de Relique » Dim 15 Mar 2026 08:59
Merci Ramdams ! En effet, c'est très intéressant d'avoir cette vision.
Personnellement, étant militant de gauche, je n'ai aucun espoir pour mon camps à la MEL, et ce pour deux raisons:
- la gauche a approuvé elle-même l'extension de la MEL, toujours plus, ce qui l'a rendue minoritaire au fur et à mesure de ces élargissements;
- la gauche n'a aucun projet "de rupture" au niveau de la MEL, qu'il s'agisse du PS, des Verts ou des Insoumis. Tous promettent simplement que "ça ira mieux" s'ils sont majoritaires. Mais aucun n'a de plan s'ils ne sont pas majoritaires, or, pour moi, si une commune n'est pas satisfaite de son échelon intercommunal, elle doit faire un choix: approuver l'action intercommunale ou choisir de ne plus déléguer ses compétences à cet échelon.
Je rêve de programmes municipaux proposant le "démembrement" de la MEL en zones qui seraient plus cohérentes politiquement et qui permettent aux majorités municipales d'assumer (et d'être redevables) les politiques de la MEL. Et, éventuellement, au niveau national la proposition d'une réforme qui permette un retour en force de l'intercommunalité de projets (à travers les syndicats intercommunaux notamment)...
C'est d'ailleurs une des raisons que j'ai, personnellement, refusé l'offre qui m'était faite d'être candidat.
Sinon, j'ai, pour le forum britannique "Vote uk", fait une analyse dans les 5 départements des Hauts-de-France. Voici celle du Nord (hors ville de plus de 100 000 habitants): (j'ai retraduit avec les outils de traduction en ligne, donc le français n'est peut-être pas excellent, désolé)
59 – Nord
Département le plus peuplé, il compte de grandes villes et de nombreuses agglomérations de taille moyenne, notamment entre Douai et Valenciennes, où le RN a vu ses scores augmenter d’année en année. Ce département abrite des bastions du RN, mais aussi de La France Insoumise, et est le théâtre de luttes entre la gauche et la droite, etc. Il y a beaucoup à suivre ! (Lille a déjà été abordée dans la rubrique des villes de plus de 100 000 habitants)
Villes où s'affrontent la gauche et la droite :
Tourcoing (99 000) – dans l'arrondissement de Lille, au nord-est, la ville du ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui l'a emporté face à la gauche en 2014. Darmanin est deuxième sur la liste bien qu’il ait déclaré lors du dernier remaniement qu’il « abandonnait la politique locale pour se concentrer sur ses fonctions gouvernementales ». Il n’a jamais rien abandonné et vise activement la présidence du Conseil métropolitain de Lille. Il aura bien sûr besoin de sa liste pour l’emporter. Malgré les nombreuses lacunes de la majorité (j’ai une connaissance assez précise de ce qui s’est passé ces dernières années), celle-ci remportera probablement une nouvelle victoire grâce à la division de la gauche. La conseillère locale et régionale écologiste Katy Vuylsteker a réussi à obtenir le soutien du PS et du PCF, mais elle est confrontée à une liste de l’ancien PS Franck Talpaert, qui l’avait battue en 2020 (11 contre 9), et à celle de la nouvelle venue des Insoumis, Emilie Croes. Le RN est toujours présent ici aussi, mais il n'obtiendra probablement pas autant de voix qu'aux élections législatives, où il avait battu Darmanin dans la partie de sa circonscription située à Tourcoing (ce dernier était arrivé troisième, derrière la gauche et le RN, mais avait remporté la circonscription grâce aux villes bourgeoises du nord). La gauche parviendra-t-elle à s'unir entre les deux tours et à battre sa liste ? J'en doute. (Prédiction : maintien de la droite).
