de VIC57 » Jeu 9 Avr 2026 10:30
Je me suis essayé à un comptage des électeurs sénatoriaux RN-UDR dans les départements ciblés potentiellement par le parti (en fait une poignée de circonscriptions si on exclut celles au scrutin majoritaire et les départements ou il n'y a pas assez de sièges à la proportionnelle pour garantir au moins un élu).
Le comptage porte sur les communes :
- De plus de 30 000 habitants avec des délégués supplémentaires
- De 9 000 à 30 000 habitants ou tous les membres du conseil sont électeurs
- De 3 500 à 9 000 habitants ou l'opposition ou la majorité peuvent présenter des listes sur le collège de 15 électeurs
A cela s'ajoute un multiplicateur constaté des électeurs pour le RN entre 2017 et 2023 (et malgré de mauvaises municipales en 2020), de 2 à 2,5 selon les départements, parfois plus, sans même souvent qu'il y a de mairie RN. Je ne vois pas de raison pour que ce multiplicateur soit remis en cause sur la série 2020-2026.
- Dans l'Aisne il n'y a que 36 électeurs municipaux identifiés, plus 4 députés et 3 conseillers régionaux. En 2020, la tête de liste Nicolas Bertin, maire d'Ambrief, avait réalisé 143 voix malgré tout avec plus au moins le même nombre d'électeurs. Entre temps, le parti est devenu massif dans la population de l'Aisne mais les municipales ont été mauvaises avec la perte de Villers-Cotterêts (même si la ville ne comptait que très marginalement dans le collège). Le premier élu l'était avec 495 voix. Même en multipliant les voix par deux ou trois, il me parait difficile de concurrencer les deux autres listes de droite et du centre. Je dirais aucun élu.
- Dans les Alpes-Maritimes, les gains sont impressionnants et sont évidemment partagés avec l'UDR (en fait, avec Ciotti). Il se dit qu'Henri Leroy, sénateur LR sortant, pourrait rejoindre la liste. J'ai comptabilisé 512 électeurs identifiables RN et UDR, 6 députés et 7 conseillers régionaux,18 conseillers départementaux, sachant que beaucoup d'autres peuvent se cacher dans des majorités DVD ou LR (qui sont nombreuses, je pense à Villeneuve-Loubet ou le maire est un soutien de Ciotti de longue date). N'oublions pas aussi que le président LR du CD soutient désormais officiellement Ciotti, et un CD ça compte dans les voix obtenues.
En 2020 la liste LR avait réussi l'exploit de gagner les 5 sièges. Le RN seul avait réalisé 146 voix. Je table sur environ 700 à 800 électeurs cette fois ci ce qui à mon sens assure même deux sièges à la liste (un RN et un UDR).
- Dans les Bouches-du-Rhône, là encore le socle est élargi avec les gains de Tarascon, Rognac, Lançon-Provence, le ralliement de la majorité de Marignane et les électeurs supplémentaires de Marseille. Je compte 549 électeurs plus 10 députés, 10 conseillers régionaux et 2 conseillers départementaux. Stéphane Ravier avait obtenu 345 voix en 2020 en étant le dernier élu. Je suppose que son retrait de la campagne de Marseille inclut une tête de liste aux sénatoriales. Avec l'effet multiplicateur et l'enracinement du parti, je table sur 700 à 800 voix, ce qui donnerait deux sièges.
- Dans le Gard, le parti a gagné plusieurs villes. Mais il pourrait aussi compter sur la fuite d'électeurs de droite agacés par le passage à gauche de Nîmes par refus des LR de fusionner avec le RN entre les deux tours (alors que la ville est à 60% à droite). La gauche conserve une capacité à faire deux sièges entre Nîmes et le CD, surtout en cas de liste unique. Je comptabilise 134 électeurs, plus 6 députés et 5 conseillers régionaux. Le premier élu en 2020 l'était avec 663 voix. La marche peut paraitre haute mais vu l'enracinement des dernières années, avec un bon candidat et la fuite des électeurs LR-DVD, le parti peut obtenir environ 550-600 voix assurant un siège au détriment de LR.
- En Gironde, le RN avait le record du nombre de listes aux municipales (une cinquantaine) et en dehors de Bordeaux, l'implantation est manifeste. Je compte 70 électeurs identifiés, plus 1 députée et 8 conseillers régionaux. Edwige Diaz avait obtenu 79 voix en 2020. Le premier élu l'était avec 356 voix. Sur le papier, cela me parait compliqué de décrocher un siège, mais pas complètement impossible puisqu'il y a six sièges, avec une bonne campagne et un vote caché d'électeurs des petites communes.
- Dans l'Hérault, je compte 164 électeurs municipaux (avec Béziers), 5 députés, 5 conseillers régionaux et 2 conseillers départementaux élus à Béziers (même si proches de Ménard). Le score en 2020 était de 118, et le premier élu avec 315. Là aussi la marche est plutôt haute mais vu l'enracinement, 350 voix me paraissent atteignables.
- Dans le Var, la non victoire à Toulon cache des victoires à La Seyne-sur-Mer, Six-Fours, Fréjus, La Valette-du-Var et de nombreux élus dans des villes importantes. Michel Bonnus, sénateur LR sortant et candidat retiré à Toulon, ne se représenterait pas laissant seule Françoise Dumont. Il y a en général dans le Var toujours des voix pour un candidat centriste de gauche ou RDSE. Je compte 358 électeurs municipaux, plus 7 députés, 2 conseillers départementaux et 9 conseillers régionaux. En 2020, le premier élu l'était avec 470 voix. Le siège me parait assuré avec environ 550 voix.
- Dans le Vaucluse, l'enracinement devrait finir par payer, surtout que l'épine dans le pied de la Ligue du Sud est éliminée par la fin de la dynastie Bompard à Orange. Je compte 224 électeurs identifiables, plus 4 députés, 8 conseillers départementaux et 5 conseillers régionaux. En 2020 le premier élu l'était avec 284 voix et e score RN était de 157, (et 43 voix pour Marie-Claude Bompard). Le siège me parait assuré avec environ 400 voix.
En conclusion, je vois :
- 2 sénateurs dans les Alpes-Maritimes
- 2 dans les Bouches-du-Rhône
- 1 dans le Gard
- 1 dans l'Hérault
- 1 dans le Var
- 1 dans le Vaucluse
Et éventuellement un siège en Gironde.
Ce qui donnerait 8 sièges, 9 maximum, à quoi s'ajoutent les trois déjà élus en 2023 et donc un groupe de 11 minimum.