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Brésil 2010

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Brésil 2010

Messagede Hashemite » Mer 4 Aoû 2010 22:59

Pour ceux qui lisent l'anglais ou encore peuvent comprendre les traductions automatiques de Google Translate, je vous invite mon (très long) analyse de l'histoire brésilienne mais également des régions du pays, des partis et grandes figures politiques et surtout une section sur le scrutin présidentiel, sénatorial et fédéral dans le plus grand pays d'Amérique du sud et l'une des plus importantes démocraties électorale, un scrutin qui se tiendra le 3 et 31 octobre. Il est disponible sur mon blog ici: http://welections.wordpress.com/guide-t ... -election/

Pour ceux qui ne veulent pas lire 47 pages d'info, voici un peu les grandes lignes du scrutin présidentiel, une course bien ouverte puisque la figure emblématique du Brésil et de la gauche sud-américaine, le président Lula, au pouvoir depuis 2002, ne pourra pas se représenter pour un troisième mandat consécutif. C'est une course avec 3 candidats importants, et avec deux qui se disputent vraiment l'Élysée brésilien, le Planalto. Chose rare, des trois "top candidats" il y a deux femmes. Les voici:

Dilma Rousseff du PT du président Lula est la favorite de la gauche et de la majorité sortante qui jouit d'une popularité record (85% d'opinions 'positives' sur le président). Ex-guerrilla anti-militaire dans les années 70, elle a rejoint le PT seulement en 2001, quelque chose qui l'exclu des grandes batailles internes du parti. Ministre, très autoritaire dans son style, de l'énergie, Lula l'a nommé a la présidence de la Casa Civil (sorte de porte-parole du gouévernement ou l'équivalent du chief of staff américain) en plein scandale du mensalao en 2005. Elle a sauvé la présidence Lula de l'implosion en 2005 et a depuis été une proche collaboratrice du président. Elle se situe a environ 40% des intentions de votes après avoir vu les intentions de vote en sa faveur grimpé de 5% en décembre 2008 a 40% maintenant, au fur et a mesure que les électeurs apprenaient a la connaitre. Elle bénéficie du soutien du PMDB, parti clé pour n'importe quel gouvernement puisque ce parti - typique brésilien - n'a aucune idéologie et se range avec souvent la majorité au pouvoir. Son 'running mate' est Michel Temer, président PMDB de la chambre des députés. Si elle est élu - fait très probable - elle sera la première femme a dirigé le pays.

José Serra du PSDB est le principal leader de l'opposition. Ex-syndicaliste étudiant proche du parti communiste brésilien (PCB), Ministre de la santé dans le gouvernement de centre-droite du président FH Cardoso (1995-2003) et candidat PSDB a la présidence en 2002 - défait par Lula, il est depuis gouverneur de l'état clé de Sao Paulo depuis 2006 (il a également été maire de SP entre 04 et 06). Gouverneur populaire et compétent, il est le candidat de l'opposition centriste, voir néolibéral. Par contre, la victoire de Serra ne changerait rien des politiques sociales et économiques de Lula, les grands changements pourrait être par rapport au privatisations et surtout la politique étrangère puisque le PSDB est bien moins proche de Caracas/Téhéran/La Havane que le gouvernement. Serra souffre d'un manque de charisme - tout comme Dilma - mais il est également perçu comme vieux et reste trop proche de l'ex-président Cardoso, qui, malgré sa gestion compétente, reste mal perçu par la majorité des brésiliens. Certains pensent que le jeune et extrêmement populaire gouverneur du Minas Gerais, Aécio Neves (candidat au sénat après deux mandats a la tête du coeur industriel du pays) aurait été un meilleur candidat. Le 'running mate' de Serra est Indio da Costa, jeune député "Démocrate" (ex-PFL, allié traditionnel du PSDB, historiquement fort dans le Nord-est pauvre) de Rio. Il se situe a environ 35-38% des intentions de vote depuis des mois déjà.

