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Les sénatoriales dans le Nord

Forum de discussion dédié aux élections sénatoriales de septembre 2011 et au renouvellement pour la première fois d'une moitié du Sénat français.

Les sénatoriales dans le Nord

Messagede Zimmer » Dim 11 Juil 2010 11:19

Robespierre a écrit:Dans le Nord : 11 sénateurs

En 2001 le PS et les Verts s'étaient entendus pour faire liste commune, obtenant 4 sièges et permettant notamment l'élection de Marie-Christine Blandain (ex présidente de region Verte de 92 à 98).
Le PC, quant à lui, obtenait 2 sièges. La droite, divisée, avait quand même totalisé 5 sièges.

10 ans plus tard, il s'agira d'engager la succession de Pierre Mauroy et les changements de statuts parlementaires de bons nombre de figures du PS parmis lesquels (et non des moindres) :

1) Michel Delebarre, ancien ministre, Député-Maire de Dunkerque ... la 2eme circo du dunkerquois tenue par le MRC Christian Hutin disparait (12ème) ... le départ de Delebarre au Sénat lui permettrait-il de briguer l'actuelle 13ème et de rester l'unique parlementaire du MRC ... ce choix pèsera inévitablement dans la balance d'un accord PS / MRC ... mais aura des conséquences sur le littoral (division ? candidature dissidente ?).

2) Bernard Derosier, député de la 2eme du Nord, Pdt du CG ... son départ au Sénat assurerait le renouvellement sur le secteur (il est respectivement conseiller général depuis 1973 et député sans interruption depuis 1978 !) permettant l'ascenssion d'une jeune lilloise que d'aucuns considèrent comme la dauphine de Martine Aubry à Lille ? ... et si elle n'est pas menacée sur sa gauche par l'alliance entre les maires DVG de Villeneuve d'Ascq et de Mons en Baroeul, qui trouveraient sans doute l'occasion d'être estampillés EE ...

3) René Vandierendonck ... l'actuel maire de Roubaix, transfuge de l'UDF, passé au PS avec fracas en 95 ... ex dircab de son mentor André Diligent (maire chrétien démocrate dans la plus pure tradition nordiste), personnage haut en couleur et trés efficace qui trouverait sans doute le moyen d'influencer et de peser sur les décisions prises au Sénat.

4) Rémi Pauvros, Maire de Maubeuge, sera peut etre dans les starding block ? Le candidat malheureux de 2007 face à Christine Marin, alors Maire UMP de Jeumont (mais sèchement battue dès le 1er Tour en 2008 par le trés jeune Benjamin Saint Huile, 24 ans) trouverait là le moyen d'être parlementaire ? En effet, la 23ème circo disparait elle aussi ... elle fusionne avec une partie de la 24ème, actuellement détenue par Jean-Luc Pérat depuis 2007 ...

5) Paul Raoult ... sortant (1992) et redevenu maire du Quesnoy en 2008 (aprés avoir laissé la main à son 1er adjoint en 2001) ... laissera sans doute sa place ...

6) ... de même que Bernard Frimat, son collègue du "Sud du Nord", sénateur depuis 2002 [suite au malheureux décès de Dynah Derick, figure majeure du féminisme et de la gauche ds le NPDC] ...

Les candidatures seront nombreuses je pense et la liste sera difficile à constituer entre la nécessité de prendre en compte tous les territoires (dunkerquois / flandres / métropole / douaisis / valenciennois / cambrésis et avesnois) et les nouvelles règles qui devraient résulter de la convention du PS sur le non cumul des mandats ... ET la PARITE !

Le PC et le FG ferront ils toujours bande à part ??

Le PC ne cesse de perdre de son leadership là où il était naguère puissant (douaisis et valenciennois) ... Demessine (ex secrétaire d'etat sous jospin et actuelle adjointe aux sports de Lille) repartira sans aucun doute ... Marc Dolez, Député de la 17ème du Nord ferra t'il tiquet avec elle ? Ce dernier, s'il est candidat à sa succession dans la 17ème en 2012 aura le plus grand mal à la conserver face à un PS local trés puissant et ce quelque soit le candidat désigné (Frédéric Chéreau ? tête de liste du PS à Douai en 2008 et qui avait réussi l'exploit d'obliger le Maire UMP sortant à un second tour depuis 1983...).

