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la vie politique italienne

Forum dédié à la vie politique sur le "vieux continent". Réagissez sur les institutions européennes, les élections ou les décisions politiques de nos voisins européens.

Re: la vie politique italienne

Messagede Jean-Philippe » Lun 15 Fév 2016 18:12

A Milan, ville remportée par la gauche en 2011, le sortant Giuliano Pisapia (66 ans) ne fera qu'un seul mandat et tient son engagement.
Lors d'une primaire organisée dimanche 7 février pour sa succession et qui a attiré 60634 votants, les électeurs du PD ont choisi Giuseppe Sala, 57 ans, commissaire de l'Exposition universelle 2015 avec 42% devant Francesca Balzani, 49 ans, actuelle première adjointe au maire, ancienne députée européenne du PD et soutenue par le sortant (34%), Pierfrancesco Majorino, 43 ans, actuel adjoint à la politique sociale (23%), et Antonio Iannetta, 42 ans, président d'une association sportive (moins de 1%).
Le vainqueur était soutenu par Renzi (source).

Il y aura d'autres primaires dans d'autres villes comme Rome. A noter que les candidats officiels sont souvent concurrencés par des dissidents et régulièrement battus avec un exemple célèbre, celui de Matteo Renzi à la mairie de Florence en 2009.
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Re: la vie politique italienne

Messagede spinto » Mar 5 Avr 2016 13:30

Un point sur les élections municipales italiennes qui se tiendront, sauf surprise, le 5 juin prochain pour le premier tour (date qui n'est pas encore officiellement arrêtée mais qui a été annoncée par le ministre de l'Intérieur A. Alfano). Les élections locales ne sont pas regroupés en un cycle unique comme en France, mais le cycle 2016 est un cycle majeur, avec un grand nombre de villes importantes parmi lesquelles Rome, Milan, Naples, Turin et Bologne.

En dehors de Rome, où il s'agit d'une élection anticipée suite à la démission d'I. Morino, il s'agit du renouvellement du cycle 2011, qui avait été marquée par une très large victoire du centre gauche (avec la bascule historique de Milan). Le centre-droit subissait alors de plein fouet les difficultés du gouvernement Berlusconi (qui n'avait plus que quelques mois à vivre) face à la crise économique, politique et morale qui frappait la péninsule, tandis que le M5S commençait à peine à émerger politiquement, sans être en mesure d'impacter véritablement ces élections. Pour autant, commençaient déjà à pointer des signes du besoin de renouvellement de la classe politique italienne, avec un succès de la gauche, mais pas forcément du PD : les candidats officiels du parti avaient souvent été doublés par des candidats plus marquées idéologiquement, ou du moins plus éloignées des logiques d'appareils. Soit dès les primaires (G. Pisapia à Milan, M. Zedda à Cagliari), soit lors de l'élection municipale via des listes alternatives (L. de Magistris à Naples).

Conséquence, sur les 27 chefs-lieux de province concernés, seul un a un maire sortant de droite (Varese, avec un maire LN). 7 sont provisoirement administrés par un commissaire préfectoral (dont Rome).

Venons-en aux faits avec la situation dans les principales villes concernées. Globalement, les sondages laissent transparaître des rapports de force équivalents à ceux observés nationalement (tenue du centre-gauche à un niveau assez élevé, stabilisation du M5S en 2ème force et forte dispersion de la droite), avec évidemment des particularités locales.

