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Les élections municipales de 2020 pour LREM

Forum de discussion consacré aux élections municipales qui seront organisées en France en mars 2020.

Re: Les élections municipales de 2020 pour LREM

Messagede Marcy » Dim 23 Fév 2020 10:03

pierrot a écrit:Je partage le point de vue de pierrep.
Une telle analyse ne permet pas de conclure sur l'espace électoral de LREM mais sur son implantation locale et militante, ancrage qui est particulièrement tributaire de l'histoire électorale de chaque territoire donc par définition faible pour un parti récent.


Bien sûr, mais je précise que j'ai bien parlé (j'aurais peut-être dû plus le souligner, et l'expression "espace électoral" n'est peut-être pas heureuse) du
poids politique de LREM aux municipales dans les villes où des sondages ont été réalisés


A mon humble avis, le poids politique d'un parti se mesure par son résultat à toutes les élections, municipales y compris (même si dans ce cas le coefficient personnel des candidats est important, ce facteur joue dans toutes les élections). Je pense par ailleurs que ce poids aux municipales n'est pas dépourvu d'intérêt pour servir de référence dans les villes où LREM se présente en alliance dès le premier tour : en toute logique, les têtes de liste non LREM qui ont des colistiers LREM tiennent compte (notamment) du poids que ceux-ci auraient eu s'ils avaient présenté une liste.

LREM a fini à l'une des deux premières places à la présidentielle et aux législatives de 2017, puis aux européennes : si les sondages se confirment aux municipales, ce constat (LREM comme l'un des deux premiers partis de France aux derniers scrutins en France, hors partielles) ne sera plus vérifié pour le scrutin de mars. Et c'est bien cela - le recul de LREM (relatif, tout dépend du point de départ pour la comparaison) - que ne veut pas faire apparaître le gouvernement à travers la circulaire Castaner.

Pour mesurer le poids des partis politiques aux municipales, retenir leurs scores là où ils se présentent seuls est un critère parmi d'autres, évidemment d'autant plus significatif que le nombre de listes est important. Dresser les résultats de LREM là où le parti aura présenté des têtes de liste permettra d'apprécier le poids moyen de LREM dans les villes où il s'est présenté - et les cas ne sont pas marginaux, même si ce n'est pas l'hypothèse la plus fréquente, puisque dans les trois principales villes de France, LREM se présente quand même seule. Or aujourd'hui ce score ne serait que la moitié de ce qui était obtenu aux précédents scrutins par LREM depuis 2017 : ce serait du même ordre de grandeur que la chute du PS entre la présidentielle et les législatives de 1988 et les scrutins de 1992-1993 (régionales et législatives).

Evidemment, il y aurait d'autres critères d'appréciation : nombre de maires (avant et après le scrutin), nombre de conseillers municipaux (sachant que la mode est plus que jamais au citoyen "sans étiquette", même quand il est - ou était encore récemment - membre d'un parti)...
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Re: Les élections municipales de 2020 pour LREM

Messagede stephed » Dim 23 Fév 2020 10:41

Je souscris a ce qui est écrit. Le plus problématique pour lrem est que ces mauvais sondages interviennent dans ses zones de forces de 2017, là ou la victoire d'un candidat lrem était annoncée "certaine" en 2018 dans les médias, par les editorialistes, conseillers ministériels etc..
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Re: Les élections municipales de 2020 pour LREM

Messagede pba » Dim 23 Fév 2020 11:21

Quand vous additionnez le peu d'ancrage local aux incompréhensibles investitures ou soutiens dans beaucoup d'endroits, vous ne pouvez qu'arriver à un résultat décevant .i
Si je prends le 92, un des points forts de la macronie en 2017, la stratégie est illisible avec un cocktail de :
listes autonomes parfois contestées et entrainant parfois des dissidences,
soutiens incompréhensibles pour les marcheurs des comités locaux après une décision de la commission d'investiture parfois tardive. Dans de nombreux cas, les soutiens ou investitures ont été donnés pour des motifs politiques nationaux à des personnalités combattus par les militants (les plus anciens, soient de gauche, soit de droite ont souvent combattu ces maires sortants purs produits de la sarkozie et du pasquaisme )
alliances tantôt à droite (le + souvent), tantôt sur la gauche
Un point prcis pourra être fait dès les dépôt de listes .