Marina Silva, ex-ministre de l'environnement et sénatrice du petit état de l'Acre (situé en Amazonie), portera les couleurs du petit parti vert (PV), allié du gouvernement mais choqué par les politiques industriels et hydroélectriques du gouvernement dans le nord du pays. Bien connu comme une environnementaliste en Amazonie, elle capte environ 7-10% des intentions de vote, record historique pour un parti vert en Amérique latine. Son 'running mate' est le riche homme d'affaire 'écolo' Guilherme Leal, pdg de Natura, compagnie brésilienne concurrente, notamment, de l'Oréal. Si elle est élu - très improbable - certains pourraient la voir comme la première métisse a dirigé le pays (même si d'autre présidents était partiellement d'origine esclave) et aussi la première protestante/évangélique a dirigé un pays très catholique mais avec une base évangélique très forte - 15-20%

Je serais content de répondre a des questions soit sur les candidats a la présidence, les courses pour le Sénat et les postes de gouverneurs, ou même l'histoire et la politique contemporaine du Brésil.
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Re: Brésil 2010

Messagede Hashemite » Mar 17 Aoû 2010 19:26

Aucun intérêt pour une discussion sur le Brésil, passé et present?
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Re: Brésil 2010

Messagede Jean-Philippe » Mar 17 Aoû 2010 22:01

Questions pour Hashemite (puisqu'il est demandeur) : une cohabitation est-elle possible (un parlement dominé par les partisans de José Serra et la présidence conservée par le PT) ?
Quels sont les rapports de force au parlement actuel et quelles sont les tendances pour celui-ci ?
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Re: Brésil 2010

Messagede Hashemite » Mer 18 Aoû 2010 00:03

Jean-Philippe a écrit:Questions pour Hashemite (puisqu'il est demandeur) : une cohabitation est-elle possible (un parlement dominé par les partisans de José Serra et la présidence conservée par le PT) ?
Quels sont les rapports de force au parlement actuel et quelles sont les tendances pour celui-ci ?


Merci d'avoir lancé la discussion :)

Sur le thème général du congrès (parlement) brésilien, il est important de noter que les personnalités et les individus restent bien plus important que les partis, partis qui sont, par ailleurs, souvent sans vrai idéologie et prêt a se mettre avec le pouvoir pour avoir accès a l'argent et l'oreille du gouvernement pour des projets locaux (patronage). Seul le PT, PSDB, Démocrates, les verts et certains partis de gauche (PSB, PCdoB, PSOL) restent idéologique; le PMDB étant une coalition de barons régionaux sans idéologie. Donc, sans surprise, les rapports de force par parti au congres changent souvent au fur et a mesure qu'un parti attire un député etc.

voici le rapport de force a la chambre
PMDB ('centre' pro-Lula) 90
PT (centre-gauche Lula) 79
PSDB (centre-droite anti-Lula) 59
DEM (droite d'opposition) 56
PP (droite [dure] opportuniste, pro-gouvernement) 41
PR (droite de gouvernement) 40
PSB (parti socialiste, gauche fidèle a Lula) 27
PDT (gauche plutôt pro-Lula, sauf en 2006) 23
PTB (parti sans idéologie/machine de patronage, plutôt pro-Lula mais supportant officieusement Serra en 2010) 22
PSC (droite opportuniste) 16
PPS (centre-gauche d'opposition, ex-alliés) 15
Verts (divisé, plutôt pro-Lula) 14
PCdoB (gauche post-communiste fidèle a Lula) 12 / 1
PRB (centre-droite de gouvernement, parti du vice-président Alencar) 7
Autres (PMN, PSOL, PHS, PTC PTdoB) 12

et au sénat:
PMDB 17
PSDB 16
DEM 13
PT 9
PTB 7
PDT 6
PP 4
PR 4
PSB 2
PRB 2
PSC 1
Verts 1
PCdoB 1
PSOL (gauche indépendante anti-Lula) 1

la coalition de Dilma c'est le PT, PMDB, PSB, PCdoB, PDT, PRB, PR, PSC et d'autres; la coalition de Serra c'est le PSDB, DEM, PPS et le PTB (les trois premiers forment depuis 2006 'la droite' d'opposition). A noter, outre les trois gros candidats, six autres candidats dont 3 d'extrême-gauche. L'intellectuel célèbre Plínio de Arruda Sampaio est le candidat du PSOL, il bénéficie en outre du soutien d'Olivier Besancenot et d'Alain Krivine (ainsi que Noam Chomsky etc.).

