première adjointe de Bernard Provo, lorsque celui-ci était maire. Vous suivez ?

Deux ans plus tard, en septembre 2022, Valérie Provo démissionne. Valentin Alsters, adjoint au maire chargé notamment des associations, est pressenti pour lui succéder. De fortes dissensions apparaissent au sein de la majorité. Carole Gruson est, contre toute attente, élue maire, à la majorité relative. Des démissions en cascade s'ensuivent, faisant même revenir l'ancien maire Bernard Provo au conseil municipal alors qu'il était en dernière position sur la liste Provo.

Le mandat de Carole Gruson est écourté par la démission de plus d'un tiers du conseil municipal, enclenchant une élection partielle en avril 2023. Celle-ci donne est gagnée par Karim Louzani (DVD), ancien adjoint de Carole Gruson, passé dans l'opposition, avec seulement 39,60% des voix. Il devance la liste DVG de Jack-Yves Delsert (30,95%) et la liste de Carole Gruson (29,44%).

La commune a été récemment épinglée par la Cour des comptes, et ce thème est au coeur de la campagne des municipales. Cette fois-ci, la majorité sortante est unie derrière Karim Louzani, mais elle devra affronter de nouveau la liste de Jack-Yves Delsert (DVG).

Pronostic : Je pense que Karim Louzani bénéficiera d'une prime au sortant, moins par conviction que par volonté de garantir une stabilité à la ville. De plus, Pérenchies est électoralement plutôt tournée vers la droite. Le PS a brièvement administré la ville, entre 1995 et 2001.

35. Linselles (8 161 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Isabelle Pollet (DVD)
Au Nord de Lille, entre Comines et Tourcoing se situe Linselles, petite ville résidentielle aisée qui fut autrefois un grand centre de filature de lin, bastion de droite modérée.

En 2020, Yves Lefebvre (DVD) n'est pas candidat à sa réélection, et passe le témoin à son adjoint, Paul Lefebvre, qui est triomphalement élu avec 72,39% des voix. Les deux hommes n'ont aucun lien de parenté. Pour des raisons personnelles (en réalité, [url=https://www.lavoixdunord.fr/1132075/article/2022-01-25/linselles-adjoint-au-maire-regis-persyn-confirme-que-paul-lefebvre-ete-invite]il aurait été poussé vers la sortie[/u]), il démissionne de son mandat en 2022, et c'est Isabelle Pollet qui a pris le relais et qui conduira la liste de la majorité municipale, face à une liste dissidente menée par Pascal Marescaux (DVC).

Pronostic : Isabelle Pollet devrait avoir un avantage, mais sans connaître le triomphe de son prédécesseur en raison de la dissidence au sein de sa majorité.

36. Houplines (7 921 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Jean-François Legrand (DVD)
Ville frontalière d'Armentières et de la Belgique, Houplines est une petite commune à la sociologie mixte, avec de vastes espaces verts, un coeur de ville ouvrier et populaire et des quartiers pavillonnaires plus récents. Maire depuis 2012, Jean-François Legrand a été réélu en 2014 et 2020 (sans opposition cette fois). En 2026, il affrontera une liste d'union de la gauche, menée par Karine Trottein, cadre du PCF. La ville a voté pour le RN à 42% aux européennes, et à 54,44% aux législatives.

Pronostic : Jean-François Legrand est assuré d'être réélu, face à la faiblesse de la gauche locale.

37. Wavrin (7 758 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Alain Blondeau (DVD)
On retourne dans les Weppes, dans le poumon vert de la métropole, avec Wavrin, une ville qui a su préserver une identité rurale forte tout en développant une zone d'activités dynamique et des quartiers résidentiels recherchés. Sa sociologie est celle d'une petite ville équilibrée : des familles de cadres et de professions intermédiaires cherchant la tranquillité.

Ancien bastion socialiste sans interruption de 1919 à 2014, Alain Blondeau (DVD) avait réussi à déloger la gauche avec 45,86%, contre 42,34% et malgré une liste concurrente DVD (11,78%). En 2020, Alain Blondeau a été largement réélu avec 74,89%. En 2026, la configuration est un peu moins confortable, puisqu'il affrontera une liste DVC et citoyenne de Laurence Selosse, ainsi qu'une liste DVD de Rodrigue Cambier, opposant historique, déjà colistier de la liste DVD concurrente en 2014.

Pronostic : Alain Blondeau semble bien reparti pour rempiler, mais un seconde tour reste possible.

38. Quesnoy-sur-Deûle (6 805 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Rose-Marie Hallynck (DVG)
Ancien port fluvial stratégique pour le transport du lin et du charbon, Quesnoy-sur-Deûle est aujourd'hui une commune résidentielle prisée, véritable trait d'union entre la métropole lilloise et la plaine de la Lys. C'est une ville qui cultive une image verte et paisible, mais qui fait face à des défis de croissance urbaine importants.

En 2020, Rose-Marie Hallynck avait été réélue avec 53,42% lors du premier et unique tour face à Alexandre Croin (DVD). En 2026, elle a adoubé son adjointe aux finances et à la culture, Béatrice Prouvost. Elle affrontera trois autres listes : une portée par Alexandre Delplace (DVC), conseiller municipal sortant de l'opposition ; une liste menée par Patrick Decoster (DVC) et une liste de Georges Duval (DVD). Ce dernier est officiellement divers droite mais a pour colistière Anne Morand, candidate RN aux législatives de 2024 (4e circonscription du Nord, 25,98%) et brebis galeuse.

Pronostic : Malgré le passage de témoin, la gauche est dans une meilleure posture qu'en 2020 puisqu'elle part unie face à une opposition divisée. La liste DVD, en réalité RN (en partie au moins), semble difficilement miscible avec les deux autres listes. Une triangulaire voire une quadrangulaire est probable.

39. La Bassée (6 650 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Frédéric Cauderlier (DVD)
Située à l'extrême sud-ouest de la MEL, La Bassée est historiquement une ville "carrefour", détruite à 95 % durant la Première Guerre mondiale et reconstruite avec une identité forte de centre commerçant pour les villages alentours. Il s'agit d'une ville populaire, plus proche de Lens et du bassin minier que de Lille.

Frédéric Cauderlier a gagné la ville en 2020 avec seulement 19 voix d'avance sur celle de Ludovic Vandoolaeghe (DVC). En 2022, il s'était présenté aux législatives dans la 5e circonscription sous l'étiquette LREM/ENS. Il n'a récolté que 31,24% des voix à La Bassée et est arrivé derrière le futur député RN Victor Catteau. En 2026, il affrontera David Courtois (DVD), conseiller d'opposition.

Pronostic : La légitimité de Frédéric Cauderlier semble faible, au regard de son avance riquiqui de 2020 et de son score décevant en 2022. Une bascule est possible.

40. Santes (5 652 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Hiazid Belabbes (DVC)
Commune charnière, souvent décrite comme "la porte des Weppes", Santes est une petite ville résidentielle située à proximité des berges de la Deûle. La ville accueille chaque année de nouveaux résidents, changeant ainsi la sociologie électorale.

En 2020, elle avait connu un scrutin encore plus serré que La Bassée, puisque la liste de Hiazid Belabbes (DVC), issue de la majorité sortante de Philippe Barret, ne l'avait emporté qu'avec 17 voix d'avance (50,32%) sur celle de Laurent Dujardin (49,67%). Laurent Dujardin a d'ailleurs la poisse puisqu'en 2014, il était 3e sur une liste qui a perdu à 8 voix près ! Conseiller municipal d'opposition, il a démissionné en 2021. En 2026, Hiazid Belabbes affrontera Francis Gaillot (DVC), colistier de Laurent Dujardin.