Comment voulez-vous que les militants et les électeurs s'y retrouvent ???
Il n est même pas sûr que LREM y gagne en terme de sénateurs pour ... 2023 et encore moins pour les départementales 2021 qui verront planer l'ombre des alliances des municipales .
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Re: Les élections municipales de 2020 pour LREM

Messagede stephed » Dim 23 Fév 2020 11:42

Disons qu'en plus des difficultés déjà évoquées plus haut: un scrutin intermédiaire toujours difficile pour le parti majoritaire dont les candidats sont, injustement ou pas, ceux du gouvernement qui est impopulaire, peu de sortants élus sur leur nom etc.. s'y ajoute je dirais la jeunesse du mouvement dont les militants "réels" sont finalement peu aguerris face aux campagnes électorales difficiles "par gros temps" ( des comités d'accueil a chaque sortie publique, accueil difficile sur les marchés), ce qui engendre aussi des constitutions de listes virant au casse tête.
Dernière édition par stephed le Sam 11 Avr 2020 09:51, édité 1 fois.
Raison: fautes+style
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Re: Les élections municipales de 2020 pour LREM

Messagede Marcy » Mar 31 Mar 2020 21:27

Un bilan pour LREM à l'issue de ce premier tour dans les grandes villes.

Sur les 40 villes de France métropolitaine de plus de 100 000 habitants :
- LREM se présentait dans 33 villes (j'ai inclus Limoges où sa tête de liste était MRSL, compte tenu du faible poids de ce mouvement comparé à LREM, et Le Havre, où Edouard Philippe avait par ailleurs le soutien de LR),
- LREM soutenait 6 têtes de liste d'autres partis, tous de droite ou du centre (Jean-Luc Moudenc, LR, à Toulouse ; Christophe Béchu, LR, à Angers ; Brigitte Fouré, LR, à Amiens ; Jean-Luc Rigault, UDI sout. LR, à Annecy ; Joël Bruneau, LR, à Caen ; Laurent Hénart, MRSL sout. LR, à Nancy),
- LREM ne présentait pas de liste ni ne soutenait de candidat dans 1 ville (Nice).

Résultats obtenus par LREM, par ordre décroissant des résultats (en % des suffrages exprimés) :

- Le Havre : 43,59 % (Edouard Philippe : 17 798 v. sur 40 823)
- Orléans : 24,11 % (Olivier Carré : 5 339 v. sur 22 143)
- Aix-en-Provence : 20,45 % (Anne-Laurence Petel : 6 422 v. sur 31 394)
- Mulhouse : 20,13 % (Lara Million : 2 506 v. sur 12 446)
- Strasbourg : 19,86 % (Alain Fontanel : 9 642 v. sur 48 540)
- Besançon : 18,88 % (Eric Alauzet : 4 746 v. sur 25 129)
- Paris : 18,05 % (Agnès Buzyn : 99 767 v. sur 552 759)
- Lille : 17,53 % (Violette Spillebout : 6 960 v. sur 39 703)
- Rouen : 16,78 % (Jean-Louis Louvel : 3 494 v. sur 20 814)
- Nîmes : 15,73 % (Yvon Lachaud : 4 410 v. sur 28 019)
- Clermont-Ferrand : 15,54 % (Eric Faidy : 3 516 v. sur 22 517)
- Lyon : 14,92 % (Yann Cucherat : 15 786 v. sur 105 773)
- Villeurbanne : 14,90 % (Prosper Kabalo : 3 691 v. sur 24 759)
- Rennes : 14,29 % (Carole Gandon : 6 470 v. sur 45 274)
- Grenoble : 13,75 % (Emile Chalas : 4 939 v. sur 35 917)
- Perpignan : 13,17 % (Romain Grau : 3 425 v. sur 26 044)
- Nantes : 13,00 % (Valérie Oppelt : 9 418 v. sur 72 420)
- Bordeaux : 12,69 % (Thomas Cazenave : 6 976 v. sur 54 951)
- Tours : 12,67 % (Benoist Pierre : 3 210 v. sur 25 335)
- Brest : 12,60 % (Marc Coaténa : 3 867 v. sur 30 698)
- Saint-Denis : 9,79 % (Alexandra Aïdara : 1 340 v. sur 13 675)
- Boulogne-Billancourt : 9,59 % (Evangelo Vatzias : 2 426 v. sur 25 273)
- Dijon : 8,80 % (Sylvain Comparot : 2 556 v. sur 29 025)
- Montreuil : 7,98 % (Murielle Mazé : 1 541 v. sur 19 304)
- Marseille : 7,88 % (Yvon Berland : 12 751 v. sur 161 915)
- Limoges : 7,66 % (Monique Boulestin : 2 044 v. sur 26 695)
- Toulon : 7,32 % (Cécile Muschotti : 2 276 v. sur 31 066)
- Metz : 7,16 % (Richard Lioger : 1 535 v. sur 21 428)
- Le Mans : 7,01 % (Gilles Guerchet : 2 253 v. sur 32 126)
- Montpellier : 6,10 % (Patrick Vignal : 3 163 v. sur 51 836)
- Argenteuil : 4,52 % (Dalila Kaabeche : 752 v. sur 16 611)
- Saint-Etienne : 4,72 % (Patrick Revelli : 1 308 v. sur 27 676)
- Reims : 3,29 % (Gérard Chemla : 975 v. sur 29 621)