Rome

Le PD a reconduit l'exercice des primaires pour trouver un remplaçant à I. Marino, en la personne de R. Giachetti, candidat soutenu par M. Renzi et par le président de région, et pas vraiment contesté.
Du côté de la droite, S. Berlusconi a voulu imposer son candidat, G. Bertolaso, sans vraiment consulter les potentiels membres d'une coalition (pour rappel, les municipales en Italie sont un double scrutin : on vote pour un candidat au poste de maire et pour une des listes qui le soutient). FI n'étant pas au top de sa forme, les alliés traditionnels ont refusé de soutenir le candidat ; malgré une tentative de démonstration de force de S. Berlusconi (via l'organisation d'une primaire où G. Bertolaso était seul candidat), la présidente du petit parti nostalgique du fascisme Fratelli d'Italia (Frères d'Italie, tout un programme), G. Meloni s'est porté candidate. Ce n'est pas anodin car les héritiers du fascisme (MSI-DN, puis AN) ont toujours obtenu de bons scores à Rome, AN devançant fréquemment FI avant leur fusion au sein du Peuple de la Liberté berlusconien (re-tout un programme). De façon plus anecdotique, l'extrême droite est également présente via la candidature de Francesco Storace (qui était président du Latium de 2000 à 2005 et candidat de la droite au même poste en 2013). Pour finir à droite, mais plus au centre cette fois, A. Marchini représentera le NCD d’A. Alfano.
V. Raggi représentera le M5S et S. Fassina, qui a quitté le PD il y a un an, représentera Sinistra Italiana, une coalition alliant le SEL de N. Vendola et divers petits partis de gauche (coalition qui pourrait se transformer en parti en cas de succès aux élections de juin).

Tous les sondages donnent un ballotage entre le PD et le M5S, les deux tournant autour de 25 % des voix. Ensuite, G. Meloni (FdI, soutenu par LN) semble prendre l’avantage sur G. Bertolaso (FI) dans cette lutte fraternelle au sein de la droite (15 à 20 % pour la première, contre 10 à 15 pour le second).
A. Marchini (NCD) suivrait entre 8 et 11 %, puis S. Fassina (SI) avec 6 à 8 % et enfin F. Storace autour de 3-4 %.

Au 2nd tour, V. Raggi (M5S) l’emporterait assez largement sur R. Giachetti (PD), avec 55 à 57 % des voix. Attention, il faut se méfier des sondages de 2nd tour, tant la volatilité des électeurs du 1er tour est grande, avec des baisses de participation notables. Cependant, il semble qu’il y ait une vraie chance pour le M5S de conquérir Rome, la droite étant trop divisée pour parvenir au 2nd tour et la gauche souffrant des polémiques autour de la municipalité précédente.
Ce serait évidemment un évènement majeur dans la vie politique italienne, le M5S n’ayant jusque là gagné que des villes moyennes (Parme ou Livourne pour les plus grandes). Dans la perspective des législatives de 2018 (qui pourraient être anticipées courant 2017, une fois la réforme du mode de scrutin entérinée), la gestion de la ville serait alors un élément clé du succès (ou non) du mouvement (qui talonne aujourd’hui dans les sondages nationaux le PD et bat la droite).

Milan

Primaire également ici du côté du PD (G. Pisapia ne souhaitant faire qu’un seul mandat), qui ont vu la victoire de G. Sala ; là encore, il s’agit du candidat le plus proche de M. Renzi. Les sondages testent aussi une candidature de la gauche du PD, mais je n’ai pas trouvé trace de la désignation d’un candidat ; la coalition SI est visiblement divisée sur la façon de considérer le candidat du PD, dans une ville où la gauche ne peut se permettre trop de divisions.
A droite, S. Parisi (élu municipal par le passé à Milan) sera le candidat commun de FI, LN et FdI.
Pour le M5S, G. Corrado a finalement été désigné, après le retrait de P. Bedori, initialement désignée mais dissuadée par la direction du M5S.
Enfin, C. Passera, ancien ministre du Développement économique dans le gouvernement Monti, se présente au titre du mouvement Italia Unica, qu’il a fondé et qui défend une ligne fidèle à celle de M. Monti (libéralisme économique et conservatisme gentillet sur les aspects sociétaux).

Les sondages donnent une avance au centre-gauche au 1er tour (38 à 42 %), devant la droite (34 à 36 %). Le M5S, qui n’a jamais vraiment percé à Milan et en Lombardie atteindrait 11 à 12 % des voix, devant C. Passera (8-9 %) et un potentiel candidat de gauche (6-7 %).
A noter qu'au niveau des sondages par listes, la LN et FI seraient au coude à coude autour de 15 % des voix.