Pronostic : Très difficile d'émettre un pronostic en raison des mutations démographiques et des scrutins toujours aussi serrés. Je pense que Hiazid Belabbes garde l'avantage malgré tout.
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Re: Élections municipales dans le Nord

Messagede Jean-Philippe » Sam 14 Mar 2026 01:02

Ramdams a écrit:31. Lesquin (9 600 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Jean-Marc Ambroziewicz (DVD)
Lesquin a gardé une identité de "ville-village" en dépit de l'installation de l'aéroport de Lille (et de toutes les nuisances qui vont avec). En 2020, Jean-Marc Ambroziewicz avait enregistré un score soviétique de 81,56% face à une liste concurrente de droite menée par Nicolas Toulemonde.

Avant ça, Jean-Marc Ambroziewicz était devenu maire, en 2017, après la démission en tant que sénateur de Dany Wattebled (maire de 1995 à 2017) en raison du cumul des mandats. Le scrutin de 2026 sera nettement plus difficile pour le maire sortant, puisqu'il affrontera Alexis Wattebled, fils de l'ancien maire (dont il était pourtant l'adjoint et le dauphin) et coprésident du club de football local.

Pronostic : Election potentiellement serrée. J'ai envie de parier sur une victoire d'Alexis Wattebled, qui bénéficie d'un réseau essentiel dans cette commune de cette taille.

Même si je ne suis pas du coin, je miserais sur le sortant car lors de la partielle provoquée par Dany Wattebled en avril 2018 (juste après sa démission du conseil avec des colistiers pour provoquer des élections, semblant se raviser du choix de son dauphin), Ambroziewicz l'avait très largement emporté (environ 65%). La confirmation en 2020 laisse penser qu'il est bien vu.
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Re: Élections municipales dans le Nord

Messagede Ramdams » Sam 14 Mar 2026 11:49

Jean-Philippe a écrit:Même si je ne suis pas du coin, je miserais sur le sortant car lors de la partielle provoquée par Dany Wattebled en avril 2018 (juste après sa démission du conseil avec des colistiers pour provoquer des élections, semblant se raviser du choix de son dauphin), Ambroziewicz l'avait très largement emporté (environ 65%). La confirmation en 2020 laisse penser qu'il est bien vu.


Je comprends, mais je nuance un peu ce propos, en rappelant que la population de Lesquin a largement évolué depuis 2018, elle a augmenté de 17% entre 2017 et 2023, soit l'un des taux les plus importants de la MEL. À l'instar de nombreuses communes de "banlieue", c'est une ville qui attire de jeunes familles, et les programmes immobiliers sont toujours plus nombreux. Cela rend difficile l'analyse de ces communes et la prime au sortant peut moins y jouer. Cela dit, c'est à double tranchant puisque, à l'inverse, le nom de Wattebled est inconnu pour ces nouveaux arrivants. Alexis Wattebled peut difficilement tabler sur l'héritage familial.

Si je pronostique malgré tout une victoire de l'opposant, c'est parce que la population semble ressentir une fatigue de cette densification et des travaux à répétition. Pour un maire sortant, c'est souvent de mauvais augure. Déjà que les habitants souffrent de la proximité avec l'aéroport, l'urbanisation et le trafic peuvent vite devenir infernaux pour ceux qui espèrent y trouver une "ville-village".
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Re: Élections municipales dans le Nord

Messagede PhB » Sam 14 Mar 2026 12:09

Merci Ramdams pour cette analyse très détaillée et éclairante, avec de surcroît une présentation agréable. J'ai apprécié le clin d'œil du "tissu industriel" de la "cité textile" de Pérenchies :-)

À première vue la droite domine largement les petites communes ce qui lui donne une avance à la MEL, d'autant que la représentation des villes les plus peuplées intègre une part non négligeable d'élus d'opposition (à partir de 4 représentants).

Si on faisait un bilan global, à quelles évolutions peut-on s'attendre ?
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Re: Élections municipales dans le Nord

Messagede Ramdams » Sam 14 Mar 2026 20:06

PhB a écrit:Merci Ramdams pour cette analyse très détaillée et éclairante, avec de surcroît une présentation agréable. J'ai apprécié le clin d'œil du "tissu industriel" de la "cité textile" de Pérenchies :-)

À première vue la droite domine largement les petites communes ce qui lui donne une avance à la MEL, d'autant que la représentation des villes les plus peuplées intègre une part non négligeable d'élus d'opposition (à partir de 4 représentants).

Si on faisait un bilan global, à quelles évolutions peut-on s'attendre ?


Merci pour ce commentaire ! Pérenchies a été la ville la plus difficile à analyser, qui plus est, en raison de son instabilité et de ses homonymes.

Il y a effectivement énormément de villes qui n'envoient qu'un seul élu à la MEL (73 des 95 communes), et la plupart de ces petites communes ont un maire officiellement classé DVD. Il y a une large distorsion de représentativité puisque la plus grande commune qui n'envoie qu'un élu est Mouvaux, avec 13 369 habitants, et la plus petite est Warneton avec 231 habitants. 9 communes de la MEL ont moins de 1 000 habitants.

Pour autant, la très grande majorité de ces élus vont aller siéger dans le groupe Métropole Passions Communes, avec des élus venant de la gauche comme de la droite (Damien Castelain vient lui-même de la gauche), où la défense du territoire prime sur les considérations partisanes. Ce groupe travaille avec certains élus de gauche et de droite, tout en excluant certains autres élus de gauche et droite, même centristes. Les rapports de force sont difficiles à lire, et tiennent davantage aux personnalités qu'aux couleurs politiques.

La perte de Roubaix fera mal à la droite, puisqu'elle perdra environ 8 élus, sans en gagner véritablement ailleurs. Pour autant, elle pourrait en ressortir renforcée de cette séquence si les grandes villes que sont Lille, Roubaix et Villeneuve-d'Ascq venaient à prendre un virage plus à gauche (avec les Verts, ou avec LFI), puisqu'elle pourrait inciter le groupe Métropole Passions Communes à regarder vers sa droite pour trouver une majorité et à réintégrer des élus de droite qu'elle avait jusqu'alors ignorés au profit des socialistes. Il serait tout de même problématique que 3 des 4 plus grandes villes de la MEL soient exclues du bureau pour ces considérations partisanes.
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Re: Élections municipales dans le Nord

Messagede Ramdams » Sam 14 Mar 2026 21:22

41. Sainghin-en-Weppes (5 638 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Matthieu Corbillon (DVD)
Sainghin-en-Weppes, historiquement marquée par une activité agricole dominante et la présence de brasseries, s'est transformée en un pôle résidentiel très recherché, dans ce poumon vert de la MEL.

Elle a longtemps été un bastion socialiste, entre 1967 et 2014, date à laquelle le kinésithérapeute Matthieu Corbillon (DVD) a gagné en triangulaire avec seulement 39,01% en raison de la division de la gauche (37,39% pour le PS, et 23,58% pour le front de Gauche).

En 2020, il a été réélu confortablement mais pas triomphalement (56,96%) face à la liste de gauche menée par Denis Mortelecque. Ce sera le même duel en 2026, mais cette fois-ci, la liste de gauche sera portée par Jean-Michel Audubert.

Pronostic : Le scrutin est relativement ouvert, même si une bascule m'apparait assez peu probable.

42. Baisieux (5 545 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Philippe Limousin (DVC) - non-candidat
Baisieux est située à la frontière belge, à mi-chemin entre Lille et Tournai. La commune était historiquement scindée en deux pôles, le Grand Baisieux (historique et agricole) et le Petit Baisieux (né du développement ferroviaire et industriel autour de la gare). La mairie a été stratégiquement bâtie à mi-chemin pour relier ces deux quartiers. Sociologiquement, Baisieux est une commune résidentielle très prisée, affichant un revenu médian élevé et un taux de propriétaires de 73,7%, et a connu une forte augmentation de sa population depuis 2020, majoritairement des familles.