LREM dépasse 20 % dans 4 villes sur 33 ; 15 % dans 11 villes sur 33, 10 % dans 20 villes sur 33 et 5 % dans 30 villes sur 33. La médiane (17e sur 33) est 13,00 % (Nantes).

On notera les relativement bons scores des listes LREM à Aix-en-Provence et Mulhouse, sans toutefois de perspectives de victoire. On relèvera le score décevant à Nîmes de l'ancien adjoint au maire (2011-2017) Yvon Lachaud (15,73%), qui devrait être troisième au deuxième tour, après le maire sortant et le candidat communiste, qui l'a talonné au premier tour mais a des réserves de voix. Le haut de tableau fait apparaître aussi bien des villes penchant à droite (les quatre premières) qu'à gauche (les quatre suivantes), montrant les origines désormais très diverses de l'électorat LREM (dans les grandes villes du moins), alors qu'en 2017 il mordait un peu plus à gauche qu'à droite.

Sur les 33 villes de plus de 100 000 habitants avec une tête de liste LREM ou apparentée, le nombre de voix obtenues est de 257 272 (sur 1 751 801 suffrages exprimés), soit 14,68 % des suffrages exprimés. Si l'on totalise l'ensemble des villes de plus de 100 000 habitants (y compris les 7 où LREM soutenait un candidat de droite ou du centre ou aucun candidat, soit 2 019 769 suffrages exprimés), le score des listes LREM s'établit à 12,74 %.

Si l'on retire Le Havre (candidature soutenue par LR), on obtient 239 474 voix dans 32 communes (1 710 978 suffrages exprimés), soit 14,00 % des suffrages exprimés là où il y a un candidat tête de liste.

Parmi les cinq villes que je classerais comme sortantes LREM ou apparentées (Lyon, Strasbourg, Le Havre, Besançon et Orléans), une est en ballotage incertain (Le Havre), les quatre autres sont en ballotage défavorable - dont la troisième ville de France, Lyon, et la huitième ville de France, Strasbourg.

Parmi les six têtes de listes d'autres partis soutenues par LREM dès le premier tour, deux sont réélues au premier tour (Angers et Caen), deux sont en ballotage défavorable (Toulouse et Nancy) et deux sont dans une situation incertaine (Amiens et Annecy : à Annecy tout dépendra largement de la configuration du deuxième tour). Stricto sensu (car appartenant au MRSL), une septième tête de liste - Monique Boulestin, à Limoges - peut fusionner mais pas se maintenir, donc elle est la seule des sept à être potentiellement éliminée (ce qui me semble le plus probable : la gauche ne fusionnera certainement pas avec elle, ancienne députée PS passée au PRG puis au MRSL, ni probablement le maire de droite, largement en tête du premier tour et qui n'a donc pas besoin de fusion de listes pour l'emporter).
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Re: Les élections municipales de 2020 pour LREM

Messagede Xav » Mer 1 Avr 2020 11:02

Marcy a écrit:Parmi les cinq villes que je classerais comme sortantes LREM ou apparentées (Lyon, Strasbourg, Le Havre, Besançon et Orléans)


Besançon doit-elle être considérée comme ville sortante LREM ?
Certes son maire a quitté le PS pour adhérer à LREM en cours de mandat.
Mais les conseillers municipaux qui l'ont suivi dans cette démarche n'étaient pas majoritaires.

