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Classification des partis

Forum général sur l'actualité politique du moment. Discutez ici de l'action de la Présidence, des décisions gouvernementales, des projets ou propositions de lois ainsi que de toutes les démarches de l'opposition.

Classification des partis

Messagede Eco92 » Jeu 5 Fév 2026 13:26

Le ministère de l'intérieur a décidé de classer LFI comme "extrême gauche" dans sa nomenclature.

Un changement guère justifiable en termes d'évolution du parti par rapport aux dernières élections, comme en regard de la science politique. Mais la classification est une arme classique et cela permet d'accentuer leur équivalence avec le RN.

Cela paraît anecdotique mais, outre que ça ne tient pas sur le fond (mais après je ne vois pas légalement comment empêcher le ministère de faire ce qu'il veut), c'est quand même un signe inquiétant de cette banalisation de l'extrême droite.

Pour ma part extrême gauche ne me fait pas donner une équivalence, je voterai toujours à gauche face à l'extrême droite et face à la droite qui court derrière. Plutôt un révolutionnaire minoritaire dont l'objectif reste la fin de la précarité et l'égalité entre les humain qu'un joyeux fasciste défendant la privatisation de tout et la classification des humains. Mais le procédé est assez minable.

https://www.humanite.fr/politique/extre ... eme-gauche
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Re: Classification des partis

Messagede matthdu59 » Jeu 5 Fév 2026 22:34

La FI a déposé un recours au conseil d'État suite à cette décision du ministère de l'intérieur. Il semblerait que la même situation ce soit produite en 2024 et que le conseil d'État avait rendu une décision en faveur de la FI.

Les élus insoumis dénoncent effectivement une manœuvre afin d'alimenter la stratégie du "ni-ni". Ce qui contribuera, de fait, à banaliser l'extrême droite.
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Re: Classification des partis

Messagede gerard24 » Ven 6 Fév 2026 14:25

Depuis hier, les députés LFI se rependent sur les réseaux en disant que le Conseil d'État s'était déjà prononcé en 2024 contre une telle classification.
Ce qui est faux, le CE ne s'est jamais prononcé à ce sujet. Le recours auquel ils font référence est un recours du RN contre sa classification à l'extrême droite, recours d'ailleurs rejeté.
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Re: Classification des partis

Messagede PhB » Ven 6 Fév 2026 14:56

gerard24 a écrit:Depuis hier, les députés LFI se rependent sur les réseaux en disant que le Conseil d'État s'était déjà prononcé en 2024 contre une telle classification.
Ce qui est faux, le CE ne s'est jamais prononcé à ce sujet. Le recours auquel ils font référence est un recours du RN contre sa classification à l'extrême droite, recours d'ailleurs rejeté.

L'accent disparu crée un magnifique lapsus...
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Re: Classification des partis

Messagede Vaulti » Ven 6 Fév 2026 16:50

Je vois que l'ensemble des contributeurs du forum n'ont pas eu accès à l'ensemble du texte du Conseil d'Etat sur la classification en 2024 dont voici un extrait assez clair.

En troisième lieu, en rattachant la nuance politique " Rassemblement national " au bloc de clivages " extrême droite ", la circulaire attaquée ne méconnaît pas le principe de sincérité du scrutin, que l'attribution d'une nuance politique différente de l'étiquette politique n'affecte pas, et n'est pas entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation. Elle ne méconnaît pas davantage, en tout état de cause, le principe d'égalité en procédant à un tel rattachement, tout en attribuant la nuance " Gauche " aux formations politiques " Parti communiste français " et " La France insoumise ".


En lien le texte complet : https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/ ... 0049267171

A titre personnel, j'ai de plus en plus de mal à voir le RN d'aujourd'hui en parti d'extrême droite mais c'est un autre débât.
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Re: Classification des partis

Messagede Proximus » Sam 7 Fév 2026 14:55

Cette décision politique qui intervient à quelques semaines des élections municipales est loin d'être anodine.
Les éventuelles fusions union de la gauche / LFI entre les deux tours seront bien plus facilement dénoncées par la droite quand dans le même temps le RN maintiendra probablement la plupart de ses listes.
Les éléments de langage assimilant toute liste de gauche à "l'extrême gauche" ont déjà été très largement développés, posture tellement pratique lorsqu'on n'a pas de programme crédible à proposer.
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Re: Classification des partis

Messagede Azertyuiop » Sam 14 Fév 2026 17:18

Eco92 a écrit:Encore une fois je me base sur la science politique et ses définitions, cela étant je n'ai pas défini l'extrême droite ici.

