Il sera intéressant de voir quel impact l’affaire des écrits antisémites attribués à Bardella aura sur le prochain congrès du RN, prévu le week-end des 24 et 25 octobre à Orléans.
Le calendrier rend l’affaire encore plus sensible : le 24 octobre doit avoir lieu l’élection du président du parti, tandis que le 25 octobre est prévu le premier grand meeting de la campagne présidentielle de 2027 de Marine Le Pen.
Une mobilisation nationale contre le congrès est par ailleurs annoncée à Orléans le samedi 24 octobre. La polémique pourrait contribuer à renforcer cette mobilisation. La CGT doit notamment être présente, avec Sophie Binet, et plusieurs syndicats prévoient des cars en provenance de toutes la France.
La ligne de défense adoptée par Marine Le Pen et son entourage me semble surtout enfermer Bardella. En affirmant que ces propos sont absolument scandaleux et qu’il leur paraît inimaginable qu’il ait pu les tenir, ils ne lui laissent aucune marge.
Bardella est obligé de nier l’évidence et ne peut pas se rabattre sur une défense du type « erreur de jeunesse », en rappelant qu’il était mineur et que les faits remontent à plus de dix ans. Son passage sur CNews était assez révélateur de cette contradiction : il affirmait n’avoir jamais tenu ces propos tout en avançant, dans le même temps, des éléments qui pouvaient apparaître comme des excuses ou des circonstances atténuantes.
Et, sans que cela constitue évidemment une preuve de quoi que ce soit, l’idée qu’un jeune militant RN en 2013-2015 n’ait pas adhéré au thèse de Soral me paraît assez difficile à croire.
Il y a enfin la question du timing et des tensions rapportées entre Marine Le Pen et Bardella. Je doute que les sources de Mediapart, qui viennent très probablement des sphères d’extrême droite, aient agi car elles étaient scandalisées par les propos attribués à Bardella. Il est plus probable qu’elles aient leur propre agenda.
Si la polémique dure jusqu’au congrès, ce qui, avec Mediapart, me paraît assez probable, celui-ci pourrait surtout être l’occasion pour Marine Le Pen de débrancher Bardella.
Placer à la tête du RN un cadre plus fidèle lui permettrait d’entamer la campagne présidentielle avec un parti plus uni derrière elle.
Dans ce contexte, la position de Bardella me paraît particulièrement fragile. Il aurait probablement dû quitter le parti avant.
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