Cette année, les 2/3 du sénat sont renouvelables, donc deux sièges dans chaque état (chaque electeur a deux votes, mais seulement les deux premiers candidats sont élus). Personne ne parle du scrutin sénatorial d'un point du vu national, mais plutôt comme un scrutin local avec des personnalités clés qui se présentent (gouverneurs, ex-présidents/vice-présidents).

Pour en revenir a ta question du début, il est improbable que Dilma, sans doute présidente en 2011, n'ait pas une majorité au congres même si la nature fondamentale de la structure partisane au congres voudra dire que ça sera une majorité de pagailles, d'instabilité et avec sans doute des revers pour le gouvernement - donc comme tout les présidents avant depuis 1994.

Le président Collor (1990-1992, empêché) n'avait pas le soutien d'une majorité du congres a cause de son attitude arrogante et dédaigneuse vis-a-vis des partis - résultat: il sera empêché par le congres dans un scandale de corruption en 1992. En 1961, le flamboyant et inhabituel président Quadros (1961), longtemps indépendants des partis mais élu en 1960 avec le soutien de la droite n'aura jamais la majorité au congres puisque la droite était minoritaire et la politique bizarre et erratique de Quadros mènera tout les partis, même la droite, a être contre lui - résultat: il démissionne après 6 mois au pouvoir.

Je reste, bien entendu, ouvert a d'autres questions ainsi qu'a n'importe quel discussion.
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Re: Brésil 2010

Messagede Jean-Philippe » Ven 3 Sep 2010 09:30

A un mois de la présidentielle au Brésil, la dauphine de Luiz Inacio Lula da Silva, Dilma Rousseff, est bien placée dans les sondages pour l'emporter dès le premier tour, face à une opposition muselée par la popularité record du président sortant, estiment les analystes.

Selon les derniers sondages, Rousseff, qui a été la principale ministre de Lula, que la Constitution n'autorise pas à briguer un troisième mandat, a consolidé sa place de favorite avec 50% des intentions de vote.

La candidate, âgée de 62 ans, a en outre creusé un écart de près de 25 points avec son principal adversaire, le social-démocrate José Serra, 68 ans, ancien gouverneur de Sao Paulo.

Si ce dernier ne renverse pas la donne actuelle, l'ancienne "Dame de fer" du gouvernement du Parti des travailleurs de Lula (PT, gauche), ex-guérillera sous la dictature, pourrait ainsi devenir dès le 3 octobre la première femme élue à la présidence du géant sud-américain (193 millions d'habitants).

"A moins d'une catastrophe ou d'un énorme scandale, tout indique que Rousseff passera dès le premier tour", a déclaré à l'AFP le politologue David Fleisher.
L'opposition a justement déposé une plainte jeudi pour essayer de freiner l'ascencion de Rousseff, mais elle a été rejetée par la justice.

L'équipe de campagne de Serra accusait des membres du comité électoral de Rousseff d'être impliqués dans la levée du secret fiscal de certains membres de sa coalition de Serra, à d'éventuelles fins électorales.

Le tribunal supérieur électoral (TSE) a cependant jugé que les plaignants n'avaient pas réuni "suffisamment de preuves", ni réussi à démontrer "le bénéfice" que la candidate aurait pu tirer de ces informations.

Avant ce rebondissement, Fleisher évaluait à "moins de 10%" les chances de Serra "de pouvoir renverser la tendance".

"Il est facile de faire des prévisions. On voit mal quelles armes l'opposition pourrait utiliser pour équilibrer le jeu", abonde l'analyste Ricardo Ribeiro du consultant MCM.
D'après lui, "non seulement Rousseff a creusé un écart très important, mais toute la conjoncture est favorable au PT: l'économie marche bien et les électeurs semblent déterminés à opter pour la continuité".