A vrai dire je n'ai pas non plus défini l'extrême gauche, j'ai donné une des conditions (prôner la révolution et ne pas croire en la démocratie électorale) mais ce n'est pas la seule (sinon l'extrême droite révolutionnaire serait d'extrême gauche, et non). Seulement c'est ce qui la distingue du reste de la gauche car l'internationalisme ou la foi dans la redistribution des richesses se trouvent dans des partis qui ne sont pas révolutionnaires.

IL reste qu'en effet la définition de l'extrême droite est un peu plus floue, mais elle a aussi des composantes claires que l'on retrouve au RN : rejet des principes démocratiques (et quoique l'on dise du RN, mais malheureusement cela a aussi coulée sur LR et d'autres, le rejet des magistrats et de l'état de droit en fait partie), défense d'une vision autoritaire du monde et fondées sur un nationalisme visant à exclure une part de l'humanité de la possibilité d'être de la nation - au fond un racisme et une xénophobie claire (là aussi, sans même chercher l'évident racisme du RN, des positions jusqu'alors assumée par le RN comme l'exclusion des binationaux de la fonction publique, deuis rétropédalée, s'y classent).

Je réponds ici à ce message initialement posté dans le fil sur les municipales pour LFI.

J'aimerais bien que l'on me présente un jour ce Monsieur ou cette Madame Science Politique qui semble faire à ce point figure d'argument d'autorité. Tout ce que je vois ici, c'est que lorsqu'un dit spécialiste est de gauche, on reconnaît avant tout son travail pour juger de la pertinence de ses analyses et de ses définitions, mais que lorsque ledit spécialiste est de droite, on retient avant tout sa partialité et l'impossibilité pour lui de décrire objectivement la réalité.

Au départ, l'extrême-droite était définie comme étant la branche radicale des monarchistes. La seule raison pour laquelle cette définition a été amendée avec le temps, c'est parce que l'extrême-droite n'aurait plus compté un seul adepte, et la droite au sens large pas beaucoup plus d'ailleurs, puisque même les monarchistes modérés ne pèsent plus rien électoralement. De la même façon, des partis classés à l'extrême-gauche ont fini par se retrouver au centre de l'échiquier politique, non pas parce que leur idéologie aurait foncièrement changé, mais parce qu'ils ont fini par se retrouver au niveau des positions de l'électeur médian. Bizarrement, quand un relatif mouvement de balancier dans l'autre sens survient, c'est tout de suite plus difficile de réactualiser les définitions, et tant pis pour l'absurdité de la situation où entre 35 et 40% de la population est labellisée "extrême-droite" tandis que l'extrême-gauche ne devrait plus peser que 1,5%.

Et encore une fois, et ce message le prouve, vous acceptez arbitrairement une définition plus floue de l'extrême-droite pour pouvoir y catégoriser tout ce qui ne vous plaît. L'étiquette "extrême-droite" n'existe pas pour décrire mais pour amalgamer et "infréquentabiliser". Surtout que certains éléments que vous rattachez au RN ne lui correspondent pas comme "exclure une part de l'humanité de la possibilité d'être de la nation".

Quant à parler de rejet de l'État de droit, personne ne rejette l'État de droit en soit. Mais tout le monde n'en a pas la même appréciation. Et c'est bien normal et sain : à moins de considérer que le droit est issu d'un Livre Saint incontestable, le droit est, a toujours été et sera toujours, politique par essence. Et quand on voit le nombre considérable de députés LFI qui justifient la violence comme mode d'action et d'expression (je crois que même quasiment tous ont eu leur petit commentaire ignoble lors des émeutes en 2023 ?), on peut même dire que cet attrait morbide pour la violence de rue est une caractéristique au moins autant caractéristique de l'extrême-gauche que de l'extrême-droite, et que LFI nage en plein dedans.