En tous les cas la baisse du PC et l'alliance avec le FG se ferra au détriment du sortant Ivan Renar ... et l'élection d'un 2eme sénateur n'est plus acquise.

A droite :

Elle devrait globalement passer de 5 à 4 voire 3 élus ... elle a trop perdu depuis 2001 (cantons, villes ...)

l'UMP ferra sans doute en sorte de se débarrasser de ces 2 élus devenus SE et qui ne pèsent rien ou presque localement ... et qui n'auront aucune chance d'etre réélus s'ils partent en solo :
- Alex Turk, ex leader de la droite lilloise et actuel Président de la CNIL (...) ne devrait pas rempiler de toute façon ...
- Sylvie Desmarescaux, que personne ne connait, maire DVD d'une petite ville de 3000 habitants (dont elle est la 3ème maire depuis 1919 ... )

- Jean-René Lecerf, leader de la droite au CG du Nord a toutes les chances d'être réinvesti

- Jacques Legendre, ex secrétaire d'état de 77 à 81 et Maire de Cambrai de 78 à 92, devrait passer la main ... à son successeur et actuel député DVD François-Xavier Vilain ??

- L'inconnue réside dans la poursuite du mandat de Béatrice Descamps, élue en 2007 suite à l'entrée au gouvernement de Valérie Létard et du refus de Marc-Philippe Daubresse , suivant de liste, d'y siéger (tout juste réélu député) ... toutefois son maintien est important pour éviter la division de la droite dans les Flandres. Elle avait échouée de peu aux législatives de 2002 dans la 15ème du Nord, notamment dans le cadre d'un effrontement avec François Hostalier (ex jupette) qui fut finalement élue députée en 2007.

l'UMP qui compte une majorité de sortants issus de la Métropole devra obligatoirement composer avec le sud du département ... mais aucune figure n'apparait pour le moment.

En tout état de cause, les éventuelles élections de députés en septembre 2011 ne devraient pas provoquer d'élections législatives partielles ... atténuant les prises de risques des uns et des autres de franchir le Bd St Germain séparant l'Assemblée du Sénat :)

En conclusion :

Si les Verts négocient bien ils pourraient obtenir un 2ème siège en position éligible.
La seule chance du PC de conserver 2 sièges est de s'allier avec le FG
Le PS et la gauche devrait globalement regagner 1 voir 2 sénateurs au profit de la droite ...


Jean-Philippe a écrit:On peut dire que c'est un état des lieux complet. Par contre sur la conclusion, une perte de deux sénateurs pour la droite me paraît exagérée car les déperditions de voix seront moindres si la droite part un peu moins divisée qu'en 2001. Le maire de Cambrai étant un proche de Dupont-Aignan, il ne sera pas investi sans contrepartie.
Le PC devrait perdre un élu, même allié au FG, au profit du PS. La perte par la droite de quelques communes en 2008 ne devrait pas suffire à lui faire perdre plus d'un siège (une perte de 2 sièges serait synonyme d'une vague rose à l'échelle nationale, y compris chez les électeurs des petites communes).

En 2001, la liste PS-Verts a obtenu 4 élus et 1663 voix (29,99%). Les listes PRG et MDC ont réuni 271 voix et 4,88%.
les 3 listes de droite ayant obtenu des élus ont obtenu 2288 voix (41,26%), pour 5 élus
les 2 autres listes de droite ont obtenu 300 voix (5,41%).
Le PC a obtenu 797 voix (14,37%) et 2 élus.
Gauche et droite ont donc obtenu globalement autant de voix (2731 et 2588), le nombre d'élus respectant cet équilibre.
Dans un scrutin qui favorise les camps unis, l'UMP va probablement laisser un siège au NC (Létard) car la moindre dissidence pourra coûter cher.


D'après La Voix du Nord, le maire (PS) de Roubaix, René Vandierendonck, serait en effet candidat à un mandat de sénateur. Son éventuelle élection au Palais du Luxembourg l'amènerait, conformément aux nouvelles règles de non cumul en vigueur au sein de son parti, à passer la main à la tête de la municipalité roubaisienne.

