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Elections législatives de 1986

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Re: Elections législatives de 1986

Messagede Pullo » Mar 5 Mar 2013 07:26

On termine le tour du Limousin avec la Haute-Vienne. En 1981, la gauche avait remporté tous les sièges, comme en 1973 et en 1978. Le département gagne un siège avec le passage à la proportionnelle. Les trois sortants, dans l'ordre du numéro de circonscription, sont les suivants :
Alain Rodet (PS, député depuis 1981, maire de Limoges depuis 1990, alors adjoint au maire et conseiller général de Limoges-Cité), Roland Mazoin (PCF, maire de Saint-Junien, conseiller général de Saint-Junien-Est, suppléant de Marcel Rigout, ministre de la Formation professionnelle dans le gouvernement Mauroy, alors conseiller général de Pierre-Buffière), Marcel Mocoeur (PS, conseiller général et maire de Châteauponsac).

Tous les sortants se représentent. Le 16 mars, 7 listes se disputent les suffrages de 261 425 inscrits, dont 214 978 ont voté, et dont 200 326 ont exprimé leur vote. Les résultats sont les suivants :
2 listes d'extrême gauche : 4265 voix, 2,12%, aucun siège
PCF : 41 824 voix, 20,87%, 1 siège
PS : 69 706 voix, 34,79%, 1 siège
RPR-UDF : 72 376 voix, 36,12%, 2 sièges
1 liste DVD : 3 691 voix, 1,84%, aucun siège
FN : 8 464 voix, 4,22%, aucun siège

Avec 55,7% des voix, la gauche de gouvernement, bien qu'en net recul par rapport aux 69,96% de 1981, est nettement majoritaire en Haute-Vienne, et la droite de gouvernement, bien qu'en nette progression par rapport à 1981 (28%), ne dépasse pas les 38%. Cependant, cette dernière fait jeu égal avec la gauche en nombre de sièges, grâce à l'avance de 2 670 voix et 1,3 point de la liste RPR-UDF sur la liste PS, qui perd un siège et recule légèrement en voix par rapport à 1981 (36,57%), contrairement au PCF (33,39%) qui, en 1978, avait gagné tous les sièges dans le département... Si les deux partis de gauche avaient fait liste unique, ils auraient facilement gagné trois sièges, mais le tournant de la rigueur de 1983 et le départ des ministres communistes en juillet 1984, qui signaient la fin de l'Union de la gauche, en avaient décidé autrement. En 1981, les deux partis faisaient jeu égal en nombre de voix dans la Haute-Vienne. En 1986, comme dans beaucoup de départements, la position dominante du PS était confirmée, malgré la campagne active de Marcel Rigout qui, dans le courant des rénovateurs, était d'ailleurs très critique vis-à-vis de la ligne officielle du PCF, avant de le quitter (en emmenant avec lui une bonne partie de la fédération communiste de Haute-Vienne) dans les années 1990. Les heureux élus, dans l'ordre de placement sur la liste, sont les suivants :
PCF : Marcel Rigout.
PS : Alain Rodet.
RPR-UDF : Michel Bernard (RPR, conseiller général de Limoges-Centre, conseiller municipal de Limoges), Henri Bouvet (UDF-PRV, conseiller municipal de Limoges).

Marcel Rigout, élu député pour la première fois en 1967, battu en 1968, à nouveau député de 1973 à 1981, allait faire son dernier mandat à l'Assemblée. Les deux nouveaux élus de droite accomplissaient quant à eux leur unique mandat. Aux législatives de juin 1988, Marcel Rigout arrive en deuxième position dans la circonscription de Saint-Junien derrière le président socialiste du conseil général de Haute-Vienne, Jean-Claude Peyronnet (qui était suppléant sur la liste PS en 1986), et choisit la discipline républicaine. Quant à Michel Bernard et Henri Bouvet, ils battus, l'un honorablement, par Robert Savy (président de la région Limousin de 1986 à 2004) dans la circonscription de Limoges Centre, l'autre sévèrement, par Marcel Mocoeur, dans celle de Bellac. En 1993, Robert Savy, Jean-Claude Peyronnet et le candidat PS à la succession de Marcel Mocoeur (qui ne se représentait pas) furent tous les trois balayés par la vague bleue (le premier fut battu sévèrement par un certain Alain Marsaud), alors que leur camarade Alain Rodet sauvait son siège. Et presque 20 ans après, il le conserve encore...
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Re: Elections législatives de 1986

