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Elections générales en Espagne en 2011

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Re: Elections générales en Espagne en 2011

Messagede cirlandais » Dim 20 Nov 2011 23:38

la coalion abzertale de gauche Amaiur a fait un debut eclatant avec 7 sieges (un de plus que la Parti Nationaliste Basque). 7 sieges suffit pour avoir une groupe parlimentaire au Cortes, d'apres les infos de EITB.

Vudeloin a deja remarque sur la relativement forte participation en Euskadi, certainment a cause de la disponibilite d'une option independantiste sur les bulletins de vote. Amaiur a deja participe dans les elections municipales et est devenu la deuxieme force politique dans la region, sous le nom de Bildu. La recent cessez-de-feu a sans doute donner un peu d'elan a la gauche abertzale.

Affaire a suivre-Euskadi est toujours un des regions la plus riche de l'Espagne, et resiste bien a la crise. Il est dirige pour le moment par le section regionale de la PSOE, avec l'appui de la PP. Si les nationalistes basques arrivent a arracher le pouvoir dans les annees qui suivent, ils vont affronter un gouvernment conservateur qui les feront pas des cadeaux.
cirlandais
 
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Re: Elections générales en Espagne en 2011

Messagede vudeloin » Lun 21 Nov 2011 03:10

C'est certes un peu long, relativement détaillé et donc, bonne lecture ;)

Les résultats quasi définitifs de l'élection du ' Congreso de los Diputados » confirment clairement le succès du Parti Populaire et l'effondrement du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol.

Nous en sommes pour l'heure à 186 élus pour le PP, avec un total de près de 11 millions de voix et 44,6 % des suffrages.

Une majorité absolue qui doit donc en partie, comme souvent, au mode de scrutin (proportionnelle régionale à plus forte moyenne) qui favorise tout de même le bipartisme.

Le PSOE, pour sa part, ne retrouve qu'environ un peu moins de 7 millions de voix, avec un retard de près de quatre millions de suffrages sur le parti de la droite, soit un pourcentage de 28,7 % et 110 élus au Congrès en lieu et place de 169 sortants, avec la perte d'un tiers du groupe parlementaire d'origine.

IU, coalition formée autour du Parti Communiste Espagnol et des Verts, arrive en troisième position en termes de voix avec plus d'un million six cent mille voix et 6,9 %.
Le score atteint par la coalition de gauche lui donne 11 élus sur l'ensemble du pays en lieu et place de 2 sortants.
IU peut donc reconstituer un groupe parlementaire, le seuil étant situé à 5 élus dans la loi espagnole.

UP yD (Union Progrès et Démocratie en version française) est la quatrième force politique en voix, avec un peu plus d'un million cent mille voix, 4,7 % et cinq élus.

La coalition de la bourgeoisie catalane CiU (Convergencia i Unio) obtient 16 députés, arrivant en tête sur l'ensemble de l'ex Marche carolingienne, en termes de voix comme de sièges.

Devancée de peu sur la province de Barcelone par le PSC – PSOE, CiU l'emporte largement dans les provinces de Girona et Lleida, et de manière un peu moins nette sur celle de Tarragona.

Autre situation régionale spécifique : celle du Pays Basque qui voit arriver en tête la coalition de gauche abertzale Amaiur (du nom d'un lieu historique bien connu de Navarre) qui obtient 6 élus, contre 5 au PNV, 4 au PSOE et 3 seulement au PP.

En pourcentage comme en voix, cela fait peu au niveau national (1,4 % pour Amaiur, 1,3 % pour le PNV) mais beaucoup au plan local.

Les situations de chaque région méritent en tout cas un regard.

En Andalousie, défaite historique du PSOE, puisque le PP obtient 33 des 60 sièges de député des provinces andalouses, contre 25 élus PSOE et 2 pour IU qui retrouve des élus à Séville et Malaga.

A noter que moins de 4 000 voix ont manqué à IU pour obtenir un troisième élu à Cadiz (sur un électorat de près d'un million d'électeurs), que la province de Huelva a placé en tête le PP pour la première fois, lui donnant trois élus sur cinq, que moins de 3 000 voix ont donné un sixième élu au PP sur Malaga et privé le PSOE d'en obtenir un quatrième (sur un électorat de près d'1,1 million d'électeurs).

Enfin, comme le PP est en tête dans les huit provinces, il obtient 24 sénateurs contre 8 au PSOE.