Roubaix (98 000) – dans l’arrondissement de Lille, au nord-est, l’une des villes les plus inégalitaires de France, avec l’une des populations les plus pauvres (dans le top 5 je crois en France) qui cohabite, dans la même ville, avec l’un des plus grands nombres de personnes en France qui payaient l’impôt sur la fortune (avant que Macron ne le supprime). De nombreux migrants s’y installent et les islamistes ont pris le contrôle des mosquées et de certains quartiers, tandis que d’autres habitants de la classe ouvrière fuient les logements sociaux de cette ville. C’est probablement la cible la plus importante pour La France insoumise dans la région (voire en France), avec le député insoumis David Guiraud (fils d’un maire PS de la banlieue parisienne) qui défie le maire de droite. La gauche avait étonnamment perdu la ville en raison d'une stratégie de division en huit listes en 2014 (avec 20, 10, 9, 8, 4, 4, 2 et 2 %), deux listes s'étant regroupées avec deux autres pour le second tour et obtenant 33 et 15 %, tandis que Delbar, de droite, obtenait 35 % et le FN 17 %), qui a été ajustée à une stratégie de division en 7 listes en 2020 (15, 9, 9, 6, 5, 1 et 0,5 %), avec une fusion de quatre listes (à l’exclusion des Insoumis) obtenant 44 % au second tour contre 56 % pour Delbar. Depuis lors, Delbar a été condamné pour corruption et évasion fiscale, après avoir orchestré un stratagème consistant à faire verser de l’argent à une association par sa famille et ses amis, qui pouvaient ainsi déduire 67 % de leur don de leurs impôts avant de récupérer la majeure partie de la somme versée, ce qui lui a permis de gagner plusieurs centaines de milliers d’euros grâce à ce stratagème illégal. Son premier adjoint a également été condamné (il a plaidé coupable, avec les honneurs, puisqu’il n’a même pas tenté de rejeter la responsabilité sur son maire). Alexandre Garcin a été élu par le conseil municipal il y a quelques mois et tentera de maintenir la ville à droite (même s’il essaie désormais de prétendre qu’il n’est pas de droite). La gauche est désormais beaucoup moins divisée, car Insoumis Guiraud effraie tout le monde avec son approche communautariste, flattant les militants islamistes dans la rue. Karim Amrouni, qualifié pour le second tour la dernière fois, a réussi à rassembler le PS, le PCF et les Verts autour de lui et est clairement un bon candidat. Le RN présente une liste et obtient toujours de bons résultats ici (dans certains quartiers), tandis qu’une seule autre liste de gauche est en lice – et il s’agit d’une liste trotskiste. Une défaite des Insoumis ici signifierait sans doute une soirée catastrophique pour Mélenchon. (Prédiction : la gauche unie gagne du terrain sur la droite)
Valenciennes (43 000 habitants) – située dans l’arrondissement de Valenciennes, véritable bastion de la droite au cœur d’un bastion communiste et socialiste, Jean-Louis Borloo a remporté la circonscription et la mairie en 1988 et 1989 face à un de mes bons amis, Olivier Marlière, alors membre du RPR, mais qui a rejoint Chevènement dans les années 1990 et est aujourd’hui un fervent partisan de Mélenchon. L'actuel maire, Laurent Dagallaix, a été jugé en février et le procureur a requis un an de prison et cinq ans d'inéligibilité. Il n'a pas encore été condamné, mais pourrait être destitué quelques jours seulement après son élection. Il est confronté à une liste de gauche unifiée (qui a obtenu 21 % en 2014 avec deux listes et 19 % en 2020 avec deux listes, ainsi que 27 % pour son candidat unique au premier tour des élections législatives de 2024), à deux autres listes de droite, dont une issue de sa propre majorité, et à une liste du RN. Cela pourrait marquer un tournant décisif avec une victoire de la gauche pour la première fois depuis 1947… (prédiction : Hor conserve son siège)
