de SALVAT » Lun 23 Sep 2019 20:17
Qui pourrait s'étonner qu'un parti, quel qu'il soit, cherche, d'une échéance à la suivante à présenter davantage de listes ?
Techniquement, ce serait se censurer sur le plan électoral, ce qui serait absurde, tout parti devant, par nature, aspirer au pouvoir et donc à ne négliger aucun scrutin ni aucune circonscription électorale.
A chacun de mesurer ses capacités à chaque niveau et l'investissement humain comme matériel que représente chaque candidature, d'où les CNI qui ont fleuri dans les partis, RN compris, pour donner le feu vert ou modérer les enthousiasmes de candidats putatifs.
Se présenter partout témoigne d'une force certaine,tandis qu'aboutir à une carte des candidatures mitée par des "blancs" c'est afficher autant de faiblesses qui rejaillissent négativement sur les listes présentées par les commentaires que ces insuffisances suscitent.
L'UNR a, jadis, souffert de ce mitage en 1959 qu'elle a cherché à corriger en 1965 - les anciens se souviennent de l'offensive lancée, en particulier, dans le Sud-Ouest - et ensuite....l'UDR et le RPR généraliseront les candidatures afin d'aboutir, en élus, à un maillage du territoire
Le PCF avait sacrifié ses candidatures locales peu productives en voix - qui débuta notamment en Alsace - et le mitage s'est ensuite étendu accentué par un système d'alliances et de dilution de ses forces : le résultat en est que quelques citadelles demeurent grâce au charisme de maires, aujourd'hui âgés et dont les successions ne sont pas pleinement assurées.
LFI et le RN sont, à des niveaux différents, devant la même problématique : comment réussir au niveau national sans des relais locaux ?
Le fil de discussion étant centré sur le RN, on peut noter :
--que 2014 suivait - c'est évident ! - 2012 où il y avait eu un échec aux présidentielles et aux législatives
--que 2014 a été une épreuve de "découverte" pour beaucoup de listes avec, à la clef, des renoncements et des difficultés qui ont brisé certains élans
--que depuis 2014, il y a eu quelques succès (villes, cantons), certes peu nombreux, et l'élection de quelques parlementaires : le succès n'est plus impossible
--les listes aujourd'hui validées témoignent de ralliements de candidats de droite comme de gauche - hier inimaginables - d'où de probables succès. Le chiffre de 150 communes gagnées ne me paraît pas du tout inaccessible (en plus de communes rurales où les votes à 60% et plus peuvent laisser penser que parmi les votants RN se retrouvent des élus municipaux).
Très peu de maires ayant parrainé MLP ont été désavoués par les électeurs de leurs communes
--le niveau auquel se situe le RN limitera le nombre de situations d'élus minoritaires isolés qui finissaient par démissionner : on les a énumérées.
--pour les transfuges, ils se sont retrouvés, dans leurs localités, ultra minoritaires sous leur nouvelle étiquette par rapport à leurs anciens coéquipiers dotés de 4 à 5 fois plus de suffrages : un "ex" me disait regretter son départ précipité et, à son ton, j'ai compris que, n'ayant pas fait trop de bruit...il rejoindrait, comme on dit, le "bercail"...Après tout, DILLIES proposait, il y a peu, de conduire à nouveau la liste du RN sur Lille, après un bref passage décevant chez DLF. Proposition trop rapide...il demeurera à la base. Et sa compagne GODDYN devrait bien être sur la même trajectoire. Pour d'autres, les retrouvailles semblent plus faciles....Andréa DIDELOT sur Strasbourg dont nous a entretenu républicain 67.
--les militants venus de gauche connaissent la "mécanique" électorale et apportent leur savoir-faire comme le firent ENGELMANN sur Hayange et, en son temps également avec succès, le député EVRARD sur Lens. Il y en a d'autres, comme l'ancien élu LFI de la région AURA, Andréa KOTARAC, qui visite un certain nombre de communes ouvrières.
J. BARDELLA, au côté de G. PENNELLE qui préside la CNI, déclare, lors de son passage en Bretagne, qu'il y aura un maximum possible de listes présentées.
Il faut distinguer les villes "gagnables " et les villes où se constitueront des minorités appelées à devenir plus tard majoritaires disait MLP.... une autre manière de dire la même chose.
Attendons la suite des validations de candidatures au RN et ce qui va se passer dans les autres partis où j'avoue ne rien comprendre des LR opposants, macronistes à moitié ou presque, des PS demeurés indépendants et hostiles au macronisme et de leurs camarades débauchés par LREM et qui "vont et viennent", de LFI qui juxtapose une hostilité absolue à tout rapprochement de gauche tandis que certains de ses adhérents qui n'y sont pas hostiles, et de LREM qui peut être tout et son contraire.
Je crains que ce soient les sondages qui guident les uns et les autres dans les semaines qui viennent avec les revirements qu'ils commanderont.
Un fait est clair dans ce forum : la multiplication des interventions dans ce fil de discussion qui font de RN le centre des commentaires à l'instar des débats diffusés sur nos chaînes d'information.
Cette analyse se veut "technicienne" suite à une réétude des situations électorales dans toutes les communes et pas simplement d'une reprise des résultats des européennes à laquelle une étude bien générale mais sans doute fort bien payée- et dont PUJADAS et consorts ont célébré les mérites- s'est limitée.
Bertrand SALVAT
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