Politiquement, au niveau national, le bloc central domine largement. Au niveau local, en 2020, Philippe Limousin (DVC) l'avait emporté dès le premier tour avec 56,62 % des voix, battant le maire sortant Paul Dupont (DVD). Il ne se représente toutefois pas en 2026, adoubant sa première adjointe Pascale Cusseau. Face à elle, une seule liste, celle d'Olivier David (DVD), architecte, et petit-fils de Robert David, maire emblématique de Baisieux (1971-1983).

Pronostic : Une bascule au profit de la liste DVD est possible, en raison du passage de témoin et des défi

43. Wervicq-Sud (5 426 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : David Heiremans (DVD)
Comme son nom l'indique, Werwicq-Sud est indissociable de sa voisine belge (flamande cette fois-ci) Wervik, dont elle est séparée par la Lys. Elle présente également un profil bien plus résidentiel que sa voisine, et compte un grand nombre d'immigrés belges. Démographiquement, la commune est plutôt stable et politiquement, il y a assez peu à dire : le maire David Heiremans a été réélu en 2020 avec 81,49% des voix face à la liste DVG de Stéphane Rumas. En 2026, Mathieu Desmulliez, cadre territorial à la MEL, portera les couleurs de la gauche lors d'un nouveau duel.

Pronostic : David Heiremans sera élu dans un fauteuil.

44. Erquinghem-Lys (5 341 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : (DVD)
On revient du côté d'Armentières. Longtemps village agricole tourné vers la culture du lin, Erquinghem-Lys a connu un essor industriel textile au XIXe siècle avant de subir de lourdes destructions durant la Grande Guerre. Il y a assez peu à dire de cette commune résidentielle. Politiquement, les habitants sont encore une fois privés de choix puisque, comme en 2014 et 2020, Alain Bézirard sera seul candidat. La dernière fois que les Erquinghemmois ont pu avoir le choix, c'était en 2008.

Pronostic : Alain Bézirard en route pour un cinquième mandat.

45. Bauvin (5 249 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Louis-Pascal Lebargy (DVG)
Bauvin est une commune dont l'identité s'est forgée au carrefour de l'eau et du charbon. Située sur les rives de la Deûle, elle a longtemps vécu de son activité portuaire et de sa proximité avec les grands centres miniers du Nord et du Pas-de-Calais. Aujourd'hui, Bauvin est une ville résidentielle et familiale, avec une grande majorité de maisons individuelles et de propriétaires.

En 2020, Louis-Pascal Lebargy avait frôlé la réélection dès le premier tour avec 49,82%, devant une liste centriste conduite par David Zbierski (32,64%) et une liste DVG conduite par Laurent coutte (17,53%). Le second tour, en triangulaire, avait été une formalité, avec 55,99% pour Lebargy. En 2026, il n'affrontera personne.

Pronostic : Louis-Pascal Lebargy en route pour un cinquième mandat.

46. Bousbecque (4 978 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Joseph Lefebvre (DVD) - non-candidat
Après la crise du lin, Bousbecque s'est reconvertie dans l'industrie du papier, avec l'usine Dalle & Lecomte fondée en 1875, devenue Ahlstrom, mais qui a fermé ses portes en 2024, laissant sur le carreau 117 salariés. Un coup dur pour la ville et ses habitants…

Politiquement, il s'agit d'un bastion de centre-droit on ne peut plus classique, qui avait été plutôt disputé en 2014. Joseph Lefebvre, le maire sortant, a néanmoins été réélu avec 72,51% en 2020 contre la liste DVD de Benoît Dhalluin. En 2026, c'est son adjoint Christophe Delescluse qui portera les couleurs de la majorité. Le challenger s'appellera Cédric Deseigne, et il est conseiller municipal sortant.

Pronostic : On ne devrait pas connaître le même triomphe mais Christophe Delescluse part avec un avantage. Les inquiétudes liées au tissu économique de la ville et l'arrivée de jeunes ménages peuvent néanmoins profiter à Cédric Deseigne.

47. Hallennes-lez-Haubourdin (4 683 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : André Pau (DVD)
Hallennes-lez-Haubourdin signifie littéralement "les halles (ou les abris) situés près d'Haubourdin". Ce nom témoigne du passé de la commune comme un petit centre de vie organisé autour d'une structure couverte ou d'un domaine seigneurial, bien avant de devenir la commune résidentielle, plutôt aisée, que l'on connaît aujourd'hui.

La ville connait une évolution assez notable de sa démographie, mais cela n'aura aucun effet sur le scrutin puisque le maire, André Pau, qui administre la ville depuis 2007, est le seul candidat, comme en 2020.

Pronostic : André Pau en route vers sa 4e victoire.

48. Sequedin (4 675 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Christian Lewille (DVC)
On reste dans le même secteur avec Sequedin, à la porte des Weppes. Poumon vert résidentiel et pôle technique majeur pour la métropole, elle accueille par des infrastructures majeures comme le le centre de valorisation énergétique, l'ancienne centrale EDF, et, de manière plus singulière, le centre pénitentiaire de Lille-Sequedin. Le maire a d'ailleurs interpellé l'État pour que les cellules pénitentiaires soient comptabilisées comme logements sociaux afin d'alléger les pénalités financières !

Le mandat qui s'achève n'a pas été de toute repos pour la majorité sortante. Christian Lewille a été élu sans opposition en 2020. Néanmoins, en raison de dissensions internes sur la méthode de gouvernance, un tiers du conseil municipal a démissionné fin 2024, conduisant à une élection partielle le 16 mars 2025. Une élection pour rien, puisque seule la liste de Christian Lewille s'est présentée lors de cette partielle…

En 2026, néanmoins, le maire affrontera une liste conduite par Reynald Lemaire, issu de la majorité initiale de 2020, qui prône une gouvernance plus ouverte. La campagne est

Pronostic : Lewille part avec un avantage, mais son mandat est de plus en plus contesté. L'opposant peut espérer avoir plus de 30% des voix.

49. Provin (4 428 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Christian Lewille (DVC)
On repart tout au sud de la métropole, à la frontière de Carvin et de l'agglomération Hénin-Carvin. Avec ses terrils, Provin est clairement plus proche du bassin minier que de Lille. Historiquement ouvrière, Provin a su opérer une transition vers un profil plus résidentiel, attirant des familles qui cherchent le calme des Weppes tout en restant à proximité des pôles d'emploi de la Haute-Deûle et de Lens.

En 2014, Joffrey Zbierski (DVD) arrache la ville aux socialistes, qui la détenaient au moins depuis 1983 à l'issue d'un scrutin très disputé avec pas moins de 6 listes, dont 4 de gauche et une liste FN. À 27 ans, il est alors le plus jeune maire du département à l'époque, et devient président de l'Association des Maires du Nord (AMN) et premier vice-président de la Communauté de communes de la Haute Deûle (qui sera incorporée dans la MEL en 2018). Son ascension politique est rapide, il est réélu en 2020 sans opposant, mais la situation se dégrade en 2022.

Des soupçons de malversations financières apparaissent, principalement liées à ses fonctions de président de l'AMN. Joffrey Zbierski est soupçonné d'avoir utilisé les fonds de l'association à des fins personnelles. Il est mis en examen en mars 2023 pour détournement de fonds publics, abus de confiance, faux et usage de faux. L'enquête porte sur des sommes importantes (évaluées à environ 100 000 euros) qui auraient été détournées via des notes de frais, des achats personnels et des retraits d'espèces sur les comptes de l'AMN. Le 7 février 2023, l'affaire prend une dimension dramatique. Alors que les pressions judiciaires et les tensions au sein de son conseil municipal s'accentuent, Joffrey Zbierski fait une tentative de suicide dans les locaux de la mairie. Durant plusieurs semaines, la mairie se retrouve sans direction effective, le maire étant dans l'incapacité d'exercer ses fonctions.

