de vudeloin » Jeu 29 Mar 2012 22:29
Je ne sais pas si tout cela aura une importance dans la manière dont les gens peuvent se déterminer (n'oublions pas ceci dit que les diamants de Bokassa furent un caillou dans la chaussure de VGE en 1981 et je ne saisis pas pourquoi l'exploitation de l'affaire de Toulouse, qui est loin d'être claire, pourrait avoir plus d'effets aujourd'hui que les turpitudes des Bettencourt, Woerth, Takieddine et j'en passe) mais je trouve tout de même que cette situation du patrimoine de Sarkozy est assez intéressante.
Et je rappelle à qui veut bien l'entendre qu'Eric Woerth a démissionné, une fois accompli son travail de fossoyeur de la retraite à soixante ans, que Michèle Alliot Marie a été priée d'arrêter les frais pour des paroles et des actes malheureux sur la Tunisie au moment de la Révolution dans ce pays, que Christian Blanc a été débarqué pour quelques achats de cigares payés par les deniers publics et qu'Alain Joyandet a été prié d'aller voir Vesoul d'un peu plus près après avoir confondu argent public et moyens de se véhiculer avec des jets privés payés à prix d'or...
Comme nous sommes dans une République exemplaire où, par surprise, Martin Bouygues a eu le bonheur d'être retenu pour louer au Ministère de la Défense son futur siège à Balard, nous nous devons de regarder les choses au plus près.
Quelques explications, sans jugement de valeur (c'est le cas de le dire pourtant) sur cette déclaration de patrimoine et la manière dont on peut la comprendre...
Le patrimoine de notre Président aura donc progressé de 663 000 euros en cinq ans, soit environ 132 000 euros par an ou, si l'on préfère, 11 000 par mois.
On se rappellera la situation fiscale de Nicolas Sarkozy : 21 000 euros d'indemnités dont il faut déduire 3 000 euros de pension alimentaire versée à Cécilia Ciganer de Albeniz, mère du petit Louis, lanceur de billes de première classe, et 2 926 euros de prestation compensatoire de divorce pour Marie Dominique Culioli, la première épouse de Nicolas Sarkozy, mère de famille méritante de Pierre le DJ et Jean le nouvel héritier Darty, après avoir été pressenti pour diriger l'Etablissement Public d'Aménagement de la Défense et soutenu « jusqu'à la mort » la candidature de David Martinon à la Mairie de Neuilly sur Seine.
Reste donc 15 000 euros environ, dont 11 000, si tout est normal, terminent tous les mois sur l'un des deux contrats d'assurance vie de Nicolas Sarkozy, deux contrats ouverts dans une agence HSBC.
Comme je ne crois pas que Nicolas Sarkozy qui, s'il perd l'élection, devra trouver à se loger rapidement (il ne déclare aucune autre résidence que le 55 rue du Faubourg Saint Honoré) achète ses chaussures à la Halle aux Chaussures et ses costumes dans le catalogue de la Redoute ou pendant les soldes chez C & A, et même si je peux concevoir que l'essentiel de ces frais de bouche sont couverts par les dépenses de l'Elysée ou celles de tous ceux qui l'invitent, il y a évidemment une autre explication.
C'est tout simplement que les deux contrats d'assurance vie de notre Président capitalisent des intérêts.
Et cela nous ramène d'ailleurs, sur le cas d'espèce, à des considérations plus générales.
En quoi sont en effet placés les fonds que les assurés versent régulièrement au titre de leurs primes ?
A soixante dix pour cent, les assurances vie sont placés en obligations.
Alors, attention, précision utile.
C'est que la somme concernée est également partagée entre les obligations d'Etat (les dettes souveraines pour aller vite) et les obligations d'entreprise.
Kezaco, me direz vous ?
Tout simplement une bricole qui consiste à faire financer par les marchés financiers le développement des entreprises (ce ne sont évidemment pas les artisans du coin de la rue et en général plutôt des sociétés cotées) par un endettement offrant une rémunération garantie au créancier, quelque soit par ailleurs la situation de l'entreprise.
Autre aspect clé, l'obligation n'est pas une action et ne donne donc aucun droit de vote au sein de l'assemblée générale ordinaire, à la nuance éventuelle que lesdites obligations sont parfois des ORA (obligations reconvertibles en actions, c'est à dire que l'amortissement se fait par augmentation du capital à raison de la valeur faciale des obligations émises).
La capitalisation, là dedans, ne peut venir que de deux processus : un, la valorisation du portefeuille par spéculation sur les titres ; deux, le rendement du portefeuille.
On peut ainsi parfaitement estimer que l'argent que Nicolas Sarkozy a placé dans ses deux contrats HSBC soit alimenté par le rendement de la dette publique de notre pays ou, plus encore, par celle d'un autre pays européen.
La dette publique grecque ou italienne, avec leur taux d'intérêt astronomique, n'est finalement peut être pas perdue pour tout le monde...
Et il est probable que quelques salariés aient travaillé dur dans telle ou telle entreprise pour que la valeur du patrimoine de notre Président candidat soit majorée de la rémunération des obligations émises par leur Direction.
Ceci dit, dans la déclaration de patrimoine de Nicolas Sarkozy, il y a un point qui me semble devoir attirer l'attention.
C'est l'opération qui a consisté dans un premier temps à transformer les parts détenues par Nicolas Sarkozy dans le cabinet d'avocats qu'il cogère avec, entre autres, Arnaud Claude, en parts de holding, pour une valeur dont on remarquera avec intérêt qu'elle ne fait l'objet d'aucune évaluation.
Notons d'ailleurs que cette situation est d'autant plus compréhensible du point de vue du contribuable Sarkozy que les actifs professionnels ne font pas partie de l'assiette de l'ISF.
Car, vous vous doutez bien qu'avec un patrimoine de 2,7 millions d'euros, notre Président émarge à l'ISF, avec ou sans réforme d'ailleurs.
Et c'est sans doute pour cela qu'il déclare aussi 540 000 euros de caution personnelle sur un emprunt réalisé par le cabinet d'avocats dont il détient 34 % des parts du holding, une dette venant en déduction de l'actif net, pour ceux qui l'auraient oublié...
Pour être précis, la prise en compte de cet engagement permet à Nicolas Sarkozy, compte tenu du tarif actuel de l'ISF, d'économiser 2 700 euros d'imposition.
Finalement, la lecture de cette déclaration est instructive, je trouve...