Douai (40 000 habitants) – située dans l’arrondissement de Douai, cette ville a longtemps été très « bourgeoise de province », avec une orientation politique de droite, entourée de villes minières et industrielles à gauche. Après 31 ans de mandat de Jacques Vernier (RPR, UMP puis LR) à la mairie, Frédéric Chéreau (PS) a créé la surprise en remportant la mairie lorsque Vernier a décidé de se retirer. On dit que cela s’est fait avec l’accord tacite de Vernier (et de la bourgeoisie de la ville). Après avoir été réélu avec 41 % des voix en 2020, face à une liste de centre-droit à 30 %, au RN à 15 % et à une autre liste de gauche à 14 %, il a eu son pire adversaire en la personne de Christian Poiret, maire d’une petite ville voisine de Douai et président du conseil « intercommunal ». Poiret est même allé jusqu’à confier des responsabilités au candidat de Douai, ancien Insoumis et adversaire de Chéreau au sein du conseil intercommunal, dans le seul but de l’agacer. Poiret a réussi à remporter le département en 2021, mais n’a jamais cessé de s’opposer à Chéreau par tous les moyens possibles. En 2024, Chéreau a pris ses responsabilités et a tenté de ramener la circonscription à gauche après deux ans de mandat d’un député du RN, et il n’en était pas si loin. Il a contraint son adversaire (Tesson, qui était le candidat LR en 2020 mais qui a suivi Ciotti au RN) à un second tour, ce qui était rare sur ce territoire, et a obtenu 44 % au second tour, gagnant 5 000 voix alors que le RN en gagnait 2 000 (il y avait eu 5 700 voix pour Horizons au premier tour et 3 600 pour LR). Chéreau a toutefois réussi à remporter la ville de Douai, avec 54 % des voix. En 2026, Chéreau a réussi à garder le PCF sur sa liste (ce parti a son importance dans cette région), mais a perdu les Verts, qui présentent leur propre liste. Son adversaire de gauche, Guiffard, présente également une liste, tout comme ses anciens amis de La France insoumise. Le député Tesson est toujours candidat, cette fois avec le soutien du RN, tandis que le centre et la droite sont divisés en deux listes. (prédiction : le PS conserve son siège)
Armentières (27 000 habitants) – située dans l'arrondissement de Lille mais proche de la Flandre française, cette ville longtemps socialiste a été marquée par la dynastie Haesebroeck (16 ans pour Bernard, de 2008 à 2024, et 40 ans pour son père Férard, de 1959 à 1999), qui a pris fin il y a quelques années. Le nouveau maire tentera de maintenir la ville au PS, mais devra faire face à la fois au nouveau conseiller départemental de droite Plouy, qui a battu Haesebroeck en 2015 et 2021, et au RN, qui a obtenu 40 puis 47 % aux élections législatives de 2024. (prédiction : le PS conserve la ville)
Loos (23 000 habitants) – dans l’arrondissement de Lille, à proximité de Lille au sud-ouest, a été perdue en 2014 après 69 années consécutives de mandat PS (alors SFIO). Ce fut « la candidature de trop » pour Rondelaere après 32 ans de mandat, et Anne Voituriez (une catholique plutôt de droite, libérale sur le plan économique et conservatrice sur le plan social) a réussi à l’emporter avec 500 voix d’avance, tandis que le FN en obtenait également 500. En 2020, elle n’a obtenu que 51 % des voix, mais elle était confrontée à trois listes de gauche qui ont recueilli respectivement 20, 19 et 11 %. Elle est désormais confrontée à un candidat des Insoumis et à une liste de gauche. Ce mandat a été marqué par quelques scandales, notamment celui d’un fonctionnaire accusé d’avoir détourné des fonds destinés aux dépenses sociales (près d’un million d’euros) sans que personne ne s’en soucie ou ne s’en aperçoive. (Prédiction : maintien de la droite)