Et en ce qui concerne le rejet des magistrats, il faudrait voir dans un monde où il y aurait autant de magistrats de droite que de gauche pour pouvoir comparer objectivement, mais malgré tout, même avec une écrasante majorité de magistrats de gauche, voire gauche radicale, Mélenchon est lui aussi capable de dénoncer une justice politique quand il est condamné. Donc bon...
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Re: Classification des partis

Messagede PhB » Sam 14 Fév 2026 23:37

Azertyuiop a écrit:
Eco92 a écrit:Encore une fois je me base sur la science politique et ses définitions, cela étant je n'ai pas défini l'extrême droite ici.

A vrai dire je n'ai pas non plus défini l'extrême gauche, j'ai donné une des conditions (prôner la révolution et ne pas croire en la démocratie électorale) mais ce n'est pas la seule (sinon l'extrême droite révolutionnaire serait d'extrême gauche, et non). Seulement c'est ce qui la distingue du reste de la gauche car l'internationalisme ou la foi dans la redistribution des richesses se trouvent dans des partis qui ne sont pas révolutionnaires.

IL reste qu'en effet la définition de l'extrême droite est un peu plus floue, mais elle a aussi des composantes claires que l'on retrouve au RN : rejet des principes démocratiques (et quoique l'on dise du RN, mais malheureusement cela a aussi coulée sur LR et d'autres, le rejet des magistrats et de l'état de droit en fait partie), défense d'une vision autoritaire du monde et fondées sur un nationalisme visant à exclure une part de l'humanité de la possibilité d'être de la nation - au fond un racisme et une xénophobie claire (là aussi, sans même chercher l'évident racisme du RN, des positions jusqu'alors assumée par le RN comme l'exclusion des binationaux de la fonction publique, depuis rétropédalée, s'y classent).

Je réponds ici à ce message initialement posté dans le fil sur les municipales pour LFI.

Votre message est intéressant mais il appelle plusieurs questions
Azertyuiop a écrit:J'aimerais bien que l'on me présente un jour ce Monsieur ou cette Madame Science Politique qui semble faire à ce point figure d'argument d'autorité. Tout ce que je vois ici, c'est que lorsqu'un dit spécialiste est de gauche, on reconnaît avant tout son travail pour juger de la pertinence de ses analyses et de ses définitions, mais que lorsque ledit spécialiste est de droite, on retient avant tout sa partialité et l'impossibilité pour lui de décrire objectivement la réalité.
Où avez-vous remarqué cette différence de traitement ?
Azertyuiop a écrit:Au départ, l'extrême-droite était définie comme étant la branche radicale des monarchistes. La seule raison pour laquelle cette définition a été amendée avec le temps, c'est parce que l'extrême-droite n'aurait plus compté un seul adepte, et la droite au sens large pas beaucoup plus d'ailleurs, puisque même les monarchistes modérés ne pèsent plus rien électoralement. De la même façon, des partis classés à l'extrême-gauche ont fini par se retrouver au centre de l'échiquier politique, non pas parce que leur idéologie aurait foncièrement changé, mais parce qu'ils ont fini par se retrouver au niveau des positions de l'électeur médian. Bizarrement, quand un relatif mouvement de balancier dans l'autre sens survient, c'est tout de suite plus difficile de réactualiser les définitions, et tant pis pour l'absurdité de la situation où entre 35 et 40% de la population est labellisée "extrême-droite" tandis que l'extrême-gauche ne devrait plus peser que 1,5%.
N'y aurait-il pas ici une attente trop impatiente ? Le reclassement de l'extrême gauche vers le centre que vous décrivez a pris quelque chose comme un siècle. Il s'est accompagné d'une évolution très progressive (et souvent heurtée - cf par exemple l'affaire Dreyfus ou les batailles autour de la laïcité) de l'ensemble de la société. Pourquoi faudrait-il que, sous prétexte d'un succès électoral soudain, les observateurs politiques soient maintenant tenus de bouleverser leurs grilles d'analyse au fil de l'actualité du jour ?
Azertyuiop a écrit:Et encore une fois, et ce message le prouve, vous acceptez arbitrairement une définition plus floue de l'extrême-droite pour pouvoir y catégoriser tout ce qui ne vous plaît. L'étiquette "extrême-droite" n'existe pas pour décrire mais pour amalgamer et "infréquentabiliser". Surtout que certains éléments que vous rattachez au RN ne lui correspondent pas comme "exclure une part de l'humanité de la possibilité d'être de la nation".
Je n'ai pas noté que Eco92 se targuait d'apporter une définition inattaquable de l'extrême droite - ni de l'extrême gauche d'ailleurs. Il se contente de proposer quelques critères qui lui semblent pertinents. Vous les contestez sans proposer d'alternative. Quels sont les vôtres ?
Azertyuiop a écrit:Quant à parler de rejet de l'État de droit, personne ne rejette l'État de droit en soit. Mais tout le monde n'en a pas la même appréciation. Et c'est bien normal et sain : à moins de considérer que le droit est issu d'un Livre Saint incontestable, le droit est, a toujours été et sera toujours, politique par essence.
Attention à ne pas confondre les notions de "droit" et État de droit". Le droit peut être très détaillé dans une dictature. L'état de droit en est absent.
Azertyuiop a écrit: Et quand on voit le nombre considérable de députés LFI qui justifient la violence comme mode d'action et d'expression (je crois que même quasiment tous ont eu leur petit commentaire ignoble lors des émeutes en 2023 ?), on peut même dire que cet attrait morbide pour la violence de rue est une caractéristique au moins autant caractéristique de l'extrême-gauche que de l'extrême-droite, et que LFI nage en plein dedans.
Pour le coup je n'ai pas spécifiquement cherché les expressions des députés LFI lors de ces manifestations de colère provoquées par, rappelons-le, la mort de Nahel Merzouk tué par un policier par un tir à bout portant. De mémoire, certains ont eu des paroles inappropriées. Je serais cependant curieux des exemples de "quasiment tous" les députés émettant des "commentaires ignobles" et qui "justifient la violence". Par ailleurs quelles sont les situations pour lesquelles la violence vous semblerait légitime ? Et sous quelle forme de violence ?
Azertyuiop a écrit:Et en ce qui concerne le rejet des magistrats, il faudrait voir dans un monde où il y aurait autant de magistrats de droite que de gauche pour pouvoir comparer objectivement, mais malgré tout, même avec une écrasante majorité de magistrats de gauche, voire gauche radicale
J'aimerais connaître vos sources impartiales pour affirmer ceci. J'en propose une qui dit précisément le contraire : https://www.lemonde.fr/idees/article/20 ... _3232.html
Azertyuiop a écrit:, Mélenchon est lui aussi capable de dénoncer une justice politique quand il est condamné. Donc bon...

