Les médias font état de cas de coronavirus parmi les présidents et assesseurs de bureaux de vote, par exemple France Info :
https://www.francetvinfo.fr/sante/malad ... 81061.htmlJ'avoue n'avoir pas été rassuré quand, allant voter le 15 mars, j'ai vu que les seuls assesseurs alors présents dans mon bureau de vote étaient, comme toujours, deux militants LR âgés de plus de 70 ans - fidèles au poste, mais présentant un profil à risque du seul fait de leur âge. Une semaine plus tard, j'apprenais qu'un de mes amis, président de bureau de vote dans l'est parisien, présentait de lourds symptômes caractéristiques ("c'est sûr à 99%" lui a dit un médecin, donc inutile de gaspiller un test, "restez chez vous et appelez les urgences si cela se détériore"), apparus quatre à cinq jours après le premier tour du scrutin.
Pour faire dans l'humour noir, ce premier tour a eu les vertus d'un test grandeur nature : le gouvernement a à sa disposition un large panel, réparti sur tout le territoire national, pour connaître la durée de contamination parmi la population des présidents et assesseurs de bureaux de vote (et aussi personnels de mairie, fortement mobilisés comme à chaque scrutin) à la même date du 15 mars : pour affiner les résultats, il suffit ensuite de faire des recoupements par âge, antécédents médicaux, nombre de votants et en fonction des mesures de précaution prises ou non dans chaque bureau. Je comprends mieux maintenant pourquoi présidents, assesseurs et personnels de mairie ont été félicités par le gouvernement d'avoir répondu présents le 15 mars... Mais comme le dit avec honnêteté une personne contaminée citée dans l'article ci-dessus : nous voulions tous que ce premier tour se tienne. La décision de maintenir le scrutin le 12 mars a été prise en haut lieu, mais après avoir alors fait l'objet d'un consensus politique.
"Lyon Mag" nous apprend qu'une candidate à Saint-Fons envisage des suites juridiques, en l'occurrence une possible saisine de la Cour de Justice de la République - à l'encontre notamment du Premier ministre :
Huit membres de son équipe de campagne sont malades, dont deux ayant été testés positifs au coronavirus.
Pour la candidate aux élections municipales à Saint-Fons, qui a pourtant récolté 10,75% des voix, le premier tour n’aurait jamais dû se dérouler.
C’est pourquoi elle a confié la tâche à son avocat, Me Hervé Banbanaste, de réfléchir aux suites judiciaires à donner. Selon le Progrès, une plainte pour "blessures involontaires" pourrait être déposée auprès de la Cour de justice de la République et viser notamment le Premier ministre Edouard Philippe, coupable aux yeux de Chafia Zehmoul, d’avoir maintenu l’élection.
https://www.lyonmag.com/article/106534/ ... en-justiceCertains parleront d'un coup médiatique ; peut-être. Il reste à savoir si la plainte sera déposée, acceptée, instruite, jugée : la présomption d'innocence reste un principe cardinal dans un Etat de droit. Il y a un côté affaire du sang contaminé.