En Aragon, effondrement du PSOE avec 4 élus contre 8 élus pour le PP et son allié PAR (Parti Aragonais Régional) et 1 élu pour l'alliance constituée par IU et la Chunta aragonesista, mouvement autonomiste de gauche.

Pour le Sénat, 9 élus PP et 3 élus PSOE.

Dans les Asturies, région bicéphale autour de Gijon et Oviedo, la ville universitaire et administrative et la ville des mineurs, le PP arrive en tête avec 3 élus, face à 3 élus PSOE, 1 élu du FAC et 1 élu pour IU.

Le score de la gauche unie (13,3 %) est à l'image de la tradition politique particulière de cette région ouvrière.

Au Sénat, le PP obtient 3 élus et le PSOE 1.

Dans les Iles Baléares, net succès du PP avec 5 élus sur 8 face à trois élus PSOE.
Le PP a frisé les 50 % dans cette région riche, où le catalanisme n'a pas la même influence que dans la péninsule.

Au Sénat, le PP emporte le siège d'Eivissa (Ibiza en version castillane et jet set ), 2 des 3 sièges de Mallorca (le 3e allant au PSOE) et le siège de Menorca.

Aux Iles Canaries, le PP arrive nettement en tête avec 9 élus contre 4 PSOE et 2 élus pour la Coalicion Canaria.

Le PP est aux alentours de 48 % des votes et le PSOE autour de 24 %.

Au Sénat, le succès du PP lui permet d'obtenir le siège de Fuerteventura, deux des trois sièges de la Grande Canarie (Las Palmas), le siège de Lanzarote, celui de La Palma et deux des trois sièges de la province de Santa Cruz de Tenerife.
Le PSOE garde le siège de La Gomera, ainsi que le troisième élu tant sur la Grande Canarie que sur Tenerife.
Enfin, la Coalicion Canaria obtient le sénateur d'El Hierro.

En Cantabrie (province de Santander), triomphe du PP avec 4 élus contre 1 PSOE.
A noter qu'il s'en est fallu de 1 600 voix que le PP ne laisse un second élu au PSOE, sur un électorat de 470 000 électeurs.

Au Sénat, trois élus PP et un PSOE, comme en pareil cas.

En Catalogne, la coalition CiU est donc passée devant le PSOE, grâce à ses succès dans les provinces de Girona, Lleida et Tarragona.

CiU l'emporte avec 16 sièges, contre 14 PSOE, 11 PP, 3 ERC et 3 EuiA (version locale de IU).
Au Sénat, la coalition bourgeoise catalaniste obtient 9 sièges contre 7 pour les listes uniques de la gauche regroupant PSC – PSOE et IU.

Sur Barcelone, le PSOE vient de peu en tête avec 27,8 % contre 27,15 % pour CiU, et la cité comtale place en tête la droite régionaliste avec plus de 27 % des voix, contre un peu plus de 25 % pour le PSOE, moins de 22 % au PP et un peu plus de 10 % pour IU.
Badalona (32,6 % pour le PSOE), Hospitalet del Llobregat (38,8 % pour le PSOE), Sabadell (31,4 % pour le PSOE) ou encore Santa Coloma de Gramenet (41,2 % pour le PSOE) et Terrassa (29,6 %) confirment tout de même une orientation générale à gauche des principales villes de l'agglomération barcelonaise.

Ceuta et Melilla, les deux enclaves africaines de l'Espagne ont réélu leurs deux députés PP et leurs quatre sénateurs de même obédience.

Passons aux deux Castilles, d'une part Castilla y Leon au Nord de Madrid et Castilla La Mancha au Sud.

Deux nets succès pour le PP avec 14 sièges contre 7 PSOE dans la Mancha (15 sénateurs contre 5 en prime) et 21 sièges contre 11 en Castilla y Leon.

Le PP s'approche des 56 % dans la Mancha et dépasse les 55 % en Castilla y Leon.
Le PP étant en tête dans toutes les provinces de Castilla y Leon obtient du coup 27 sièges de sénateur contre 9 au PSOE, en prime.

Dans la Communauté Valencienne, net succès du PP, là encore, avec 20 élus contre 10 PSOE, 1 UP yD, 1 IU et 1 Compromis (mouvement écologiste espagnol avec quelques dissidents d'IU).