Au 2nd tour, la gauche serait en mesure de conserver Milan avec environ 52 % de suffrages, avec la même réserve sur les sondages de 2nd tour que dans le cas de Rome.

Naples

Pour rappel, en 2011, L. de Magistris, candidat du parti Italia dei Valori (parti de centre-gauche fondé par le magistrat anti-corruption Antonio di Pietro) et soutenu par la gauche radicale, l’avait emporté très largement sur la droite, après avoir éliminé le candidat du PD au 1er tour.
Depuis, IdV a évolué vers une gauche plus marquée (notamment sous l’impulsion de L. de Magistris, qui a néanmoins fini par fonder son propre mouvement), au point de s’allier, au sein de la liste « Rivoluzione civile », aux élections générales de 2013 (2,25 % des voix) avec les ex du PCI ayant refusé de confluer dans le PD. Son fondateur a fini par quitter le navire, et IdV a considérablement perdu de son audience (0,7 % aux européennes de 2014, contre 8 % 5 ans auparavant)

L. de Magistris devrait à nouveau être candidat, et à nouveau sans le soutien du PD.
Ce dernier a organisé une primaire, remportée par la députée V. Valente. Cette élection est toutefois très contestée, puisqu’il a été démontré que des voix ont été acheté, alors que V. Valente n’a gagné que de 500 voix et quelques sur A. Bassolino (maire de Naples de 1993 à 2000 et président de la Campanie de 2000 à 2010). Le PD a reconnu des irrégularités mais a validé le résultat ; à ce stade, A. Bassolino n’a pas encore renoncé à se présenter.
C’est plus calme à droite, où les principaux partis soutiennent G. Lettieri.
Le M5S a pour sa part désigné M. Brambilla.

Particularité des sondages liée à la situation au PD, sont testés une candidature unique de V. Valente seule, ou une candidature de V. Valente et une dissidence de A. Bassolino.
Dans tous les cas, L. de Magistris arrive en tête avec 30 à 32 % des voix, juste devant G. Lettieri (FI, 28-29 %).
Suivent M. Brambilla (M5S) et V. Valente (PD), autour de 19-20 % chacun. Si A. Bassolino confirmait sa candidature, il obtiendrait 10 % des voix, contre 11 à 12 % pour V. Valente. Son absence profite essentielle à la candidate PD, et de façon résiduelle à L. de Magistris.

Au 2nd tour, L. de Magistris obtiendrait 52 à 54 % des voix face au candidat de droite.

Turin

Je n’ai pas le temps de faire un topo aussi détaillé (et pas autant d’infos sur les candidats), mais le maire PD sortant, P. Fassino, serait réélu avec 52 %, contre 48 % à la candidate M5S, C. Appendino.
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Re: la vie politique italienne

Messagede ploumploum » Sam 16 Avr 2016 20:51

Les électeurs italiens sont appelés ce dimanche à voter lors d'un référendum abrogatif (67ème depuis 1974). Il porte sur la loi permettant sur le renouvellement des concessions des plateformes off-shore de pétrole.

Si le "oui" gagne, les activités d'extraction s'arrêteront lors de l'expiration des concessions (entre 2016 et 2034), même si le gisement n'est pas épuisé. En cas de victoire du "non", un prolongement de l'activité (d'abord de 10, puis de 5 ans) pourra être demandé


Dans les enquêtes, le Oui est donné nettement vainqueur. Mais le principal enjeu reste la validation du résultat. Pas sûr en effet que le taux de participation atteigne les 50 % requis.
A noter que c'est la première fois que le référendum est issu d'une initiative régionale (au moins 5 conseils régionaux/ ici 9 ont demandé la consultation populaire).
Plus d'explications ici :

http://www.latribune.fr/economie/intern ... 64769.html
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Re: la vie politique italienne

Messagede ploumploum » Dim 17 Avr 2016 17:10

ploumploum a écrit:Les électeurs italiens sont appelés ce dimanche à voter lors d'un référendum abrogatif (67ème depuis 1974). Il porte sur la loi permettant sur le renouvellement des concessions des plateformes off-shore de pétrole.

