
gerard24 a écrit:Depuis hier, les députés LFI se rependent sur les réseaux en disant que le Conseil d'État s'était déjà prononcé en 2024 contre une telle classification.
Ce qui est faux, le CE ne s'est jamais prononcé à ce sujet. Le recours auquel ils font référence est un recours du RN contre sa classification à l'extrême droite, recours d'ailleurs rejeté.
En troisième lieu, en rattachant la nuance politique " Rassemblement national " au bloc de clivages " extrême droite ", la circulaire attaquée ne méconnaît pas le principe de sincérité du scrutin, que l'attribution d'une nuance politique différente de l'étiquette politique n'affecte pas, et n'est pas entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation. Elle ne méconnaît pas davantage, en tout état de cause, le principe d'égalité en procédant à un tel rattachement, tout en attribuant la nuance " Gauche " aux formations politiques " Parti communiste français " et " La France insoumise ".
Eco92 a écrit:Encore une fois je me base sur la science politique et ses définitions, cela étant je n'ai pas défini l'extrême droite ici.
A vrai dire je n'ai pas non plus défini l'extrême gauche, j'ai donné une des conditions (prôner la révolution et ne pas croire en la démocratie électorale) mais ce n'est pas la seule (sinon l'extrême droite révolutionnaire serait d'extrême gauche, et non). Seulement c'est ce qui la distingue du reste de la gauche car l'internationalisme ou la foi dans la redistribution des richesses se trouvent dans des partis qui ne sont pas révolutionnaires.
IL reste qu'en effet la définition de l'extrême droite est un peu plus floue, mais elle a aussi des composantes claires que l'on retrouve au RN : rejet des principes démocratiques (et quoique l'on dise du RN, mais malheureusement cela a aussi coulée sur LR et d'autres, le rejet des magistrats et de l'état de droit en fait partie), défense d'une vision autoritaire du monde et fondées sur un nationalisme visant à exclure une part de l'humanité de la possibilité d'être de la nation - au fond un racisme et une xénophobie claire (là aussi, sans même chercher l'évident racisme du RN, des positions jusqu'alors assumée par le RN comme l'exclusion des binationaux de la fonction publique, deuis rétropédalée, s'y classent).
Azertyuiop a écrit:Eco92 a écrit:Encore une fois je me base sur la science politique et ses définitions, cela étant je n'ai pas défini l'extrême droite ici.
A vrai dire je n'ai pas non plus défini l'extrême gauche, j'ai donné une des conditions (prôner la révolution et ne pas croire en la démocratie électorale) mais ce n'est pas la seule (sinon l'extrême droite révolutionnaire serait d'extrême gauche, et non). Seulement c'est ce qui la distingue du reste de la gauche car l'internationalisme ou la foi dans la redistribution des richesses se trouvent dans des partis qui ne sont pas révolutionnaires.
IL reste qu'en effet la définition de l'extrême droite est un peu plus floue, mais elle a aussi des composantes claires que l'on retrouve au RN : rejet des principes démocratiques (et quoique l'on dise du RN, mais malheureusement cela a aussi coulée sur LR et d'autres, le rejet des magistrats et de l'état de droit en fait partie), défense d'une vision autoritaire du monde et fondées sur un nationalisme visant à exclure une part de l'humanité de la possibilité d'être de la nation - au fond un racisme et une xénophobie claire (là aussi, sans même chercher l'évident racisme du RN, des positions jusqu'alors assumée par le RN comme l'exclusion des binationaux de la fonction publique, depuis rétropédalée, s'y classent).
Je réponds ici à ce message initialement posté dans le fil sur les municipales pour LFI.
Où avez-vous remarqué cette différence de traitement ?Azertyuiop a écrit:J'aimerais bien que l'on me présente un jour ce Monsieur ou cette Madame Science Politique qui semble faire à ce point figure d'argument d'autorité. Tout ce que je vois ici, c'est que lorsqu'un dit spécialiste est de gauche, on reconnaît avant tout son travail pour juger de la pertinence de ses analyses et de ses définitions, mais que lorsque ledit spécialiste est de droite, on retient avant tout sa partialité et l'impossibilité pour lui de décrire objectivement la réalité.