Nous sommes d'accord ce personnage - et certains de ses associés - n'est pas toujours un modèle de pondération. De là à qualifier "d'extrême gauche" la formation politique qu'il anime, il y a un pas que je me garderais de franchir, sauf à considérer que ce serait le POI qui contrôlerait LFI .
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Re: Classification des partis

Messagede Stéphane » Dim 15 Fév 2026 20:09

Azertyuiop a écrit: Et en ce qui concerne le rejet des magistrats, il faudrait voir dans un monde où il y aurait autant de magistrats de droite que de gauche pour pouvoir comparer objectivement, mais malgré tout, même avec une écrasante majorité de magistrats de gauche, voire gauche radicale, Mélenchon est lui aussi capable de dénoncer une justice politique quand il est condamné. Donc bon...

Tiens, je ne pensais pas lire ce genre de fakenews sur ce forum d'ordinaire sérieux. C'est en effet un "argument" souvent utilisé par l'extrême-droite pour justifier ses attaques contre la Justice, quand elle a l'outrecuidance de traiter des affaires qui la concerne.
Alors rappelons les faits :
Fin 2022, aux dernières élections au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le Syndicat de la magistrature a recueilli 33,3 % des suffrages, loin derrière les 66,6 % de l’Union syndicale des magistrats (USM), considéré comme apolitique. « Sur les 9500 magistrats français, au moins la moitié n’est pas syndiquée et l’USM qui défend essentiellement les intérêts corporatistes de la profession en revendique 2500. Nous n’avons pas les chiffres précis mais le SM ne doit pas avoir beaucoup plus de 1000 adhérents. Et il y a aussi Unité magistrats FO qui doit avoir quelques centaines d’adhérents. Il est plutôt classé à droite et la présidente est régulièrement invitée sur CNews », explique Laurent Willemez, professeur de sociologie à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, co-auteur avec Yoann Demoli de « Sociologie de la magistrature », (ed. Armand Colin).

https://www.publicsenat.fr/actualites/p ... -la-droite
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Re: Classification des partis

Messagede Azertyuiop » Dim 15 Fév 2026 22:35

PhB a écrit:Où avez-vous remarqué cette différence de traitement ?