Messagede Pullo » Mar 5 Mar 2013 07:52

Maintenant, allons plus au sud, dans la région Midi-Pyrenées. On commence par l'Ariège. En 1981, la gauche avait gagné les deux sièges en jeu (dont l'un dès le premier tour), comme en 1973 et en 1981. Le département conserve le même nombre de députés. Les deux sortants, dans l'ordre du numéro de circonscription, sont les suivants :
Augustin Bonrepaux (PS, élu au premier tour avec 50,04% des voix, maire d'Orlu de 1966 à 1995 puis d'Ax-les-Thermes de 1995 à 2001, conseiller général d'Ax-les-Thermes depuis 1976, président du conseil général de l'Ariège depuis 2001, député de 1981 à 2007 avant d'être remplacé par Frédérique Massat), René Massat (père de Frédérique, conseiller général du Fossat de 1985 à 2011, suppléant de Jean Ibanès, décédé en mars 1985).

Seul Augustin Bonrepaux se représente. Le 16 mars, 7 listes se disputent les suffrages de 108 477 inscrits, dont 87 834 ont voté, et dont 84 015 ont exprimé leur vote. Les résultats sont les suivants :
1 liste d'extrême gauche : 429 voix, 0,51%, aucun siège
PCF : 11 246 voix, 13,38%, aucun siège
PS : 32 501 voix, 38,68%, 1 siège
1 liste DVG : 9 843 voix, 11,71%, aucun siège
RPR-UDF : 26 152 voix, 31,12%, 1 siège
1 liste DVD : 88 voix, 0,10%, aucun siège
FN : 3 756 voix, 4,47%, aucun siège

Avec 63,8% des voix, contre plus de 70% en 1981, la gauche de gouvernement conserve une majorité écrasante en Ariège, mais son éclatement sur trois listes permet à la liste RPR-UDF de gagner l'un des deux sièges, comme le prévoyaient les pronostics. Avec 31,1% des voix, elle progresse peu par rapport aux candidats de droite en 1981 (29,5% des voix). Le recul du PS (48,45% en 1981) et du PCF (22,00%) s'est surtout fait au profit de la liste DVG menée par André Trigano (frère de Gilbert, le fondateur du Club Med), maire de Mazères (de 1971 à 1995) et conseiller général de Saverdun (de 1982 à 1993), qui allait par la suite se rapprocher de la droite, au point d'être élu député contre René Massat grâce à la vague bleue de 1993, puis de devenir maire de Pamiers (ville longtemps gérée par la droite) en 1995, avant de perdre son mandat de député en 1997... Les heureux élus, dans l'ordre de placement sur la liste, sont les suivants :
PS : Augustin Bonrepaux.
RPR-UDF : Henri Cuq (RPR, parachuté depuis l'Hôtel de Ville où il était directeur de la Commune de Paris, député des Yvelines en 1988, conseiller général d'Houdan de 1991 à 2004 et ministre des Relations avec le Parlement dans les gouvernements Raffarin et Villepin, décédé en 2010).
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Re: Elections législatives de 1986

Messagede Pullo » Mar 5 Mar 2013 08:40

Allons au nord-est de la région Midi-Pyrénées, vers l'Aveyron. En 1981, la gauche a gagné l'un des trois sièges en jeu, les deux autres sont conservés par la droite dès le premier tour. Le département garde le même nombre de sièges. Les trois sortants, dans l'ordre du numéro de circonscription, sont les suivants :
Jean Briane (UDF-CDS, réélu au premier tour avec 61,35% des voix, député de 1971 à 2002), Jean Rigal (MRG, conseiller général [1979-1992] et maire [1983-1995] de Villefranche-de-Rouergue, député de 1980 à 1993 et de 1997 à 2002, successeur sur tous ces mandats de Robert Fabre, confondateur du MRG en 1972), Jacques Godfrain (RPR, réélu au premier tour avec 52,86% des voix, conseiller général de Saint-Sernin-sur-Rance de 1979 à 1992, conseiller municipal de Sainte-Affrique de 1977 à 1995, maire de Millau de 1995 à 2008, ministre de la Coopération dans le gouvernement Juppé, député jusqu'en 2007).