Faches-Thumesnil (19 000 habitants) – située dans l’arrondissement de Lille, au sud de la ville, c’est la commune la plus peuplée dirigée par LFI avec Patrick Proisy ; ils tenteront de conserver la ville. Faches était autrefois socialiste, mais en 2001, la droite a renversé la tendance et s’est ensuite imposée grâce au soutien discret de Ségolène Aubry. Je connais assez bien la ville et je suis ami avec quelques adjoints au maire et candidats Insoumis. Cependant, je crains que, pour des raisons tant locales que nationales, ils ne soient déçus ce week-end. Ils sont confrontés à une liste de droite avec le jeune Lauret et à une autre liste qui, à d’autres époques, aurait pu être leur alliée. Ils ont également vu le PS local quitter leur liste et ne pas les soutenir, tout comme les Verts. S’ils ne l’emportent pas au premier tour, le second sera difficile car les deux autres listes pourraient fusionner, et même si ce n’est pas le cas, les électeurs de la liste arrivée en troisième position pourraient décider de « chasser les Insoumis ». Hier soir, lors du rassemblement des Insoumis, une douzaine de néonazis locaux sont venus, le visage dissimulé, répandant de la farine et du faux sang. Quelques amis étaient présents et ont été assez choqués, car ils ne sont vraiment pas habitués à ce genre de choses. (prédiction : gain de la droite au détriment de LFI)
Wattignies (16 000 habitants) – située dans l’arrondissement de Lille, au sud de la ville, la commune a perdu l’année dernière son ancien maire Alain Pluss, un gaulliste convaincu. Sa majorité est désormais partagée entre le nouveau maire Faucomprez (droite) et Olivier Gosset, soutenu par LR. La gauche est unie dans une ville qui vote à gauche lors des élections nationales (38 % pour le candidat de gauche aux législatives de 2024), mais qui a toujours soutenu Pluss au niveau local (et à juste titre). Une division à droite pourrait permettre à la gauche (qui comptait deux listes en 2020, cumulant 35 % des voix contre 10 % pour LREM) de remporter la ville. (prédiction : la gauche unie l'emporte face à la droite)
Bailleul (15 000) – dans l'arrondissement de Dunkerque, près d'Armentières, un siège assez ouvert puisque Antony Gautier (ancien adjoint au maire d'Aubry à Lille, mais élu sur une liste hétérogène allant du centre-gauche à la droite) qui avait remporté une victoire surprise en 2020 ne se représente pas. Trois listes sont en lice : Devillez, de l'ancienne majorité, Grember et une liste de la gauche unie menée par Talleu. (prédiction : les autres conservent leur siège)
Seclin (13 000 habitants) – dans l'arrondissement de Lille – abritait l'une des plus anciennes mairies communistes : depuis 1929 (avec une interruption de 1935 à 1945). Bernard Debreu, le maire communiste sortant, a été battu en 2020 après qu'un adjoint socialiste eut décidé de s'allier à l'opposition de droite pour le second tour et l'eut emporté avec 250 voix d'avance. Les communistes ont renoncé à reconquérir la ville et ont confié la tête du regroupement d'opposition à Pierre Decraene, candidat de gauche (sans étiquette), qui affrontera le nouveau maire François-Xavier Cadart. Ce dernier a réussi à remporter le canton départemental avec un très bon score de 67 % dans la ville de Seclin. (prédiction : maintien de la droite)