Face à l'impossibilité pour le maire de revenir aux affaires et à la suite de la démission massive d'une partie des conseillers municipaux (pour provoquer un nouveau scrutin et sortir de l'impasse), la préfecture organise une élection municipale partielle. Kwami Agbegna, adjoint sortant en charge des affaires courantes, s'impose lors de l'élection du 16 avril 2023, avec 50,43% face à trois autres listes, et avec une participation correcte pour une partielle (58,01%). Condamné en décembre 2024, Joffrey Zersi vient d'être relaxé en février 2026.

Demain, Kwami Agbegna affrontera dans les urnes Michael Cocq (DVC), qui entend tourner la page de l'ancienne majorité, qui a plongé la ville dans un climat délétère.

Pronostic : L'élection partielle de 2023 semble confirmer que l'électorat ne porte pas de grief contre la majorité sortante. Kwami Agbegna part avantagé pour le duel du 15 mars 2026.

50. Toufflers (3 957 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Alain Gonce (DVG)
Toufflers est une commune résidentielle frontalière qui a su conserver son caractère champêtre malgré sa proximité avec les pôles urbains de Roubaix et de Wattrelos. Sa sociologie est particulièrement stable et aisée, avec une forte proportion de seniors.

En 2014, en pleine vague bleue, Toufflers a connu une évolution inverse, avec la victoire d'Alain Gonce sur la droite sortante à 50 voix près (51,18%). Sa réélection en 2020 fut plus confortable, avec 61,13% des voix face à la droite. En 2026, il affrontera une liste plus centriste menée par Alexandre Vanhoutte.

Pronostic : Toufflers n'a pas la sociologie propice à la gauche, mais Alain Gonce semble confirmé dans son rôle de maire, et je pense qu'il peut de nouveau se faire réélire, même si sa victoire devrait être plus mesurée, inférieure à 60%.
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Re: Élections municipales dans le Nord

Messagede Ramdams » Sam 14 Mar 2026 22:22

51. Templemars (3 669 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Pierre-Henri Desmettre (DVC)
Historiquement terre agricole et de passage, Templemars s'est transformée en un pôle résidentiel, tout en accueillant une zone d'activités importante totalement séparée. La ville accueille notamment le siège social de Castorama. Elle a connu une poussée démographique notable, et d'autres projets immobiliers devraient grossir les rangs.

Bastion socialiste depuis 1989, Templemars a basculé à droite en 2020 d'une courte tête. Pierre-Henri Desmettre (DVC) l'a emporté avec 51,36% des voix, soit 43 bulletins de plus que la liste de gauche menée par Marianne Delemer. Conseillère municipale d'opposition, Juliette Griffard prend le relais et conduit la liste de gauche. Nationalement, le bloc central résiste assez bien à Templemars, mais dans le même temps, on a davantage voté à gauche à Templemars que dans le reste de la circonscription aux législatives.

Pronostic : Issue très incertaine, à la fois en raison du faible score de Pierre-Henri Desmettre en 2020, et du fort turnover de la population. La gauche a de réelles chances de reprendre Templemars, mais la ville reste très difficile à analyser politiquement.

52. Allennes-les-Marais (3 545 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Carine Vandaele (PS)
Allennes-les-Marais est une commune dont le nom évoque immédiatement son lien avec la Deûle et les zones humides environnantes. Historiquement, elle a connu un passé industriel marqué par une distillerie et une filature active jusqu'aux années 1980. Aujourd'hui, c'est une "ville nature" résidentielle, accueillant cadres, professions intermédiaires et de nombreux couples avec enfants, avec un niveau de vie assez élevé.

Gérard Mayor, élu sans opposition en 2014, a affronté une liste de droite, et s'est imposé avec 57,21%, soit 200 voix de plus que son adversaire. En juin 2024, il démissionne au profit de son adjointe Carine Vandael, qui affronte le conseiller d'opposition Laurent Minnens. Nationalement, la ville a voté à plus de 40% pour la liste RN aux européennes.

Pronostic : Le scrutin s'annonce serré et incertain. Carine Vandael peut faire les fruits de l'usure du pouvoir socialiste. Une victoire de Laurent Minnens m'apparait possible, sinon probable.

53. Houplin-Ancoisne (3 326 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Dominique Gantiez (SE/DVC)
Houplin-Ancoisne possède une identité duale, née de la fusion en 1950 du village d'Houplin et de son hameau d'Ancoisne. C'est une ville verte, marqué par ses marais et ses anciennes tourbières. Sociologiquement, c'est une commune résidentielle et familiale (les moins de 20 ans représentent 28 % de la population), mais la population reste constante.

Dominique Gantiez est maire depuis 2020, après une victoire en triangulaire (47,08%) sur la liste DVD du maire sortant Jean Crespel (32,65%) et celle de Sébastien Bocquillon (20,2%). Depuis, Sébastien Bocquillon a rejoint la majorité et figure sur la liste de Dominique Gantiez pour 2026. Elle affrontera une autre liste centriste, menée par Aline Kaleba, qui reprend des membres de la liste Crespel.

Pronostic : Dominique Gantiez part avec un avantage, dans cette ville qui n'a pas connu d'évolution démographique notable.

54. Fretin (3 214 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Marie-Jeanne Marseguerra (PS/DVG ?)
Située au cœur de la Pévèle, Fretin est un véritable carrefour : elle abrite une partie de l'aéroport de Lille-Lesquin et une zone d'activités logistiques majeure, le CRT. Sa sociologie est celle d'une commune équilibrée, mêlant familles d'agriculteurs historiques et nouveaux résidents.

La socialiste Béatrice Mullier, qui était maire depuis 1989, a été réélue en 2020 assez confortablement avec 66,40% des voix face à une autre liste de gauche menée par Laurent Carpels. En janvier 2024, après 29 ans de mandat, Béatrice Mullier démissionne pour passer le relais à sa première adjointe, Marie-Jeanne Marseguerra. En 2026, elle affrontera deux listes, celle de Laurent Carpels, une nouvelle fois candidat après 2014 et 2020 mais cette fois-ci sous l'étiquette DVC, et une liste dissidente de Christophe Maddelein, élu sur la liste de la majorité en 2020.

Pronostic : Le passage de témoin peut s'avérer compliqué pour Marie-Jeanne Marseguerra, mais cette dernière a un avantage en triangulaire.

55. Salomé (3 182 habitants - 1 siège à pourvoir à la MEL)
Maire sortant : Pierre Canesse (DVG)
Salomé est un village des Weppes, à la lisière du bassin minier. Longtemps village ouvrier et agricole, elle se transforme en une commune résidentielle recherchée. Elle a connu une forte augmentation de sa population ces dernières années, avec notamment la livraison du domaine des Trois-Merlettes (plus de 110 logements).

Pierre Canesse avait battu de justesse le maire socialiste Philippe Amielh en 2014, avec 50,52%. Il s'est imposé plus confortablement en 2020, avec 55,74% face à deux autres listes. En 2026, il affrontera trois autres listes. La première est portée par son opposant historique, Vincent Delautre, colistier d'Amielh en 2014 et tête de liste en 2020 (29,54%). La seconde est menée par son adjointe aux affaires sociales dissidente, Karine Ravassard, élue sur la liste d'opposition de Michel Brassart en 2020. Enfin, la troisième liste est menée par Vaiana Vincent, qui regroupera justement des nouveaux habitants, ainsi qu'Angélique Moyeux, ancienne adjointe de Pierre Canesse.

Pronostic : La ville restera à gauche, mais la majorité sortante est très divisée, tandis que l'ancienne majorité socialiste souhaite sa revanche. Vincent Delautre a de sérieuses chances de victoire, mais ce sera serré, et je ne suis pas sûr que les électeurs y voient plus clair que moi.
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Re: Élections municipales dans le Nord

Messagede Jean-Philippe » Sam 14 Mar 2026 23:27

C'est un détail, mais en décembre 2018, une élection partielle à Bousbecques (après démission du tiers des élus) avait entraîné la défaite du sortant (élu depuis 4 ans et demi) dernier d'une triangulaire, et la victoire du maire actuel pour 11 voix sur une 3 liste (source).

