La ré-élection de la députée est en effet fort possible et en un sens, logique électoralement même si le fait d'être de la majorité peut plutôt lui jouer des tours.
Pour les électeurs de gauche, le report est probablement difficile car au-delà de la faible différence socio-économique entre les deux candidats (le candidat LR a dû soutenir Fillon et son programme sans en être trop gêné), d'un côté il y a la candidature favorable à un gouvernement qui mériterait à leurs yeux d'être écorné, de l'autre celle soutenue par un Wauquiez qui inquiète plutôt cet électorat et dont il tend généralement à se sentir éloigné sociétalement. De plus, pour bien des électeurs de gauche, la droite classique UMP/LR était traditionnellement l'adversaire principal et le réflexe d'hostilité peut avoir du mal à faire place à une solidarité d'opposants.
Dans votre calcul d'ailleurs (pour la réalité, on verra demain si c'est discernable), vous prévoyez 81% d'électeurs non-exprimés chez les FI du premier tour et 61 chez les PS donc une attitude nettement majoritaire au refus d'adouber l'un des deux.
Quant à l'abstention, c'est en tous cas davantage que dans l'autre circonscription votant le même jour dans le Territoire-de-Belfort où la participation est à 29,5% soit 70,5% d'abstention
elections-f18/election-legislative-partielle-1ere-circo-belfort-t7001-70.html : la raison n'est pas seulement liée à la conjoncture nationale mais aussi à la faible mobilisation plus particulière aux couches populaires semble-t-il ainsi qu'à l'Ile-de-France (en province, l'idée de défendre un intérêt et un point de vue locaux joue davantage).
Ceci dit, des taux d'abstention pareils se sont déjà vus en cantonale partielle ou même nationalement à des référendums: ce n'est pas si extraordinaire dans l'absolu mais pour une législative certes partielle, on doit friser le record.
Sur la conjoncture nationale cependant, la victoire de LREM en juin 2017 semble avoir anesthésié les mobilisations et la possibilité de renverser cette majorité à coups d'élections partielles n'est pas consistante (bon, ce n'est jamais arrivé mais quand il y a de la marge c'est encore moins motivant, que ce soit pour ou contre cette majorité). Le positionnement très central de la majorité et la division des opposants entre camps peu conciliables, en gros 2 sur sa gauche (FI et PS) et 2 sur sa droite (LR et FN) limitent aussi les possibilités et les enjeux.