Rappel de la composition du conseil municipal avant l'élection =>

Majorité :
16 PS
13 LREM
5 EELV
5 PCF
2 sans étiquette

Opposition
8 LR
2 MoDem
1 UDI
1 Agir
1 Les Patriotes
1 divers extrême droite

Alors certes Anne Vignot et les autres adjoints de Fousseret membres de la liste Besançon par nature (PS, EELV, PCF) n'ont pas démissionné, mais doit-on vraiment considérer qu'ils étaient sympathisants LREM ?
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Re: Les élections municipales de 2020 pour LREM

Messagede Marcy » Mer 1 Avr 2020 12:01

Xav a écrit:
Marcy a écrit:Parmi les cinq villes que je classerais comme sortantes LREM ou apparentées (Lyon, Strasbourg, Le Havre, Besançon et Orléans)


Besançon doit-elle être considérée comme ville sortante LREM ?
Certes son maire a quitté le PS pour adhérer à LREM en cours de mandat.
Mais les conseillers municipaux qui l'ont suivi dans cette démarche n'étaient pas majoritaires.

Rappel de la composition du conseil municipal avant l'élection =>

Majorité :
16 PS
13 LREM
5 EELV
5 PCF
2 sans étiquette

Opposition
8 LR
2 MoDem
1 UDI
1 Agir
1 Les Patriotes
1 divers extrême droite

Alors certes Anne Vignot et les autres adjoints de Fousseret membres de la liste Besançon par nature (PS, EELV, PCF) n'ont pas démissionné, mais doit-on vraiment considérer qu'ils étaient sympathisants LREM ?


Merci pour ces précisions !
J'ai parlé de villes sortantes LREM, il aurait été plus exact de parler de maire sortant-e LREM, et en effet pas de municipalité LREM.
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Re: Les élections municipales de 2020 pour LREM

Messagede alamo » Mer 1 Avr 2020 12:13

Le décompte est encore même plutôt flatteur pour le parti présidentiel.
On ne devrait pas compter E. Philippe au Havre, mais normalement pas non plus le maire sortant d'Orléans, sauf pour estimer combien l'étiquette LREM ou majorité présidentielle leur a fait perdre (au Havre on peut comparer avec 2014, pour O. Carré c'est plus compliqué).
On pourrait d'ailleurs faire le même exercice pour ceux qui étaient toujours candidat sous leur étiquette d'origine mais lestés d'un "soutien LREM" qu'ils n'avaient pas forcément demandé, et qui a visiblement eu un impact plus ou moins négatif à Annecy, Amiens ou Nancy, pour ne citer que celles-ci.

On remarquera également que ceux qui ont fait les meilleurs scores dans leur ville sont plutôt de vieux routiers de la politique, déjà élus depuis longtemps pour un parti de droite (Million, Lachaud, Faidy) ou PS (Fontanel, Spillebout, Cucherat), voire EELV (Alauzet), ou avec une carrière dans les cabinets politiques (Petel)

Finalement le premier "vrai" candidat LREM est celui de Rouen et on tombe déjà à un peu moins de 17%.

Sinon j'ai quand même trouvé un vrai candidat LREM en position de battre un maire sortant, à Houilles, dans les Yvelines...
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Re: Les élections municipales de 2020 pour LREM

Messagede Marcy » Mer 1 Avr 2020 12:40

S'agissant du bilan de LREM aux municipales - certes provisoire, à ce stade, le 2e tour n'ayant pas eu lieu et l'on ne peut pas exclure que le regain de popularité de l'exécutif se poursuive jusqu'au 2e tour (ce qui ne me semble toutefois pas le scénario le plus probable) - je tirerais les conclusions suivantes :

- comme il a été beaucoup dit (notamment sur ce forum), les espoirs de gains de grandes villes (celles où LREM obtient ses meilleurs scores), encore grands après les européennes de 2019, non seulement ont disparu (adieu Paris, veaux, vaches, cochons, couvée), mais même les municipalités dont le maire sortant est LREM (ou apparenté) sont menacées, le cas de Lyon étant emblématique, et une éventuelle perte du Havre fragiliserait beaucoup le maintien d'Edouard Philippe au poste de Premier ministre ;