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Metropole_Lilloise/actualite/Secteur_Metropole_Lilloise/2010/07/11/article_rene-vandierendonck-en-route-vers-un-fau.shtml
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Re: Les sénatoriales dans le Nord

Messagede Jean-Philippe » Mer 15 Sep 2010 19:44

Voici les résultats de 2001 dans le détail (http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_s%C3%A9nateurs_du_Nord :
Inscrits : 5684 Votants : 5611 Exprimés : 5545

Liste Chef de file % Voix élus
Liste PS-Verts Pierre Mauroy 29,99% 1663 4
Liste RPR-UDF Jean-René Lecerf 16,27% 902 2
Liste PC Ivan Renar 14,37% 797 2
Liste DVD-NI Alex Türk 12,70% 704 2
Liste RPR Diss Jacques Legendre 12,30% 682 1
Liste DVD Jacques Donnay 3,57% 198
Liste MDC Christian Hutin 3,50% 194
Liste RPF Joël Wilmotte 1,84% 102
Liste FN Eliane Coolzaet 1,42% 79
Liste PRG Jacques Mutez 1,39% 77
Liste LO Nicole Baudrin 1,14% 63
Autres listes Divers 1,50% 84

La gauche (LO compris) pèse en 2001 2794 voix, soit 50,59% contre 2588 et 46,67%. Les listes MRC et PRG ne devraient pas être présentes en 2011, ce qui favorisera le PS et pourrait sauver le 2e siège du PC.

A droite, je pense qu'il y aura au moins deux listes (sérieuses) et que le NC sera intégré à la liste UMP officielle.
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Re: Les sénatoriales dans le Nord

Messagede maxxx » Mer 15 Sep 2010 21:14

Avec les équilibres actuels, dans ce département qui élit 11 sénateurs (soit dit au passage, une petite anomalie : 1 siège de sénateur en moins par rapport à Paris, alors que le département est le plus peuplé de France!), ce sera soit un statu quo soit un basculement d'un siège au profit de la gauche.

Comme l'a rappelé Jean-Philippe, les forces de gauche seront favorisées cette fois-ci par la non-présence d'une liste MDC, du moins conduite par Christian Hutin, et par celle probable d'une liste PRG (de toute façon, celle-ci n'est pas déterminante car elle fait des scores anecdotiques...comme celui de 2001).
Cela dit, la droite ne sera pas en reste, car elle n'aura pas à compter sur une nouvelle liste conduite par Jacques Donnay (ex-RPR qui a rejoint l'UMP comme simple militant), l'ancien et l'unique président de droite du conseil général (1992-1998, période faste pour la droite nordiste), dont la défaite aux sénatoriales de 2001 avait sonné le glas de sa carrière politique. On peut très probablement exclure une nouvelle liste conduite par Joël Wilmotte : ce dernier, proche de Charles Pasqua et souverainiste, était à l'époque un véritable trublion pour la droite locale : candidature dissidente aux cantonales de 1994 (il avait d'ailleurs laminé le sortant UDF dès le premier tour...), candidatures LDI ou RPF aux législatives de 1997 et 2002 (qui ont été fatales au RPR-UMP Alain Poyart, maire d'Avesnes), candidature aux sénatoriales...Il est quand même rentré dans le rang depuis en intégrant l'UMP et surtout en rejoignant le groupe Union pour le Nord au conseil général, présidé par le sénateur Jean-René Lecerf (Il a siégé un temps parmi les non inscrits, notamment lorsque la droite détenait le conseil général).