Je pourrais dire "quasiment partout" mais le mieux serait que vous me citiez quelques références que vous jugez impartiales, et je crois que ça illustrera sans doute mieux que tout ce dont je parle.

PhB a écrit:N'y aurait-il pas ici une attente trop impatiente ? Le reclassement de l'extrême gauche vers le centre que vous décrivez a pris quelque chose comme un siècle. Il s'est accompagné d'une évolution très progressive (et souvent heurtée - cf par exemple l'affaire Dreyfus ou les batailles autour de la laïcité) de l'ensemble de la société. Pourquoi faudrait-il que, sous prétexte d'un succès électoral soudain, les observateurs politiques soient maintenant tenus de bouleverser leurs grilles d'analyse au fil de l'actualité du jour ?

Point intéressant sur le principe, mais on ne peut pas dire que le cas de figure de succès électoral soudain s'applique au RN. Cela fait plus de quarante ans qu'il est sorti de la marginalité, et sa progression est a été lente et progressive, bien que s'étant faite aussi essentiellement par à-coups, avec des phases de consolidation régulières, ce qui tend à montrer qu'il ne régressera pas durablement de si tôt. Et il ne s'agit pas ici de reclasser le RN au centre (ce qui n'aurait aucun sens même du point de vue de la comparaison avec l'électeur médian), ni même au centre-droit, mais à la droite.

PhB a écrit:Je n'ai pas noté que Eco92 se targuait d'apporter une définition inattaquable de l'extrême droite - ni de l'extrême gauche d'ailleurs. Il se contente de proposer quelques critères qui lui semblent pertinents. Vous les contestez sans proposer d'alternative. Quels sont les vôtres ?

Suffisamment inattaquable en tout cas pour, rien que dans le premier message de ce fil, évoquer "Un changement guère justifiable", "que ça ne tient pas sur le fond" et "un procédé assez minable". Et j'ai réagi à un message d'Eco92 car c'était le dernier en date, mais il a été loin d'être le seul de se scandaliser de la requalification de LFI : je n'aurais d'ailleurs jamais réagi à un message isolé.

Par ailleurs, je n'estime pas que c'est mon rôle de classifier qui est d'extrême-gauche ou d'extrême-droite. En revanche, je pense que ça peut être le mien de remettre l'église au milieu du village quand tant de personnes se scandalisent qu'un parti qui appelle tous les quatre matins à la révolution, glorifie la violence comme mode d'action ou dont le chef (pour ne pas dire le gourou) se lance un meeting sur deux dans des envolées lyriques sur la nécessité de renverser le capitalisme ou dans des discours immondes sur les maires des quartiers qui n'auraient pas la bonne couleur de peau soit catalogué d'extrême-gauche. Et encore, je ne cite pas tout les "joyeusetés" qui comptent parmi les propositions de ce parti.

Et qu'à côté de ça, la définition de l'extrême-droite soit si facile, surtout que nombre de conditions à la qualification à l'extrême-droite sont absentes chez le RN : pas de refus du processus électoral, condamnation systématique de la violence comme mode d'action, pas de discrimination sur les seules origines ou sur une supposée race (il y en a que sur la nationalité),... Et il n'y a pas de critique contre l'État de droit en tant que principe, mais sur le champ d'action actuel.


PhB a écrit:Attention à ne pas confondre les notions de "droit" et État de droit". Le droit peut être très détaillé dans une dictature. L'état de droit en est absent.

C'est juste mais les deux notions sont étroitement liées, et ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'un État de droit s'appelle ainsi. Pour définir un État de droit, on retient en général ces critères : l'égalité des droits et de chacun devant la loi, la séparation du pouvoir politique en plusieurs entités, et l'existence d'entités juridiques indépendantes du pouvoir politique pouvant servir de contre-pouvoirs à celui-ci. Pour le concept d'égalité de chacun devant la loi, c'est un concept qui n'est aucunement remis en question par le RN ou aucun autre parti usuellement classifié à l'extrême-droite.

