de Lornais » Mer 25 Fév 2026 23:07
Point sur les municipales dans l’Orne
Alençon :
Commençons par Alençon, où le maire et ancien député PS, Joaquim Pueyo (ex-PS), ne se représente pas. Élu en 2020 avec plus de 42 % des voix, il mise sur un très proche pour porter les couleurs de la municipalité sortante : Alain Gallerand, ancien directeur de cabinet et ancien directeur général des services de la ville et de la communauté urbaine.
Il sera soutenu sur sa liste par les deux conseillères d’Alençon (PS), mais également par l’ancien leader UDI du département et ancien conseiller régional, l'actuel opposant Ludovic Assier, devenu le leader de la majorité présidentielle à la CUA. Sera également dans l’équipe Bertrand Deniaud, actuel vice-président du Conseil régional (LR) et fils de l’ancien député UMP de la circonscription d’Alençon, qui fut candidat contre Joaquim Pueyo aux législatives de 2012. On y retrouve aussi Sylvain Launay, maire de la commune de Lonrai et candidat en 2021 sur la liste de droite aux régionales, ainsi que des militants PS et LREM.
En adversaires, nous retrouvons :
Sophie Douvry, conseillère départementale (LR) de Damigny (Alençon ne fait pas partie du canton). Ancienne candidate en 2020 (24 %), elle bénéficie du soutien de l’ancien maire d’Alençon, Emmanuel Darcissac (ex-PS, LREM), élu maire en 2017 suite à la loi sur le non-cumul des mandats en remplacement de Joaquim Pueyo, et lui-même candidat en 2020 (19 %) avec le soutien de Ludovic Assier à l'époque.
Michel Génois, également conseiller départemental de Damigny en binôme avec Mme Douvry et actuel maire de La Roche-Mabile. Candidat il y a encore quelques semaines sur la liste de Sophie Douvry, il mène désormais une scission entre certaines composantes de ladite liste.
Une liste portée par Olivier Toussaint, tête de liste en 2020 en DVD (environ 6 %), qui bénéficie du soutien de la candidate LREM des législatives 2024, Mme Chapelotte. Celle-ci est pourtant perçue comme parachutée.
Une liste RN, présente pour la première fois sur Alençon.
Enfin, une liste d’union de la gauche regroupant le NPA, LFI, le PCF et les Écologistes, avec à sa tête une figure du NPA. En 2020, cette liste était portée par une personne issue de la société civile et avait réalisé 12 % des voix.
Flers :
Le dauphin d’Yves Goasdoué (ex-PS), Lori Helloco, conseiller départemental DVG, va tenter de conserver la mairie. Il affronte les mêmes candidats que son mentor en 2020 : M. Brisset (DVD) et Catherine (LO).
Argentan :
Frédéric Leveillé (PS), maire sortant élu en 2020, est candidat à sa réélection. Il sera opposé à un candidat DVG, Emmanuel Flouvat. Xavier Jaglin, ancien conseiller général d’Argentan (2004-2011, battu par l’actuel maire), se retire de la course. Il a quitté les LR il y a quelques jours, reprochant au député Nury (LR) d’alimenter la liste de M. Flouvat en candidats... Ambiance à droite.
À noter l’absence, pour la deuxième fois, du RN, pourtant candidat en 2014.
L’Aigle :
Véronique Louwagie, députée LR et ministre, tente de reconquérir son siège abandonné en 2020 suite au non-cumul des mandats. Elle affronte Serge Delavallé, déjà candidat en 2020 sur une liste DVG, ainsi que le RN avec son secrétaire départemental, M. Collo.
Le RN est en forte hausse sur ce territoire. Au vu des derniers résultats (47 % LR / 42 % DVG / RN), cela pourrait permettre à la gauche de regagner cette ville, qu'elle avait déjà conquise de 2008 à 2014.
La Ferté-Macé :
C’est un "remake" du second tour des municipales de 2020. Le maire sortant s'oppose au conseiller départemental PS sur fond de débat — déjà d’actualité six ans plus tôt — concernant l’appartenance ou non de La Ferté-Macé à Flers Agglo.
Sées :
Le maire sortant (M. Maachi) repart au combat, mais sa liste fait débat. Jugé assez impopulaire, il est allé chercher des militants RN et des proches de la Croix des Vents, mouvement identitaire implanté dans la ville.
Il affrontera :
Une ancienne adjointe, Marie-Caroline Malewicz-Labbé, autour d’une liste sans étiquette mais qui penche à gauche. Par solidarité, elle avait refusé de démissionner de la vice-présidence de la CDC (contrairement à M. Maachi) suite à un désaccord avec son président.
Celui qui pourrait faire office de favori : Antoine Perrault, ancien conseiller général (DVD) d’un canton pourtant éloigné de 30 km de Sées, mais qui bénéficie du soutien de la conseillère départementale (DVG, siégeant avec l’opposition socialiste).
À noter la candidature du député Jérôme Nury en tant que tête de liste à Tinchebray (seule liste déclarée) et celle de la députée Chantal Jourdan, mais non tête de liste, sur sa commune de Champsecret où elle fut maire de 2008 à 2014. De même pour Nathalie Goulet, sénatrice, qui se présente sur la commune de Camembert comme conseillère municipale afin de porter le dossier de la reconnaissance du camembert au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Enfin, la suppléante de Jérôme Nury (Sandrine Foucher-Chazé) ambitionnait d’être candidate à la mairie de Gouffern en Auge, ce qui aurait provoqué une élection partielle. In fine, une colistière accepte, en cas de victoire, d’occuper le poste pendant un an pour céder l’écharpe une fois le mandat de député terminé (en partant du principe qu’il y aurait une dissolution après les présidentielles). Je reste dubitatif sur l’acceptation d’un tel "deal" par les habitants ; ils préféreront sûrement renouveler leur confiance au maire sortant, Philippe Toussaint.