de vudeloin » Lun 7 Mai 2012 20:23
Le détail des résultats des différentes circonscriptions du territoire grec se traduit, dans les faits, par une attribution parfois discutable des élus.
Incontestablement, la prime de cinquante sièges accordée au parti arrivé en tête (cette fois ci, ce fut la Nouvelle Démocratie) n'est pas un problème majeur dans un système bipartisan mais devient une injustice flagrante lorsque les résultats sont aussi serrés que ceux qui sont observés cette année.
Ainsi, dans la circonscription d'Athènes B, la Nouvelle Démocratie obtient 14 des 42 élus à désigner avec 12,40 % des voix, alors que Syriza ne décroche que 9 mandats en ayant réuni 21,82 % des suffrages et près de 100 000 voix de plus que la liste de centre droit.
Pour ce qui concerne les partis arrivés en tête dans les différentes circonscriptions, le PASOK ne vit plus que sur les décombres de sa puissance passée.
Il l'emporte dans le Rhodope avec 26,71 % des votes (il avait dépassé les 53 % lors du scrutin de 2009), et dans les trois circonscriptions crétoises de Rethymnon (20,37 % des voix au lieu de 57,91 %, 1 élu pour le PASOK et 1 pour Syriza qui y supplante la ND), Iraklion (19,23 % au lieu de 62,74 % et un élu au lieu de cinq en 2009) et Lassithi (23,11 % au lieu de 59,37 %, la ND obtient le second siège de la circonscription face à Syriza en devançant celle ci de 9 voix).
Sur Athènes, Le Pirée et l'Attique, le PASOK n'arrive jamais à réunir 10 % des voix, n'atteignant la troisième place que dans la circonscription d'Athènes A (centre ville).
Le PASOK est en quatrième position sur les deux circonscriptions de Thessalonique.
Nous ne traiterons pas spécialement le cas de la Nouvelle Démocratie qui parvient en tête dans la plupart des circonscriptions du pays, même si c'est avec une majorité faible.
Le KKE, pour sa part, est en tête dans la préfecture insulaire de Samos, proche de la Turquie.
Il y obtient le siège en jeu (détenu par le PASOK en 2009 et la ND en 2007) en réalisant 24,69 % des voix, progressant de plus de six points et demi sur l'élection précédente.
Pour faire bonne mesure, le score du KKE est majoré de celui de Syriza (13,99 %) et de celui de DIMAR (4,87 %) pour atteindre un total de 43,55 % particulièrement élevé.
Les forces combinées de la gauche radicale obtiennent également près de 37 % dans la préfecture voisine de Lesbos.
Syriza est en tête dans plusieurs circonscriptions.
D'abord, celle de Xanthi, au Nord du Pays, où elle passe de 4,56 à 23,74 % des suffrages.
Dans cette préfecture, KKE et Syriza faisaient ensemble 7,31 % en 2009 tandis que, cette fois, KKE, Syriza et DIMAR réunissent 33,44 %.
Ensuite, celle de Thessalonique A, où Syriza obtient 17,46 % et 3 élus.
A noter qu'en passant de 111 000 à 51 500 voix, la ND passe de 5 à 6 élus (effet de la prime majoritaire).
La combinaison des forces de gauche radicale atteint 34,21 % dans cette circonscription.
Et 6 élus sur 16 comme la ND, donc...
Syriza est également en tête dans deux des Ioniennes : Corfou (19,28 %) et Céphalonie (18,88 %, où elle récupère le siège du PASOK avec un peu plus de 200 voix d'avance sur la ND).
Dans ces deux îles, la gauche combinée dépasse les 37 % des voix.
La coalition l'emporte aussi en Achaïe.
Elle y obtient 21,81 % des voix et 2 élus, les voix de la gauche radicale atteignant 35 % ici.
Syriza est également en tête en Crète, dans le nomos de Khania avec 17,19 % des voix (ensemble de la gauche radicale : environ 31,5 %) dans une préfecture où le ridicule de la prime majoritaire est atteint avec trois élus sur quatre pour la Nouvelle Démocratie, alors que ce parti n'a recueilli qu'un peu plus de 8 % des suffrages.
La coalition emporte également la première place en Eubée, avec 18,53 % des voix (un élu sur six), avec un courant de gauche radicale à 33 %.
Mais elle réalise surtout une performance importante dans les circonscriptions de l'Attique.
En tête en Béotie, Syriza réalise 19,4 % des voix (ensemble de la gauche radicale : 35,3 % au lieu de 11,2 %), et se classe première en Attique (19,40 %), sur Athènes A (19,11 %), Athènes B (21,82 %), Le Pirée A (19,16 %) et Le Pirée B (23,85 %).