Dans la province d'Alicante, sur un corps électoral d'1,2 million d'électeurs, il s'en est fallu de 3 600 voix que le PP perde son huitième élu au profit de IU.

Le PP étant arrivé en tête dans les trois provinces, il double son succès au Congrès avec 9 sénateurs contre 3 PSOE.

En Extremadura, le PP gagne avec 6 élus au Congrès contre 4 PSOE, doublés de 6 sénateurs contre 2.
A noter toutefois que, dans la province de Badajoz, il s'en faut pour l'heure de 309 suffrages sur un électorat de près de 550 000 électeurs pour que le PP ne se retrouve avec trois élus et le PSOE également.
Un nouveau décompte des votes se profile, compte tenu de l'étroitesse de l'écart.

A noter que le PSOE sauve son deuxième élu sur la province de Caceres pour un peu plus de 2 000 voix, a contrario de la situation de l'autre province de la Région.

Triomphe du PP en Galice, foyer natal du Parti, région de naissance de Franco comme de Fraga Iribarne, chef de l'Alliance Populaire, le parti créé après le retour de la démocratie et qui a fini par s'affirmer comme force de droite en Espagne.
Le PP obtient 15 sièges, contre 6 au PSOE et 2 au BNG, parti régionaliste de gauche galicien.

Le PP est en tête dans les quatre provinces, ce qui lui donne aussi 12 sénateurs contre 4 au PSOE.

Notons tout de même que le pourcentage global du PP n'est que de 52,5 %, un peu en retrait des performances antérieures.

Ceci dit, le PP domine dans la plupart des grandes villes galiciennes, arrivant même en tête à Vigo, avec plus de 43 % des votes comme au Ferrol, ville de naissance de Franco, avec près de 48 %.

La Rioja, province de Logrono, bien connue pour ses vins, a voté pour le PP en lui accordant trois élus sur quatre, le dernier allant au PSOE.
Même tableau pour le Sénat et pourcentage de près de 55 % pour le parti de droite, dans ce qui fut l'un des fiefs républicains en 1936.

Madrid, pour sa part, a accordé près de 51 % des voix au PP, lui permettant d'obtenir 19 des 36 sièges au Congrès.
Le PSOE tombe pour sa part à 10 élus (15 sortants de mémoire) et doit laisser quelque place au parti UP yD (4 élus) et à l'alliance IU (3 élus).

Sur la capitale proprement dite, puisque la communauté regroupe d'autres villes, le PP obtient 51,5 % des voix, contre 25,7 % au PSOE, 9,8 % pour UP yD et 7,9 % pour IU.

Le PP est en tête sur Alcala de Henares (47,1 %), Alcorcon (47,9 %), Fuenlabrada (42,9 %), Getafe (42,3 % avec un PSOE autour de 31 et IU à près de 11), Leganes (42 %), Mostoles (47,3 %), principales communes de la banlieue madrilène, dépassant d'ailleurs toutes les 100 000 habitants.

On notera qu'il ne s'agit, à chaque fois, que de majorités relatives, parfois situées sous le score national du PP.

Au Sénat, 3 élus PP et 1 PSOE.

La région de Murcie a donné 8 sièges au PP en lui accordant un score de 64,3 % inégalé, contre 2 pour le PSOE.

Au Sénat, 3 sièges contre 1.

En Navarre, résultat plus contrasté et surtout un peu étonnant pour une région de tradition de droite.

Sur 5 sièges, 2 vont au PP et à son alliée l'Union du Peuple Navarrais, 1 au PSOE, 1 à la coalition abertzale Amaiur et 1 à Geroa Bai, parti frère du PNV basque et dont le nom signifie « Oui à l'avenir « .

Au Sénat, avec moins de 38 % de moyenne, le PP obtient trois élus contre 1 PSOE.

Reste le Pays Basque qui n'a donné au PP que la 4e place en termes d'influence avec 17,8 % des voix.

Le PNV rassemble le plus grand nombre de suffrages avec 323 517 suffrages, devant Amaiur avec 284 528 voix et le PSOE avec 254 105 voix.

Les trois provinces basques votent différemment.