Si le "oui" gagne, les activités d'extraction s'arrêteront lors de l'expiration des concessions (entre 2016 et 2034), même si le gisement n'est pas épuisé. En cas de victoire du "non", un prolongement de l'activité (d'abord de 10, puis de 5 ans) pourra être demandé


Dans les enquêtes, le Oui est donné nettement vainqueur. Mais le principal enjeu reste la validation du résultat. Pas sûr en effet que le taux de participation atteigne les 50 % requis.
A noter que c'est la première fois que le référendum est issu d'une initiative régionale (au moins 5 conseils régionaux/ ici 9 ont demandé la consultation populaire).
Plus d'explications ici :

http://www.latribune.fr/economie/intern ... 64769.html


C'est mal parti pour atteindre les 50 % de participation : 8,3 % à midi. Bureaux ouverts jusqu'à 23 h.
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Re: la vie politique italienne

Messagede ploumploum » Dim 17 Avr 2016 18:26

A 19h, le taux de participation n'a pas encore franchi les 25 % : il pointe à 23,3 %.
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Re: la vie politique italienne

Messagede ploumploum » Dim 17 Avr 2016 22:16

ploumploum a écrit:A 19h, le taux de participation n'a pas encore franchi les 25 % : il pointe à 23,3 %.



Les bureaux ont fermé. Dépouillement en cours. Les premiers résultats donnent le "Oui à l'abrogation" vainqueur avec 80 %. mais le taux de participation n'atteint même pas les 30 % pour l'instant. (sur 22,3 % des communes)
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Re: la vie politique italienne

Messagede ploumploum » Dim 17 Avr 2016 23:33

La participation n'atteint même pas les 33 %
Sur la moitié des bureaux, le Oui pointe à 78 %

http://www.repubblica.it/static/special ... fresh_cens
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Re: la vie politique italienne

Messagede ploumploum » Lun 18 Avr 2016 10:42

ploumploum a écrit:La participation n'atteint même pas les 33 %
Sur la moitié des bureaux, le Oui pointe à 78 %

http://www.repubblica.it/static/special ... fresh_cens



Résultats définitifs :

Inscrits : 50 676 889
Votants : 15 806 788 / 31,2 %

Blancs : 104 420
Nuls : 168 136

Oui : 13 334 764 voix/ 85,8 %
Non : 2 198 805 voix / 14,2 %
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Re: la vie politique italienne

Messagede spinto » Sam 14 Mai 2016 18:06

Un nouveau point sur les prochaines élections locales, dont le premier tour est dans 3 semaines, pour actualiser la situation des forces en présence suite aux messages précédents (http://www.politiquemania.com/forum/politique-europe-f25/vie-politique-italienne-t3232-110.html#p90669) :

Rome :

Evolution notable dans la capitale italienne, puisque le 1er tour devait être l'occasion d'une lutte fratricide entre deux candidats de droite, G. Bertolaso, candidat Forza Italia de S. Berlusconi, et G. Meloni, présidente du parti Fratelli d'Italie (héritiers assumés du MSI néo-fasciste). Cette dernière prenant clairement le dessus dans les sondages, S. Berlusconi s'est résigné à retirer son candidat pour soutenir A. Marchini, candidat de centre-droit jusque là distancé dans les sondages, déjà soutenu par le Nuovo Centrodestra de A. Alfani et la Unione di Centro (parti principal de centre-droit depuis la recomposition des années 90, mais éclipsé par le NCD depuis les élections générales de 2013 - l'UdC faisait alors partie de la coalition Monti, perdant nombre de ses députés et sénateurs).
Plus étrange, A. Marchini est également soutenu par la Destra, parti d'extrême-droite, après le retrait de son candidat, F. Storace (qui n'était jamais parvenu à dépasser les 5 % dans les sondages).

Ces retraits ont évidemment impacté les sondages, sans pour autant menacer, jusqu'à présent, les deux favoris que sont les candidats du PD et du M5S, et qui se disputent la première place autour de 30%. Les deux candidats de droite bataillent ensuite pour la 3ème position, entre 15 et 20% des voix estimés. Le candidat de la Sinistra Italiana (gauche du PD) suit à distance entre 6 et 8 %.