Merci pour ce gros boulot qui nous facilite la compréhension des enjeux locaux, souvent difficile à appréhender quand on n'y vit pas.
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Re: Élections municipales dans le Nord

Messagede Relique » Dim 15 Mar 2026 08:59

Merci Ramdams ! En effet, c'est très intéressant d'avoir cette vision.

Personnellement, étant militant de gauche, je n'ai aucun espoir pour mon camps à la MEL, et ce pour deux raisons:
- la gauche a approuvé elle-même l'extension de la MEL, toujours plus, ce qui l'a rendue minoritaire au fur et à mesure de ces élargissements;
- la gauche n'a aucun projet "de rupture" au niveau de la MEL, qu'il s'agisse du PS, des Verts ou des Insoumis. Tous promettent simplement que "ça ira mieux" s'ils sont majoritaires. Mais aucun n'a de plan s'ils ne sont pas majoritaires, or, pour moi, si une commune n'est pas satisfaite de son échelon intercommunal, elle doit faire un choix: approuver l'action intercommunale ou choisir de ne plus déléguer ses compétences à cet échelon.

Je rêve de programmes municipaux proposant le "démembrement" de la MEL en zones qui seraient plus cohérentes politiquement et qui permettent aux majorités municipales d'assumer (et d'être redevables) les politiques de la MEL. Et, éventuellement, au niveau national la proposition d'une réforme qui permette un retour en force de l'intercommunalité de projets (à travers les syndicats intercommunaux notamment)...

C'est d'ailleurs une des raisons que j'ai, personnellement, refusé l'offre qui m'était faite d'être candidat.

Sinon, j'ai, pour le forum britannique "Vote uk", fait une analyse dans les 5 départements des Hauts-de-France. Voici celle du Nord (hors ville de plus de 100 000 habitants): (j'ai retraduit avec les outils de traduction en ligne, donc le français n'est peut-être pas excellent, désolé)

59 – Nord
Département le plus peuplé, il compte de grandes villes et de nombreuses agglomérations de taille moyenne, notamment entre Douai et Valenciennes, où le RN a vu ses scores augmenter d’année en année. Ce département abrite des bastions du RN, mais aussi de La France Insoumise, et est le théâtre de luttes entre la gauche et la droite, etc. Il y a beaucoup à suivre ! (Lille a déjà été abordée dans la rubrique des villes de plus de 100 000 habitants)

Villes où s'affrontent la gauche et la droite :

Tourcoing (99 000) – dans l'arrondissement de Lille, au nord-est, la ville du ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui l'a emporté face à la gauche en 2014. Darmanin est deuxième sur la liste bien qu’il ait déclaré lors du dernier remaniement qu’il « abandonnait la politique locale pour se concentrer sur ses fonctions gouvernementales ». Il n’a jamais rien abandonné et vise activement la présidence du Conseil métropolitain de Lille. Il aura bien sûr besoin de sa liste pour l’emporter. Malgré les nombreuses lacunes de la majorité (j’ai une connaissance assez précise de ce qui s’est passé ces dernières années), celle-ci remportera probablement une nouvelle victoire grâce à la division de la gauche. La conseillère locale et régionale écologiste Katy Vuylsteker a réussi à obtenir le soutien du PS et du PCF, mais elle est confrontée à une liste de l’ancien PS Franck Talpaert, qui l’avait battue en 2020 (11 contre 9), et à celle de la nouvelle venue des Insoumis, Emilie Croes. Le RN est toujours présent ici aussi, mais il n'obtiendra probablement pas autant de voix qu'aux élections législatives, où il avait battu Darmanin dans la partie de sa circonscription située à Tourcoing (ce dernier était arrivé troisième, derrière la gauche et le RN, mais avait remporté la circonscription grâce aux villes bourgeoises du nord). La gauche parviendra-t-elle à s'unir entre les deux tours et à battre sa liste ? J'en doute. (Prédiction : maintien de la droite).

Roubaix (98 000) – dans l’arrondissement de Lille, au nord-est, l’une des villes les plus inégalitaires de France, avec l’une des populations les plus pauvres (dans le top 5 je crois en France) qui cohabite, dans la même ville, avec l’un des plus grands nombres de personnes en France qui payaient l’impôt sur la fortune (avant que Macron ne le supprime). De nombreux migrants s’y installent et les islamistes ont pris le contrôle des mosquées et de certains quartiers, tandis que d’autres habitants de la classe ouvrière fuient les logements sociaux de cette ville. C’est probablement la cible la plus importante pour La France insoumise dans la région (voire en France), avec le député insoumis David Guiraud (fils d’un maire PS de la banlieue parisienne) qui défie le maire de droite. La gauche avait étonnamment perdu la ville en raison d'une stratégie de division en huit listes en 2014 (avec 20, 10, 9, 8, 4, 4, 2 et 2 %), deux listes s'étant regroupées avec deux autres pour le second tour et obtenant 33 et 15 %, tandis que Delbar, de droite, obtenait 35 % et le FN 17 %), qui a été ajustée à une stratégie de division en 7 listes en 2020 (15, 9, 9, 6, 5, 1 et 0,5 %), avec une fusion de quatre listes (à l’exclusion des Insoumis) obtenant 44 % au second tour contre 56 % pour Delbar. Depuis lors, Delbar a été condamné pour corruption et évasion fiscale, après avoir orchestré un stratagème consistant à faire verser de l’argent à une association par sa famille et ses amis, qui pouvaient ainsi déduire 67 % de leur don de leurs impôts avant de récupérer la majeure partie de la somme versée, ce qui lui a permis de gagner plusieurs centaines de milliers d’euros grâce à ce stratagème illégal. Son premier adjoint a également été condamné (il a plaidé coupable, avec les honneurs, puisqu’il n’a même pas tenté de rejeter la responsabilité sur son maire). Alexandre Garcin a été élu par le conseil municipal il y a quelques mois et tentera de maintenir la ville à droite (même s’il essaie désormais de prétendre qu’il n’est pas de droite). La gauche est désormais beaucoup moins divisée, car Insoumis Guiraud effraie tout le monde avec son approche communautariste, flattant les militants islamistes dans la rue. Karim Amrouni, qualifié pour le second tour la dernière fois, a réussi à rassembler le PS, le PCF et les Verts autour de lui et est clairement un bon candidat. Le RN présente une liste et obtient toujours de bons résultats ici (dans certains quartiers), tandis qu’une seule autre liste de gauche est en lice – et il s’agit d’une liste trotskiste. Une défaite des Insoumis ici signifierait sans doute une soirée catastrophique pour Mélenchon. (Prédiction : la gauche unie gagne du terrain sur la droite)


Valenciennes (43 000 habitants) – située dans l’arrondissement de Valenciennes, véritable bastion de la droite au cœur d’un bastion communiste et socialiste, Jean-Louis Borloo a remporté la circonscription et la mairie en 1988 et 1989 face à un de mes bons amis, Olivier Marlière, alors membre du RPR, mais qui a rejoint Chevènement dans les années 1990 et est aujourd’hui un fervent partisan de Mélenchon. L'actuel maire, Laurent Dagallaix, a été jugé en février et le procureur a requis un an de prison et cinq ans d'inéligibilité. Il n'a pas encore été condamné, mais pourrait être destitué quelques jours seulement après son élection. Il est confronté à une liste de gauche unifiée (qui a obtenu 21 % en 2014 avec deux listes et 19 % en 2020 avec deux listes, ainsi que 27 % pour son candidat unique au premier tour des élections législatives de 2024), à deux autres listes de droite, dont une issue de sa propre majorité, et à une liste du RN. Cela pourrait marquer un tournant décisif avec une victoire de la gauche pour la première fois depuis 1947… (prédiction : Hor conserve son siège)


