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Les législatives dans les Vosges

Dimanche 17 juin
A partir de 20h00
Nouveau découpage électoral et composition de l'Assemblée nationale : exprimez-vous sur les enjeux des prochaines législatives de juin 2012.

Les législatives dans les Vosges

Messagede vudeloin » Sam 31 Déc 2011 17:55

Comme il faut bien en finir ou presque avec la présentation des différents départements, un premier coup d'oeil (dont je crains qu'il ne soit un peu prolongé) sur la situation du département des Vosges.

Ce département lorrain compte quatre députés depuis un certain temps et même un temps certain et jouit d'une tradition politique plutôt orientée à droite, puisque, depuis les débuts de la Cinquième République, la droite a tenu tous les sièges de 1958 à 1978 (à l'exception du premier mandat de député d'Epinal, occupé par Charles Guthmuller, ex - RPF et RS, alors maire de la ville, et qui appartenait au groupe de l'Entente Démocratique) ne cédant alors que le siège de la deuxième circonscription, autour de Saint Dié, au socialiste, alors rocardien, Christian Pierret.
En 1981, le PS remporta un grand succès en passant à trois sièges sur quatre, gagnant les sièges structurés autour de Remiremont et le secteur de Neufchâteau – Vittel, de manière plus surprenante.
Le passage à la proportionnelle permit au PS de maintenir ses positions mais la législature 88/93 confirma l'égalité droite – gauche à deux sièges partout.

Depuis, seule la législature 1997 – 2002 a permis à la gauche d'avoir deux élus dans le département et cela fait donc dix ans que les quatre sièges vosgiens sont détenus par la droite.

Plusieurs figures politiques de premier plan ont traversé l'histoire récente du département, et je dois dire que c'est plutôt du côté droit qu'on les a trouvées avec l'inoxydable maire et Sénateur de Remiremont Christian Poncelet (83 ans aujourd'hui), qui doit désormais être l'élu vosgien en exercice le plus ancien et qui, lorsqu'il quittera le Sénat (normalement) en 2014, en sera à 37 années de mandat sénatorial marquées par la Présidence de la Commission des Finances puis celle du Sénat, et le regretté et tempétueux Philippe Seguin, longtemps député maire d'Epinal (député en 78, maire de 1983 à 2001 où l'on se souvient qu'il fut investi pour aller se présenter à Paris, sans succès).
On pourrait évidemment aussi citer Gérard Braun, Hubert Voilquin et d'autres mais soit...

Le conseil général des Vosges est assez nettement de droite, puisque Christian Poncelet le préside depuis 1976, ce qui, avec 35 ans passés de mandat révolus, fait probablement de lui le plus ancien des Présidents de conseil général.

La gauche compte 10 élus PS et 1 élu PG (ex PCF, si je me souviens bien) : quatre dans l'arrondissement d'Epinal (cantons de Bains les Bains, Epinal Est, Saulxures sur Moselotte, Le Thillot), deux dans celui de Neufchâteau (Mirecourt et Neufchâteau) et surtout, cinq dans celui de Saint Dié des Vosges (Brouvelieures, Fraize, Gérardmer, Raon l'Etape et Senones).

La droite dispose donc des 20 autres cantons.
Ce sont les cantons spinaliens de Bruyères, Charmes, Châtel sur Moselle, Darney, Dompaire, Epinal Ouest, Monthureux sur Saône, Plombières les Bains, Rambervillers, Remiremont, Xertigny.
Puis les cantons néocastriens de Bulgnéville, Châtenois, Coussey, Lamarche et Vittel.
Enfin les cantons déodatiens de Corcieux, Provenchères sur Fave, Saint Dié des Vosges Est et Saint Dié des Vosges Ouest.

Le découpage municipal des Vosges, comme souvent dans cette partie de notre pays, est particulièrement émietté puisque le département compte 515 communes.

Ces communes sont ainsi partagées : 1 seule commune de plus de 30 000 habitants (Epinal), une de plus de 20 000 (Saint Dié), 6 dont la population est comprise entre 6 et 9 000 habitants, 12 entre 3 500 et 6 000 habitants.

Soit donc 20 communes d'une certaine importance.

Il y a ensuite 10 communes entre 2 500 et 3 500 habitants, 29 dans la tranche des communes de 1 500 à 2 500 habitants, 74 dans la tranche 500 à 1 500 habitants.

Ce qui donne tout de même 382 villages vosgiens comptant moins de 500 habitants...

Les Vosges sont donc un département rural, pour une bonne part, forestier bien évidemment avec l'ensemble des massifs qui courent notamment sur la chaîne mais aussi industriel.