Au 2nd tour, la candidate du M5S, V. Raggi est systématiquement donnée gagnante, avec jusqu'à 60 % des voix, confirmant la possibilité d'une victoire du M5S dans la capitale italienne.

Milan :

La Sinistra italiana s'est rallié au candidat du PD, ne laissant plus à gauche qu'un candidat du Partito della Rifondazione Comunista (scission du PCI historique, refusant le virage de celui-ci vers la social-démocratie au congrès de Bologne, le PRC réussit à conserver des parlementaires jusqu'en 2008 à l'extrême gauche du spectre politique italien, en participant toutefois à la plupart des coalitions de centre-gauche avant cette date).
C. Passera, candidat libéral (proche de M. Monti), a finalement renoncé, pour soutenir le candidat de Forza Italia, S. Parisi, qui a ainsi le soutien de l'ensemble des partis de droite (LN compris).

G. Sala (PD) et S. Parisi font la course en tête entre 35 et 40 %, le candidat du M5S, G. Corrado, ne les menaçant pas en ne parvenant pas à franchir la barre des 20 %.
Au 2nd tour, G. Sala conserve un avantage mais l'écart est faible, certains sondages donnant un quasi 50/50.

Naples :

Situation stabilisée à Naples où la menace d'une dissidence au PD est passée, A. Bassolino ne contestant plus la tête de liste à V. Valente, en dépit des irrégularités constatées lors de la primaire. A noter que V. Valente est également soutenue par le centre-droit (NCD et UdC).

Le maire sortant, L. de Magistris, est toujours donné en tête (32-38 %), et a même creusé son avance sur G. Lettieri (Forza Italia, 23-27 %) et V. Valente (20-22 %). Le candidat du M5S, M. Brambilla, tourne lui autour de 14-16 %.

Au 2nd tour, L. de Magistris est donné systématiquement gagnant, avec entre 52 et 63 % des voix (2 sondages autour de 52 %, 2 autres autour de 60 %...).

Turin :

Comme à Rome, la droite est divisée dans cette ville où elle n'est pas structurellement forte (à l'inverse de sa presque voisine Milan). Forza Italia et les deux principaux partis de centre-droit soutiennent O. Napoli ; LN et Fratelli d'Italia soutiennent A. Morano. C'est ce dernier qui semble prendre l'avantage (9 à 12 %, contre 5 à 9 % pour le premier), mais cette division semble devoir être fatale à la droite ici, tant les deux candidats sont distancés par le maire sortant PD, P. Fassino, qui est donné à au moins 39 %, et par la candidate du M5S, C. Appendino, qui tournerait autour des 30 %. A noter le score du candidat de la Sinistra Italiana, qui pourrait frôler les 10 % (et donc doubler les deux candidats de droite).

Au 2nd tour, le maire sortant serait réélu, mais avec une avance assez faible sur C. Appendino, ce qui n'exclut pas une surprise.
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Re: la vie politique italienne

Messagede ploumploum » Dim 5 Juin 2016 12:56

spinto a écrit:Un nouveau point sur les prochaines élections locales, dont le premier tour est dans 3 semaines, pour actualiser la situation des forces en présence suite aux messages précédents (http://www.politiquemania.com/forum/politique-europe-f25/vie-politique-italienne-t3232-110.html#p90669) :

Rome :

Evolution notable dans la capitale italienne, puisque le 1er tour devait être l'occasion d'une lutte fratricide entre deux candidats de droite, G. Bertolaso, candidat Forza Italia de S. Berlusconi, et G. Meloni, présidente du parti Fratelli d'Italie (héritiers assumés du MSI néo-fasciste). Cette dernière prenant clairement le dessus dans les sondages, S. Berlusconi s'est résigné à retirer son candidat pour soutenir A. Marchini, candidat de centre-droit jusque là distancé dans les sondages, déjà soutenu par le Nuovo Centrodestra de A. Alfani et la Unione di Centro (parti principal de centre-droit depuis la recomposition des années 90, mais éclipsé par le NCD depuis les élections générales de 2013 - l'UdC faisait alors partie de la coalition Monti, perdant nombre de ses députés et sénateurs).
Plus étrange, A. Marchini est également soutenu par la Destra, parti d'extrême-droite, après le retrait de son candidat, F. Storace (qui n'était jamais parvenu à dépasser les 5 % dans les sondages).