Après huit ans de pouvoir, la cote de popularité de Lula est de 80%, la croissance économique du pays devrait atteindre 7% en 2010 -la plus forte des 24 dernières années- et deux millions d'emplois auront été créés cette année, selon le gouvernement.


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/ ... vorite.php
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Re: Brésil 2010

Messagede Jean-Philippe » Dim 3 Oct 2010 08:44

«Dilma» fait la course en tête

Les indécis qui comptaient sur le dernier débat télévisé entre les quatre principaux candidats à l'élection présidentielle en ont été pour leurs frais. Commencée tardivement, à 22h30 -après la sacro-sainte telenovela - sur le canal Globo, le plus regardé du Brésil, cette cinquième rencontre, jeudi soir, n'a jamais réussi à sortir d'un ton figé. Même les couleurs étaient effacées. Alors que pendant toute la campagne Dilma Rousseff, la candidate adoubée par le président sortant, Luiz Inacio Lula da Silva, est apparue en rouge vif, symbole du Parti des travailleurs (PT), elle portait ce soir-là soir un rose pâle.

Au cours d'un débat dans lequel l'animateur ne joue qu'un rôle de figurant -les questions venant des intervenants, à partir de thèmes de leurs choix ou tirés au sort - Dilma n'a jamais adressé la parole à son principal adversaire, l'ex-gouverneur de Sao Paulo José Serra, du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), qui ne l'a jamais non plus interpellée, pendant les deux heures du programme. C'est Marina Silva, la candidate des Verts, qui les a le plus attaqués, dans une tentative de figurer au second tour. À 80 ans, Plinio de Arruda Sampaio, candidat du Parti Socialisme et Liberté (PSOL), s'est, comme toujours, montré le plus facétieux. Crédité de 1% des intentions de vote, il a répété que la seule solution aux maux du Brésil était de cesser de rembourser sa dette, accusant ses trois partenaires d'être vendus au néolibéralisme.

Un débat sans vainqueur

«L'absence de confrontation est accentuée par le format du débat. Les questions viennent des candidats, qui en profitent pour faire leur propagande», analyse Marcus Figuereido, politologue à l'université d'État de Rio de Janeiro (Uerj). Dilma Rousseff s'est contentée de rappeler le bilan positif du gouvernement Lula, en promettant de poursuivre son travail, alors que José Serra revenait sans cesse à sa propre gestion de la mairie puis de l'État de Sao Paulo.


Cliquez sur l'aperçu pour agrandir l'infographie.
Aucun des adversaires de la candidate en tête n'a fait mention des scandales politiques relayés par la presse ces dernières semaines. Le 16 septembre, Erenice Guerra, ex-bras droit de Dilma Rousseff, à laquelle elle a succédé au poste de chef de la Maison civile - équivalent local de premier ministre -, a démissionné après que son fils a été accusé de trafic d'influence. Évoquer le thème de l'éthique a dû être jugé périlleux par José Serra. Le gouvernement de Fernando Henrique Cardoso (1994-2002), dont il était ministre, a également connu son lot de scandales. Surtout, attaquer les nominations de Lula, dont la popularité dépasse 80%, pouvait se retourner contre lui. «La traditionnelle cordialité des Brésiliens fait que les électeurs pénalisent les campagnes agressives. Ils veulent être informés, mais punissent le délateur», explique Alessandra Aldé, professeur de communication à l'UERJ.