Il y aura très probablement 3 listes principales à droite, dont 2 "grandes" listes crédibles. On risque de repartir comme en 2001 avec les 3 sénateurs qui avaient tirés les listes en 2001 mais cette fois-ci avec un probable changement au niveau des scores. Le président de la CNIL Alex Türk, 60 ans, ancien challenger de Pierre Mauroy à Lille, et Sylvie Desmarescaux, 59 ans également, maire d'Hoymille, repartiront certainement en tandem sur une liste SE-NI (quand même à droite)...Ils ne rejoindront pas une liste UMP-NC, et je pense que ce n'est même pas dans l'intérêt de la droite en général de partir avec une unique liste : la liste SE d'Alex Türk permet de brasser large parmi les maires et élus des petites communes, ralliant même des petits élus plutôt à gauche mais non socialistes - Alex Türk et Sylvie Desmarescaux sont en plus loin d'être des trublions au Sénat pour la droite, et c'est sur des élus comme ceux-là que Gérard Larcher saura s'appuyer en cas de majorité ric-rac...
De la même manière, Jean-René Lecerf et Valérie Létard devraient repartir ensemble pour la liste officielle UMP-NC : c'est très logique pour le premier, il est l'un des plus jeunes sénateurs sortants du Nord (59 ans) et est très actif en tant que patron respecté de la droite au département depuis 1998 et spécialiste à l'UMP des questions judiciaires et pénitentiaires. La seconde a d'ores et déjà fait le deuil de son poste au gouvernement : sauvée de justesse à deux reprises (juin 2009 et mars 2010), il est quasi-certain qu'elle ne sera pas dans le prochain gouvernement : elle l'a déjà anticipé d'ailleurs en démissionnant du conseil régional, afin de prévenir son futur cumul des mandats (elle est 1ere adjointe à Valenciennes et présidente de l'agglo)...Dans deux mois, elle devrait reprendre le siège actuellement occupé par l'UMP Béatrice Descamps, maire de Méteren et qui s'est retrouvée par surprise au Sénat en 2007 (elle n'était que 4ème de liste, mais le 3ème, Marc-Philippe Daubresse, venait d'être réélu au Palais Bourbon...).
Jacques Legendre, 69 ans, dernier sortant de droite et qui avait conduit une liste dissidente en 2001, voudrait très certainement repartir pour un dernier mandat au Sénat : l'ancien ministre, député et maire de Cambrai, qui entretient parait-il des relations chaotiques avec l'actuel député-maire de Cambrai François-Xavier Villain (DLR), préside la commission des affaires culturelles et, sur le terrain, il fait en tout cas comme s'il était déjà en campagne...

Pour faire un bilan à droite, je pense que le siège de Jacques Legendre est le plus menacé : menacé soit par la gauche en cas de trop forte division à droite et de relative union à gauche, soit par la droite et l'UMP officielle. L'ancien maire de Cambrai avait bénéficié en 2001 de la prime au sortant face à la liste officielle RPR-UDF conduite par deux élus relativement jeunes (50 ans pour Jean-René Lecerf, 39 ans pour Valérie Létard) et inexpérimentés au Sénat : depuis, ces deux derniers sont montés véritablement en puissance, comme je l'ai signalé au-dessus, et les dernières rumeurs de couloir donneraient Patrick Masclet, le maire DVD d'Arleux mais surtout le très influent président de l'association des maires du Nord, en 3ème position sur la liste Lecerf-Létard...Si on ajoute le fait que Jacques Legendre s'est mis à dos une bonne partie de la droite du Cambrésis, à travers le député-maire avec lequel il entretient de mauvais relations et l'ancienne conseillère régionale et générale UMP Liliane Durieux, qui l'a accusé publiquement de l'avoir écartée aux régionales du printemps dernier et qui a promis de se venger par ses réseaux aux sénatoriales, on comprend l'activisme de Jacques Legendre sur le terrain...

A gauche, ce n'est un secret pour personne, Michel Delebarre, 64 ans, que l'on ne présente plus (premier ministre de la Ville sous Rocard en 1990, ministre à de nombreuses reprises sous Mitterrand, ancien président du conseil régional du Nord-Pas-de-calais, où il n'a jamais été véritablement accepté), actuellement député-maire de Dunkerque, dirigera la liste PS, qui sera vraisemblablement une liste d'alliance avec les écologistes...On sait également que ce sera le socialiste René Vandierendonck, maire PS de Roubaix (ancien centriste rallié à la gauche), 59 ans, qui occupera la 3ème place éligible de la liste. La 4ème position reviendra à la première et unique à ce jour présidente verte d'un conseil régional (1992-1998), Marie-Christine Blandin, 57 ans, élue en 2001 et qui a comme politique le mandat unique. La 5ème place sera encore éligible en cas de bon score de la gauche mais surtout de mauvais score des communistes : ce sera donc un homme qui se retrouvera potentiellement au Palais du Luxembourg et ce pourrait être un des sortants PS évincés des premières places (Paul Raoult - hypothèse faible car mal aimé de la gauche locale depuis sa candidature à la présidence du conseil général contre Bernard Derosier - ou Bernard Frimat, 70 ans - hypothèse forte : il était déjà à cette place en 2001 et avait été élu au Sénat au moment du décès de la numéro 2 de la liste, qui avait été élue au Sénat, Dinah Derycke, en 2002 et, malgré un parcours politique assez catastrophique sur Valenciennes, il est vice-président du Sénat et du groupe socialiste) ou alors le maire PS de Maubeuge Rémi Pauvros, 56 ans, qui desespère de ne pas pouvoir siéger au Parlement et qui a vu ses espoirs de devenir député s'envoler avec le découpage Marleix et l'intégration de la circonscription qu'il convoite depuis 2002 dans celle du député PS Jean-Luc Pérat...
La 2ème place féminine reste par contre un mystère pour le moment : on avait un temps évoqué la candidature de Martine Filleul, vice-présidente PS du conseil général du Nord, élue de Lille-centre depuis 2008, adjointe et fidèle parmi les fidèles de Martine Aubry, mais celle-ci se heurte au problème d'être entourée d'élus de Dunkerque et Roubaix : à moins de ne faire qu'une liste d'élus urbains, cela reste difficilement envisageable...