Marly (12 000 habitants) – dans l'arrondissement de Valenciennes, pourrait être intéressant. Après 44 ans de maires communistes, la ville a basculé à droite en 1989 jusqu’à ce que l’ancien député Fabien Thiémé (PCF) la reprenne en 2008. Il est décédé en 2019, quelques mois avant sa réélection, et son successeur n’a pas réussi à se faire élire, car deux listes de gauche issues de sa majorité se sont dissociées et ont fusionné avec la liste de droite de Verfaillie pour le second tour. En tête au premier tour avec 42 %, la droite à 39 % et les deux listes de gauche à 12 et 7 %, il a perdu au second tour avec 46 %. Cette fois-ci, la gauche présente toujours trois listes, dont une liste communiste qui s'oppose à lui, mais elle pourrait être mieux placée pour s'unir au second tour et reprendre la ville. (prédiction : maintien de la droite)
Annoeullin (11 000 habitants) – dans l'arrondissement de Lille, à la frontière du Pas-de-Calais, l'ancien maire PS Philippe Parsy se retire. Il était le dernier représentant de la dynastie Parsy (plus de 50 ans de mandats de maires de la famille Parsy). Leroy, pour la majorité, tentera de maintenir la ville à gauche. Cependant, une liste centriste, une liste de droite et une liste du RN se dressent sur son chemin. Le RN a obtenu 50 % au second tour en 2024, mais ne devrait pas constituer une réelle menace ici. La gauche, en revanche, s'affaiblit de plus en plus dans le Weppes et pourrait bien perdre une nouvelle ville. (prédiction : gain de la droite au détriment de la gauche)
Condé-sur-l’Escaut (9 000) – dans l’arrondissement de Valenciennes, la troisième fois sera-t-elle la bonne pour Joël Bois ? Après avoir échoué de 117 voix en 2014 pour s’emparer de la ville que son père et son grand-père ont dirigée pendant 49 ans, puis de 151 voix en 2020, la division de la droite pourrait bien lui permettre de battre Grégory Lelong (UDI), maire depuis 2014, qui est également confronté à une liste menée par son deuxième adjoint et composée de 5 autres membres de sa majorité. En 2024, le candidat des Insoumis a obtenu 28 % au premier tour (23 % dans la circonscription), l'UDI 19 % (29 % dans la circonscription) et le RN 48 % (44 %). (prévision : gain de la gauche au détriment de l'UDI)
Villes ciblées par le RN :
Cambrai (31 000 habitants) – dans l'arrondissement de Cambrai, pourrait être une cible, malgré un mauvais résultat en 2020 (5 %). L'ancien maire Villain est décédé en 2025 après 33 ans de mandat, dont 15 en tant que député. Siegler (droite), vice-président du département, tente de s'emparer de la ville après avoir échoué à conserver la circonscription en 2024 (33 % dans la circonscription contre 53 % pour le RN, mais 38 % à Cambrai contre 44 %). Les divisions au sein de la droite pourraient les empêcher de conserver la ville. La gauche est unie derrière le candidat de LFI aux législatives de 2024, qui a obtenu 16 % dans la ville (13 % dans la circonscription). (prédiction : maintien de la droite)
Denain (21 000 habitants) – dans l’arrondissement de Valenciennes, était une cible de choix en 2020 avec le député et lieutenant de Marine Le Pen, Sébastien Chenu, qui affrontait la maire PS (et députée battue) Anne-Lise Dufour-Tonini. Elle l’a humilié en remportant 57 % des voix contre ses 31 %. Cette année, le nouveau sénateur du RN depuis 2023 affrontera Anne-Lise Dufour-Tonini. Elle doit également faire face à la candidature de Youssouf Feddal, membre de La France insoumise. Après un léger compromis de sa part avec la famille islamiste locale Iquioussen, cette famille controversée a décidé de rejoindre La France insoumise (provoquant une protestation de l'ancien candidat de La France insoumise Cédric Brun, qui a quitté le mouvement pour cette raison) et d'aider Feddal à affronter Dufour-Tonini. Ce sera un scrutin intéressant à suivre (prédiction : le PS conserve son siège).