Tous les sortants se représentent. Le 16 mars, 6 listes se disputent les suffrages de 212 406 inscrits, dont 176 843 ont voté, et dont 168 164 ont exprimé leur vote. Les résultats sont les suivants :
1 liste d'extrême gauche : 1 354 voix, 0,80%, aucun siège
PCF : 9 121 voix, 5,42%, aucun siège
MRG : 59 059 voix, 35,11%, 1 siège
RPR-UDF : 83 911 voix, 49,89%, 2 sièges
UDF dissident : 6 603 voix, 3,92%, aucun siège
FN : 8 116 voix, 4,82%, aucun siège

Avec 53,8% des voix, contre 50,64% en juin 1981, la droite parlementaire reste majoritaire dans l'Aveyron. Inversement, la gauche de gouvernement passe de 48,27% des suffrages en juin 1981 (40,08% pour le PS et le MRG, 8,19% pour le PCF) à 40,5%, au profit de la droite et du FN, qui est pourtant nettement en dessous de sa moyenne nationale. Comme le prévoyaient les pronostics, le MRG, soutenu par le PS, garde son siège, et le RPR et l'UDF leurs sortants. Bien que largement en tête, la liste RPR-UDF n'a pas dépassé les 50% des suffrages, à cause d'une liste dissidente menée par Hubert Bouyssière (UDF-PR), conseiller général (1957-1998) et maire (1965-2008) de Najac (village natal d'un certain Alain Peyrefitte...), proche de Raymond Barre qui, comme on le sait, était sur une ligne anti-cohabitation. Les heureux élus, dans l'ordre de placement sur la liste, sont les suivants :
MRG : Jean Rigal.
RPR-UDF : Jean Briane, Jacques Godfrain.

Pour l'anecdote, signalons la présence en n°2 sur la liste MRG de Guy Durand (PS), qui prendra en 2008 à Jacques Godfrain la mairie de Millau.
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Re: Elections législatives de 1986

Messagede Pullo » Mar 5 Mar 2013 10:02

De l'Aveyron, on passe au département le plus peuplé de Midi-Pyrénées, la Haute-Garonne. En 1981, la gauche a gagné la totalité des 6 sièges, dont dont 4 dès le premier tour. La représentation du département sortants : Jacques Roger-Machart (PS, suppléant d'Alain Savary, réélu au premier tour avec 50,19% des voix, ministre de l'Education nationale dans le gouvernement Mauroy), Gérard Bapt (PS, conseiller général de Toulouse VII, maire de Saint-Jean depuis 1989, député de 1978 à 1986, de 1988 à 1993, et depuis 1997), Louis Lareng (PS, créateur du SAMU, député de 1981 à 1986), Alex Raymond (PS, réélu au premier tour avec 55,25% des voix, conseiller général de Toulouse XIII de 1966 à 1985, maire de Colomiers de 1966 à 2001, président du conseil régional de Midi-Pyrénées de 1981 à 1986, député de 1973 à 1986, décédé en 2008), Gérard Houteer (PS, réélu au premier tour avec 51,76% des suffrages, ancien journaliste sportif, député de 1973 à 1986, décédé en 2007), Pierre Ortet (PS, élu au premier tour avec 55,96% de suffrages, conseiller général de Saint-Gaudens, maire de Villeneuve-de-Rivière, député de 1981 à 1993).

Louis Lareng ne se représente pas, et prend la tête de liste aux régionales. Gérard Houteer, qui s'était brouillé avec le PS local, avait été exclu, et avait déposé une liste dissidente qui n'avait pas été validée par la préfecture de Haute-Garonne. Le 16 mars, 11 listes se disputent les suffrages de 567 920 inscrits, dont 455 497 ont voté, et dont 436 661 ont exprimé leur vote. Les résultats sont les suivants :
4 listes d'extrême gauche : 5 330 voix, 1,22%, aucun siège
PCF : 34 864 voix, 7,98%, aucun siège
PS : 165 496 voix, 37,99%, 4 sièges
Verts : 6 746 voix, 1,54%, aucun siège
RPR-CNI : 40 057 voix, 9,17%, 1 siège
UDF-DVD : 148 228 voix, 33,94%, 3 sièges
FN : 34 865 voix, 7,98%, aucun siège
POE : 1 075 voix, 0,24%, aucun siège