Douai (40 000 habitants) – située dans l’arrondissement de Douai, cette ville a longtemps été très « bourgeoise de province », avec une orientation politique de droite, entourée de villes minières et industrielles à gauche. Après 31 ans de mandat de Jacques Vernier (RPR, UMP puis LR) à la mairie, Frédéric Chéreau (PS) a créé la surprise en remportant la mairie lorsque Vernier a décidé de se retirer. On dit que cela s’est fait avec l’accord tacite de Vernier (et de la bourgeoisie de la ville). Après avoir été réélu avec 41 % des voix en 2020, face à une liste de centre-droit à 30 %, au RN à 15 % et à une autre liste de gauche à 14 %, il a eu son pire adversaire en la personne de Christian Poiret, maire d’une petite ville voisine de Douai et président du conseil « intercommunal ». Poiret est même allé jusqu’à confier des responsabilités au candidat de Douai, ancien Insoumis et adversaire de Chéreau au sein du conseil intercommunal, dans le seul but de l’agacer. Poiret a réussi à remporter le département en 2021, mais n’a jamais cessé de s’opposer à Chéreau par tous les moyens possibles. En 2024, Chéreau a pris ses responsabilités et a tenté de ramener la circonscription à gauche après deux ans de mandat d’un député du RN, et il n’en était pas si loin. Il a contraint son adversaire (Tesson, qui était le candidat LR en 2020 mais qui a suivi Ciotti au RN) à un second tour, ce qui était rare sur ce territoire, et a obtenu 44 % au second tour, gagnant 5 000 voix alors que le RN en gagnait 2 000 (il y avait eu 5 700 voix pour Horizons au premier tour et 3 600 pour LR). Chéreau a toutefois réussi à remporter la ville de Douai, avec 54 % des voix. En 2026, Chéreau a réussi à garder le PCF sur sa liste (ce parti a son importance dans cette région), mais a perdu les Verts, qui présentent leur propre liste. Son adversaire de gauche, Guiffard, présente également une liste, tout comme ses anciens amis de La France insoumise. Le député Tesson est toujours candidat, cette fois avec le soutien du RN, tandis que le centre et la droite sont divisés en deux listes. (prédiction : le PS conserve son siège)

Armentières (27 000 habitants) – située dans l'arrondissement de Lille mais proche de la Flandre française, cette ville longtemps socialiste a été marquée par la dynastie Haesebroeck (16 ans pour Bernard, de 2008 à 2024, et 40 ans pour son père Férard, de 1959 à 1999), qui a pris fin il y a quelques années. Le nouveau maire tentera de maintenir la ville au PS, mais devra faire face à la fois au nouveau conseiller départemental de droite Plouy, qui a battu Haesebroeck en 2015 et 2021, et au RN, qui a obtenu 40 puis 47 % aux élections législatives de 2024. (prédiction : le PS conserve la ville)

Loos (23 000 habitants) – dans l’arrondissement de Lille, à proximité de Lille au sud-ouest, a été perdue en 2014 après 69 années consécutives de mandat PS (alors SFIO). Ce fut « la candidature de trop » pour Rondelaere après 32 ans de mandat, et Anne Voituriez (une catholique plutôt de droite, libérale sur le plan économique et conservatrice sur le plan social) a réussi à l’emporter avec 500 voix d’avance, tandis que le FN en obtenait également 500. En 2020, elle n’a obtenu que 51 % des voix, mais elle était confrontée à trois listes de gauche qui ont recueilli respectivement 20, 19 et 11 %. Elle est désormais confrontée à un candidat des Insoumis et à une liste de gauche. Ce mandat a été marqué par quelques scandales, notamment celui d’un fonctionnaire accusé d’avoir détourné des fonds destinés aux dépenses sociales (près d’un million d’euros) sans que personne ne s’en soucie ou ne s’en aperçoive. (Prédiction : maintien de la droite)

Faches-Thumesnil (19 000 habitants) – située dans l’arrondissement de Lille, au sud de la ville, c’est la commune la plus peuplée dirigée par LFI avec Patrick Proisy ; ils tenteront de conserver la ville. Faches était autrefois socialiste, mais en 2001, la droite a renversé la tendance et s’est ensuite imposée grâce au soutien discret de Ségolène Aubry. Je connais assez bien la ville et je suis ami avec quelques adjoints au maire et candidats Insoumis. Cependant, je crains que, pour des raisons tant locales que nationales, ils ne soient déçus ce week-end. Ils sont confrontés à une liste de droite avec le jeune Lauret et à une autre liste qui, à d’autres époques, aurait pu être leur alliée. Ils ont également vu le PS local quitter leur liste et ne pas les soutenir, tout comme les Verts. S’ils ne l’emportent pas au premier tour, le second sera difficile car les deux autres listes pourraient fusionner, et même si ce n’est pas le cas, les électeurs de la liste arrivée en troisième position pourraient décider de « chasser les Insoumis ». Hier soir, lors du rassemblement des Insoumis, une douzaine de néonazis locaux sont venus, le visage dissimulé, répandant de la farine et du faux sang. Quelques amis étaient présents et ont été assez choqués, car ils ne sont vraiment pas habitués à ce genre de choses. (prédiction : gain de la droite au détriment de LFI)

Wattignies (16 000 habitants) – située dans l’arrondissement de Lille, au sud de la ville, la commune a perdu l’année dernière son ancien maire Alain Pluss, un gaulliste convaincu. Sa majorité est désormais partagée entre le nouveau maire Faucomprez (droite) et Olivier Gosset, soutenu par LR. La gauche est unie dans une ville qui vote à gauche lors des élections nationales (38 % pour le candidat de gauche aux législatives de 2024), mais qui a toujours soutenu Pluss au niveau local (et à juste titre). Une division à droite pourrait permettre à la gauche (qui comptait deux listes en 2020, cumulant 35 % des voix contre 10 % pour LREM) de remporter la ville. (prédiction : la gauche unie l'emporte face à la droite)

Bailleul (15 000) – dans l'arrondissement de Dunkerque, près d'Armentières, un siège assez ouvert puisque Antony Gautier (ancien adjoint au maire d'Aubry à Lille, mais élu sur une liste hétérogène allant du centre-gauche à la droite) qui avait remporté une victoire surprise en 2020 ne se représente pas. Trois listes sont en lice : Devillez, de l'ancienne majorité, Grember et une liste de la gauche unie menée par Talleu. (prédiction : les autres conservent leur siège)

Seclin (13 000 habitants) – dans l'arrondissement de Lille – abritait l'une des plus anciennes mairies communistes : depuis 1929 (avec une interruption de 1935 à 1945). Bernard Debreu, le maire communiste sortant, a été battu en 2020 après qu'un adjoint socialiste eut décidé de s'allier à l'opposition de droite pour le second tour et l'eut emporté avec 250 voix d'avance. Les communistes ont renoncé à reconquérir la ville et ont confié la tête du regroupement d'opposition à Pierre Decraene, candidat de gauche (sans étiquette), qui affrontera le nouveau maire François-Xavier Cadart. Ce dernier a réussi à remporter le canton départemental avec un très bon score de 67 % dans la ville de Seclin. (prédiction : maintien de la droite)