Au PC, le seul enjeu sera de tout mettre dans la balance pour conserver les deux sièges : l'avantage sera celui du choix des candidats : Yvan Renar, 73 ans, élu depuis 1985 au Sénat, ancien élu de la métropole lilloise, ne repartira pas, laissant Michelle Demessine, 63 ans, adjointe au maire de Lille, ancienne secrétaire d'Etat sous Jospin, conduire la liste PC-PG. Celle-ci parviendra à se faire réélire mais devra aussi tenter de faire élire le 2ème de liste, qui sera, dit-on, Marc Dolez, le député PG de Douai, 58 ans, qui a rejoint Mélenchon en 2008, fragilisé par cette adhésion et sa rivalité avec le PS : il est donc menacé directement en 2012 par la figure montante du PS à Douai, Frédéric Chéreau...Le tandem serait en tout cas plus judicieux que celui de 2001, dans la mesure où les deux élus PC étaient tous deux issus de la métropole lilloise...alors que l'écrasante majorité des grands électeurs communistes se trouve dans le Douaisis-Valenciennois-Quercitain. Sinon, si Marc Dolez ne part pas, au niveau des élus communistes de cette zone, il y a l'embarras du choix!

Tout dépendra également de l'attitude du trublion Gérard Caudron (DVG), maire de Villeneuve d'Ascq, qui a déjà annoncé qu'il présenterait des candidats DVG aux cantonales de 2011...alors pourquoi pas une liste aux sénatoriales ? Cela ferait le bonheur de la droite, qui en profiterait ainsi pour sauver non pas 4 mais 5 sièges...Le Modem pourrait aussi s'inviter dans la bataille : ce serait juste une candidature de témoignage, car il n'a pas le poids suffisant pour embarquer un siège, mais il peut faire plus de mal à gauche qu'à droite, étant donné le positionnement du Modem local : Olivier Hennon, maire de Saint-André, candidat à toutes les élections depuis 2007, serait-il encore une fois de la partie ? Ses récents échecs aux européennes et régionales devraient quand même le faire réfléchir...En tout cas, le créneau SE est déjà occupé par Alex Türk depuis longtemps et il lui serait difficile de brasser des voix au-delà des élus urbains-métropolitains et des quelques maires Modem (Lesquin, Saint-André-lez-Lille, Saint-Jans Cappel...et c'est presque tout!).
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Re: Les sénatoriales dans le Nord

Messagede Jean-Philippe » Mer 15 Sep 2010 23:00

D'après plusieurs sites, Patrick Masclet, le maire d'Arleux est UMP : ça ne change pas beaucoup son poids politique, qu'il faut cependant relativiser : il est au conseil régional depuis 1998 (élu sur la liste officielle alors), réélu en étant 10e en 2010, mais a été battu comme RPR à la cantonale partielle de décembre 1996. Sa 3e position en 2011 serait assez logique.
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Re: Les sénatoriales dans le Nord

Messagede maxxx » Jeu 16 Sep 2010 10:41

Jean-Philippe a écrit:D'après plusieurs sites, Patrick Masclet, le maire d'Arleux est UMP : ça ne change pas beaucoup son poids politique, qu'il faut cependant relativiser : il est au conseil régional depuis 1998 (élu sur la liste officielle alors), réélu en étant 10e en 2010, mais a été battu comme RPR à la cantonale partielle de décembre 1996. Sa 3e position en 2011 serait assez logique.


