guillaume44 a écrit:Corondar a écrit: En effet, les USA ont parfois certaines pratiques politiques un peu "exotiques", mais je suis d'accord avec vous : c'est le cas de tous les pays :).
Sur la jungle primary, je suis de toute façon assez perplexe sur ce système particulier qui peut aboutir à des aberrations. On peut tout à fait imaginer 2 candidats républicains candidats et une douzaine de candidats démocrates en Californie (ou inversement pour la Louisiane) : les 2 républicains arrivent en tête avec 15% chacun (ou les 2 démocrates en Louisiane) et la douzaine de démocrates (ou de républicains en Louisiane) tous en dessous des 10%. Vous vous retrouvez alors avec une tendance politique qui réunit 70% des votes mais qui n'accèdent pas au tour principal. Alors certes le cas d'école est peu probable, mais loin d'être totalement impossible (dans le cas de la Californie il parait toutefois science-fictionnel pour l'élection de novembre :) ).
De même, ce système peut aboutir à la quasi disparition du parti "minoritaire" (et c'est à mon avis le but recherché d'ailleurs). En l'occurrence, en Californie, je pense que les républicains vont désormais disparaitre complètement des générales sur l'ensemble de l'état : les postes de sénateur et de gouverneur vont devenir très difficilement accessibles pour le GOP. Bon, de toute façon, vues les orientations politiques désormais très divergentes du GOP d'un côté et de la Californie de l'autre, les républicains auraient beaucoup de mal à remporter une générale en duel même sans ce système de "pré-sélection". Mais cela complique terriblement la tâche même pour un républicain modéré qui voudrait défier un sortant démocrate, même impopulaire.
Pour un tel sortant, le risque viendrait plutôt d'un concurrent issu de son propre camp.
Mais on peut sans doute prédire sans trop prendre de risque une grosse défaite pour les républicains en Californie : beaucoup de sièges ouverts dans le comté d'Orange (ancienne citadelle républicaine dans le golden state qui semble se fissurer), pour la deuxième fois consécutive les républicains semblent condamner à faire de la figuration pour la sénatoriale et un rejet farouche de Trump et de sa politique.
Un scénario pas si science-fictionnel que ça. Je me rappellai bien avoir lu cet excellent article sur Politico dont je donne les sources.
En 2012, un démocrate Pet Aguillar n'a pas été élu dans un district très bleu celui de l'Inland Empire. Ce district compte la célèbre ville de San Bernandino. Il s'agissait d'une ville très démocrate ou à cet époque les démocrates surpassaient (et probablement toujours en 2018) les républicains sur les registres de votes entre 36 et 41 points. Suite à un trop grand nombre de candidat démocrates, les 2 candidats républicains Gary Miller et Bob Dutton obtinrent 27,5% et 25% et les 4 autres candidats démocrates se partagèrent les 48% restants dont 22,6% pour le malheureux Pet Aguilar.
En 2008, Barack Obama avait emporté ce district avec 56% des voix.
Selon Politico, les démocrates ont des problèmes en Californie car l'abandon des candidats républicains entrainent un trop grand nombre de candidats démocrates et ils risquent de se trouver des districts avec 8 candidats démocrates. Du coup, même les districts bleu peuvent potentiellement se retrouver en danger.
https://www.politico.com/story/2018/03/ ... lot-465460
Sur la non-élection de Pet Aguillar en 2012
https://www.pe.com/2012/06/06/2012-elec ... from-loss/
https://en.wikipedia.org/wiki/Gary_Mill ... %80%932015)
(A lire qu'Ã partir du 4.1 pour la page wikipedia de Gary Miller)
Je suis d'accord avec Corondar. Cet Jingle Primary a pour but de faire disparaitre le parti minoritaire. A l'échelon locale, ça semble être le cas car le parti démocrate détient au moins moins les 2/3 de l'assemblée et les 2/3 du sénat. Du coup, le GOP n'a même pas un droit de regard sur le budget.
Néanmoins, n'oublions pas que c'est dans cet état ou Trump a réalisé son deuxième plus grosse score en terme de voix 4,485 millions de voix juste derrière le Texas avec ces 4,7 millions de voix.
Puis bon l'élection et la réelection d'Arnold Schwarzenger au poste de gouverneur de Californie ça ne date pas non plus de la préhistoire.
Je pense donc qu'avec un président démocrate à la tête du pays plus les problèmes actuelles de la Californie (Etats ou les impôts et le cout de la vie sont les plus élevés, un déficit record dans l'union). L'élection d'un gouverneur républicain peut encore être envisageable.
En revanche que cet état revote républicain à une présidentielle, çà n'en prend absolument pas le chemin.
Pour l'aspect science fictionnel, je parlais bien des élections au niveau de l'ensemble de l'état, pas celles au niveau des districts.
Pour le score en voix de Trump en Californie, c'était un résultat catastrophique : environ 400 000 voix de moins que Romney (qui avait déjà sous-performé), dans un état où le nombre des inscrits augmente chaque année, et où la participation était en forte hausse par rapport à 2012 (plus d'un million de votants en plus). Si Trump y fait son deuxième score en voix au niveau national c'est juste parce que c'est l'état le plus peuplé de l'Union, pas parce que le score en question est bon.
La Californie est un des états les plus hostiles à Trump, et, plus largement, de plus en plus hostile au GOP. Schwarzenegger était un républicain très atypique, au profil très centriste sur tout un tas d'éléments (notamment l'écologie). Hormis quelques zones encore très rouges (les comtés les plus orientaux de l'état), la Californie est en train de devenir un état beaucoup trop métissé et trop jeune pour que le GOP actuel puisse y avoir une chance.
Il n'y a pas de mystère : pour que le GOP reprenne des couleurs en Californie, il faut soit que le GOP change soit que la Californie change. Même sans parler du fait que Trump représente un épouvantail pour une très nette majorité de Californiens.
Facebook
Twitter
Voir toutes les vidéos