Saint-Amand-les-Eaux (16 000 habitants) – dans l'arrondissement de Valenciennes, le nouveau maire Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, fait face à une élection particulièrement difficile. Après avoir perdu la circonscription au premier tour avec seulement 31 % des voix contre 50 % pour le RN, c'est la première défaite du PCF ici depuis 50 ans (depuis la Ve République, il n'y a eu qu'un seul député gaulliste entre 1958 et 1962 et un socialiste dissident entre 1973 et 1978, tous les autres étant communistes). Saint-Amand n’est communiste que depuis 1995 avec Alain Bocquet, l’un des députés les plus anciens de la Ve République (1978 – 2017), qui a cédé sa circonscription à Roussel en 2017. Après la défaite de Roussel, il lui a également cédé la mairie après l’avoir conquise au maire de longue date, le socialiste devenu centriste Donnez. Depuis 2017 et l'arrivée de Roussel, Eric Renaud, ancien adjoint au maire du PCF et actuel conseiller départemental, s'est juré de le faire tomber et présente à nouveau une liste. Il est prêt à tout pour faire perdre Roussel, et s'il se qualifie, il ne fusionnera certainement pas avec Roussel ni ne retirera sa liste. Roussel devra alors devancer largement le RN au premier tour pour éviter un transfert de voix de Renaud vers le RN au second tour. (prédiction : maintien du PCF)
Somain (12 000 habitants) – située dans l'arrondissement de Douai –, est également une ville communiste menacée par le RN. Julien Quenesson a succédé à son père Jean-Claude, maire depuis 38 ans. Je connais assez bien cette ville, et le fils ne fait pas vraiment preuve d'un travail impressionnant. Quenesson est confronté à une liste de droite issue de son opposition actuelle, qui a obtenu 26 puis 35 % en 2020, à une liste du RN (qui a obtenu 23 puis 17 % en 2020) et également à une liste issue de sa propre majorité. Le RN a obtenu 55 % aux élections législatives de 2024, contre 28 % pour le candidat du PCF. (prédiction : le RN prendra des voix au PCF)
Vieux-Condé (11 000) – dans l’arrondissement de Valenciennes, cela a donné lieu à une bataille communiste en 2014 entre le maire (depuis 2003) Serge Van Der Hoeven, battu par le fils de Georges Bustin (1959-1992), maire PCF de longue date, Guy, candidat de gauche. En 2020, Van der Hoeven a tenté un retour, mais n’a pas été soutenu par le PCF, qui a préféré Franck Agah (on ne sait pas s’il est membre du PCF) au fils de Guy (et petit-fils de Georges), David Bustin. Bustin a remporté l’élection avec 100 voix d’avance sur Agah après le retrait de Van der Hoeven au second tour. En 2026, Agah et Bustin s’affrontent à nouveau tandis que le RN, qui a obtenu 58 % aux élections législatives, tente de tirer profit de cette division au sein de la gauche. (prédiction : maintien de la gauche)
Douchy-les-Mines (10 000 habitants) – dans l’arrondissement de Valenciennes, le maire communiste Michel Véniat se retire après un mandat et demi. En 2017, il avait succédé à Michel Lefebvre, lui aussi communiste, qui avait démissionné à 70 ans après 16 ans de mandat. Mais aujourd’hui, Michel Lefebvre est de retour, à la fois parce que son successeur n’a pas réussi à s’imposer à gauche, et parce que le RN en a fait une ville cible. Lefebvre est toujours conseiller départemental et a été réélu en 2021 avec 54 % dans le canton de Denain et 58 % à Douchy, face au RN qui a obtenu 42 %. En 2024, le RN a obtenu 56 % au premier tour des élections législatives. Alors que Lefebvre avait été réélu maire en 2014 avec 72 % des voix face à une liste PS, son successeur n’a obtenu que 49 % au premier tour de 2020, avec 28 % pour le RN et déjà 23 % pour une autre liste de gauche. Aujourd’hui, Lefebvre est confronté à deux autres listes de gauche, toutes deux présentées par des adjoints au maire issus de la majorité PCF, et bien sûr au RN. (prédiction : maintien du PCF)