Effectivement, je n'ai pas vérifié, il est en tout cas très proche de l'UMP, ce n'est pas un DVD à la sauce Türk...

Pour repréciser tout cela, Patrick Masclet n'était pas candidat à la cantonale partielle de 1996...Ce canton a en effet pas mal voté entre 1992 et 1998...
- en 1992, Emile Beauchamp (PC), conseiller général sortant et maire d'Arleux, était réélu avec 52.4% des voix contre Patrick Masclet (RPR), 47.6%, à l'époque simple candidat
- en février 1995, une élection partielle a lieu suite au décès du conseiller général sortant. Ferdinand Binet (PC), nouveau maire d'Arleux depuis le décès d'Emile Beauchamp, est élu au second tour (53.4%) toujours face à Patrick Masclet, toujours simple candidat...
- en juin 1995, Patrick Masclet remporte avec sa liste DVD les élections municipales à Arleux contre Ferdinand Binet (PC), avec 21 sièges contre 2 pour les communistes. Le maire sortant parvient de justesse à conserver son siège de conseiller municipal au second tour. Le PC perd cette mairie qui était un fief historique...
- en décembre 1996, une nouvelle élection cantonale partielle a lieu suite au décès de Ferdinand Binet (canton maudit à l'époque...2 décès en moins de 2 ans). Le PC présente Charles Beauchamp, fils d'Emile, qui est élu avec 52.5% contre le maire DVD d'Hamel Jean-Luc Hallé (47.5%).
- En 1998, le premier battra de nouveau le second mais avec l'écart le plus court jamais enregistré dans ce canton : 50.8% contre 49.2%. Il parviendra de nouveau à creuser l'écart en 2004 cependant...Mais le PC n'a jamais su remettre la main sur la ville d'Arleux, dans laquelle Patrick Masclet a été très confortablement réélu en 2008.

Patrick Masclet n'a donc jamais perdu les cantonales en tant que maire d'Arleux...

Pour apporter sinon d'autres informations : il est président de l'association des maires du Nord depuis 2002, ce qui montre qu'il est connu depuis désormais un bail par les maires et élus de la région, et ceux-ci lui ont renouvelé leur confiance en 2008...Il a donc une implantation très solide.
L'ironie de l'histoire, c'est que Jacques Legendre avait lui-même beaucoup compté sur sa présidence de l'AMN (1983-1992) pour se faire élire au Sénat en 1992...Il se retrouvera désormais probablement en concurrence frontale avec le nouveau président pour son siège de sénateur et ne peut plus véritablement compter sur les fruits de ses réseaux de l'époque, le tissu des maires, même des petites communes, s'étant quand même pas mal renouvelé depuis.
Par ailleurs, l'autre politique influent qui s'est appuyé sur sa présidence de l'AMN est Jean-Pierre Decool, député-maire-conseiller général app. UMP de Brouckerque, président de 1996 à 2002...Il figurait sur la liste Türk en 2001 - il n'était pas encore député à l'époque - et est un proche du président de la CNIL...Il fera donc peser, en sous-main, ses réseaux vers la liste DVD-NI probablement.

Tout dépendra de la suite de la liste Legendre : s'il n'arrive pas à rallier des élus influents et doit se contenter de composer avec des petits élus ruraux sans aucun poids politique, ça risque d'être dur pour lui...
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Re: Les sénatoriales dans le Nord

Messagede Jean-Philippe » Jeu 16 Sep 2010 11:16

maxxx a écrit:Patrick Masclet n'était pas candidat à la cantonale partielle de 1996

Mea culpa à mon tour

Alex Türk aura du mal à faire élire sa colistière, je pense, car je ne sais pas si sa présidence de la CNIL lui laisse beaucoup le temps de rencontrer les grands électeurs.
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Re: Les sénatoriales dans le Nord

Messagede maxxx » Jeu 16 Sep 2010 12:47

Jean-Philippe a écrit: Alex Türk aura du mal à faire élire sa colistière, je pense, car je ne sais pas si sa présidence de la CNIL lui laisse beaucoup le temps de rencontrer les grands électeurs.