Sans vainqueur, le débat redonne donc l'avantage à Dilma Rousseff. «C'est la grande gagnante, parce qu'elle n'a pas perdu. Quand on est en tête, il suffit de ne pas perdre pour l'emporter», résume Renato Rovai, qui dirige la revue Forum. Cette semaine, quatre sondages ont été publiés, donnant en moyenne à Dilma 53% des intentions de votes, ce qui lui permettrait d'être élue dès le premier tour, dimanche, une performance que même Lula n'a jamais réussie. Au Brésil, le vote est obligatoire. Selon l'analyste politique José Roberto de Toledo, «étant donné la marge d'erreur, le moindre incident au cours du dernier débat pouvait lui être fatal, et l'issue n'est toujours pas certaine». Jeudi, le Tribunal supérieur électoral a décidé qu'il serait possible de voter avec une simple carte d'identité, sans le titre d'électeur. La décision favorise Dilma, dont une grosse partie des suffrages vient des plus pauvres, souvent sans papiers. En juin, des inondations ont dévasté des dizaines de milliers de domiciles dans le Nordeste, détruisant une grande partie des titres d'électeurs.


Voici une infographie qui montre le poids électoral des régions
http://www.lefigaro.fr/assets/images/2010-10-01-bresil.jpg
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Re: Brésil 2010

Messagede Hashemite » Dim 3 Oct 2010 15:04

Ibope et Datafolha (un peu l'equivalent de l'Ifop et Ipsos en France) donnent Dilma entre 50 et 51% des votes valides, Serra a 31 et Marina a 17. Avec une marge d'erreur de 3%, la question reste s'il y aura ou non un deuxième tour.
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Re: Brésil 2010

Messagede Jean-Philippe » Lun 18 Oct 2010 21:48

Sans l'appui du Parti Vert (PV) de Marina Silva qui a décidé de garder une position "indépendante", les deux candidats à la présidence du Brésil se livrent une lutte indécise à quinze jours du second tour de l'élection.
Dilma Rousseff, 62 ans, la dauphine du président Luiz Inacio Lula da Silva, et le social-démocrate José Serra, 68 ans, ex-gouverneur de Sao Paulo, se disputent les vingt millions de voix de l'ex-candidate écologiste, cruciales pour remporter le scrutin du 31 octobre qui désignera le successeur de Lula, au sommet de sa popularité après huit ans de mandat.
"Dilma", comme l'appellent les Brésiliens, et M. Serra se sont livré un nouveau duel dimanche soir dans le cadre d'un second débat télévisé où la corruption a été le thème central. Exit "Dieu et l'avortement" qui avaient jusque là dominé la campagne du second tour, a souligné lundi l'éditorialiste du quotidien Folha de Sao Paulo, Eliane Cantanhede.
M. Serra a attaqué l'une des ministres de Lula et ex-collaboratrice de Dilma Rousseff accusée de trafic d'influence et contrainte de démissionner avant le premier tour tandis que la dauphine de Lula a dénoncé la gestion de l'Etat de Sao Paulo dont M. Serra était gouverneur jusqu'en mars.
"Les près de 20 millions (de Brésiliens) qui ont voté pour notre proposition ont montré une sensibilité très grande (...) pour les thèmes de l'environnement et du développement durable et je déplore que ces thèmes aient été ignorés", a déclaré lundi la candidate écologiste et évangéliste, Marina Silva, 52 ans.
Mme Rousseff était la grande favorite du premier tour le 3 octobre mais elle a commencé à perdre des voix avec les dénonciations de corruption envers son ex-collaboratrice, Erenice Guerra, mais surtout en raison de l'hémorragie des votes des chrétiens évangéliques et des catholiques.
Une forte campagne sur internet affirmant qu'elle était en faveur de la légalisation de l'avortement dans le plus grand pays catholique du monde, a fait migrer de nombreux électeurs pour la candidature de l'écologiste et ardente chrétienne, membre de l'église pentecôtiste Assemblée de Dieu.
Lundi, les évêques du sud-est du Brésil ont de nouveau affirmé dans une lettre ouverte "rejeter avec véhémence (...) tout type d'avortement" et "encourager (les électeurs) maintenant plus que jamais à donner leur vote au candidat qui respecte les principes éthiques et les critères de la morale catholique".
Cependant, la baisse de Mme Rousseff dans les sondages a réveillé les militants du Parti des Travailleurs (PT, gauche) de Lula et les mouvements sociaux, comme les paysans sans terre, qui se sont mobilisés sur internet et dans les rues sous le slogan "Réveille-toi Brésil!" contre "les forces conservatrices".
Un sondage de l'institut Datafolha diffusé ce week-end a montré que M. Serra stagnait à 41% des intentions de vote. "Il faut savoir maintenant si Dilma continuera à perdre des voix puisqu'elle a reculé de 48% à 47% (des intentions de vote) en une semaine", a souligné Datafolha.
"Dilma remonte dans le sud-est et conserve son avantage dans le nord et le nord-est. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles pour Serra et la balance semble incliner en faveur de la candidate" de Lula, a déclaré à l'AFP l'analyste politique David Fleisher.


