En
Nouvelle-Ecosse il y a eu une élection partielle suite à la création de la circonscription de Chéticamp-Margarees-Pleasant Bay, au Cap-Breton, dans la zone historiquement acadienne de l'île.
C'est une circonscription qui a été créé spécifiquement pour forcer la représentation de la minorité francophone. Elle s'ajoute aux 55 autres.
Cela peut poser question puisqu'elle ne contient que 3966 électeurs quand celles que j'ai regardé (un peu au hasard) variaient entre 10000 et 17000 électeurs. Et au sein de cette circonscription seuls 35% des habitants se déclarent francophones, contre un peu moins de 3% des habitants de la province.
On notera que les partis ont joué le jeu puisque les candidats étaient tous (en tous cas ceux pouvant être élu) acadiens. C'est le progressiste-conservateur Claude Bourgeois, propriétaire d'un garage spécialisé dans le diesel, ex-directeur d'un grill, qui a gagné, battant un libéral professeur de français. Le NPD, opposition officielle, est 3e.
Notons le communiqué de victoire du parti conservateur, en français, qui laisse pantois : "Claude Bourgeois, membere de l’Assemblée Legislative, remercis ses partisans a travers la circonception [sic] [..] cette victoire démontre la confiance continue que les gens ont dans travailler du gouvernement Progressiste Conservateur qui se concentre sur la croissance et lutte pour le biens des Néo-Ecossias dans ces temps incertains".
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/22 ... easant-bayL'occasion de revenir un peu sur les circonscription réservées pour des communautés diverses, choses qui paraît impensable en France (même si en réalité il y en a - ne serait-ce qu'avec la limite d'un député par département minimum, et par le fait que des territoires très éloignés aient une représentation, par exemple St Pierre et Miquelon avec un député et un sénateur pour 6000 habs - mais disons que ce sont des critères assez "physiques"), mais assez cohérente avec la reconnaissance des communautés et l'importance de cette diversité au Canada.
Ainsi on peut trouver étrange cette circonscription pour les francophones (même si légalement rien n'interdit à un anglophone d'être élu, d'autant qu'ils y sont majoritaires), mais cela a permis au premier francophone depuis 1928 d'être élu dans la pointe nord de la province. Si les critères linguistiques ou liés aux autochtones sont aussi parfois évoqués, j'ai deux autres exemples qui m'avaient surpris, entre autre parceque témoignant d'évolutions des comités indépendants qui acceptent des arguments pour reconnaître des besoins de communautés.
En 2017 au Québec la circonscription montréalaise de St Marie St Jacques était appelée à disparaitre pour des raisons de nombre d'électeurs, et devait fusionner avec une autre, mais la comission a fini par conclure que "les disparités soulevées au regard des différentes communautés naturelles" qui auraient composé cette circo devaient éviter la fusion. Ici c'est la communauté LGBTQIA+, dont "Le village", dans la circo, est historiquement le refuge, qui a obtenu son droit à la représentation.
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/10 ... ues-survitAussi en NOuvelle-Ecosse, il y a en réalité cinq circonscriptions protégées, une politique menée depuis 1992 pour ne pas diluer la voix des minorités. 3 autres visaient à une bonne représentations des francophones - mais sans succès dans la représentation - la dernière, Preston, a été créée en 2019 pour assurer à la communauté afro-descendante (une des plus ancienne au Canada) une place dans l'Assemblée. Cela n'interdit évidemment pas à des noirs d'être élus ailleurs.
https://ici.radio-canada.ca/en-bref/1-1 ... is-fragile