Aniche (10 000) – dans l'arrondissement de Douai, l'actuel maire Bartoszek (DVG) a conquis la ville pour la droite lors du dernier scrutin, qui l'avait emportée face au PCF en 2014 avec un très bon score de 33 puis 49 %, tandis que le RN obtenait 17 puis 11 %. Le PCF a abandonné l'idée de reconquérir la ville et Bartoszek affrontera une liste centriste et une liste du RN. Le RN a obtenu 56 % en 2024. (prédiction : maintien du DVG)
Aulnoye-Aymeries (9 000 habitants) – dans l'arrondissement d'Avesnes-sur-Helpe, le maire Baudoux (PCF) a tenté de reprendre la circonscription au RN en 2024, mais n'a obtenu qu'un score décevant de 21 %, terminant troisième. Dans sa ville, il a toutefois recueilli 41 % des voix, restant toutefois derrière le RN (47 %). En 2026, il devra affronter non seulement le RN, mais aussi une autre liste de gauche. Baudoux avait obtenu 70 % des voix en 2020. (prédiction : le PCF conserve la circonscription)
Onnaing (8 000) – dans l’arrondissement de Valenciennes, le maire PCF Xavier Jouanin, qui a succédé à la sénatrice PCF Michelle Gréaume, est menacé par le RN. RN a obtenu 53 % au premier tour en 2024 et 59 % au second tour. La candidate de RN dans cette circonscription, Laurence Bara, qui s’était globalement inclinée face à l’ancienne ministre et sénatrice Valérie Létard, se présentera contre Jouanin. Une liste centriste est également en lice, ainsi qu’une liste trotskiste. (prédiction : maintien du PCF)
Fresnes-sur-Escaut (7 000) – dans l’arrondissement de Valenciennes, la maire Valérie Fornies (DVG) fait face à une revanche de l’élection de 2020 contre une liste de droite (29 puis 36 % en 2020) et une liste du RN (23 puis 14 %). Elle avait réussi à les tenir à distance à l'époque (48 puis près de 50 %), mais le RN progresse et a remporté la circonscription au premier tour avec 57 % à Fresnes, contre seulement 28 % pour le député PCF sortant et secrétaire national Fabien Roussel. Le scrutin pourrait être serré (prédiction : maintien du DVG)
Bourbourg (7 000 habitants) – dans l'arrondissement de Dunkerque, le maire Éric Gens (DVG) a remporté la ville en 2020 en tant qu'adjoint au maire face à son prédécesseur, Francis Bassemont. Il est confronté à une liste du RN qui cible cette ville bien qu'elle n'ait obtenu que 8 % des voix en 2020, mais 55 et 60 % lors des deux tours des élections législatives. Claude Nicolet, ancien candidat de gauche à Dunkerque (puis candidat macroniste dans une autre circonscription en 2022), fils de l'ancien maire de Bourbourg, présente une liste contre lui ainsi qu'une autre liste diversifiée. La division pourrait permettre au RN de remporter la mairie. (prédiction : maintien du DVG)
Aulnoy-lez-Valenciennes (7 000) – dans l’arrondissement de Valenciennes, le maire Depagne (DVG) a facilement repoussé le RN en 2020 (83 %). Le RN obtient de bons scores aux élections nationales (49 % au scrutin unique de 2024) et il sera intéressant de voir sa progression. (prédiction : maintien du DVG)
Trith-Saint-Léger (6 000) – dans l'arrondissement de Valenciennes, une autre mairie PCF visée par RN qui a obtenu 58 % au scrutin unique des législatives de 2024. Comme en 2020, le maire sortant Dominique Savary sera également confronté à une autre liste de gauche. Il a obtenu 56 % des voix en 2020 lors de sa première élection, succédant à Norbert Jessus, maire pendant 22 ans (qui avait lui-même succédé à des maires communistes depuis 1945), avec 30 % pour l'autre candidat de gauche et 18 % pour le RN. (prédiction : maintien du PCF)
Des villes où la gauche est en pleine lutte interne
