de Républicain67 » Mer 20 Nov 2019 16:44
J'ouvre un sujet consacré aux élections municipales de 2020 pour les différents partis régionalistes, autonomistes ou indépendantistes présents sur le territoire national. Il faut ici différencier la France métropolitaine et l'Outre-Mer. Dans la partie européenne du pays, divers partis régionalistes sont actifs, essentiellement aux marges du territoire (Corse, Bretagne, Alsace, Pays Basque, Roussillon...). Pour simplifier le propos, je laisse ici l'Outre-Mer français de côté. Comme il y a cinq ans, des partis de ce type devraient présenter des candidats aux élections municipales.
Lors des élections municipales de 2014, différents partis régionalistes, autonomistes, voire séparatistes avait présenté des candidats. Les nationalistes corses avaient notamment fait une percée sur l’ile de Beauté, conquérant la mairie de Bastia avec l'autonomiste Gilles Siméoni, devenu Président du Conseil exécutif de Corse, suite aux élections régionales/territoriales de 2015. Par rapport à 2014, la situation politique a notamment changé en Corse. Lors des élections régionales de 2015, l'alliance nationaliste Pè a Corsica (autonomistes de Femu a Corsica et indépendantistes de Corsica Libera) a remporté la Collectivité territoriale de Corse. La coalition a par la suite remportée les élections territoriales de décembre 2017. En juin de la même année, trois députés nationalistes ont été élus dans l'île lors des élections législatives.
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En Alsace, l'autonomisme semblait moribond jusqu'au milieu des années 2010, même si un candidat d'Unser Land (parti autonomiste et centriste, d'orientation démocrate-chrétienne et écologiste) avait élu dans le canton de Sarre-Union (Bas-Rhin) lors des élections cantonales de 2011. Jusqu'à là le courant régionaliste était essentiellement incarné par la formation d'extrême droite identitaire Alsace d'abord, née d'une dissidence du Front national, dans les années 1990 et qui a fait jusqu'à 9% des voix aux élections régionales de 2004, avant de décroître à parti du départ de son président Robert Spieler (ex député FN de 1986 à 1988), parti fonder la Nouvelle Droite populaire (NDP). Depuis là , le parti autonomiste (centriste) Unser Land a pris le dessus dans le mouvement régionaliste alsacien (ADA étant en crise existentielle, même si elle présente encore quelques rare candidats à certaines élections). La fusion des régions en 2015 a entraîné un fort mécontentement en Alsace, qui s'est soldé par de nombreuses manifestations et une visibilité accrue d'Unser Land, qui a fait 9% des voix dans la région aux élections départementales de 2015, puis 10% dans les deux départements alsaciens lors des élections régionales de 2015 (alliance anti- Grand Est avec des régionalistes lorrains et l'Alliance écologiste indépendante). Lors des élections législatives de 2017, un candidat d'Unser Land (Gérard Simler, ancien conseiller général DVD du canton de Marckolsheim) a, à la surprise générale, accède au second tour dans la 5ème circonscription du Bas-Rhin (situation particulière où LREM ne présenté pas de candidat et soutenait le député sortant LR "Macron compatible" Antoine Herth). Il a obtenu 46% des suffrages exprimés au second tour, soit le meilleur score pour un candidat autonomiste alsacien aux élections législatives depuis 1936!
Unser Land a annoncé vouloir présenter des candidats aux élections municipales de 2020 à Strasbourg, Mulhouse, Colmar et Sélestat. Une tête de liste a déjà été désigné à Mulhouse. Andrée Munchenbach, la présidente du parti, bien implantée à Schiltigheim (dont elle a été conseillère générale et municipale, comme écologiste indépendante, puis membre du MoDem) serait elle candidate dans la "Cité des Brasseurs". Si jamais ce projet devait aboutir, ce sera la première fois que des listes autonomistes seraient présentent aux élections municipales dans les grandes villes alsaciennes depuis l'entre-deux-guerre. J'ai toujours du mal à classer le parti Alsace d'abord (aujourd'hui très affaibli), qui par le passé à présenter des listes aux élections municipales à Strasbourg (1995, 2001 et 2008) comme autonomiste. Il est davantage un parti régionaliste identitaire, issu du FN et classé à l'extrême droite. Unser Land, parti centriste, est bien plus proche de l'autonomisme historique, du moins dans sa version modérée et progressiste (comme la Fortschrittspartei de Camille Dahlet, l'ancien député de Savern) opposée aux autonomistes pro-nazis tel que de Karl Roos ou Jean-Pierre Mourer.
Connaissant peu la situation politique locale dans les autres territoires où des courants régionalistes sont présents (Corse, Bretagne, Pays basque, Catalogne du Nord, Occitanie, Savoie....), je laisse la parole aux autres contributeurs du forum afin de nous donner des informations concernant des candidatures régionalistes aux élections municipales de 2020.
Je souhaite mettre une chose au clair. Ce n'est pas parce que je m'intéresse à ces courants que je suis autonomiste. Je suis patriote, attaché à la République une et indivisible.
Dernière édition par
ploumploum le Sam 23 Nov 2019 11:15, édité 1 fois.
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