Araba/Alava, la moins euskarienne, met le PP en tête, ce qui lui vaut 1 élu, comme le PNV, le PSOE et Amaiur, et donne au Sénat un rapport de forces avec 3 PP et 1 PSOE.
Gipuzkoa a nettement placé en tête Amaiur avec 3 élus sur 6 (1 PNV, 1 PSOE, 1 PP), la liste abertzale arrivant en tête à Donostia/San Sebastian (juste avec 24,1 % des voix), mais aussi à Mondragon (40,7 %), Hernani (49 %), Zarautz (37,5 %) tandis que le PSOE reste devant sur Eibar ou Irun.
Bizkaia, enfin, a placé en tête le vieux PNV, nationaliste basque modéré participant au même groupe politique européen que le Modem de François Bayrou.
Le PNV obtient 3 élus, face à 2 PSOE, 2 Amaiur et 1 PP.
Il doit sa position au score obtenu sur Bilbao (31,4 %) ou Getxo (32,6 %) tandis que le PSOE reste devant à Barakaldo.
A noter que la ville de Gernika donne cinq voix d'avance au PNV devant Amaiur (les deux partis approchant des 40 % chacun), et se révèle toujours aussi rétive au vote en faveur du PP, qui y obtient moins de 7 % des voix.

Au Sénat, Gipuzkoa a élu 3 Amaiur et 1 PNV tandis que Bizkaia élisait 3 PNV et 1 PSOE.

Le Pays Basque sera donc représenté par trois élus Amaiur, 2 PSOE, 4 PNV et 3 PP.

Au final, le succès de la droite est donc net.

La participation se fixe finalement à 71,69 %, avec une abstention de plus de 9,7 millions d'électeurs, tandis que les blancs et nuls atteignent au bout du compte 650 000 bulletins.

10 830 693 voix pour le PP et 44,62 % ; 6 973 880 voix pour le PSOE et 28,73 %, 1 680 810 voix et 6,92 % pour IU, 1 140 242 voix et 4,69 % pour UP y D, pour les quatre premiers partis à vocation nationale.

Pour les partis régionaux, CiU en tête avec 1 014 263 voix et 4,17 %, suivi par Amaiur avec 333 628 voix et 1,37 %, le PNV avec 323 517 voix et 1,33 %, ERC avec 256 393 voix et 1,05 %, le BNG avec 183 279 voix et 0,75 %, Coalicion Canaria avec 143 550 voix et 0,59 %.
Le Compromis valencien, le FAC asturien et le Geroa Bai navarrais ont un élu et obtiennent 0,51 %, 0,40 % et 0,17 %.

La droite et les partis de centre droit sont donc devant, avec un pourcentage avec un peu plus de 51 % sur la liste que je viens de donner tandis que la gauche et le centre gauche disposent sur l'ensemble des partis cités de 44 % environ.

On aura cependant noté que quelques milliers de voix ont sans doute permis au PP d'obtenir la majorité absolue de 186 sièges qu'il décroche au final, puisque quelques provinces ont donné des écarts pour le moins réduits quant à la répartition des élus, ainsi que nous avons pu le voir.
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Re: Elections générales en Espagne en 2011

Messagede anjou49 » Lun 21 Nov 2011 08:48

Résultats définitifs au Senado (Sénat): Rappel: 208 sont élus par le peuple et 56 par les régions
Majorité absolu: 133/264
PP: 136 (23)= 159
PSOE: 48 (19)= 67
CiU: 09 (03)= 12
PSC-ICV-EUA: 07 (04)=11
EAJ-PNV: 04 (2)= 06
AMAIUR: 03 (00)= 03
CC-NC-PNC: 01 (05)= 06


Résultats définitifs au Congreso (Assemblée des députés): 350 députés élu par le peuple
Majorité absolu: 176/350
PP: 186
PSOE: 110
CiU: 16
IU-LV: 11
AMAIUR: 07
UPYD: 05
EAJ-PNV: 05
ESQUERRA: 03
BNG: 02
CC-NC-PNC: 02
COMPROMIS-Q: 01
FAC:01
GBAI: 01
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Re: Elections générales en Espagne en 2011

Messagede vudeloin » Lun 21 Nov 2011 10:02

Emporté par l'élan de la victoire des post franquistes, j'en ai commis une petite erreur...
C'est que la province de Séville (celle de Felipe Gonzalez) est restée fidèle au PSOE en première position, ce qui a, entre autres conséquences, de donner 3 des 4 sièges de sénateur de la province au Parti.
A noter qu'au Sénat, le PP est arrivé en tête aux Iles Canaries (7 élus sur 11), aux Baléares (4 sur 5), et dans 40 des 41 autres provinces du pays.
Seules, donc, Séville (PSOE 1er), Bizkaia (PNV 1er), Gipuzkoa (Amaiur 1er) et les quatre provinces catalanes (Barcelona au PSOE, Girona, Lleida et Tarragona pour CiU) n'auront pas placé le PP en tête autant pour le Congrès que pour le Sénat.
D'où 136 élus PP sur 208 dans la seconde Assemblée des Cortes.
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Re: Elections générales en Espagne en 2011

