Les deux obstacles sus-cités sont (censés être) gérés dans le nouveau système par les calculs et choix de taux d'une part (ce qui serait nécessaire tout de même hors système familial dès lors que certaines personnes cumulent plusieurs revenus, les faisant changer de taux d'impôt dès lors que l'impôt est progressif) et éventuellement par des acomptes et remboursements d'autre part. Et il s'agit bien d'une forme de mensualisation, de fait - mais prélevée sur le revenu directement, sans possibilité de révoquer l'autorisation de prélèvement du côté de la banque.
Concernant l'actualité immédiate, une réunion est prévue ce mardi pour décider du report ou non du prélèvement à la source (normalement déjà lancé depuis la déclaration de revenus du printemps, les contribuables étant déjà dans la phase où ils peuvent choisir leur futur taux de prélèvement d'impôt parmi les possibilités légalement offertes). Si le dispositif reste lancé, il restera jusqu'au 15 septembre pour les derniers ajustements (choix de taux) par les contribuables.
De nombreux bugs ont été détectés lors de la phase de test et une partie au moins a été corrigée.
https://www.francebleu.fr/infos/economi ... 1535979433https://www.francebleu.fr/infos/politiq ... 1535874972Sur le retard pour les salariés de particuliers, lié au retard d'une plateforme de déclaration des salaires (malgré l'existence du CESU et de Pajemploi)
https://www.francebleu.fr/infos/economi ... 1530773290Le crédit d'impôt pour les particuliers employeurs, lui, sera(it) bien versé par acomptes mois pas mois dès janvier:
https://www.francebleu.fr/infos/societe ... 1528695400Concernant les aides, d'une part cela s'insère dans la philosophie générale d'un ajustement temporel plus rapide et peut permettre notamment de limiter les trop-perçus liés à une amélioration de la situation des personnes, trop-perçus vus comme de la fraude (généralement repris sur les allocations des mois suivants ou docilement remboursés par l'allocataire soucieux de rester en règle pour éviter pire) ou parfois comme une avance de trésorerie.
D'autre part, il y a une volonté de lutter contre le non-recours aux aides dont la réalité est devenue criante ces dernières années (entre grâce à l'Observatoire des non-recours): certes le non-recours représente une économie mais celle-ci a de nombreux inconvénients, maintien dans la pauvreté de personnes qui devraient mieux s'en sortir si elles utilisaient leurs droits, difficultés financières accrues dans les territoires où les sommes ne sont pas distribuées (notamment si on considère que les aides sociales servent à rendre les clients pauvres solvables...), tensions sociales entre ceux qui touchent les aides et ceux qui ne les touchent pas (ce qui est stupide quand les seconds y ont droit aussi...), imprévisibilité budgétaire car les ayant-droits peuvent se manifester à tout moment et que les sommes prévues pour des aides peu utilisées se retrouvent non employées... Après tout, quand on débloque des crédits pour réparer une route et qu'ils reviennent non dépensés parce que les travaux n'ont pas eu lieu, ce n'est pas vraiment une bonne nouvelle: le non-recours non plus.
Cette automaticité des aides s'inscrit dans une logique de simplification plus ou moins à rebours du maquis d'aides ponctuelles parfois complexes (logement, énergie, télécommunications,...) qui a pu se développer au fil des années (et qui explique une partie du non-recours: manque d'information, complexité et multiplicité des démarches, faiblesse du montant de certaines petites aides qui démotive quant à l'utilité des démarches) et aussi dans une logique d' "impôt négatif": pour une personne relativement riche dans une situation donnée (niches fiscales incluses...), on peut calculer un montant positif d'impôt et elle n'a pas le choix de se soustraire au paiement, eh bien dans l'optique d'impôt négatif, pour un pauvre qui ne peut payer d'impôt direct mais a au contraire besoin d'aide, on peut calculer au vu de son dossier un montant d'aide-crédit d'impôt et elle ne peut pas davantage échapper ni à la déclaration de revenus ni à la perception du crédit d'impôt, tout aussi obligatoire que ne l'est le paiement pour le plus riche.
C'est plus simple et prévisible pour le Trésor Public, cela permet d'augmenter les aides distribuées et de faire un "plan pauvreté" sans pousser à la hausse les paramètres des barêmes d'aide...