Avec 46% des voix contre 43,1%, la gauche de gouvernement dépasse la droite parlementaire. Mais cette dernière est majoritaire dans la Haute-Garonne avec le FN, qui reste en dessous de sa moyenne nationale. Cinq ans plus tôt, la gauche de gouvernement rassemblait 65,77% des suffrages (52,69% pour le PS et les DVG, 13,08% pour le PCF) contre 30,92% pour la droite de gouvernement. Le recul de la gauche a plus profité à la droite parlementaire qu'au FN, contrairement à ce qu'on a vu dans de nombreux départements. Le crédit de progression de la droite revient à la tête de liste de l'UDF, Dominique Baudis, maire de Toulouse de 1983 à 2001. La primaire avec le RPR a été largement gagnée, et le parti néo-gaulliste dépasse de seulement 1,2 point le PCF et le FN. Malgré un très net recul et la perte de 2 sièges sur les six qu'il détenait, le PS, qui était majoritaire à lui tout seul en juin 1981 avec 52,20% des voix, a mieux résisté que prévu, car les pronostics lui donnait au mieux trois sièges. De plus, il arrive en tête dans le département. Enfin, si la liste UDF arrive en tête à Toulouse, l'écart avec le PS est faible (UDF : 36,56%, PS : 35,10%, FN : 9,36%, RPR : 8,64%, PCF : 7,62%, Verts : 1,31%). Aux municipales de 1983, la liste Baudis avait gagné dès le premier tour avec 56,87% contre 37,38% pour la liste PS-PCF-MRG 3,50% pour celle des Verts et 2,24% pour celle de la LCR, mais elle n'avait pas sur sa droite la concurrence du FN... Les heureux élus, dans l'ordre de placement sur la liste, sont les suivants :
PS : Alex Raymond, Gérard Bapt, Jacques Roger-Machart, Pierre Ortet.
RPR-CNI : Jean-Paul Séguéla (RPR, conseiller général de Montastruc-la-Conseillère, maire de Bessières).
UDF-DVD : Dominique Baudis (UDF), Jean Diebold (DVD, conseiller général de Toulouse III, adjoint au maire de Toulouse, à nouveau député de 1993 à 1997 et de 2002 à 2007), Pierre Montastruc (UDF-PRV, conseiller général de Boulogne-sur-Gesse).

La démission de Dominique Baudis, devenu président du conseil régional de Midi-Pyrénées (il reste en poste jusqu'en 1988), permet à son père et prédécesseur à la mairie de Toulouse, Pierre Baudis (UDF), n°4 de la liste UDF, de revenir à l'Assemblée. Pour l'anecdote, on signalera sur la liste PS la présence de la future députée (de 1988 à 1993, puis de 1997 à 2007) et maire de Muret (de 1989 à 1995), Hélène Mignon, alors conseillère générale de Muret (de 1979 à 1992), en n°5, celle de Jacques Pic, le prédécesseur de Lionel Jospin dans le canton de Cintegabelle, en n°6, et celle Robert Loidi, député de 1988 à 1993, en n°8. Sur la liste RPR, on peut mentionner la présence en n°2 du futur député RPR (de 1993 à 1997, élu contre Gérard Bapt) Robert Huguenard, alors adjoint au maire de Toulouse. Et sur la liste UDF, on peut remarquer la présence de Françoise de Veyrinas (UDF-CDS, élue députée en 1993 contre Hélène Mignon, secrétaire d'Etat dans le gouvernement Juppé, décédée en 2008), alors adjointe au maire de Toulouse, en n°5, et celle du maire de Toulouse de 2004 à 2008, Jean-Luc Moudenc, alors journaliste, en n°10 (donc en suppléant).

Gérard Houteer, qui considérait avoir été injustement écarté du scrutin du 16 mars, est à l'origine de l'annulation de l'élection par le Conseil constitutionnel le 8 juillet. Il avait démontré que le non enregistrement la liste qu'il avait présenté à la préfecture le 21 février n'avait pas lieu d'être. Le nom de l'un des candidats de sa liste, Georges Salvan, figurait sur une liste DVD déposée quelques heures plus tôt dans les Hautes-Alpes, motivant le rejet de la liste Houteer par la préfecture de Haute-Garonne. Or, Georges Salvan avait manifesté sa volonté d'être candidat en Haute-Garonne, et déclaré que sa signature pour la liste dans les Hautes-Alpes était un faux, ce qu'il a réussi à prouver. D'où l'annulation du scrutin. Le 28 septembre, soit le même jour que les élections sénatoriales, une législative partielle a lieu. 7 listes se disputent les suffrages de 561 774 inscrits, dont 386 472 ont voté, et dont 379 087 ont exprimé leur vote. Les résultats sont les suivants :
2 listes d'extrême gauche : 2 594 voix, 0,66%, aucun siège
PCF : 24 024 voix, 6,33%, aucun siège
PS : 141 707 voix, 37,38%, 4 sièges
PS dissident : 5 457 voix, 1,43%, aucun siège
MRG : 4 154 voix, 1,09%, aucun siège
RPR-UDF-DVD : 174 127 voix, 45,93%, 4 sièges
FN : 26 263 voix, 6,92%

