de maxxx » Sam 11 Déc 2010 12:32
Le journaliste s'enfonce dans l'inexactitude en parlant de match revanche entre Jean-Claude Etienne et Laurent Feutry dans le canton du Portel.
Ces deux élus n'ont en effet jamais été opposés en duel...Pour rectifier l'historique :
- en 2004, Laurent Feutry, maire UDF du Portel, perd largement son siège de conseiller général, qu'il avait conquis en 1998 avec 52% sur le PS. A cette date, il avait en effet repris au PS le canton que celui-ci avait gagné lors d'une partielle en 1996, provoquée par le décès brutal du maire DVD de Boulogne depuis 1989, Jean Muselet, titulaire par ailleurs de ce siège (ce dernier s'était imposé en 1989 sur le socialiste Guy Lengagne et avait été réélu en 1995 en triangulaire face aux deux frères ennemis de la gauche boulonnaise, Guy Lengagne et Dominique Dupilet, qui avaient tous deux maintenu leurs listes - 1996, année noire pour la droite boulonnaise : annulation des élections municipales de 1995 (affaire du don d'un million de francs de Jean Muselet au CCAS), inéligibilité du maire et de certains adjoints, décès brutal de Jean Muselet, perte du canton et de la mairie lors des partielles liées au décès et à l'invalidation des municipales...).
En 2004, Laurent Feutry s'incline largement avec 41.4% au second tour face au futur député-maire PS de Boulogne, déjà maire depuis 2002, l'apprécié Frédéric Cuvilliez, dauphin de Guy Lengagne qui a déjà lâché progressivement du lest en lui laissant la mairie après sa réélection serrée des législatives de 2002 (face à son éternel adversaire JP Pont)...Le nouveau maire de Boulogne obtient 58.6%, score colossal qui s'explique par la composition du canton : le canton marche sur deux pieds avec deux parties quasi-égales en termes d'électeurs : une petite partie de Boulogne et la ville du Portel...Sauf que, quand Laurent Feutry obtenait 56.4% au second tour sur sa ville du Portel, Frédéric Cuvilliez cassait la baraque avec 76.6% sur Boulogne : d'où la chute du conseiller général UDF sortant...
- en 2007, Frédéric Cuvilliez profite de sa popularité très forte sur Boulogne, où il a totalement réussi la succession de Guy Lengagne, et de la très forte division de la droite, issue de la stratégie catastrophique de l'UMP d'investir une élue de Neufchatel-Hardelot, peu connue et peu appréciée, Annick Valla : cette investiture provoque la colère et la dissidence du maire de Naufchatel-Hardelot, l'ancien député RPR (1993-1997), Jean-Pierre Pont, qui n'a rien lâché de ses ambitions de redevenir parlementaire et qui a frôlé l'élection en 2002 face à Guy Lengagne...Sans compter que le maire du Portel, Laurent Feutry, déjà candidat aux législatives de 2002 (le non report total de ses voix ayant fait chuter JP Pont au second tour), voulait profiter, avec le soutien du Modem et du Nouveau centre, de cette division pour devancer l'UMP et figurer au second tour. Un échec total au final et une élection dans un fauteuil, avec un score jamais vu dans cette circonscription, du maire de Boulogne avec 62.04% au second tour face à Annick Valla (37.96%).
L'élection du maire PS de Boulogne à l'Assemblée a entrainé dans la foulée sa démission du conseil général : une élection partielle a eu lieu en fin d'année...L'UMP, malgré la claque des législatives, persista à investir Annick Valla. Le PS choisit à cette occasion un proche du député-maire, son adjoint Jean-Claude Etienne. Laurent Feutry, sous le coup de son nouvel échec des législatives et ne souhaitant pas essuyer une nouvelle défaite à moins d'un an des municipales, laissa l'UMP partir seule, sans faire campagne pour autant pour la candidate UMP.
La droite touche de nouveau le fond : le candidat PS frôle les 50% dès le premier tour, malgré des candidats PC et verts, et Annick Valla ne recueille que 25% : le duel vire au cauchemar de la droite : 29.9% contre 70.1% pour le PS, dans un canton qu'elle détenait quand même avant 2004...
Pour cette nouvelle élection, Laurent Feutry a certainement une carte à jouer, car il a été reconduit sans difficultés dans sa ville en 2008 (54.6% au premier tour face aux 37.5% du PS) et il reste incontestablement le meilleur candidat pour la droite : surtout, il n'est plus confronté au maire PS de Boulogne mais à son adjoint, qui, même s'il est le sortant, ne jouit pas de la même popularité et de la même notoriété : s'il est évident que le candidat PS sera en tête sur Boulogne, il ne fera certainement pas les 76.6% obtenus par son maire en 2004.
Après, comme a son habitude, l'UMP préfère jouer la stratégie du pire à Boulogne et, au lieu de reconnaitre le partenariat avec les centristes, localement très influents (Le Portel, Etaples...), elle la joue solo. Le parti se ridiculisera probablement encore une fois si Laurent Feutry part au combat : les leçons de l'épisode Annick Valla n'ont probablement pas été tirées et l'électrochoc des municipales de 2008 (la liste UMP menée encore une fois par Mme Valla avait obtenu 8.2% des voix au premier tour, soit une élue, écrasée certes par les 71.6% du député-maire sortant mais facilement devancée également par le Nouveau centre Richard Honvault, qui obtenait 12.7% et 3 élus...) n'a finalement pas conduit à une remise en cause profonde...Non seulement, avec sa popularité, le député-maire PS de Boulogne peut dormir tranquille mais en plus il est aidé localement par l'UMP...
Une longue rectification mais ce canton fait partie de ceux qui ont connu pas mal de mouvements depuis 1992. Pour 2011, avantage large au sortant PS : si Laurent Feutry part, le PS devrait quand même l'emporter mais dans un rapport moindre du genre 53-47%..Si le maire du Portel renonce et s'il laisse un de ses adjoints y aller, on devrait retrouver du 60-40% en faveur du PS..