Les effets du mode de scrutin sont cependant redoutables puisque, sur ces six circonscriptions, nous avons la répartition des sièges suivante :
A gauche, 8 élus KKE, 18 élus Syriza, 7 élus DIMAR et 7 PASOK
A droite, 31 élus ND, 10 élus ANEL et 8 XA.
Soit 40 élus à gauche et 49 à droite.
Et cela, alors même que la gauche radicale peut dépasser les 40 % des voix (sur Le Pirée B) et les 37 % (sur Athènes B).
La coalition obtient également des élus dans les circonscriptions d'Ileas, Imathia, Ioannina, Kavala, Karditsa, Arta, Argolide, Arcadie, Etolie Acharnanie, Kilkis, Corinthe, Cyclades, Laconie, Larissa, Lesbos, Messénie, Rhodope, Rethymnon, Chalcédoine et Phtiotide.
Le KKE, pour sa part, outre ses succès égéens, obtient des élus en Etolie, Achaie, Imathia, Crète, Ioannina, Karditsa, Corfou, Kozani, Larissa, Lesbos, Magnésie et Trikala.
La droite eurosceptique ANEL, outre ses 10 sièges attiques, obtient 3 élus à Salonique, 1 en Etolie, Achaïe, Drama, Dodécanèse, Evros, Ileas, Imathia, Crète, Eubée, Kastoria, Kozani, Cyclades, Larissa, Magnésie, Pella, Piérie, Serrès et Phtiotide.
Les néo nazis de l'Aube dorée, outre leurs 8 sièges attiques, ont des élus à Salonique, en Etolie, Achaïe, Eubée, Ileas, Corinthe, Larissa, Messénie, Magnésie, Serrès, Phtiotide.
A noter que le score le plus élevé du parti (9,9 %) en Argolide ne lui permet pas d'obtenir le moindre élu.
Pour DIMAR, outre les sept sièges attiques, nous avons deux élus sur Salonique, un en Etolie, Achaïe, Crète, Eubée, Kozani, Larissa, Magnésie, Serrès et Trikala.
Le PASOK n'a plus d'élus dans vingt nomos, la ND dans cinq.
Pour le mouvement écologiste, l'échec amer de cette élection ne doit cependant pas faire oublier que les Verts obtiennent plus de 3 % sur Athènes et l'Attique, qui leur amène au total plus du tiers de leurs votes au niveau national.
4,4 % pour les Verts dans le Dodécanèse, 4,9 % sur Khania et 4,6 % sur Chios.
Le LAOS ultra orthodoxe, pour sa part, a disparu du Parlement en ne recueillant que 4,2 % dans son meilleur score (en Eubée).
Le parti orthodoxe se retrouve sous la barre des 3 % dans 38 circonscriptions.
Echec cinglant pour l'Alliance Démocratique de Dora Bakoyannis qui ne dépasse (même si c'est souvent de façon très nette ) les 3 % qu'en Eurytanie (18,33 % mais un seul siège à pourvoir), sur Iraklion (8,11%), Lasithi (8,45 %), Xanthi (5,51 %), Rethymnon (12,87 %), Rhodope (17,92 %) et Khania (13,37 %).
En résumé : quelques traces d'influence de DISY en Crète et en Thrace.
Au décompte final des votes, nous avons donc
ND 1 192 054
Syriza 1 061 265
PASOK 833 529
ANEL 670 596
KKE 536 072
XA 440 894
DIMAR 386 116
Les pertes affectent la ND (1 003 665 voix), le PASOK (2 179 013 voix) et, dans les partis sans représentation, le LAOS (202 739 voix).
Les gains concernent Syriza (745 600 voix), le KKE (18 823 voix) et XA (421 270 voix).
Dans les partis non représentés, les Verts progressent tout de même (11 777 voix) tandis que la coalition d'extrême gauche Antarsya triple son score en gagnant 50 752 voix.
ANEL et DIMAR étant des dissidences, l'un de la ND et l'autre de Syriza, on ne peut que déduire des pertes de l'une et rajouter aux gains de l'autre les voix obtenues par ces deux partis.
Ce qui peut vouloir dire que si le PASOK a perdu près de 2,2 millions de voix, les forces situées à sa gauche en ont gagné plus d'1,2 million.
Et qu'à droite, les pertes cumulées du LAOS (plus de 200 000 bulletins) et de la ND (330 000 en tenant compte des listes ANEL) ont largement alimenté la hausse des voix de Chrysi Avyi.