Messagede vudeloin » Lun 21 Nov 2011 13:59

L’un des éléments fondamentaux de ce scrutin du 20 novembre est tout de même le fait que le bipartisme, qui semblait bien installé dans le paysage politique ibérique, est un peu moins flamboyant cette année qu’il n’a pu l’être.

Les deux partis dominants obtiennent en effet 296 sièges sur 350 dans le nouveau Congrès des Députés, alors même qu’ils en détenaient 323 dans l’Assemblée sortante.

Le nombre des élus des autres partis double donc, passant de 27 à 54, avec une mention pour IU (gain de neuf sièges), UPyD (gain de quatre sièges) ou la coalition abertzale Amaiur (gain de sept sièges).

Le total des élus PSOE /PP est le plus faible depuis 1989, année où le PSOE l’avait emporté avec 175 élus contre 107 députés PP.

Le nombre de députés obtenu par le PSOE est le plus faible depuis le retour de la démocratie en Espagne.
En 1977, lors des premières élections post franquisme, le PSOE avait en effet réalisé 29,3 % des voix et décroché 118 élus sur 350.
La performance de Rubalcaba est donc le pire résultat jamais atteint par le parti social démocrate espagnol, tant en pourcentage qu’en termes d’élus.

On notera d’ailleurs à ce propos qu’il suffit de 0,6 point de moins sur le score de 1977 pour perdre 8 sièges complémentaires.

Pour le PP, il s’agit par contre de sa meilleure performance.

Il fait un dixième de point de plus que sur l’élection de 2000 où José Maria Aznar avait obtenu 10 321 178 voix, 44,52 % des suffrages et 183 élus sur 350.

Mais c’est surtout l’écart qui est important dans cette affaire, atteignant avec 15,89 % avec le PSOE, un niveau inégalé.

En 1982, lorsque Felipe Gonzalez avait largement gagné les élections avec 48,1 % des voix et 202 élus sur 350, il avait aussi du son succès écrasant au fait que le PP n’était pas encore constitué en tant que tel.
L’Alliance populaire, qui précéda le PP, n’avait obtenu que 26,4 %, concurrencée par ce qu’il restait de l’UCD ( Union du Centre Démocratique) d’Adolfo Suarez, dotée de 6,8 % et par le petit CDS (Centre Démocratique et Social) pourvu de 2,9 % des voix.

Bonne illustration aussi de la « crise « du bipartisme à l’espagnole, le nombre des suffrages.

Finalement, on ne compte qu’environ un million de votants de moins sur 2008, alors que tout laisser penser que les jeux étaient faits.

Mais surtout, si on constate une hémorragie du vote PSOE (passé de 11 289 335 à 6 973 880 hier), on ne constate pas dans le même temps un renforcement du vote PP de manière spectaculaire.
La droite passe en effet de 10 278 010 à 10 830 693 voix, soit une hausse d’un peu moins de 560 000 suffrages qui atteste que c’est plus la configuration de chaque scrutin provincial qu’autre chose qui explique la victoire du PP.

UPyD, le parti progressiste de Rosa Diez, passe de 306 079 à 1 140 242 voix, soit un gain de plus de 830 000 voix.

IU, l’alliance autour du PCE et des Verts, même en incluant les voix de la Chunta aragonesista, passe de 1 008 148 à 1 680 810 voix, soit une hausse de plus de 670 000 bulletins.

CiU, en Catalogne, passe de 779 428 à 1 014 263 voix, soit un gain de 235 000 voix environ.

Enfin, Amaiur dont l’élément EA avait obtenu 50 371 voix en 2008, atteint 333 628 voix cette année.

A noter la progression des bulletins blancs et nuls, passés de 286 000 à plus de 650 000.

