VincentLP92 a écrit:Corondar a écrit: 4) Sur les postes de gouverneurs, les démocrates (...) font basculer Nevada, Iowa, Ohio, Géorgie et Alaska.
Vos pronostics sont assez optimistes pour les démocrates, ce qui peut s'entendre au regard du vote sanction et de la dynamique qu'on observe à peu près partout.
J'ai quand même une grosse interrogation, sur la gouvernatoriale en Géorgie. Les sondages montrent que la dynamique de Lance-Bottom semble s'être arrêté et que son adversaire républicain reprendrait un léger avantage. C'est, selon moi, le seul cas d'inversion des dynamiques. Ailleurs, c'est soit une poussée continue des démocrates (même si ça ne suffit pas toujours pour l'emporter), soit des variations autour du point de bascule sans avantage net (par ex Iowa, qui me semble actuellement le plus disputé).
Après, je n'ai pas une connaissance aussi fine que vous. Et peut-être que le poids du vote noir démocrate me donnera tort (et je l'espère).
Concernant le poste de gouverneur de Géorgie, je suis de plus en plus convaincu que pour certains électeurs américains le genre féminin représente un véritable test et une véritable limite pour des postes d'exécutif. C'est à mon avis ce que matérialisent les sondages plus serrés pour le poste de gouverneur du
Peach state. Mais je continue à penser qu'il y aura quand même bascule à l'arrivée. Déjà parce que sur la sénatoriale le candidat démocrate sortant Ossoff a tué le match et qu'il mouille la chemise désormais en faisant campagne pour la candidate démocrate (en versant beaucoup d'argent dans sa campagne et en battant le pavé et les estrades avec elle), ensuite parce que les chiffres préliminaires des votes en Géorgie indiquent une forte mobilisation afro-américaine (et la candidate démocrate est l'ancienne maire d'Atlanta, gros réservoir de voix pour les démocrates), enfin parce que le candidat républicain a un background que je qualifierais de pas très optimal (un businessman qui a fait fortune dans les couvertures santé privées hors de prix, en ces temps de forte inflation...).
Quant à mes pronos je ne sais pas si ils sont très (trop ?) optimistes pour les démocrates, mais si comme moi vous retenez l'hypothèse d'une avance en faveur des démocrates dans le vote populaire de l'ordre d'une dizaine de points, forcément ça a des conséquences visibles dans les résultats.
Enfin je tiens à le préciser encore mais dans mon modèle ce ne sont pas tellement les différents sondages dans les différents états qui jouent, ce sont surtout les sondages de popularité de Trump et son bilan.
Je me permets de remettre l'agrégat sondagier de
The economist qui est très parlant je trouve.
https://www.economist.com/interactive/t ... al-trackerTrump est en moyenne à -27 et sa courbe est désespérément plongeante depuis le début de son mandat. A la même époque il y a 4 ans Biden était à -8 et il bénéficiait d'une lente remontée depuis quelques mois. Sur tous les items du bilan Trump est jugé très négativement, sur les questions économiques c'est même abyssal, mais même sur les questions d'immigration et de sécurité les démocrates sont aussi devant les républicains désormais (mais moins massivement que sur les thématiques économiques). Si on rajoute à ça le fait que les démocrates ont massivement performé sur tous les scrutins partiels et intermédiaires des 2 dernières années et que leur coalition électorale est désormais plus performante en années de midterms, il me parait en effet difficile d'entrevoir des résultats même vaguement moyens pour les républicains ?
Mais peut-être que je suis à la masse et que les républicains iront arracher la victoire des mâchoires de la défaite ? Réponse le 4 novembre...
PhB a écrit:raam a écrit:Concernant les chambres fédérées, les démocrates ont un retard considérable, qui remonte je crois aux deux vagues de 2010 et 2014.
En 2010, les démocrates ont perdu le contrôle d'une vingtaine de chambres, passant d'un rapport de 61-37 à 57-41. En 2014, ils en ont perdu une dizaine supplémentaires...
Et dans beaucoup d'Etats qui sont entre temps devenus de vrais bastions, où le GOP avait tous les pouvoirs donc a pu redécouper à sa guise les districts.
Les démocrates partent donc de très très loin...
Oui mais justement, avec le renouvellement des 3/4 des sièges et une avance démocrate solide, comment se fait-il qu'on n'assiste pas (sauf surprise) à une bascule massive dans l'autre sens ?
Le gerrymandering républicain suffit-il à tout bloquer ou y a-t-il d’autres raisons ?