Tu as tout à fait raison, Alex Türk est beaucoup moins présent sur le terrain depuis qu'il préside la CNIL, c'est-à-dire depuis 2004. Seulement, il peut compter sur un agent redoutable en la présence de Jean-Pierre Decool, dont Sylvie Desmarescaux est en quelque sorte la protégée...Ce n'est un secret pour personne que le député app. UMP roule pour Alex Türk, et qu'il fera tout pour que la maire d'Hoymille soit réélue en 2011...

Officieusement et sans véritablement le vouloir, la droite s'est plus ou moins répartie les secteurs-arrondissements du Nord sur le plan des votes des grands électeurs : le Dunkerquois, une partie du Cambrésis (très petites communes) et les maires DVD-SE de la Métropole lilloise (Linselles, Neuville-en-Ferrain, Roncq et autres) pour Alex Türk, le Valenciennois, le Douaisis et les maires clairement UMP-NC de la Métropole lilloise (Marcq, Lambersart, Bondues, Hem...) pour le tandem Lecerf-Létard...Et à la base, le Cambrésis-Avesnois était à fond derrière son sénateur, Jacques Legendre...j'ai déjà expliqué ci-dessus pourquoi l'ancien maire de Cambrai a du souci à se faire sur ce plan...

Mais effectivement, on observe depuis quelques temps un relatif éloignement de l'ancien chef de file de la droite à Lille...Si bien que certains maires DVD, notamment de la métropole lilloise, qui avaient tendance à soutenir Alex Türk se sont discrètement rapprochés du - par contre très présent localement - président de l'UPN au conseil général et ancien maire de Marcq-en-Baroeul, Jean-René Lecerf (ce dernier n'est en plus pas franchement à la botte de l'UMP et du gouvernement, étant donné ses récentes positions sur la réforme des finances locales ou le projet de loi pénitentiaire...Ca peut plaire chez les petits élus indépendants réticents à voter UMP)...Dire que les deux hommes étaient avant très proches et incarnaient dans les années 1990 le renouvellement et l'espoir à droite (l'un à Lille notamment aux municipales de 1995, l'autre au département en 1998) et s'étaient d'ailleurs alliés pour monter une liste dissidente de droite rajeunie aux sénatoriales en 1992 face aux sortants RPR-UDF de l'époque...ce qui avait contribué à faire élire Alex Türk au Sénat.

Ca peut jouer dans un scénario où la gauche gagnerait le fameux siège sur la droite (donc celui de Jacques Legendre) et où Patrick Masclet partirait quand même au Palais du Luxembourg (au détriment donc de Sylvie Desmarescaux : 3 sièges pour l'UMP-NC, 1 DVD pour Alex Türk...).
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Re: Les sénatoriales dans le Nord

Messagede Zimmer » Dim 19 Sep 2010 07:23

A droite, le maire de Wasquehal et ancien député Gérard Vignoble, désormais étiqueté Nouveau Centre (cet ancien soutien de Bayrou avait commencé son parcours politique au PS), a annoncé qu'il était candidat.

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Roubaix/actualite/Autour_de_Roubaix/Croix_Wasquehal_Hem/2010/09/18/article_gerard-vignoble-charge-de-mission-et-can.shtml
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Re: Les sénatoriales dans le Nord

Messagede Jean-Philippe » Sam 25 Sep 2010 13:37

D'après le blog de Marc Prévost (le 25/09), Derosier ne serait pas candidat au Sénat non plus et, à 73 ans, je pense aussi qu'il quittera le palais Bourbon en 2012. La sagesse reprend le dessus (les amicales pressions de ses camarades ont dû jouer un rôle certain).

http://petittheatredemauroy.zeblog.com/445987-la-tactique-du-tictac/
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Re: Les sénatoriales dans le Nord

Messagede maxxx » Sam 25 Sep 2010 18:21

Ce n'est pas qu'un écho, Bernard Derosier l'a annoncé lors de la même conférence de presse que celle consacrant le non renouvellement de son mandat à la tête du département.

Un article qui résume bien la page qui se tourne :
http://www.nordeclair.fr/France-Monde/Economie/2010/09/25/le-depart-de-bernard-derosier-signe-la-f.shtml

En tournant la page de sa propre histoire à la tête du Département, Bernard Derosier tourne aussi celle de tout un pan du socialisme local incarnée par l'ancien Premier ministre.


