Alambic a écrit: Je suis d'accord les contributeurs sur le fait que ça s'annonce extrêmement favorable pour Hidalgo. A ces niveaux là , Simonnet et le RN ne pourraient se maintenir dans aucun arrondissement alors qu'Hidalgo, Dati, Villani et Griveaux pourraient se maintenir dans tous les arrondissements. (...) -
Alambic, vous oubliez EELV, ce qui veut dire qu'il est probable qu'on se retrouve dans plusieurs arrondissements avec des pentagulaires possibles ! Surtout, on constate que globalement, les rapports de force sont en train de se stabiliser.
Il est quasi certain qu'aucune autre force politique n'attendra les 10% dans un arrondissement pour pouvoir se maintenir et perturber nos prévisions. Inversement, (et sauf grand changement), il est peu probable qu'une de ces listes passe quelque part sous les 5% qui empêcherai une fusion ; toutes sont durablement ancrée à plus de 10% au global. On a donc un match à 5.
(Pour être complet, il y aurait peut-être aussi LFI dans les XIXe et XXe mais personne ne voudra d'eux, et Goujon dans le XVe qui pourrait tenter une aventure en solitaire pour se vendre au plus offrant)
Je ne crois pas à des alliances variables par arrondissements, ce n'est pas la logique de l'élection. Chaque candidat cherchera à s'assurer une majorité au conseil de Paris. Tous les contributeurs pointent bien que beaucoup de configuration sont possibles a priori, mais on reste dans une logique classique en France de coalition "fermée".
De mémoire, la science politique distingue deux régimes politiques de coalition (j'essaie de prendre des exemples hors de France et traités sur ce forum) :
- "ouvertes" : tout le monde est susceptible de s'allier avec tout le monde (ou presque), comme en Belgique, ou maintenant en Autriche.
"fermées" : chaque force politique n'accepte de s'allier qu'avec celles qui lui sont proches politiquement, comme en Suède ou en Espagne.
Hidalgo - Beillard - Villani - Griveaux - Dati
Chacun ne peut (politiquement) s'allier qu'avec ses deux voisins, et les deux extrèmes sont à la fois forts (elles ont les meilleures scores) et faibles (elles n'ont qu'un partenaire possible). Enfin, toute alliance à trois est quasi impossible :
- Une fusion Hidalgo-Beillard-Villani tuerait le match à condition que les électeurs suivent. Surtout Hidalgo n'y a pas vraiment intérêt car ses soutiens deviendrai minoritaire dans la majorité.
L'union LR-LREM, si elle est déjà bien engagé dans beaucoup d'endroits, est ici d'autant moins probable qu'elle se ferait derrière Dati, désormais en tête du trinome. Et je pense (au vue des sondages) que les électeurs de Villani auront du mal à voter Dati.
Dans ces conditions, il n'y guère que trois solutions au 2nd tour :
- Plan A (le + prévisible) = La reconduction de l'alliance de la gauche (Hidalgo+Beillard), qui serait largement en tête au global. En face, les maires issus de la droit pousseront Griveaux et Dati à s'allier pour sauver les meubles et leurs arrondissements. La plus grande inconnue : Hidalgo acceptera-t-elle de mettre le prix pour "payer" le ralliement d'EELV ?
- Plan B (le plus ouvert) = Beillard tente un coup de poker et fusionne avec Villani pour piéger Hidalgo. Ce faisant, il pousse Griveaux dans les bras de Dati, mais en situation de faiblesse. Avec des triangulaires partout, il est probable que la droite gardera plusieurs arrondissements, Hidalgo sauvera les plus à gauche, et la liste écolo-centristes emportera les plus bobos (je fais dans le caricatural). Avec un 3e tour difficile pour l'élection du maire de Paris.
- Plan C : la (très improbable) hypothèse du grand pardon = fusion Villani-Griveaux imposé par l'Elysée. Mais outre qu'elle pourrait rendre Paris ingouvernable, les intéressé n'en voudront surement pas.
Bref, si l'alliance Griveaux-Dati est très probable au 2nd tour (sous pression des maires d'arrondissement), la clé du scénario dépend de Villani. Aujourd'hui, faute d'avoir réussi à renverser la table, il se trouve le dindon de a farce piégé et risque d'en faire les frais au soir du 1er tour. D'ou son intérêt à faire dès maintenant l'alliance avec EELV pour reprendre la main.
Sauf qu'il a oublié une chose : l'élection municipale de Paris est largement nationalisé. Comment EELV pourrait faire pour s'allier à Paris avec un député macroniste, tout en cherchant ailleurs en France des alliances avec le PS pour l'emporter face à LREM, à LR (voire aux deux alliés) ? On peut se dire qu'EELV c'est parfois n'importe quoi comme comportement partisan, mais le récent psychodrame de Montpellier nous montre paradoxalement un parti qui essaie de faire preuve d'un minimum de cohérence politique.
Je pense que cette perspective est aujourd'hui morte. Mais il reste encore 2 mois de campagne, et les rapports de force peuvent encore bouger.
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