Malgré la forte augmentation de l'abstention (31,20% contre 19,80% en mars), les résultats de mars sont confirmés. A droite, le bon score de la liste d'union de la droite, dont l'avance est très nette, est à mettre à l'actif de Dominique Baudis, qui en est la tête de liste. La liste d'union gagne 2,8 points par rapport au total des 2 listes de mars. A gauche, le PS fait quasiment le même score qu'en mars, malgré la concurrence du MRG (dont la liste est conduite par Henri de Lassus Saint-Geniès, député européen de 1997 à 1999) et de la liste dissidente menée par Gérard Houteer. A Muret, où réside ce dernier, la liste dissidente ne réunit que 4,2% des voix... Le PCF et le FN sont en recul et font les frais de la forte polarisation entre le PS d'un côté et le RPR et l'UDF de l'autre. Les résultats du parachutage en Haute-Garonne de Lionel Jospin (qui a remplacé Alex Raymond comme candidat et tête de liste) à l'occasion de l'élection partielle sont mitigés. Le PS et la gauche de gouvernement (46,23% des voix le 28 septembre) ont tenu le choc face à la locomotive de la droite qu'est Dominique Baudis, mais ne sont pas en mesure de mettre sérieusement ce dernier en difficulté, tant aux municipales qu'aux législatives. Même en 1997, année catastrophique pour la droite, Baudis est facilement réélu dans la première circonscription (Toulouse I, IV, V et VII) avec 53,45% des voix, bien que ce soit au second tour, contrairement à 1988 (50,43%) et 1993 (52,73%)...
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Re: Elections législatives de 1986

Messagede stephed » Mar 5 Mar 2013 13:01

L'une des raisons pour lesquelles Gérard Houteer (PS) se serait brouillé avec les instances locales du PS est qu'il fut l'un des rares (sinon le seul) député PS à ne pas voter l'abolition de la peine de mort en 1981 à cause de la prison de Muret (la ville où il fut candidat aux municipales) qui était menacée de fermeture (ce ne fut jamais le cas).
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Re: Elections législatives de 1986

Messagede stephed » Mar 5 Mar 2013 13:13

Pullo a écrit:
Même en 1997, année catastrophique pour la droite, Baudis est facilement réélu dans la première circonscription (Toulouse I, IV, V et VII) avec 53,45% des voix, bien que ce soit au second tour, contrairement à 1988 (50,43%) et 1993 (52,73%)...


A l'époque le seul fait que Dominique Baudis soit mis en ballotage par une inconnue (marie-Françoise Mendez des verts) avait été considéré comme un exploit et un désaveu de son action!

Il faut noter aussi qu'en 1988 au retour du scrutin majoritaire aucun des leaders du PS (lionel Jospin, jacques Roger-Machart) ne prit le risque, malgré la vague rose, de se présenter sur une circonscription purement toulousaine en vue des élections municipales de 1989: Lionel Jospin (pressenti sur la 4ème qui fut celle de robert Loidi puis de Jean Diébold) choisit le lauragais et Jacques Roger-Machart choisit celle de Colomiers.
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Re: Elections législatives de 1986

Messagede Pullo » Mer 13 Mar 2013 13:05

Après la Haute-Garonne, on s'intéresse au Gers. En 1981, la gauche avait remporté les deux sièges en jeu, comme en 1978, mais au premier tour. Le département garde le même nombre de députés. Les deux sortants, dans l'ordre du numéro de circonscription, sont les suivants :
Jean Laborde (PS, réélu au premier tour avec 53,83% des voix, conseiller général d'Auch-Nord-Est de 1973 à 1988, maire d'Auch de 1977 à 1995, député de 1973 à 1993), Lydie Dupuy (PS, suppléante d'André Cellard, réélu au premier tour avec 50,68% des voix, maire de Saint-Clar de 1977 à 1989, secrétaire d'Etat à l'Agriculture dans le gouvernement Mauroy, décédé en 1999).