SÉBASTIEN LEROY > sebastien.leroy@nordeclair.fr
Au théâtre, on appelle ça le dernier acte. Celui où le personnage principal sort de scène, de guerre lasse, rendant les armes de son monde pour qu'un autre se fasse jour. Car Bernard Derosier a fait bien plus qu'annoncer la fin d'un bail de 38 ans au conseil général, dont 20 en tant que président. En amorçant à 70 ans ce qui ressemble à un début de retraite - il reste député au moins jusqu'en 2012 - cet ancien instituteur fait aussi tomber le rideau sur la statue du commandeur des socialistes du Nord, Pierre Mauroy.
Liés depuis le début des années 60 par des liens de fidélité mutuel, les deux ont fait la pluie et le beau temps sur le socialisme nordiste. C'est Mauroy qui va le chercher alors qu'il est étudiant en droit. Mauroy encore qui lui confie la fédération Léo Lagrange en 1981. Dans l'autre sens, c'est Bernard Derosier qui oeuvre à l'association d'Hellemmes avec la voisine lilloise. Avec quelques autres, ils sont aux manettes du PS local des années 70 au début des années 2000, promouvant les fidèles, éteignant les velléitaires...



« Un socialiste à l'ancienne »
La fin d'une époque donc. « Des comme ça, on n'en fait plus. Le moule est cassé », s'amuse presque Jean-René Lecerf (UMP), son « meilleur ennemi » au conseil général, qui se disait hier quand même un peu surpris de l'annonce. « Il fait partie de ces socialistes "hard", à l'ancienne, qui n'a jamais vraiment accepté l'entreprise privée ou même l'enseignement privé ». Et de poursuivre : « Il peut être très très dur avec ses oppositions. Et dans l'exercice de sa présidence il est très autoritaire, y compris vis-à-vis de ses vice-présidents » . À commencer par le Lillois Patrick Kanner, son très probable successeur à la tête du conseil général en mars prochain, qui préfère quant à lui parler d'un « patron » auquel il conserve « son plus grand respect ». « J'ai sans doute un autre style, plus consensuel. Mais mes convictions n'en sont pas moins fortes », estime celui que Bernard Derosier n'a pas voulu qualifier de dauphin, hier.
C'est que passer le flambeau n'est jamais allé de soit pour lui. Déjà en 2004, il avait dû contenir Paul Raoult, élu du sud du département qui lorgnait sur sa fonction. À l'époque, cela était passé par un accord avec Martine Aubry. Elle le soutenait contre le prétendant et en échange, il quittait sa circonscription en 2007 à son profit. On connaît la suite : Bernard Derosier a tout fait pour empêcher la maire de Lille de se présenter. « Elle n'est pas de la famille », aurait-il dit selon des proches qui ont vécu l'épisode.

Un départ qui ouvre le jeu
Dès lors, Martine Aubry a pris la mesure de la tâche qui s'imposait à elle pour asseoir son autorité sur la très mauroyiste fédé du Nord. Ce qu'elle a fait dès 2008, en se ralliant deux éléments clés de la galaxie Derosier : son successeur à Hellemmes, Gilles Pargneaux actuel premier secrétaire fédéral, et son bras droit, Frédéric Marchand. C'est d'ailleurs ce dernier, qui fut l'assistant parlementaire de Bernard Derosier, qui doit lui succéder sur le canton. Il y a de l'ironie dans la rénovation.
Encore fallait-il que Bernard Derosier, même esseulé, consente à partir. Lui qui n'était pas un farouche partisan de cette rénovation du parti a fini par céder, officiellement au nom de celle-ci, ce que tous les barons socialistes locaux interrogés hier ont salué comme frappé du « sens de la responsabilité » . Poussé vers la sortie ou candidat au départ volontaire, Bernard Derosier enlève en tout cas une belle épine du pied de ses camarades, sur au moins deux tableaux électoraux à venir. Au département, il évite une guerre ouverte avec Patrick Kanner, décidé à se présenter quoi qu'il arrive. Et pour le Sénat, où on le donnait partant en compensation, il rend une place d'éligible. Et s'il laisse planer le doute pour les législatives de 2012, on voit mal comment Bernard Derosier pourrait s'imposer à 72 ans comme le candidat idéal aux yeux de Martine Aubry. Cette fois le pouvoir local a définitivement changé de camp. Et ce n'est plus complètement le sien.
maxxx
 
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