- le soutien aux maires sortants, la jeunesse et le manque d'organisation de LREM sont évidemment des critères explicatifs à prendre en compte, mais ils ont leurs limites : aux municipales de 1947, par exemple, les gaullistes faisaient un raz-de-marée aux municipales contre des formations aussi anciennes et structurées que les radicaux (affaibles mais comptant sur d'excellents réseaux) ou les communistes ; et je n'ai pas le souvenir que le (alors nouvellement restructuré) mouvement gaulliste au pouvoir ait subi de tels échecs aux municipales de 1959 et 1965, ni surtout que ses candidats s'évertuaient à cacher leur étiquette ;

- ce que révèlent les municipales dans les villes de plus de 100 000 habitants est aussi que LREM n'a été rejointe que par peu de maires sortants depuis 2017 (et dans la période la plus récente, je ne vois guère que les maires - ex-LR - des 5e et 9e arrondissements de Paris) et que, tout aussi inquiétant pour l'avenir de cette formation politique, elle n'est parvenue à nouer des alliances avec d'autres partis, en l'occurrence LR, que dans un petit nombre de grandes villes ; or, l'électorat LR est probablement l'électorat d'opposition qui a le plus de raisons d'être satisfait de la politique menée par LREM (si l'on exclut les formations plus ou moins satellites que sont le Modem ou encore le MRSL) ;

- après les succès des présidentielles et législatives de 2017, ainsi que - dans une moindre mesure - des européennes de 2019, il s'agit du premier échec électoral de LREM à un scrutin national, certes annoncé et attendu ; pour autant, il reste une base électorale LREM réduite mais très motivée (alors qu'en général les élections intermédiaires sont davantage boudées par l'électorat du parti au pouvoir) : il semblerait que l'électorat LREM soit celui qui se soit le moins abstenu, notamment au sujet du coronavirus ; cela veut dire qu'Emmanuel Macron candidat pour 2022 pourrait compter sur une mobilisation dépassant les rangs de LREM (un peu étriqués : 15 000 votants sur les changements de statuts), en faisant campagne avec les moyens de sa fonction tant sur des thématiques positives (hier l'écologie, aujourd'hui le régalien, demain : ??? - tout dépendra sans doute de l'actualité) que négatives ("au secours, l'ancien monde revient") ; mais c'est à double tranchant : les électeurs qui ne votent qu'à l'élection présidentielle (ou presque) sont plus nombreux à lui être hostiles que favorables, et le contexte post-confinement sera à mon sens propice à de nouvelles critiques hors partis du type gilets jaunes ;

- les prochains scrutins intermédiaires risquent d'être douloureux : départementales, régionales, mais aussi - contre-coup direct des municipales - sénatoriales (la perspective d'un président du Sénat "Macron-compatible", que je pensais crédible, me semble désormais relever de la mission impossible pour le parti du Président) ;

- deux atouts cependant pour le chef de l'Etat dans la perspective de 2022 : l'absence de rival dans son propre camp (bien sûr il y a eu des défections parmi les députés LREM, mais aucun mouvement organisé à la différence de - naguère - la fronde socialiste ; aucun membre du gouvernement en mesure de lui contester le leadership de son camp), voire de rival tout court : à un peu plus de deux ans du scrutin, aucun nouveau visage de véritable présidentiable n'a émergé.

Une logique pourrait être d'élargir l'ouverture du gouvernement, tous azimuts : la crise sanitaire aurait pu en fournir l'occasion, mais il semble que ni la majorité actuelle, ni les oppositions ne l'envisagent - à ce stade, du moins. Les élus LR et UDI vacillants ont vu, aux municipales, tout l'intérêt d'apparaître le plus indépendants possible de l'exécutif.
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Re: Les élections municipales de 2020 pour LREM

Messagede Marcy » Mer 1 Avr 2020 12:48

alamo a écrit:Sinon j'ai quand même trouvé un vrai candidat LREM en position de battre un maire sortant, à Houilles, dans les Yvelines...


En effet, Houilles est un cas à tous égards exceptionnel : le maire sortant devancé de plusieurs points par LREM (40,26% contre 36,75%) ! Ceci dit, les électeurs de la gauche (dont la liste est arrivée troisième : 22,98%) peuvent arbitrer : https://actu.fr/ile-de-france/houilles_ ... 80353.html

Le ministère de l'Intérieur avait étiqueté, tant le maire sortant que son rival, "divers centre".
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