de alamo » Sam 10 Jan 2015 15:40
L’épilogue sanglant, mais épilogue (provisoire en tout cas) quand même puisque les trois psychopathes ont été abattus, n’atténue pas la douleur, la tristesse et l’indignation.
La colère et l’écoeurement aussi, lorsque l’on voit à quelle vitesse le commerce et la politicaillerie ont repris leurs droits.
Le commerce, avec des sites vendant dès le lendemain du massacre des T-shirts « Je suis Charlie » à 30 €, des sweats à 50 €, dont la publicité a été faite par la nunuche de service de Télématin, nous expliquant que (bien sûr), « une partie » des bénéfices (laquelle ?) serait reversée à Charlie Hebdo et aux familles des victimes (ben voyons…)
Ce n’est pas la première fois que des marchands de soupe sanglante se précipitent pour faire du fric par n’importe quel moyen grâce à un drame ou un crime. Espérons que le boycott de ces gadgets obscènes sera complet, la seule façon digne de rendre hommage aux morts de Charlie Hebdo par le port d’un signe ostensible étant de se bricoler soi-même un badge avec un bout de carton.
La politicaillerie ensuite avec la fameuse polémique sur la présence du FN dans la manifestation, organisée rappelons-le par le parti au pouvoir. Dans ce domaine, François Lamy s’est couvert de honte et de ridicule, et Marine Le Pen peut le remercier, tant c’est une chance d’être détestée par des cons…
C’est plutôt réjouissant de voir, par exemple, 25.000 personnes dans les rues d’Orléans (du jamais vu) pour défendre la liberté d’expression contre les barbares.
J’irai à la manifestation parisienne demain, pour que le bras d’honneur aux intégristes soit massif.
Mais je me tiendrai le plus loin possible de Sarkozy, qui a vendu une partie de la France au Qatar (ah, la loi exonérant d’impôts les avoirs de la famille royale qatarie en France), cette dictature ubuesque utilisant l’argent du pétrole afin de tenter d’instaurer la charia sur la planète, pour en toucher aujourd’hui la récompense sonnante et trébuchante. De Sarkozy qui a rasé la Libye en ramenant en arrière les conditions de vie d’un siècle, et la condition de la femme de mille ans, pour permettre aux mêmes dirigeants du Qatar de s’accaparer les puits de pétrole libyens et de faire aujourd’hui de ce pays (avec notre autre grand ami Erdogan) un nouveau camp d’entraînement accueillant le genre d’ordures minables qui ont tué mercredi et hier à Paris. Sarkozy qui a même intrigué pour que ce pays accueille contre tout bon sens une Coupe du Monde de foot
A l’écart de F. Hollande, qui dans la soumission aux pétromonarchies théocratiques du Golfe dont tout le monde sait qu’elles arment l’Emirat Islamique et Al Qaida, qu’elles ont fabriqué des Kouachi, des Coulibaly et des Merah, a plus que continué l’œuvre de son prédécesseur. Hollande qui a raconté sciemment et sans vergogne les pires mensonges pour justifier une agression contre la Syrie destinée à permettre à l’Emir du Qatar de faire passer son gazoduc. Qui a soutenu, armé et financé depuis près de trois ans les psychopathes dégénérés des milices islamistes en Syrie, décapiteurs de journalistes et égorgeurs de nourissons pour arriver à cet objectif.
[ Hollande qui par ailleurs n’en rate pas une, lui qui a déclaré hier qu’il fallait « refuser les surenchères les stigmatisations, les caricatures ». Quand justement Charb, Cabu, Tignous, Wolinski et Honoré ont été assassinés justement parce qu’ils étaient caricaturistes…]
A l’écart de son homme de main L. Fabius, dont certains parents d’enfants syriens massacrés par les islamistes doivent penser qu’il ne devrait pas avoir le droit d’être sur terre, comme lui-même l’avait dit d’Assad, propos atterrant dans la bouche d'un prétendu homme d'Etat.
A l'écart de Cameron, autre roquet servile complice des dictatures du Golfe
A l’écart de JC Lagarde, qui a cyniquement monté un système clientéliste à Drancy (et maintenant à Bobigny) basé sur le vote communautariste musulman, attisant l’obscurantisme pour asseoir sa position sociale et son revenu. Et d’une manière générale de ceux qui, de Trappes à Mantes-la-Jolie, ont abandonné des quartiers entiers et leurs habitants aux imams, pour y acheter une illusoire paix sociale et une prochaine réélection.
A l’écart des députés socialistes qui, à l’instar de F. Lamy, ont voté presque comme un seul homme (merci à Emmanuelli d’avoir sauvé l’honneur du parti) l’équipée criminelle de Sarkozy et BHL (j’espère qu’il n’aura pas l’indécence d’être présent demain) en Libye (on signalera d’ailleurs au passage que Marine Le Pen, elle, avait condamné cette action). Socialistes qui très majoritairement soutiennent la politique étrangère de leur chef.