Les caractéristiques d’une victoire par défaut du PP sont donc clairement réunies.
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Re: Elections générales en Espagne en 2011

Messagede Hashemite » Mer 23 Nov 2011 20:50

A noter que l'UCD n’était plus le parti d'Adolfo Suarez en 1982. Suarez a quitter l'UCD en 1982 pour fonder le CDS cité plus haut, parti qui dirigera jusqu'en 1991. En 1982, le candidat de l'UCD était Landelino Lavilla, alors président du congres et ex-ministre.

Je tiens également a sous-ligner que c'est Gijon plutôt que Oviedo qui fait figure de ville ouvrière et maritime des Asturies, Oviedo étant le fief terrestre de l'aristocratie et la bourgeoisie. En résulte le fait que Gijon est plutôt a gauche, mais Oviedo est un fief conservateur.
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Re: Elections générales en Espagne en 2011

Messagede vudeloin » Mer 23 Nov 2011 22:18

Tout à fait Gael ;)
Quand à l'UCD, il n'a effectivement pas survécu au départ du Duque de Suarez, nom qu'Adolfo Suarez a été autorisé à porter après l'échec du coup d'Etat du colonel Tejero.
Et le CDS n'a guère eu de succès sur la durée, sinon dans quelques provinces castillanes et singulièrement celles de Castilla y Leon (Adolfo Suarez étant élu de celle d'Avila, en haut dans les sierras).
En tout cas, la disparition d'une sorte de parti de centre droit castillan modéré a favorisé la mue de l'Alliance Populaire de Manuel Fraga Iribarne, un temps réduite ou presque dans son réduit galicien, en Partido Popular, rassemblant sous une seule bannière l'ensemble des forces conservatrices castillanes, qu'il s'agisse des post franquistes (comme l'illustra fort bien Aznar) ou des libéraux et modérés de toutes obédiences, partisans de la Transicion, de la démocratie octroyée et de la monarchie constitutionnelle.
Bref, de tous ceux qui, à la suite des procès de Burgos et parce qu'il fallait inscrire l'Espagne dans une Europe en mouvement, ont choisi de la débarrasser des oripeaux encombrants de la dictature issue de la guerre civile pour mieux en assurer le ravalement de façade.
Je me permets d'insister sur le caractère "castillan" de cette droite là, vu que, tant au Pays Basque qu'en Catalogne, les deux seules entités où le PP est resté minoritaire dimanche dernier, des partis représentatifs de la bourgeoisie locale et pratiquant l'idiome de la population locale jouent parfaitement le rôle de partis de centre droit.
Il n'aura d'ailleurs échappé à personne, comme je l'ai indiqué dans le message de la nuit de dimanche à lundi, que l'influence du PP en Catalogne comme en Euskal Herria est d'autant plus élevée que la population locale est moins catalane ou basque.
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Re: Elections générales en Espagne en 2011

Messagede ploumploum » Sam 26 Nov 2011 15:33

Je n'ai rien à ajouter à part le fait que le PSOE soit passé sous le seuil des 7 millions de voix, chose qui ne s'était vu depuis 1979.
Le PSOE est donc en crise, et Zapatero ayant décidé un Congrès en février, il convient de signaler que le PSOE est le troisième parti cette année qui subit une déroute aux législatives (après le Fianna Fail irlandais et le PS portugais)
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Re: Elections générales en Espagne en 2011

Messagede ligerien » Sam 26 Nov 2011 21:53

Ce n'était pas une grosse claque, mais le Danemark a également changé de bord cette année.
Ce qui donne 2 pays qui sont droitisés, au sud, et 2 pays qui sont gauchisés, au nord.
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Re: Elections générales en Espagne en 2011

Messagede vudeloin » Dim 27 Nov 2011 00:03

Le truc, ligerien, c'est que tous les gouvernements en place souffrent quelque peu aux élections, comme vient de le montrer l'Espagne après le Portugal, la Grèce en 2009, le Danemark, l'Irlande et j'en passe...
La crise pose réellement la question de la représentation politique, sérieusement ballottée par les effets de la crise obligataire et des tensions spéculatives sur les marchés qui s'accompagnent, soit dit en passant, d'opérations de plus en plus fréquentes de rachat d'actions et j'en passe...
D'autant que, comme nous l'avons vu sur le fil de la vie politique portugaise, huit mois après la victoire du PSD (qui n'a pas grand chose de social démocrate, comme chacun sait), le mouvement social exprime déjà avec force son opposition à la politique mise en place en échange de " l'aide européenne ".
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