Malgré la crise du textile vosgien, et le taux de chômage plutôt élevé, malgré la stagnation de la population ( les Vosges n'ont pas réussi à dépasser les 400 000 habitants et ne doivent de garder leurs quatre députés que pour quelques milliers d'habitants entrant dans la quatrième tranche démographique), on compte encore près de 34 % d'ouvriers au sein de la population active, et un peu plus de 32 % en activité.

Plus de 60 % des actifs Vosgiens sont ouvriers ou employés.

Et plus du quart des emplois salariés du département sont des emplois industriels (enfin, c'était ainsi en 2008).

Fin 2010, si l'on en croit l'UNEDIC, l'industrie emploie plus de 28 000 emplois industriels salariés privés (notamment dans l'agro alimentaire avec plus de 1 100 emplois dans la fabrication industrielle de fromages, plus de 1 600 dans le secteur de la fabrication d'eaux de table, environ 2 000 dans ce qui reste du textile vosgien, plus de 2 000 dans le papier carton, par exemple), complétés par un millier d'emplois dans le secteur de l'énergie et plus de 8 000 dans la construction.

Signe des temps, parmi les 88 000 emplois privés du département, on compte plus de 4 000 intérimaires et près de 2 000 employées à domicile dans la population vosgienne.

Venons en au découpage électoral

Première circonscription (104 676 habitants) : Rambervillers (13 050 habitants), Epinal Est (27 332 habitants), Epinal Ouest (34 329 habitants), Châtel sur Moselle (19 820 habitants), Xertigny (10 145 habitants).
En gros, Epinal et sa région immédiate.
Et un ensemble de 83 communes au total.

Deuxième circonscription (99 223 habitants) : Saint Dié des Vosges Est (19 705 habitants), Saint Dié des Vosges Ouest (18 023 habitants), Raon l'Etape (11 729 habitants), Corcieux (7 531 habitants), Fraize (12 318 habitants), Bruyères (15 401 habitants), Senones (9 981 habitants), Brouvelieures (2 075 inscrits), Provenchères sur Fave (2 460 habitants).
Le siège recoupe pratiquement le découpage de l'arrondissement de Saint Dié, sauf le canton de Gérardmer et en ajoutant celui de Bruyères, issu de l'arrondissement d'Epinal.
Ce qui nous donne 117 communes.

Troisième circonscription (86 430 habitants) : Remiremont (33 232 habitants), Gérardmer (10 621 habitants), Le Thillot (16 188 habitants), Plombières les Bains (7 161 habitants), Saulxures sur Moselotte (19 228 habitants).
Fondamentalement, la partie du département située sur la ligne de crête de la chaîne des Vosges.
Ce qui nous donne un ensemble de 41 communes.

Quatrième circonscription (89 262 habitants) : Bains les Bains (3 834 habitants), Bulgnéville (5 580 habitants), Charmes (12 449 habitants), Châtenois (6 896 habitants), Coussey (4 208 habitants), Darney (4 918 habitants), Dompaire (5 820 habitants), Lamarche (4 710 habitants), Mirecourt (11 907 habitants), Monthureux sur Saône (2 451 habitants), Neufchâteau (13 682 habitants) et Vittel (12 807 habitants).

Le siège couvre la plaine des Vosges, pour une bonne partie et, surtout, 274 des 515 communes du département.

Pour en conclure provisoirement, rappelons les résultats de 2007.

Première circonscription : Michel Heinrich (UMP, maire d'Epinal) élu au premier tour avec plus de 53 % des voix. La gauche est restée sous les 30 %.
Seconde circonscription : Gérard Cherpion (UMP) élu au second tour avec environ 55 % des voix face à Christian Pierret (PS, ancien Ministre et maire de Saint Dié). La gauche a obtenu 36,4 % au premier tour.
Troisième circonscription : François Vannson (UMP) élu au premier tour avec 53,7 % des voix. La gauche est restée sous les 33 % des voix.
Quatrième circonscription : Jean Jacques Gaultier (UMP) élu au second tour avec 55,7 % des voix. La gauche a obtenu 36,5 % au premier tour avec l'ex député DVG Christian Franqueville.
Dernière édition par vudeloin le Dim 1 Jan 2012 14:13, édité 1 fois.
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Re: Les législatives dans les Vosges

Messagede vudeloin » Dim 1 Jan 2012 04:33

Les consultations électorales de la dernière période n'ont pas produit de phénomènes particuliers dans le département.

En effet, lors des élections municipales, peu de résultats surprenants ont été enregistrés.