Marly (12 000 habitants) – dans l'arrondissement de Valenciennes, pourrait être intéressant. Après 44 ans de maires communistes, la ville a basculé à droite en 1989 jusqu’à ce que l’ancien député Fabien Thiémé (PCF) la reprenne en 2008. Il est décédé en 2019, quelques mois avant sa réélection, et son successeur n’a pas réussi à se faire élire, car deux listes de gauche issues de sa majorité se sont dissociées et ont fusionné avec la liste de droite de Verfaillie pour le second tour. En tête au premier tour avec 42 %, la droite à 39 % et les deux listes de gauche à 12 et 7 %, il a perdu au second tour avec 46 %. Cette fois-ci, la gauche présente toujours trois listes, dont une liste communiste qui s'oppose à lui, mais elle pourrait être mieux placée pour s'unir au second tour et reprendre la ville. (prédiction : maintien de la droite)

Annoeullin (11 000 habitants) – dans l'arrondissement de Lille, à la frontière du Pas-de-Calais, l'ancien maire PS Philippe Parsy se retire. Il était le dernier représentant de la dynastie Parsy (plus de 50 ans de mandats de maires de la famille Parsy). Leroy, pour la majorité, tentera de maintenir la ville à gauche. Cependant, une liste centriste, une liste de droite et une liste du RN se dressent sur son chemin. Le RN a obtenu 50 % au second tour en 2024, mais ne devrait pas constituer une réelle menace ici. La gauche, en revanche, s'affaiblit de plus en plus dans le Weppes et pourrait bien perdre une nouvelle ville. (prédiction : gain de la droite au détriment de la gauche)

Condé-sur-l’Escaut (9 000) – dans l’arrondissement de Valenciennes, la troisième fois sera-t-elle la bonne pour Joël Bois ? Après avoir échoué de 117 voix en 2014 pour s’emparer de la ville que son père et son grand-père ont dirigée pendant 49 ans, puis de 151 voix en 2020, la division de la droite pourrait bien lui permettre de battre Grégory Lelong (UDI), maire depuis 2014, qui est également confronté à une liste menée par son deuxième adjoint et composée de 5 autres membres de sa majorité. En 2024, le candidat des Insoumis a obtenu 28 % au premier tour (23 % dans la circonscription), l'UDI 19 % (29 % dans la circonscription) et le RN 48 % (44 %). (prévision : gain de la gauche au détriment de l'UDI)


Villes ciblées par le RN :

Cambrai (31 000 habitants) – dans l'arrondissement de Cambrai, pourrait être une cible, malgré un mauvais résultat en 2020 (5 %). L'ancien maire Villain est décédé en 2025 après 33 ans de mandat, dont 15 en tant que député. Siegler (droite), vice-président du département, tente de s'emparer de la ville après avoir échoué à conserver la circonscription en 2024 (33 % dans la circonscription contre 53 % pour le RN, mais 38 % à Cambrai contre 44 %). Les divisions au sein de la droite pourraient les empêcher de conserver la ville. La gauche est unie derrière le candidat de LFI aux législatives de 2024, qui a obtenu 16 % dans la ville (13 % dans la circonscription). (prédiction : maintien de la droite)

Denain (21 000 habitants) – dans l’arrondissement de Valenciennes, était une cible de choix en 2020 avec le député et lieutenant de Marine Le Pen, Sébastien Chenu, qui affrontait la maire PS (et députée battue) Anne-Lise Dufour-Tonini. Elle l’a humilié en remportant 57 % des voix contre ses 31 %. Cette année, le nouveau sénateur du RN depuis 2023 affrontera Anne-Lise Dufour-Tonini. Elle doit également faire face à la candidature de Youssouf Feddal, membre de La France insoumise. Après un léger compromis de sa part avec la famille islamiste locale Iquioussen, cette famille controversée a décidé de rejoindre La France insoumise (provoquant une protestation de l'ancien candidat de La France insoumise Cédric Brun, qui a quitté le mouvement pour cette raison) et d'aider Feddal à affronter Dufour-Tonini. Ce sera un scrutin intéressant à suivre (prédiction : le PS conserve son siège).

Saint-Amand-les-Eaux (16 000 habitants) – dans l'arrondissement de Valenciennes, le nouveau maire Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, fait face à une élection particulièrement difficile. Après avoir perdu la circonscription au premier tour avec seulement 31 % des voix contre 50 % pour le RN, c'est la première défaite du PCF ici depuis 50 ans (depuis la Ve République, il n'y a eu qu'un seul député gaulliste entre 1958 et 1962 et un socialiste dissident entre 1973 et 1978, tous les autres étant communistes). Saint-Amand n’est communiste que depuis 1995 avec Alain Bocquet, l’un des députés les plus anciens de la Ve République (1978 – 2017), qui a cédé sa circonscription à Roussel en 2017. Après la défaite de Roussel, il lui a également cédé la mairie après l’avoir conquise au maire de longue date, le socialiste devenu centriste Donnez. Depuis 2017 et l'arrivée de Roussel, Eric Renaud, ancien adjoint au maire du PCF et actuel conseiller départemental, s'est juré de le faire tomber et présente à nouveau une liste. Il est prêt à tout pour faire perdre Roussel, et s'il se qualifie, il ne fusionnera certainement pas avec Roussel ni ne retirera sa liste. Roussel devra alors devancer largement le RN au premier tour pour éviter un transfert de voix de Renaud vers le RN au second tour. (prédiction : maintien du PCF)

Somain (12 000 habitants) – située dans l'arrondissement de Douai –, est également une ville communiste menacée par le RN. Julien Quenesson a succédé à son père Jean-Claude, maire depuis 38 ans. Je connais assez bien cette ville, et le fils ne fait pas vraiment preuve d'un travail impressionnant. Quenesson est confronté à une liste de droite issue de son opposition actuelle, qui a obtenu 26 puis 35 % en 2020, à une liste du RN (qui a obtenu 23 puis 17 % en 2020) et également à une liste issue de sa propre majorité. Le RN a obtenu 55 % aux élections législatives de 2024, contre 28 % pour le candidat du PCF. (prédiction : le RN prendra des voix au PCF)

Vieux-Condé (11 000) – dans l’arrondissement de Valenciennes, cela a donné lieu à une bataille communiste en 2014 entre le maire (depuis 2003) Serge Van Der Hoeven, battu par le fils de Georges Bustin (1959-1992), maire PCF de longue date, Guy, candidat de gauche. En 2020, Van der Hoeven a tenté un retour, mais n’a pas été soutenu par le PCF, qui a préféré Franck Agah (on ne sait pas s’il est membre du PCF) au fils de Guy (et petit-fils de Georges), David Bustin. Bustin a remporté l’élection avec 100 voix d’avance sur Agah après le retrait de Van der Hoeven au second tour. En 2026, Agah et Bustin s’affrontent à nouveau tandis que le RN, qui a obtenu 58 % aux élections législatives, tente de tirer profit de cette division au sein de la gauche. (prédiction : maintien de la gauche)

Douchy-les-Mines (10 000 habitants) – dans l’arrondissement de Valenciennes, le maire communiste Michel Véniat se retire après un mandat et demi. En 2017, il avait succédé à Michel Lefebvre, lui aussi communiste, qui avait démissionné à 70 ans après 16 ans de mandat. Mais aujourd’hui, Michel Lefebvre est de retour, à la fois parce que son successeur n’a pas réussi à s’imposer à gauche, et parce que le RN en a fait une ville cible. Lefebvre est toujours conseiller départemental et a été réélu en 2021 avec 54 % dans le canton de Denain et 58 % à Douchy, face au RN qui a obtenu 42 %. En 2024, le RN a obtenu 56 % au premier tour des élections législatives. Alors que Lefebvre avait été réélu maire en 2014 avec 72 % des voix face à une liste PS, son successeur n’a obtenu que 49 % au premier tour de 2020, avec 28 % pour le RN et déjà 23 % pour une autre liste de gauche. Aujourd’hui, Lefebvre est confronté à deux autres listes de gauche, toutes deux présentées par des adjoints au maire issus de la majorité PCF, et bien sûr au RN. (prédiction : maintien du PCF)