Ces retraits ont évidemment impacté les sondages, sans pour autant menacer, jusqu'à présent, les deux favoris que sont les candidats du PD et du M5S, et qui se disputent la première place autour de 30%. Les deux candidats de droite bataillent ensuite pour la 3ème position, entre 15 et 20% des voix estimés. Le candidat de la Sinistra Italiana (gauche du PD) suit à distance entre 6 et 8 %.

Au 2nd tour, la candidate du M5S, V. Raggi est systématiquement donnée gagnante, avec jusqu'à 60 % des voix, confirmant la possibilité d'une victoire du M5S dans la capitale italienne.

Milan :

La Sinistra italiana s'est rallié au candidat du PD, ne laissant plus à gauche qu'un candidat du Partito della Rifondazione Comunista (scission du PCI historique, refusant le virage de celui-ci vers la social-démocratie au congrès de Bologne, le PRC réussit à conserver des parlementaires jusqu'en 2008 à l'extrême gauche du spectre politique italien, en participant toutefois à la plupart des coalitions de centre-gauche avant cette date).
C. Passera, candidat libéral (proche de M. Monti), a finalement renoncé, pour soutenir le candidat de Forza Italia, S. Parisi, qui a ainsi le soutien de l'ensemble des partis de droite (LN compris).

G. Sala (PD) et S. Parisi font la course en tête entre 35 et 40 %, le candidat du M5S, G. Corrado, ne les menaçant pas en ne parvenant pas à franchir la barre des 20 %.
Au 2nd tour, G. Sala conserve un avantage mais l'écart est faible, certains sondages donnant un quasi 50/50.

Naples :

Situation stabilisée à Naples où la menace d'une dissidence au PD est passée, A. Bassolino ne contestant plus la tête de liste à V. Valente, en dépit des irrégularités constatées lors de la primaire. A noter que V. Valente est également soutenue par le centre-droit (NCD et UdC).

Le maire sortant, L. de Magistris, est toujours donné en tête (32-38 %), et a même creusé son avance sur G. Lettieri (Forza Italia, 23-27 %) et V. Valente (20-22 %). Le candidat du M5S, M. Brambilla, tourne lui autour de 14-16 %.

Au 2nd tour, L. de Magistris est donné systématiquement gagnant, avec entre 52 et 63 % des voix (2 sondages autour de 52 %, 2 autres autour de 60 %...).

Turin :

Comme à Rome, la droite est divisée dans cette ville où elle n'est pas structurellement forte (à l'inverse de sa presque voisine Milan). Forza Italia et les deux principaux partis de centre-droit soutiennent O. Napoli ; LN et Fratelli d'Italia soutiennent A. Morano. C'est ce dernier qui semble prendre l'avantage (9 à 12 %, contre 5 à 9 % pour le premier), mais cette division semble devoir être fatale à la droite ici, tant les deux candidats sont distancés par le maire sortant PD, P. Fassino, qui est donné à au moins 39 %, et par la candidate du M5S, C. Appendino, qui tournerait autour des 30 %. A noter le score du candidat de la Sinistra Italiana, qui pourrait frôler les 10 % (et donc doubler les deux candidats de droite).

Au 2nd tour, le maire sortant serait réélu, mais avec une avance assez faible sur C. Appendino, ce qui n'exclut pas une surprise.


Municipales ce 5 juin :
Faible participation à mi-journée (fermeture des bureaux à 23h) : environ 18 % (Naples : 16,5 %, Milan : 16 %, à Rome : 15 %)

http://www.repubblica.it/speciali/polit ... ref=HREA-1
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