maxxx a écrit: Ségo n'avait elle pas mis sa candidature et son égo au frigidaire ? Ca c'est vite décongelé tout ça! Merci Whirlpool !
Lol !! Pourtant parait que les températures négatives battent des records dans sa région ... ^^
Bref ...
En 2006/2007 Ségo a perçée après des "sorties" médiatiques bien huilées sur des thématiques qui lui permettaient de montrer SA différence vis à vis du PS, voire même de la gauche, disons le clairement. Ce fut le cas de ces propositions "choc" sur la délinquence, sur l'éducation, sur l'environnement ou encore la démocratie participative.
Elle s'est positionnée sur des idées. Qu'on fut d'accord ou pas, elle attirait l'attention au moment où l'on pensait que la gauche avait des chances de l'emporter ... tout en ayant aucun leader à même de surgir en prévision de l'après Chirac.
En fait, elle a jouit d'une image positive le temps qu'elle est restée inconnue ... ou mal perçue de la majorité des français.
Et ce fut aussi le cas pour Sarkozy qui, en ayant jamais été 1er ministre (et qu'il a su habilement disparaitre des radars pendant la crise du CPE) a pu maintenir un capital sympathie et une série de "schèmes positifs" (courageux, déterminé, protecteur du mérite et de l'entreprenariat) auprès de l'opinion.
Ce sont essentiellement les personnalités de ces deux "animaux politiques" qui les ont rapidement décrédibilisé... et ce plus que le fruit de leurs politiques.
Pour Ségolène, tout n'est pas parfait mais ce qu'elle fait dans sa région est souvent exemplaire et innovant. On a su plus tard qu'elle avait raison sur le nucléaire civil iranien, alors qu'on l'a moqué à l'époque ou qu'elle avait aussi raison sur la réforme nécessaire de la démocratie sociale (cf. les conflits sociaux, le manque de reconnaissance professionnelle ou la dégradation des conditions de travail - augmentation des suicides). Je me souviens que sa proposition de jury populaire avait été largement brocardée ... pourtant c'est le gouvernement qui le propose aujourd'hui (sur le plan judiciaire dans les affaires correctionnelles mais aussi sur le plan des droits civiques avec la réforme constitutionnelle de 2008 - dont on attend toujours les décrets d'application d'ailleurs).
Mais, la différence pour Ségo cette année et qu'elle surgit en réaction aux propos d'Aubry.
Sa décision apparait comme motivée par rapport à la vie interne du PS plutot que par celle des français en tant que "porteur politique" des solutions à leurs problèmes.
De plus, et même si on sait que sa candidature n'aurait pas fait mystère, elle ouvre une période d'instabilités pour le PS tout entier. Elle accélère le calendrier et va ponctuer le 1er semestre 2011 d'évènementiels pour se distinguer et faire parler d'elle. Les autres candidats déclarés ou putatifs devront réagir pour ne pas être marginalisés (Hollande, Valls, Montebourg). Les alliés de DSK ne pourront se passer de réactions et la 1ère Secrétaire devra réagir pour donner le "LA" de l'autorité ET de la "ligne" que le Parti propose ou qu'il a acté durant les conventions (politique internationale, modèle économique, modèle social).
C'est aussi un piège pour Aubry ... qui est condamnée à se taire jusqu'en juin 2011. Elle ne peut plus rien faire jusqu'à la décision de DSK. Si elle s'avance elle le condamne et il y aura des frustrations et de graves tensions. Si lui se déclare, elle n'ira pas, comme convenu. Et le pacte sera ainsi respecté. Ce qui est d'ailleurs ma conviction. Si DSK n'avait pas été candidat en 2006 on pourrait douter aujourd'hui de sa volonté. Mais il ira.
Je me souviens de ses initiatives avant les élections de 2004, le référendum de 2005 (il a créé le club "à gauche en Europe", a rencontré de nombreux leaders à l'époque) ses nombreuses initiatives thématiques (construction européenne, fiscalité, système éducatif, économie) ... la thématique de "l'égalité réelle", c'est lui. On ne fait pas autant d'activisme en vain. Cet homme à des ambitions. Et là , actuellement il est en situation. Il sait qu'il créé un désire, une attente. Ce qui est crucial pour s'imposer dans ce genre d'élection. Il faut rester détaché par rapport aux sondages, ils vont évidemennt se resserrer mais je crois aux tendances lourdes qui s'en dégage et ces derniers sont trés flatteurs, ca crève les yeux !
Enfin, si on se réfère aux critiques sur l'omniprésidence Sarkozy ... c'est donc que l'on souhaite un retour au modèle traditionnel de présidence sans la Vème République ... à savoir d'un 1er ministre fort, qui mène véritablement l'action gouvernementale ... la gauche est plutot favorable à ce modèle ... pourtant elle a peur de l'étiquette "droitière" de DSK qui délèguerait à un 1er ministre fort ... On voit bien qu'il y a un énorme paradoxe dans tout cela.