Eco92 a écrit:Il aurait vraiment fallu l'égalité parfaite en ce cas (ce que vous évoquez), ça aurait été un cas d'étude amusant, cela étant il n'y aurait pas eu d'incertitude ou de triangulaire. En 2024 la candidate PS était bien devant le RN (très proche de Rist) et s'est quand même désistée puisqu'il y avait triangulaire.
Oui, l'égalité parfaite aurait été nécessaire : une voix de plus ou de moins pour l'une ou l'autre et la troisième passait à la trappe. Et vous avez bien raison de rappeler le désistement de la candidate PS, que j'ai trouvé fou étant donné l'avance qu'elle avait sur la candidate RN. La peur de voir le RN obtenir une majorité a rendu complètement dingue certains candidats qui leur ont fait parfois perdre toute lucidité, jusqu'à même parfois accuser des candidats de faire le jeu du RN en ne se désistant pas dans des circonscriptions où le RN était éliminé... ou quand celui-ci avait 20 points de retard sur le premier.
Dans cette circo cependant, la candidate a pu faire un calcul très pessimiste, peu crédible en pratique mais possible en théorie, où presque toutes les voix du candidat DVD éliminé se rapporteraient sur la candidate RN, en plus des quelques voix Reconquête, lui permettant de gagner, et se dire que si ce scénario ne se produisait pas, ce serait vers la candidate de la majorité sortante que ces voix iraient et qu'elle-même n'avait plus la moindre chance. Le désistement pouvait avoir donc un semblant de justification sur le plan rationnel.
Alors que lors de cette partielle, la candidate RN n'avait plus de réserves de voix autre que celle de Reconquête, plus faibles que celle que la candidate PS avait sur sa gauche avec LFI. De plus, PS+LFI > REN ce qui n'est pas le cas de RN+REC. Donc, les chances du RN étaient très faibles en triangulaire, et nécessitaient un sursaut de participation différentielle lui profitant (ou une démobilisation ne touchant que ses adversaires). A l'inverse, les chances du PS, bien que faibles, n'étaient pas négligeables du tout : il suffisait de supposer de très bons reports de LFI, d'une absence de vote utile de la part de la droite, et d'un petit peu plus de renforts sur sa candidature que sur celle de la ministre de la part d'abstentionnistes du T1. Pas évident du tout, mais jouable. Et admettons que cette stratégie aurait conduit le RN à gagner : ce n'est pas ça qui aurait modifié en substance les équilibres de l'Assemblée. En revanche, ça aurait encore davantage alimenté le discours "PS = béquille du macronisme".
benjam a écrit:Pourquoi pronostiquez-vous une telle baisse pour Rist par rapport à 2024 ? (67,7%)
Alors que l'extrême-droite progresse a assez peu progressé dimanche dernier.
Envisagez-vous essentiellement une moins forte mobilisation de la gauche contre le RN qu'en 2024 car il n'y a pas l'enjeu de "qui va gouverner la France" ?
Cela m'intéresse car vos pronostics sont souvent assez proches du résultat final.
Je pronostiquerais autour de 64 % pour la ministre, mais sans certitude.
Rist avait bénéficié de reports exceptionnellement bons pour les raisons que l'on connaît. Ce ne sera pas le cas cette fois-ci Or, le total RN+REC est plus élevé qu'en 2024. Cela devrait conduire à une hausse conséquente du vote RN au T2 par rapport à celui de 2024. Je peux bien sûr totalement me tromper, et la législative partielle des Français de l'étranger qu'il y a eu l'an dernier montre que je peux aussi me tromper sur toute la ligne. Pour justifier ce pronostic, voici les reports de voix sur lesquels je me suis appuyé :
Électeurs REN T1 : 98% REN, 1% RN, 1% Abs/Blanc
Électeurs RN T1 : 1% REN, 97% RN, 2% Abs/Blanc
Électeurs PS T1 : 64% REN, 10% RN, 26% Abs/Blanc
Électeurs LFI T1 : 43% REN, 15% RN, 42% Abs/Blanc
Électeurs REC T1 : 8% REN, 80% RN, 12% Abs/Blanc
Je pense que ces reports sont même franchement mauvais pour le RN compte tenu de l'absence d'enjeux, mais je tiens compte du fait que les reports vers le RN sont souvent très mauvais en partielle quand l'abstention est élevée, notamment car ces élections attirent un électorat plus politisé, voire militant, que la moyenne, avec parmi les électeurs de gauche, une aversion particulière pour le RN.
En fait, j'ai vraiment un doute sur les reports de REC pour tout dire : je me demande à quel point leur électorat de dimanche dernier est composé d'électeurs LR orphelins d'une candidature officielle et qui seraient très réfractaires au RN.