Lydie Dupuy ne se représente pas, et André Cellard, mécontent de ne pas avoir été désigné comme tête de liste, s'était rapproché du MRG pour monter une liste dissidente, et avait été exclu du PS. Le 16 mars, 9 listes se disputent les suffrages de 137 552 inscrits, dont 112 791 ont voté, et dont 107 385 ont exprimé leur vote. Les résultats sont les suivants :
1 liste d'extrême gauche : 450 voix, 0,41%, aucun siège
PCF : 9 136 voix, 8,50%, aucun siège
PS : 41 022 voix, 38,20%, 1 siège
MRG : 2 638 voix, 2,45%, aucun siège
RPR-UDF : 29 301 voix, 27,28%, 1 siège
2 listes DVD : 19 113 voix, 17,80% (dont 0 voix et 0% pour l'une...), aucun siège
FN : 5 182 voix, 4,82%, aucun siège
POE : 543 voix, 0,50%, aucun siège

Avec 49,2% des voix, la gauche de gouvernement dépasse la droite parlementaire, dont les listes rassemblent 45,1%. Cette dernière est majoritaire dans le Gers si on ajoute les voix du FN et du POE. Cinq ans plus tôt, la gauche parlementaire rassemblait 64,47% des voix, et le PS était majoritaire à lui seul avec 52,31% des voix... Le recul de la gauche en général et du PS (qui perd un siège et 14 points) en particulier a plus profité à la droite parlementaire (dont les candidats réunissaient en juin 1981 31,27% des voix) qu'au FN, nettement en dessous de sa moyenne nationale (9,65%). Mais malgré le gain d'un siège, comme le prévoyaient les pronostics, la liste RPR-UDF, menée par Aymeri de Montesquiou (UDF-PRV, conseiller général de Gimont depuis 1982 et maire de Marsan depuis 1976, député de 1986 à 1988 puis de 1993 à 1997, sénateur depuis 1998), fils de Pierre (député de 1958 à sa mort en 1976), a subi la forte concurrence de la liste DVD conduite par Maurice Mességué, maire de Fleurance. Ce dernier avait été candidat aux législatives de mars 1978 dans la 2e circonscription (Condom). Il était arrivé en tête avec 33,07% au premier tour, devant André Cellard (27,35%, candidat en 1968 et 1973) et Aymeri de Montesquiou (18,88%), qui briguait la succession de son père, et avait été battu sur le fil (987 voix d'écart) par André Cellard (50,92%) qui, après l'invalidation du résultat, avait été reconduit dès le premier tour avec 52,28% des voix lors d'une législative partielle en août 1978, face à son unique adversaire, Maurice Mességué. Contrairement à 1978 et 1981, l'année 1986 fut mauvaise pour André Cellard. Non seulement sa liste faisait un score très faible pour un ancien membre du gouvernement, mais en plus, le MRG faisait un meilleur résultat dans le département aux régionales (2,70%) sans ancien ministre sur sa liste... Les heureux élus, dans l'ordre de placement sur la liste, sont les suivants :
PS : Jean Laborde.
RPR-UDF : Aymeri de Montesquiou.

Douze ans plus tard, dans le canton de Saint-Clar, en mars 1998, André Cellard tenta un retour en politique. Il fut largement battu dès le premier tour, avec 18,16% des voix contre 57,87% pour le sortant UDF, alors que la gauche redevenait majoritaire au conseil général du Gers...
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Re: Elections législatives de 1986

Messagede Zimmer » Mer 13 Mar 2013 14:28

Pullo a écrit:Lydie Dupuy (PS, suppléante d'André Cellard


Pour la petite histoire, on peut rappeler que Lydie Dupuy est la mère d'Elisabeth Mitterrand, actuelle conseillère régionale (PS) de Midi-Pyrénées et maire de Sion, qui était à l'époque l'épouse de Jean-Christophe Mitterrand et donc la belle-fille du président de la République.

Après son départ du gouvernement, en mars 1983, André Cellard avait dans un premier temps souhaité demander à sa suppléante de démissionner pour provoquer une élection législative partielle lui permettant de retrouver son siège de député. Pour que Lydie Dupuy puisse continuer de siéger à l'Assemblée nationale jusqu'à la fin de la législature, il avait finalement été nommé chargé de mission auprès du président de la République puis président du conseil d'administration de la Compagnie nationale du Rhône.
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Re: Elections législatives de 1986