N'y aurait-il pas ici une attente trop impatiente ? Le reclassement de l'extrême gauche vers le centre que vous décrivez a pris quelque chose comme un siècle. Il s'est accompagné d'une évolution très progressive (et souvent heurtée - cf par exemple l'affaire Dreyfus ou les batailles autour de la laïcité) de l'ensemble de la société. Pourquoi faudrait-il que, sous prétexte d'un succès électoral soudain, les observateurs politiques soient maintenant tenus de bouleverser leurs grilles d'analyse au fil de l'actualité du jour ?Azertyuiop a écrit:Au départ, l'extrême-droite était définie comme étant la branche radicale des monarchistes. La seule raison pour laquelle cette définition a été amendée avec le temps, c'est parce que l'extrême-droite n'aurait plus compté un seul adepte, et la droite au sens large pas beaucoup plus d'ailleurs, puisque même les monarchistes modérés ne pèsent plus rien électoralement. De la même façon, des partis classés à l'extrême-gauche ont fini par se retrouver au centre de l'échiquier politique, non pas parce que leur idéologie aurait foncièrement changé, mais parce qu'ils ont fini par se retrouver au niveau des positions de l'électeur médian. Bizarrement, quand un relatif mouvement de balancier dans l'autre sens survient, c'est tout de suite plus difficile de réactualiser les définitions, et tant pis pour l'absurdité de la situation où entre 35 et 40% de la population est labellisée "extrême-droite" tandis que l'extrême-gauche ne devrait plus peser que 1,5%.
Je n'ai pas noté que Eco92 se targuait d'apporter une définition inattaquable de l'extrême droite - ni de l'extrême gauche d'ailleurs. Il se contente de proposer quelques critères qui lui semblent pertinents. Vous les contestez sans proposer d'alternative. Quels sont les vôtres ?Azertyuiop a écrit:Et encore une fois, et ce message le prouve, vous acceptez arbitrairement une définition plus floue de l'extrême-droite pour pouvoir y catégoriser tout ce qui ne vous plaît. L'étiquette "extrême-droite" n'existe pas pour décrire mais pour amalgamer et "infréquentabiliser". Surtout que certains éléments que vous rattachez au RN ne lui correspondent pas comme "exclure une part de l'humanité de la possibilité d'être de la nation".
Attention à ne pas confondre les notions de "droit" et État de droit". Le droit peut être très détaillé dans une dictature. L'état de droit en est absent.Azertyuiop a écrit:Quant à parler de rejet de l'État de droit, personne ne rejette l'État de droit en soit. Mais tout le monde n'en a pas la même appréciation. Et c'est bien normal et sain : à moins de considérer que le droit est issu d'un Livre Saint incontestable, le droit est, a toujours été et sera toujours, politique par essence.
Pour le coup je n'ai pas spécifiquement cherché les expressions des députés LFI lors de ces manifestations de colère provoquées par, rappelons-le, la mort de Nahel Merzouk tué par un policier par un tir à bout portant. De mémoire, certains ont eu des paroles inappropriées. Je serais cependant curieux des exemples de "quasiment tous" les députés émettant des "commentaires ignobles" et qui "justifient la violence". Par ailleurs quelles sont les situations pour lesquelles la violence vous semblerait légitime ? Et sous quelle forme de violence ?Azertyuiop a écrit: Et quand on voit le nombre considérable de députés LFI qui justifient la violence comme mode d'action et d'expression (je crois que même quasiment tous ont eu leur petit commentaire ignoble lors des émeutes en 2023 ?), on peut même dire que cet attrait morbide pour la violence de rue est une caractéristique au moins autant caractéristique de l'extrême-gauche que de l'extrême-droite, et que LFI nage en plein dedans.
