Actuellement la gauche, dans toute sa diversité, domine tout le continent à l'exception de la Colombie et de la Guyana (je ne compte pas l'Amérique Centrale). Cependant il y a plus que des nuances entre le populisme révolutionnaire de Chavez et la sociale-démocratie chilienne, Lula étant entre les deux.
Après la récente victoire des candidats de gauche en Uruguay (modèle affiché : Lula) et en Bolivie (Morales est plus proche de Chavez), on pourrait croire que la tendance est la même partout. Cependant, d'après les sondages, le Chili risque de retrouver pour la première fois depuis Pinochet un chef d'Etat de droite lors des présidentielles de dimanche prochain. Sebastián Piñera, déjà rival de Bachelet en 2006 (elle ne se représente pas) risque de l'emporter. C'est un milliardaire aux multiples intérêts (aviation, médias, monétique, santé notamment), profil fréquent parmi les candidats de droite en Amérique du Sud (je pense aux vaincu du dernier scrutin présidentiel en Equateur, Álvaro Noboa, l'homme le plus riche du pays, leader de la banane).
Faut-il y voir le début d'un reflux généralisé ? En Argentine, les Kirchner ont perdu le contrôle du parlement en juin dernier.
Les inégalités sociales énormes favorisent cependant les candidats de gauche charismatiques (Lula, Morales), au détriment des candidats de droite, souvent associés à l'époque où les dictatures de droite contrôlaient presque tout le continent (années 60-70). Cependant, la nouvelle génération qui n'a pas connu la dictature est moins sensible à ce type d'argument, d'où ce retour annoncé de la droite au Chili.