Aniche (10 000) – dans l'arrondissement de Douai, l'actuel maire Bartoszek (DVG) a conquis la ville pour la droite lors du dernier scrutin, qui l'avait emportée face au PCF en 2014 avec un très bon score de 33 puis 49 %, tandis que le RN obtenait 17 puis 11 %. Le PCF a abandonné l'idée de reconquérir la ville et Bartoszek affrontera une liste centriste et une liste du RN. Le RN a obtenu 56 % en 2024. (prédiction : maintien du DVG)

Aulnoye-Aymeries (9 000 habitants) – dans l'arrondissement d'Avesnes-sur-Helpe, le maire Baudoux (PCF) a tenté de reprendre la circonscription au RN en 2024, mais n'a obtenu qu'un score décevant de 21 %, terminant troisième. Dans sa ville, il a toutefois recueilli 41 % des voix, restant toutefois derrière le RN (47 %). En 2026, il devra affronter non seulement le RN, mais aussi une autre liste de gauche. Baudoux avait obtenu 70 % des voix en 2020. (prédiction : le PCF conserve la circonscription)

Onnaing (8 000) – dans l’arrondissement de Valenciennes, le maire PCF Xavier Jouanin, qui a succédé à la sénatrice PCF Michelle Gréaume, est menacé par le RN. RN a obtenu 53 % au premier tour en 2024 et 59 % au second tour. La candidate de RN dans cette circonscription, Laurence Bara, qui s’était globalement inclinée face à l’ancienne ministre et sénatrice Valérie Létard, se présentera contre Jouanin. Une liste centriste est également en lice, ainsi qu’une liste trotskiste. (prédiction : maintien du PCF)

Fresnes-sur-Escaut (7 000) – dans l’arrondissement de Valenciennes, la maire Valérie Fornies (DVG) fait face à une revanche de l’élection de 2020 contre une liste de droite (29 puis 36 % en 2020) et une liste du RN (23 puis 14 %). Elle avait réussi à les tenir à distance à l'époque (48 puis près de 50 %), mais le RN progresse et a remporté la circonscription au premier tour avec 57 % à Fresnes, contre seulement 28 % pour le député PCF sortant et secrétaire national Fabien Roussel. Le scrutin pourrait être serré (prédiction : maintien du DVG)

Bourbourg (7 000 habitants) – dans l'arrondissement de Dunkerque, le maire Éric Gens (DVG) a remporté la ville en 2020 en tant qu'adjoint au maire face à son prédécesseur, Francis Bassemont. Il est confronté à une liste du RN qui cible cette ville bien qu'elle n'ait obtenu que 8 % des voix en 2020, mais 55 et 60 % lors des deux tours des élections législatives. Claude Nicolet, ancien candidat de gauche à Dunkerque (puis candidat macroniste dans une autre circonscription en 2022), fils de l'ancien maire de Bourbourg, présente une liste contre lui ainsi qu'une autre liste diversifiée. La division pourrait permettre au RN de remporter la mairie. (prédiction : maintien du DVG)

Aulnoy-lez-Valenciennes (7 000) – dans l’arrondissement de Valenciennes, le maire Depagne (DVG) a facilement repoussé le RN en 2020 (83 %). Le RN obtient de bons scores aux élections nationales (49 % au scrutin unique de 2024) et il sera intéressant de voir sa progression. (prédiction : maintien du DVG)

Trith-Saint-Léger (6 000) – dans l'arrondissement de Valenciennes, une autre mairie PCF visée par RN qui a obtenu 58 % au scrutin unique des législatives de 2024. Comme en 2020, le maire sortant Dominique Savary sera également confronté à une autre liste de gauche. Il a obtenu 56 % des voix en 2020 lors de sa première élection, succédant à Norbert Jessus, maire pendant 22 ans (qui avait lui-même succédé à des maires communistes depuis 1945), avec 30 % pour l'autre candidat de gauche et 18 % pour le RN. (prédiction : maintien du PCF)


Des villes où la gauche est en pleine lutte interne

Villeneuve-d’Ascq (63 000 habitants) pourrait techniquement connaître un duel gauche-droite (et une victoire surprise de la droite due à des divisions au sein de la gauche), mais il s’agit avant tout d’une grande bataille au sein de la gauche. Gérard Caudron, maire depuis 1977 (à l’exception d’une interruption de six ans, de 2001 à 2008, durant laquelle il avait cédé la mairie au socialiste Stievenart avant de revenir, avide de pouvoir, et de battre Stievenart 43 contre 27 au premier tour et 59 contre 27 au second), est toujours candidat, mais figure en troisième position sur la liste de son premier adjoint. Cinq listes de gauche s’affrontent (plus une liste trotskiste) : l’adjoint au maire Estager avec Caudron et le soutien de leur petit parti local, un ancien adjoint au maire limogé par Caudron en raison de son soutien à la Palestine, Farid Oukaïd, le député insoumis Ugo Bernalicis, la conseillère municipale d’opposition écologiste Pauline Ségard et un adjoint au maire PS, Victor Burette. Un autre adjoint au maire, Vincent Baledent, présente une liste avec l’opposition de droite. Les résultats du premier tour sont un véritable mystère pour moi, et c’est pourtant la ville où je vote ! Caudron fera tout pour empêcher le député de La France insoumise de remporter la mairie. Burette (PS) est prêt à s’allier à nouveau avec Caudron lors d’une fusion au second tour, mais les Verts (avec le PCF) seront confrontés à un choix : Les Insoumis ou Caudron, et ni eux ni Caudron ne souhaiteraient cette fusion… Décision difficile. Caudron pourrait également forcer Estager à fusionner avec l’adjoint au maire Baledent et la droite. (Prédiction : maintien de la gauche)

Mons-en-Baroeul (21 000 habitants) – située dans l'arrondissement de Lille, à l'est de la ville, le maire Rudy Elegeest (centre-gauche) ne se représentera pas. Dans cette ville qui compte d'importants quartiers de logements sociaux et quelques quartiers plus bourgeois, il a été totalement pris au dépourvu par la violence des émeutes de 2023 qui ont secoué sa ville. Il y avait déjà eu des émeutes par le passé, mais les cibles étaient quelques voitures ou simplement ce qui se trouvait devant elles. En 2023, les émeutiers ont spécifiquement pris pour cible un centre culturel et de loisirs de la ville, la mairie et le centre communal d’action sociale (CCAS) dans le quartier de logements sociaux. Il a déclaré très sincèrement que cela dépassait tout simplement son entendement, après avoir investi pendant 20 ans beaucoup d’argent dans ces quartiers populaires, et il a ajouté qu’il n’était tout simplement plus en phase avec ce genre de troubles sociaux. La bataille pour le contrôle de la mairie opposera trois candidats : la maire adjointe du PS Diana Da Conceiçao, la conseillère départementale écologiste Céline Scavennec et le candidat de La France insoumise Aymeric Salmon. La dernière fois, Elegeest l’avait emporté avec 69 % des voix face à une alliance Écologistes-Insoumis. (prédiction : victoire du PS au centre-gauche)

Ronchin (20 000 habitants) – dans l'arrondissement de Lille, au sud-est de la ville, une nouvelle bataille entre les forces de gauche s'annonce. En 2020, le maire sortant du PS, M. Geenens, s'était facilement imposé avec 52 % des voix face à une liste verte (30 %) et à un candidat de La France insoumise (17 %). Son mandat a été mouvementé, M. Geenens ayant dû faire face à l'opposition de son gendre socialiste, qui avait quitté la majorité. Geenens a ensuite démissionné et cédé son poste à Jean-Michel Lemoisne, qui ne se représente pas. Son ancien chef de cabinet, Ulric Vanacker, présente une liste de gauche comptant au moins cinq conseillers sortants, tandis que le conseiller PS sortant Kebdani a réussi à rallier les Verts et les Insoumis autour de lui pour conquérir la mairie. (prédiction : victoire du PS face à la gauche)
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