A l’écart du MRAP, ancienne organisation antiraciste et progressiste recyclé dans la chasse au blasphème, dérive qui avait amené G. Konopnicki à le rebaptiser ironiquement « Mouvement pour le Respect et l’Adoration du Prophète »
A l’écart des organisations comme la LICRA ou SOS Racisme qui depuis des années ont taxé toute critique politique du gouvernement Israël d’antisémitisme et assimilé toute critique laïque des dogmes du Coran à du racisme anti-arabe (et pourtant certains tortionnaires islamistes en Syrie et en Iraq sont des « Français de souche » comme l’on dit, alors que Y. Khadra et M. Sifaoui sont « arabes »)
A l’écart de Philippe Val, ancien patron de Charlie Hebdo devenu larbin sarkozyste, pleurant ses « amis » avec lesquels il était en désaccord sur tout depuis longtemps, ayant fait dériver la ligne éditoriale vers un boboisme bien –pensant digne des Inrockuptibles
A l’écart de Cohn-Bendit qui aujourd’hui verse des larmes de crocodiles alors qu'il y a deux ans il qualifiait les journalistes de Charlie Hebdo de « cons » et de « masos » avant d’ajouter : « Ce sont des masos, ils doivent aimer se faire mal. Ils se disent : on va frapper, comme ça on va avoir la police, on va avoir peur, ça va nous faire jouir ! Ils peuvent le faire, je ne suis pas pour l’interdire… Ils répondent à des cons musulmans, certes, mais il ne faut pas me dire qu’il n’y a pas de limites dans la provocation, ce n’est pas vrai ». A la même époque, Charb disait « je ne peux juger de la menace réelle tant que je ne suis pas mort »…
A l’écart de tous les tartuffes qui il y a peu expliquaient que Charlie hebdo allait trop loin dans la provocation, qu’il fallait respecter les « croyances » et ne pas « jeter de l’huile sur le feu », argument habituel de ceux qui, pour reprendre la belle expression d’E. Conan et M. Gozlan dans Marianne, voient toujours le problème du côté de l’huile (la liberté d’expression) et jamais de celui du feu (les tueurs)
A l’écart de tous ceux qui ont fait reculer la République et la laïcité devant les assauts des intégristes de tout poil (prières de rues, voile intégral, procès contre des enseignants, interdiction du porc dans les cantines et des sapins de Noël dans les écoles) à chaque revendication d’une poignée de crétins, et qui ont fini par rétablir de fait le délit de blasphème sous nouvelle appellation d’« islamophobie » en justifiant en permanence censure et autocensure par le « contexte »
A l’écart des médias qui traitaient Charlie Hebdo d’irresponsables, mais qui pendant le siège de Dammartin et celui de la Porte de Vincennes, diffusaient des images permettant aux assassins de connaître précisément la position des policiers, allant même jusqu’à informer y compris les tueurs de la présence d’un salarié caché dans l’entreprise au risque de sa vie. Quand ils n’allaient pas jusqu’à permettre à ces tarés de raconter leurs salades sur l’antenne (BFMTV) ou à interviewer des proches des criminels expliquant que c’étaient des garçons très gentils, des gens très bien, et même « avec de la classe » (vous avez vu la tronche de C. Kouachi ?). Obscène course à l’audimat…
A l’écart de ceux qui pleurnichent aujourd’hui sur la liberté de la presse alors que Charlie hebdo était au bord de la faillite, que l’Humanité et le Monde Diplomatique sont en grande difficultés, et que ce qui reste de la presse (à l’exception de Marianne et du canard) est entre les mains des banquiers et des marchands d’armes ou de béton sans qu’ils ne s’en offusquent (au contraire)
Et à l’écart de toux ceux qui voient toujours des fascistes partout, sauf là où ils sont vraiment, sans voir que l’intégrisme islamiste est le nazisme d’aujourd’hui, ses complices l’équivalent des pires collabos, et qu’ »Allah Akbar » dans la bouche de crétins endoctrinés sonne comme « Heil Hitler » dans celle d’un chasseur de juifs casqué de 1940.
Desproges disait que l’on pouvait rire de tout, mais pas forcément avec n’importe qui.
On ne peut pas non plus partager son deuil, sa tristesse et sa douleur avec n’importe qui, avec ceux qui touchent des chèques de la même main qui arme les bourreaux, et qui, à un degré plus ou moins fort, sont co-responsables des atrocités commises ces derniers jours sur le sol français.
Mais j’irai quand même, la rage au cœur et non la peur, malgré la récupération politique, parce que j’ai lu quelques-uns des milliers de messages haineux et délirants lancés sur les réseaux dits sociaux, dont la syntaxe et l’orthographe sont en général au niveau (celui du caniveau) des propos, se réjouissant de l’assassinat des journalistes de Charlie
Et qu’il faut combattre jusqu’au bout cette lie de l’humanité, jusqu’à enfin tirer définitivement la chasse sur ses insanités débiles.
PS (sans jeu de mot) : moins grave que les « tweets » évoqué plus haut, ma fille est allée au collège jeudi, spontanément, de sa propre initiative, avec un badge « Je suis Charlie » écrit au feutre sur un vieux badge de congrès de son père trouvé dans un tiroir; elle était la seule de tout le collège, le premier jour certains de ses amis, étonnés, lui ont dit qu’elle était courageuse, le deuxième jour trois merdeux, élèves de troisième comme elle, lui ont dit que c’était « une injure ». une injure... une injure à la connerie sans doute...
C’est pour cela qu’il faut se battre…
Dernière édition par
alamo le Dim 18 Jan 2015 17:21, édité 1 fois.