de vudeloin » Ven 22 Avr 2011 15:46
Les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 10 avril sont désormais disponibles et publiés sur le site de l’ONPE, l’autorité électorale indépendante du pays.
Selon l’Office, les données sont les suivantes :
Nombre d’électeurs 19 949 915
Nombre de votants 16 699 724
Bulletins nuls 574 876
Bulletins blancs 1 477 692
Suffrages exprimés 14 647 156
Ont obtenu
Ollanta Moises Humala Tasso 4 643 060 voix, soit 31,70 %
Keiko Fujimori Higuchi 3 449 554 voix, soit 23,55 %
Pedro Pablo Kuczynski Godard 2 711 340 voix, soit 18,51 %
Alejandro Toledo Manrique 2 289 541 voix, soit 15,63 %
Luis Castaneda Lossio 1 440 235 voix, soit 9,83 %
Autres candidats 113 426 voix, soit 0,78 %
Le candidat de la gauche nationaliste est en tête sur le territoire de la République péruvienne avec 32,1 % des voix, tandis que Keiko Fujimori parvient en tête dans le vote des Péruviens de l’étranger, avec 28,6 % des voix, devançant de 251 voix PPK.
Sur les points forts et les points faibles des uns et des autres, pas de changements notables par rapport à ce qui avait déjà été évoqué dans les précédents messages : le candidat nationaliste est en tête dans les départements indiens du Sud du Pérou et de manière plutôt nette, il est également bien placé dans une partie des départements amazoniens, tandis que Lima et Callao privilégient la candidature de PPK, que le Nord Est du pays vote en faveur de Keiko Fujimori et que le très étendu département de Loreto est le seul à opter pour Alejandro Toledo Manrique.
Anecdote qui vaut pour ceux qui ont vu le film : le père de Pedro Pablo Kuczynski, médecin de son état, est venu au Pérou pour fuir les persécutions nazies et a participé à la création de la léproserie de San Pablo, située dans ce département de Loreto, qui est l’endroit où le jeune Ernesto « Che « Guevara de la Serna fait un « stage « de trois semaines dans le film « Carnets de voyage « de Walter Salles.
( Pour ceux qui n’ont pas vu le film, je ne saurais que trop leur conseiller de se le procurer, ne serait ce que pour les paysages argentins, andins et pour la musique de Gustavo Santaolalla ).
Pour ce qui est du vote des Péruviens de l’étranger, plutôt favorable à la droite, donc, prenons rapidement le résultat en France où l’on comptait 6 704 inscrits.
On a dénombré 3 466 votants et 2 664 exprimés.
C’est PPK qui arrive en tête avec 890 voix, contre 563 voix pour Toledo Manrique et 442 pour Ollanta Humala.
Keiko Fujimori avec 383 voix et Luis Castaneda avec 334 voix suivent dans cet ordre.
PPK est en tête partout sauf à Bordeaux.
Plus sérieusement, si l’on peut dire, on constate aussi, au niveau national, une progression de 884 802 voix d’Ollanta Humala sur le premier tour de 2006, tandis que PPK réalise près de 750 000 voix de moins que celles réalisées alors par Lourdes Flores, la candidate de l’Union Nationale et du PPC et par Humberto Lay, le pasteur intégriste candidat du parti de la Restauration Nationale.
Dans les gagnants, figure aussi Alejandro Toledo qui, malgré sa contre performance relative ( il était en tête des sondages au début de la campagne ), gagne tout de même 1 583 385 voix sur le score de Victor Panaguia en 2006.
Et Keiko Fujimori progresse, pour sa part, de 2 537 134 voix sur le score 2006 de la candidate fujimoriste d’alors, Martha Chavez Cossio.
Nous avons indiqué, d’ores et déjà , que le pays était singulièrement partagé et présentait des résultats très contrastés d’une région l’autre.
Mais cela est vrai aussi dans la province de Lima et dans la capitale elle-même puisque le score d’Ollanta Humala peut y varier entre à peine 10 et plus de 30 % des votes, tandis que PPK peut y dépasser la majorité absolue, comme à la Molina.
Enfin, sans que les résultats définitifs ne soient encore connus, le Congrès péruvien devrait être ainsi composé :
L’alliance Gana Peru, constituée autour de la candidature Humala, aurait 47 députés dont 8 apparentés ( en fait membres du parti de centre gauche Union Por el Peru, créé entre autres par Javier Perez de Cuellar, l’ancien Secrétaire général de l’ONU ). Les autres élus sont présumés membres du Parti Nationaliste de Ollanta Humala.
L’alliance fujimoriste Fuerza 2011 disposerait de 37 députés sans précision particulière sur l’appartenance de tous les élus au mouvement créé par la fille d’Alberto Fujimori.
Peru Posible, le mouvement organisé derrière Alejandro Toledo, obtiendrait 21 élus, dont 8 membres de Peru Posible, le parti centriste en lui-même, 4 élus de l’Accion Popular, l’ancien parti de centre droit qui soutint dans le passé le gouvernement Belaunde Terry ( avant le coup d’Etat militaire de 1968 ), 2 du parti centriste Somos Peru, 2 élus de partis régionaux alliés et 5 apparentés.
L’Alliance pour le Grand Changement, constituée autour de la candidature de PPK, souffrirait évidemment de son caractère trop « limeño « en n’obtenant que 12 élus, dont 6 députés du Parti populaire chrétien, 2 de l’Alliance pour le progrès, 1 élu du Parti Humaniste, 1 élu de la Restauration Nationale ( en l’espèce le pasteur Lay ) et 2 apparentés.
L’Alliance Solidarité Nationale, groupée autour de la candidature Castaneda, disposerait de 9 mandats dont 6 élus du parti Solidarité Nationale, 1 du parti Cambio 90, 1 allié régional et 1 apparenté.
Enfin, l’APRA, le parti historique de gauche non communiste devenu mouvement de centre gauche à tendance sociale libérale avec Alan Garcia, obtiendrait les 4 derniers fauteuils de député.
Ce qui fait dire à certains que si Raul Haya de la Torre a créé l’APRA, Alan Garcia l’a détruite…
Ceci dit, les sièges du Congrès peuvent encore légèrement varier, au fil du dépouillement des votes, même si les grandes tendances de la répartition des sièges semblent bien arrêtées.