Villeneuve-d’Ascq (63 000 habitants) pourrait techniquement connaître un duel gauche-droite (et une victoire surprise de la droite due à des divisions au sein de la gauche), mais il s’agit avant tout d’une grande bataille au sein de la gauche. Gérard Caudron, maire depuis 1977 (à l’exception d’une interruption de six ans, de 2001 à 2008, durant laquelle il avait cédé la mairie au socialiste Stievenart avant de revenir, avide de pouvoir, et de battre Stievenart 43 contre 27 au premier tour et 59 contre 27 au second), est toujours candidat, mais figure en troisième position sur la liste de son premier adjoint. Cinq listes de gauche s’affrontent (plus une liste trotskiste) : l’adjoint au maire Estager avec Caudron et le soutien de leur petit parti local, un ancien adjoint au maire limogé par Caudron en raison de son soutien à la Palestine, Farid Oukaïd, le député insoumis Ugo Bernalicis, la conseillère municipale d’opposition écologiste Pauline Ségard et un adjoint au maire PS, Victor Burette. Un autre adjoint au maire, Vincent Baledent, présente une liste avec l’opposition de droite. Les résultats du premier tour sont un véritable mystère pour moi, et c’est pourtant la ville où je vote ! Caudron fera tout pour empêcher le député de La France insoumise de remporter la mairie. Burette (PS) est prêt à s’allier à nouveau avec Caudron lors d’une fusion au second tour, mais les Verts (avec le PCF) seront confrontés à un choix : Les Insoumis ou Caudron, et ni eux ni Caudron ne souhaiteraient cette fusion… Décision difficile. Caudron pourrait également forcer Estager à fusionner avec l’adjoint au maire Baledent et la droite. (Prédiction : maintien de la gauche)
Mons-en-Baroeul (21 000 habitants) – située dans l'arrondissement de Lille, à l'est de la ville, le maire Rudy Elegeest (centre-gauche) ne se représentera pas. Dans cette ville qui compte d'importants quartiers de logements sociaux et quelques quartiers plus bourgeois, il a été totalement pris au dépourvu par la violence des émeutes de 2023 qui ont secoué sa ville. Il y avait déjà eu des émeutes par le passé, mais les cibles étaient quelques voitures ou simplement ce qui se trouvait devant elles. En 2023, les émeutiers ont spécifiquement pris pour cible un centre culturel et de loisirs de la ville, la mairie et le centre communal d’action sociale (CCAS) dans le quartier de logements sociaux. Il a déclaré très sincèrement que cela dépassait tout simplement son entendement, après avoir investi pendant 20 ans beaucoup d’argent dans ces quartiers populaires, et il a ajouté qu’il n’était tout simplement plus en phase avec ce genre de troubles sociaux. La bataille pour le contrôle de la mairie opposera trois candidats : la maire adjointe du PS Diana Da Conceiçao, la conseillère départementale écologiste Céline Scavennec et le candidat de La France insoumise Aymeric Salmon. La dernière fois, Elegeest l’avait emporté avec 69 % des voix face à une alliance Écologistes-Insoumis. (prédiction : victoire du PS au centre-gauche)
Ronchin (20 000 habitants) – dans l'arrondissement de Lille, au sud-est de la ville, une nouvelle bataille entre les forces de gauche s'annonce. En 2020, le maire sortant du PS, M. Geenens, s'était facilement imposé avec 52 % des voix face à une liste verte (30 %) et à un candidat de La France insoumise (17 %). Son mandat a été mouvementé, M. Geenens ayant dû faire face à l'opposition de son gendre socialiste, qui avait quitté la majorité. Geenens a ensuite démissionné et cédé son poste à Jean-Michel Lemoisne, qui ne se représente pas. Son ancien chef de cabinet, Ulric Vanacker, présente une liste de gauche comptant au moins cinq conseillers sortants, tandis que le conseiller PS sortant Kebdani a réussi à rallier les Verts et les Insoumis autour de lui pour conquérir la mairie. (prédiction : victoire du PS face à la gauche)