J'aimerais connaître vos sources impartiales pour affirmer ceci. J'en propose une qui dit précisément le contraire : https://www.lemonde.fr/idees/article/20 ... _3232.htmlAzertyuiop a écrit:Et en ce qui concerne le rejet des magistrats, il faudrait voir dans un monde où il y aurait autant de magistrats de droite que de gauche pour pouvoir comparer objectivement, mais malgré tout, même avec une écrasante majorité de magistrats de gauche, voire gauche radicale
Azertyuiop a écrit:, Mélenchon est lui aussi capable de dénoncer une justice politique quand il est condamné. Donc bon...
Azertyuiop a écrit: Et en ce qui concerne le rejet des magistrats, il faudrait voir dans un monde où il y aurait autant de magistrats de droite que de gauche pour pouvoir comparer objectivement, mais malgré tout, même avec une écrasante majorité de magistrats de gauche, voire gauche radicale, Mélenchon est lui aussi capable de dénoncer une justice politique quand il est condamné. Donc bon...
Fin 2022, aux dernières élections au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le Syndicat de la magistrature a recueilli 33,3 % des suffrages, loin derrière les 66,6 % de l’Union syndicale des magistrats (USM), considéré comme apolitique. « Sur les 9500 magistrats français, au moins la moitié n’est pas syndiquée et l’USM qui défend essentiellement les intérêts corporatistes de la profession en revendique 2500. Nous n’avons pas les chiffres précis mais le SM ne doit pas avoir beaucoup plus de 1000 adhérents. Et il y a aussi Unité magistrats FO qui doit avoir quelques centaines d’adhérents. Il est plutôt classé à droite et la présidente est régulièrement invitée sur CNews », explique Laurent Willemez, professeur de sociologie à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, co-auteur avec Yoann Demoli de « Sociologie de la magistrature », (ed. Armand Colin).
PhB a écrit:Où avez-vous remarqué cette différence de traitement ?
PhB a écrit:N'y aurait-il pas ici une attente trop impatiente ? Le reclassement de l'extrême gauche vers le centre que vous décrivez a pris quelque chose comme un siècle. Il s'est accompagné d'une évolution très progressive (et souvent heurtée - cf par exemple l'affaire Dreyfus ou les batailles autour de la laïcité) de l'ensemble de la société. Pourquoi faudrait-il que, sous prétexte d'un succès électoral soudain, les observateurs politiques soient maintenant tenus de bouleverser leurs grilles d'analyse au fil de l'actualité du jour ?
PhB a écrit:Je n'ai pas noté que Eco92 se targuait d'apporter une définition inattaquable de l'extrême droite - ni de l'extrême gauche d'ailleurs. Il se contente de proposer quelques critères qui lui semblent pertinents. Vous les contestez sans proposer d'alternative. Quels sont les vôtres ?
PhB a écrit:Attention à ne pas confondre les notions de "droit" et État de droit". Le droit peut être très détaillé dans une dictature. L'état de droit en est absent.
PhB a écrit:Pour le coup je n'ai pas spécifiquement cherché les expressions des députés LFI lors de ces manifestations de colère provoquées par, rappelons-le, la mort de Nahel Merzouk tué par un policier par un tir à bout portant. De mémoire, certains ont eu des paroles inappropriées. Je serais cependant curieux des exemples de "quasiment tous" les députés émettant des "commentaires ignobles" et qui "justifient la violence". Par ailleurs quelles sont les situations pour lesquelles la violence vous semblerait légitime ? Et sous quelle forme de violence ?
PhB a écrit:J'aimerais connaître vos sources impartiales pour affirmer ceci. J'en propose une qui dit précisément le contraire : https://www.lemonde.fr/idees/article/20 ... _3232.html
PhB a écrit:Nous sommes d'accord ce personnage - et certains de ses associés - n'est pas toujours un modèle de pondération. De là à qualifier "d'extrême gauche" la formation politique qu'il anime, il y a un pas que je me garderais de franchir, sauf à considérer que ce serait le POI qui contrôlerait LFI .
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