Quant aux deux autres critères, et c'est là où était le sens de mon propos, c'est que c'est rarement tout blanc ou tout noir, surtout concernant l'existence des contre-pouvoirs, car une fois ces contre-pouvoirs définis, il reste à définir leur champ d'action possible, et là, il y a tout un spectre à balayer. On pourrait tout à fait imaginer une société où un principe de l'État de droit serait le droit absolu de chacun à disposer de l'exhaustivité de ses revenus qui rendrait contraire à l'État de droit toute forme d'imposition. Et là, ce serait tous les partis de gauche que l'on qualifierait d'irrespectueux de la notion d'État de droit. Celle-ci n'a rien d'absolu ou de définitif.

PhB a écrit:Pour le coup je n'ai pas spécifiquement cherché les expressions des députés LFI lors de ces manifestations de colère provoquées par, rappelons-le, la mort de Nahel Merzouk tué par un policier par un tir à bout portant. De mémoire, certains ont eu des paroles inappropriées. Je serais cependant curieux des exemples de "quasiment tous" les députés émettant des "commentaires ignobles" et qui "justifient la violence". Par ailleurs quelles sont les situations pour lesquelles la violence vous semblerait légitime ? Et sous quelle forme de violence ?

Les refus de condamner les violences, que celles-ci soient dirigées contre des biens matériels ou des personnes. Le refus d'appeler au calme ou de se désolidariser des actes criminels : https://www.lesechos.fr/politique-socie ... he-1957463

Quant à moi, c'est bien simple, je ne soutiens l'usage de la violence que dans une seule situation, à savoir la violence dirigée contre un État tyrannique.

PhB a écrit:J'aimerais connaître vos sources impartiales pour affirmer ceci. J'en propose une qui dit précisément le contraire : https://www.lemonde.fr/idees/article/20 ... _3232.html

Je note que la source impartiale que vous proposez est un militant politique ayant très longtemps milité et candidaté à des élections pour des partis politiques de gauche et de centre-gauche. Je ne l'accuse pas lui personnellement de traiter partiellement les affaires dont il a la charge, mais il est sans doute a minima un peu biaisé pour évaluer la situation.

Ma source ne sera pas une personne, car il est très difficile d'en avoir une de réellement impartiale, mais tout simplement la représentation politique des syndicats des magistrats. Commençons par regarder du côté des syndicats de droite : on pourrait citer Unité magistrats, qui ne dépasse quasiment jamais significativement les 5% aux élections professionnelles. Côté gauche, nous avons le syndicat de la magistrature qui obtient systématiquement entre un quart et un tiers, parfois même un peu plus, des voix.

Le déséquilibre entre représentation de gauche et de droite est énorme. Et surtout, les deux syndicats n'ont pas du tout le même niveau de radicalité : côté syndicat de la magistrature, l'affaire du mur des cons suffit à elle-même à donner une idée assez précise du degré d'impartialité que serait prêt à mettre un représentant d'un tel syndicat dans un dossier impliquant un représentant de la droite. Aucun équivalent n'existe à droite : il ne faut donc pas être étonné de ne voir que rarement les personnalités de gauche avoir l'occasion d'avoir de réelles raisons de soupçonner d'être traités avec partialité (dans un sens qui leur serait défavorable du moins).

Et puis même les 60% restants sont représentés par l'USM qui bien qu'officiellement apolitique, penche plutôt à gauche dans la pratique, bien que le niveau d'engagement et de partialité soit évidemment sans aucune commune mesure à celui du syndicat de la magistrature.

PhB a écrit:Nous sommes d'accord ce personnage - et certains de ses associés - n'est pas toujours un modèle de pondération. De là à qualifier "d'extrême gauche" la formation politique qu'il anime, il y a un pas que je me garderais de franchir, sauf à considérer que ce serait le POI qui contrôlerait LFI .

Ce n'est pas uniquement pour cela que je qualifierais Mélenchon d'extrême-gauche. D'ailleurs, j'évoquais ce point non pas pour qualifier le positionnement de LFI mais pour montrer que ce n'était pas une prérogative exclusive de l'extrême-droite. Mais tout cela dépend de où on accepte de mettre la limite pour basculer dans la catégorie "extrême".
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