Messagede Pullo » Ven 15 Mar 2013 12:34

Du Gers, au remonte tout au nord, vers le Lot. En 1981, la gauche avait gagné les deux sièges en jeu, comme en 1978, mais dès le premier tour. Le département garde le même nombre de députés. Les deux sortants, dans l'ordre du numéro de circonscription, sont les suivants :
Bernard Charles (MRG, élu en 1983 lors d'une partielle en remplacement de Maurice Faure [élu sénateur, après avoir été réélu député au premier tour en juin 1981 avec 57,23% des voix], à nouveau député de 1988 à 2002, maire de Cahors de 1989 à 2001), Edmond Massaud (PS, conseiller général de Souillac de 1949 à 1985, maire de Lanzac, suppléant de Martin Malvy, petit-fils de Louis, ce qui n'a pas facilité tant que ça son entrée en politique, réélu au premier tour avec 54,14% des voix, conseiller général de Vayrac de 1970 à 2001, maire de Figeac de 1977 à 2001, président de la région Midi-Pyrénées depuis 1998, alors secrétaire d'Etat à l'Energie dans le gouvernement Fabius).

Les deux sortants se représentent, le premier comme tête de liste, le second en dernière position. Le 16 mars, 8 listes se disputent les suffrages de 121 721 inscrits, dont 104 288 ont voté, et dont 99 617 ont exprimé leur vote. Les résultats sont les suivants :
1 liste d'extrême gauche : 466 voix, 0,46%, aucun siège
PCF : 6 288 voix, 6,31%, aucun siège
PS : 36 082 voix, 36,22%, 1 siège
MRG dissident : 18 023 voix, 18,09%
RPR-UDF : 35 195 voix, 35,33%, 1 siège
2 listes DVD : 0 voix, 0%, aucun siège
FN : 3 563 voix, 3,57%, aucun siège

Avec 60,6% des voix, contre 67,41% en 1981, la gauche de gouvernement conserve une majorité écrasante dans le Lot. La droite parlementaire, avec 35,3% des suffrages, a peu progressé par rapport à 1981 (32,6%). Le FN fait son plus mauvais score dans la région Midi-Pyrénées. A gauche, le MRG du Lot a refusé le choix de la liste d'union avec le PS par la direction nationale, mais n'a pas tiré profit d'une liste séparée. Il perd le siège de Bernard Charles alors que le PS conserve celui de Martin Malvy. Au premier tour des législatives de 1981, le PS, avec 23 771 bulletins et 26,71% des suffrages, avait réuni moins de voix que le MRG (25 803 voix, 28,99%), mais deux fois plus que le PCF (10 423 voix, 11,71%). Cinq ans plus tard, le PS réunit deux fois plus de voix que le MRG, qui en rassemble presque trois fois plus que le PCF. La raison de la contre-performance du MRG est peut-être à chercher dans l'absence de soutien de Maurice Faure. Le maire de Cahors de 1965 à 1989, plusieurs fois ministre sous la IVe République, signataire du traité de Rome, éphémère ministre de la Justice dans le gouvernement Mauroy I et ancien président du parti radical avant la scission de 1972, avait préféré rester neutre, malgré le fait que Bernard Charles se soit réclamé de lui lors de la campagne. Si le PS et le MRG avaient fait liste commune, avec 54 105 voix et 54,31% des suffrages, ils n'auraient pas obtenu les deux sièges en jeu, car il aurait fallu avoir deux fois plus de voix que la liste RPR-UDF, qui a pourtant réalisé un score inférieur à certains pronostics, qui la donnaient en tête avec plus ou moins 40% des voix... Les heureux élus, dans l'ordre de placement sur la liste, sont les suivants :
PS : Martin Malvy.
RPR-UDF : Alain Chastagnol (RPR, ancien collaborateur de plusieurs ministres, conseiller général [1985-2004] et maire [1977-2008] de Souillac, décédé en 2010).

Alain Chastagnol ne devait rester que deux années à l'Assemblée nationale. En juin 1988, il fut battu dès le premier tour dans la 2e circonscription (Figeac), en receuillant 35,81% contre 54,97% pour Martin Malvy. Il avait déjà affronté ce dernier aux législatives de 1978 (il briguait alors la succession de Bernard Pons, qui s'était parachuté dans l'Essonne après avoir été battu aux municipales de 1977 à Figeac par Martin Malvy), et devait à nouveau l'affronter en 1993 et 1997...
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Re: Elections législatives de 1986

Messagede Pullo » Ven 15 Mar 2013 21:05

Après le Lot, on passe aux Hautes-Pyrénées. En 1981, la gauche avait gagné les deux sièges en jeu, comme en 1973 et 1978. Le département gagne un siège avec le passage à la proportionnelle. Les deux sortants, dans l'ordre du numéro de circonscription, sont les suivants :
Pierre Forgues (PS, maire de Sère-Rustaing de 1986 à 1988, député de 1978 à 1993 et de 1997 à 2012), Jean Duprat (MRG, adjoint au maire de Tarbes, suppléant de François Abadie, conseiller général, maire de Lourdes de 1971 à 1989 [avant d'être battu cette même année par Philippe Douste-Blazy], secrétaire d'Etat au Tourisme dans le gouvernement Mauroy, sénateur de 1983 à sa mort en 2001).