Concernant les chambres locales il y a plusieurs éléments à garder en tête je pense :
1) les dizaines de bascule observées en 2010 au profit des républicains n'étaient pas uniquement le fruit d'un vote sanction contre les démocrates sur les premières midterms d'Obama. C'était aussi (surtout ?) la fin d'un profond réalignement politique entamé dans les années 1960-1970, à savoir la disparition des dixiecrats, ces démocrates sudistes qui ont migré massivement vers le parti républicain, ne se reconnaissant plus du tout dans la plateforme du parti démocrate. En 2010 les démocrates perdent définitivement les dernières reliques de cette ère révolue. Il n'y a absolument plus aucune chance pour que les démocrates puissent espérer redevenir majoritaires dans les assemblées d'états comme le Kentucky, la Louisiane ou l'Alabama...
2) les districts de ces assemblées locales sont généralement encore plus gerrymandés que ceux de la Chambre fédérale
3) la répartition des électeurs démocrates reste toujours moins homogène que celle des électeurs républicains, il y a beaucoup plus de trous dans leur raquette électorale, notamment dans les zones rurales avec une surconcentration des électeurs démocrates en zone urbaine
Enfin, les élections dans ces assemblées locales sont sous-sondées par rapport aux élections fédérales, avec des milliers de facteurs locaux à prendre en compte. Jusqu'à récemment aussi les électeurs démocrates étaient moins disciplinés que les électeurs républicains et avaient plus tendance qu'eux à ne voter que pour les postes électifs les plus en vue en laissant vierge les élections locales sur les bulletins de vote à rallonge (mais ça aussi c'est peut-être en train de changer ?).
Bref, on va bien voir ce que ça donnera avec ces midterms, mais le gros enjeu pour les démocrates c'est de basculer un maximum d'assemblées dans les swing states et de réduire au maximum les super majorités républicaines dans les états rouges. Mais même si les démocrates devaient avoir une avance énorme dans le vote populaire, il y a en effet peu de chances de voir une trentaine d'assemblées basculer comme en 2010.
raam a écrit:Parmi les surprises possibles le 3 novembre, voici ce qui pourrait se passer :
- bascule du siège de sénateur du GOP vers les DEM en Caroline du Sud
La sortante est peu implantée, elle est la soeur de l'ancien sénateur GOP, décédé l'été dernier. Elle ne fait pas une très bonne campagne, elle a face à elle une candidate démocrate plutôt bonne. Les démocrates n'ont pas gagné d'élection au Sénat depuis 1998 dans cet Etat du Sud.
- bascule du siège de sénateur du GOP vers les DEM en Floride
Quand la Floride était encore un Swing State, cette bascule aurait paru assez évidente. Mais pourquoi la Floride n'est plus un Swing State ? Pour deux raisons conjuguées : l'électorat blanc rural a déserté les démocrates et les latinos de l'agglomération de Miami ont voté GOP. Sauf que cette année, tous les ingrédients pour atténuer voire inverser ces phénomènes sont présents : démoralisation de l'électorat GOP, retour des latinos vers les démocrates. A surveiller, même si les sondages donnent plutôt la faveur à la sortante GOP
- bascule du siège de sénateur du GOP vers les DEM dans le... Mississippi
ça paraît tout d'abord impossible, vu l'électorat de cet Etat du Deep South. Et puis, on se rappelle qu'en 2023, le gouverneur GOP n'a été réélu qu'avec 50,9% des voix contre 47,7% au candidat démocrate.
La sortante GOP, de son côté, a été élue en 2018 avec 53,6% en runoff, contre 46,4% au démocrate Mike Espy, et réélue en 2020 avec 54,1% contre 44,1% au même Espy.
Cette année, interrogée sur le coût du boeuf, elle a répondu au journaliste qu'il y avait d'autres protéines à remplacer... Son opposant démocrate utilise à fond cette réponse dans sa com (à base de Pick another protein ? Pick another Senator instead).
Rappelons que 37% de la population est afro-américaine, donc une surmobilisation de cet électorat, doublée d'une baisse de participation de l'électorat blanc, pourrait aboutir à une victoire démocrate.
Pas mieux : +1. Et assez étrangement, des 3 états, celui où j'arriverai le plus facilement à imaginer une bascule surprise improbable ce serait le Mississippi, qui sur le papier a pourtant le PVI le plus favorable au GOP. Mais dans cet état là je vous rejoins complètement : avec une surmobilisation de l'électorat afro-américain et une participation très moyenne de l'électorat blanc, ça peut peut-être passer. D'autant que déjà sur les primaires c'était assez étonnant : 150 000 votants côté démocrates contre 158 000 votants côté républicains. Pas très impressionnant comme écart pour un état aussi rouge.
Alors attention, je n'en suis pas du tout à pronostiquer la bascule, mais disons que si ça arrivait dans cet état je tomberais pas forcément de ma chaise :). Dans le contexte et avec un alignement astral particulier ça peut s'imaginer.