http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/bresil-lutte-encore-indecise-a-quinze-jours-du-second-tour-de-la-presidentielle-18-10-2010-1114712.php
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Re: Brésil 2010

Messagede Jean-Philippe » Mer 27 Oct 2010 15:33

Dilma Rousseff, la dauphine du président Luiz Inacio Lula da Silva, a accentué son avance à plus de quinze points sur son adversaire social-démocrate José Serra dans les intentions de vote pour le second tour de la présidentielle brésilienne dimanche, selon un sondage Sensus publié ce soir.

L'enquête d'opinion montre que la candidate du Parti des Travailleurs (PT-gauche) de Lula obtiendrait 51,9% des suffrages exprimés contre 36,7% à Serra du Parti de la sociale démocratie brésilienne (PSDB-centre gauche), soutenu par la droite. Un sondage de l'institut Datafolha diffusé hier soir donnait un écart de 12 points entre les deux candidats, créditant Dilma Roussef de 56% des voix contre 44% pour Serra, et réalisé le 26 octobre.

Un débat sur les thèmes économiques et politiques

"Si l'élection avait lieu aujourd'hui, Dilma Rousseff, serait présidente", a déclaré le responsable de la Confédération nationale du transport qui finance le sondage Sensus, Clesio Andrade.

La remontée dans les sondages de Dilma Rousseff coïncide avec un changement des thèmes débattus dans la campagne électorale, a expliqué le directeur de Sensus, Ricardo Guedes. "La discussion émotionnelle et des valeurs (morales et religieuses, ndrl) a perdu de la force et on est revenu au débat rationnel, sur les thèmes économiques et politiques" qui favorisent la candidate du gouvernement en raison des succès du gouvernement Lula.


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/10/27/97001-20101027FILWWW00582-dilma-accentue-son-avance-au-bresil.php
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Re: Brésil 2010

Messagede Jean-Philippe » Sam 30 Oct 2010 10:21

La candidate du Parti des travailleurs au pouvoir, Dilma Rousseff a passé haut la main hier l'épreuve du dernier débat télévisé face à son rival José Serra à deux jours du second tour de l'élection présidentielle au Brésil.

Diffusé sur la chaîne de télévision Globo, le débat faisait office de tentative de la dernière chance pour le candidat social-démocrate, devancé dans les sondages, de convaincre les électeurs indécis de lui confier leur voix lors du scrutin de dimanche.

Mais le format de l'émission - les candidats répondant aux électeurs - n'a pas permis à Serra de passer à l'attaque et le débat a donné lieu à des échanges policés entre les deux adversaires.

Comme elle l'avait fait tout au long de la campagne, Rousseff, dauphine du président sortant Luiz Inacio Lula da Silva, a mis en avant les avancées économiques réalisées par son mentor.

"L'économie est en forte croissance, 28 millions de Brésiliens ne vivent plus dans la misère et je tirerai les 20 millions restant hors de la pauvreté", a dit Rousseff, en bonne voie pour devenir la première femme à diriger le pays le plus peuplé d'Amérique latine.

Un sondage Datafolha publié vendredi crédite la candidate du PT de 50% d'intentions de vote contre 40% pour l'ancien gouverneur de Sao Paulo et candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2002 face à Lula.


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/10/30/97001-20101030FILWWW00329-bresil-rousseff-ultra-favorite.php
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