Les sortants se représentent. Le 16 mars, 8 listes se disputent les suffrages de 171 143 inscrits, dont 136 994 ont voté, et dont 131 021 ont exprimé leur vote. Les résultats sont les suivants :
1 liste d'extrême gauche : 789 voix, 0,60%, aucun siège
PCF : 17 219 voix, 13,14%, aucun siège
PS : 39 943 voix, 30,48%, 1 siège
MRG : 15 218 voix, 11,61%, aucun siège
1 liste DVG : 1 008 voix, 0,76%, aucun siège
RPR-UDF : 48 566 voix, 37,06%, 2 sièges
UDF dissident : 1 563 voix, 1,19%, aucun siège
FN : 6 715 voix, 5,12%, aucun siège

Avec 56% des suffrages exprimés, contre 67,85% en 1981, la gauche parlementaire est largement majoritaire en voix, alors que la droite parlementaire (38,3% des voix, contre 29,9% en 1981) est sous les 40%. Mais la dispersion de la gauche sur quatre listes l'empêche d'être majoritaire en sièges dans le département. Le recul de la gauche a plus profité à la droite parlementaire qu'au FN (bien en dessous de sa moyenne nationale), comme dans beaucoup de départements de la région Midi-Pyrénées. La liste RPR-UDF n'a pas souffert de la concurrence d'une liste dissidente menée par Georges Paronneau (UDF-PR), conseiller municipal de Tarbes. A gauche, le choix d'une liste séparée par le MRG n'a pas été payant, comme dans le Lot, puisqu'il perd un siège alors que le PS conserve le sien. Au premier tour des législatives de 1981, le PS, avec 25 176 bulletins et 21,70% des suffrages, avait réuni moins de voix que le MRG (31 267 voix, 26,95%) et à peine plus que le PCF (21 416 voix, 18,46%). Cinq ans après, le PS réunit deux fois plus de voix que le MRG, qui en a moins que le PCF, qui a pourtant perdu des électeurs. Les soucis de santé de Jean Duprat, qui l'ont éloigné pendant plusieurs jours de la campagne électorale, n'ont rien arrangé à la situation du parti radical de gauche, malgré la forte implication de François Abadie. Si le PS et le MRG avaient fait liste unique, avec 55 161 voix et 42,09% des suffrages, ils auraient facilement obtenu deux sièges, et le n°2 de la liste RPR-UDF, Gérard Trémège (UDF-PR, à nouveau député de 1993 à 1997, maire de Tarbes depuis 2001, alors conseiller général de Tarbes I) n'aurait pas été élu... Quant au PCF, il est nettement au dessus de sa moyenne nationale (9,78%), et arrive en troisième position à Tarbes (RPR-UDF : 37,74%, PS : 26,11%, PCF : 19,25%, MRG : 7,77%), dont le maire (en poste de 1983 à 2001), Raymond Erraçarret, est la tête de liste du parti. Le résultat aurait pu être inquiétant pour le maire de la préfecture, mais il est facilement réélu aux municipales de 1989 et 1995, avant que l'usure ne le fasse trébucher en 2001, face à Gérard Trémège... Les heureux élus, dans l'ordre de placement sur la liste, sont les suivants :
PS : Pierre Forgues.
RPR-UDF : Pierre Bleuler (UDF-CDS, conseiller général [1967-2001] et maire [1977-2001] de Lannemezan), Gérard Trémège.

Pierre Bleuler n'allait pas rester longtemps député. Aux législatives de juin 1988, il fut largement battu dans la 1ère ciconscription (Bagnères-de-Bigorre) par Pierre Forgues, qui fut battu en 1993 par Gérard Trémège. En 1988, ce dernier avait subi une défaite honorable dans la 2e circonscription (Tarbes I et II, Lourdes) face au MRG Claude Gaits, conseiller général et maire de Luz-Saint-Sauveur. En 1993, celui-ci était battu dès le premier tour par Philippe Douste-Blazy, élu avec 51,22% des suffrages, et qui eut la carrière qu'on connaît...
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