de Eco92 » Mer 5 Sep 2012 09:15
Emporté par la fatigue je n'ai pas pu suivre, comme vudeloin, les dépouillements...
D'abord, il faut saluer la bonne participation. Le chiffre minuscule de 2008 est effacé.
Les résultats définitifs en nombre de siège sont les suivants :
PQ : 54 sièges (32%)
PLQ : 50 sièges (31,1%)
CAQ : 19 sièges (27,1%)
QS : 2 sièges (6%)
Plusieurs choses rien que là dedans : déjà le nombre de partis à l'assemblée retombe à 4, avec la défaite (que je trouve fort triste) de Jean-Martin Aussant. On retrouve donc exactement le même nb de parti qu'en 2008, cependant les rapports de forces sont beaucoup plus distribué (l'ADQ n'avait que 7 élus et QS 1).
Outre les terribles événements de la soirée, les résultats ont un goût amer pour beaucoup :
- Le PQ échoue (largement) à faire un gouvernement majoritaire. Ils on obtenu le score escompté mais le maintien étonnant des libéraux ainsi que la division du vote leur a fait perdre des bastions essentiels. C'est d'autant plus gênant qu'il s'agit d'une minorité assez large (9 sièges, il en faut 63 pour être majoritaire), donc même avec les deux sièges de QS cela sera très compliqué.
- Le PLQ réalise un bon résultat, tout proche du PQ, il fait bien mieux qu'annoncé et ne chute finalement que de 14 députés. Il s'agit cependant d'une défaite d'autant plus douchante que Jean Charest a été largement battu dans sa circonscription et que c'est tout de même le plus mauvais score du parti en 145 ans.
- La CAQ est sans doute le parti le plus déçu. Alors que Legault s'imaginait opposition officielle, voire au pouvoir, la CAQ s'ancre réellement mais est loin du compte. Elle a pourtant atteint les scores attendus mais le PLQ a fait mieux que prévu. Legault a été élu, avec à ses côtés de nouveaux élus comme son candidat star Jacques Duchesneay, mais pas nombre d'autres vedettes comme Gaetan Barrette, Maud Cohen ou Dominique Anglade qui ont été battu.
- QS est peut-être le seul parti content ce soir, en ayant doublé son nombre de vote (3% en 2008) et de député. L'entrée de a co-porte parole du parti est un événement, et ils ont fait preuve d'un certain pouvoir de nuisance. Si le PQ est intelligent il devrait soit faire entrer un peu de proportionnelle à l'assemblée, soit négocier avec ses partenaires éventuels la prochaine fois.
- La déception est fort pour ON qui n'obtient qu'1,9% et, surtout, perd son leader parlementaire.
Quels faits marquants retenir ?
- Le Québec sera pour la première fois dirigé par une femme
- Comme souvent au Québec, les transfuges sont assez maltraités. Benoit Charette et François Rebello, ex-péquiste passés à la CAQ, ont été battu. Cela étant, Daniel Rathé (autre transfuge) a été réélu sous sa nouvelle étiquette et c'est un ex-péquiste passé à la CAQ qui a battu Aussant.
- Avec Léo Bureau-Blouin, le Québec élit le plus jeune député de son histoire (20 ans), il a par ailleurs réussi à gagner dans une circo libérale tenu par un ministre sortant ! (qui n'était cependant pas un fief).
- Du côté des candidats vedettes du PQ, outre Léo Bureau-Blouin les ex-journalistes Jean-François Lisée et Pierre Duchesne sont élus, Djamila Benhabib échoue de peu dans une circo assez difficile.
- Jean Charest est battu. Difficile de savoir ce qu'il va faire pour la suite : certains parlent d'un retrait de la vie politique mais il n'a rien dit de tel hier. Rien ne l’empêche de faire démissionner l'un de ses députés dans une forteresse et d'y être élu (c'est une pratique qui se fait, même si Argenteuil montre qu'il n'y a pas de forteresses éternelle) mais pour être leader de l'opposition, l'intérêt est limité, sauf à miser sur une dissolution rapide.
- Québec reste une zone difficile pour le PQ, qui ne fait qu'y réélire ses sortants (Marois et Maltais), mais n'est pas balayée par la CAQ comme attendu (même si le parti y fait de bons scores).
- Québec solidaire se conforte dans Montréal, finissant deuxième dans plusieurs circonscripions (Sainte-Marie-Saint-Jacques, Hoochelaga...). De leurs côté les deux portes paroles sont largement élus : avec 46,15 % Françoise David a 4564 voix d'avance sur le sortant péquiste (32,57 %), pourtant un poids lourd du parti. Amir Khadir, qui avait été élu de justesse (800 voix) en 2008, devait affronter un leader syndical connu et a subi des déclarations incendiaires durant la campagne est très largement réélu avec 46,73 % et 7 026 voix d'avance sur Jean Poirier (23,55%).
- Le PVQ est en chute libre, passant de 2,1% en 2008 à près de 1% cette fois-ci...
- Les prochains mois s'annoncent difficile pour le PQ. Le dernier gouvernement minoritaire avait mené à une dissolution l'année suivante.
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Eco92 le Mer 5 Sep 2012 12:23, édité 2 fois.