Dans la première circonscription, la liste du maire UMP d'Epinal, Michel Heinrich, a été réélue au premier tour avec plus de 55 % des voix, devant la liste d'union de la gauche (32,6 %), la liste du Modem (8,8 %) et une liste d'extrême gauche (2,9 %).
La gauche, bien que divisée sur trois listes, a conservé la mairie de Golbey avec l'inusable Jean Alémani, élu depuis 1977 et désormais âgé de plus de 80 ans.
La liste d'union de la gauche à direction PS a été reconduite à Rambervillers, avec un 58 % sans discussion.
Enfin, la droite a conservé la mairie de Thaon les Vosges, à la suite d'un étonnant feuilleton, marqué par le décès du maire élu en mars 2008 (avec 50,15 % au premier tour) puis l'invalidation du scrutin après cet événement.
La liste UMP sortante fut réélue avec 59 % des votes lors de la partielle, une liste divers obtenant 3 élus et la gauche 2 élus dans ce scrutin.

Dans la deuxième circonscription, Saint Dié des Vosges a conservé son maire, l'ancien Ministre socialiste Christian Pierret, au terme d'un second tour assez serré où sa liste n'a obtenu que 50,8 %, alors que la gauche, divisée, avait réuni 67,5 % des votes au premier tour.
Raon l'Etape a reconduit l'équipe municipale de gauche de la commune, avec 68 % des voix.
La droite, pendant ce temps là, conservait les mairies d'Etival Clairefontaine, d'Anould.
La gauche conservait la mairie de Corcieux et gagnait celle de Senones.

Dans la troisième circonscription, la droite tient les trois communes les plus importantes du canton de Remiremont avec Remiremont (liste UMP élue avec 45,6 % des voix, devant une liste DVD 38,3 % et la liste de gauche 16,1 %), Saint Etienne les Remiremont (liste UMP élue avec plus de 60 % face à une liste de centre gauche, le maire sortant étant PS) et Saint Nabord, où trois listes de droite s'affrontaient.
La gauche tient par contre les deux mairies de La Bresse, pays des skieurs de fond, avec une liste de gauche réélue avec plus de 59 % des voix, et Cornimont, où la liste de gauche l'a emporté avec plus de 64 %.
Par contre, dans le même canton de Saulxures sur Moselotte, la droite dispose de la mairie de Vagney, où elle fut réélue avec 53,8 %.
La droite a conservé la mairie du Val d'Ajol, dans le canton de Plombières où j'ai aussi entrevu que le chef lieu était UMP.
Dans le canton du Thillot, la mairie du chef lieu est restée à gauche de fort peu tandis que celle de Rupt sur Moselle restait à droite.
Enfin, dans le canton de Gérardmer, le chef lieu est resté à gauche, avec un score de plus de 68 %.

Dans la quatrième circonscription, réélection de la mairie PS de Charmes (avec plus de 70 % des voix), de la liste de gauche de Mirecourt (avec un peu plus de 52 % des voix), comme des listes de droite sur Vittel, Contrexéville (plus de 57 %) et prise de la mairie de Neufchâteau, perdue par le PS dont la liste ne fit que 49,4 %.

Les élections cantonales 2008 ont vu les résultats suivants

Bains les Bains : élection du PS Frédéric Drevet, maire du chef lieu, avec 15 voix d'avance sur le candidat de droite.
Il s'agit d'un siège de droite gagné.

Bulgnéville : élection du centriste Luc Gerecke, même si le chef lieu reste l'apanage du socialiste Christian Franqueville.
Le candidat de la majorité Poncelet est élu en faisant 59 % au premier tour, la gauche étant tassée à un peu plus de 30 %.

Charmes : élection au second tour du DVD Didierjean, avec 42,7 % des voix, contre 34,3 % pour Robert Colin, autre DVD et 23 % pour le candidat socialiste, Michel Forterre, également secrétaire de la section PS du canton.
Le vainqueur, maire de Vincey, fut d'abord élu en 1976 sous l'étiquette PS.

Darney : réélection du sortant de droite Yannick Dars, avec plus de 70 % des voix face à un seul adversaire, un candidat PCF.

Plombières les Bains : réélection au premier tour du candidat UMP avec près de 70 % des voix dans ce canton plutôt tourné vers le tourisme.

Rambervillers : réélection de la candidate UMP Martine Gimmilaro, avec plus de 60 % au premier tour, alors même qu'elle a été écrasée lors des municipales du chef lieu.

Remiremont : réélection de l'inusable Christian Poncelet avec près de 60 % des voix au premier tour, l'intéressé entamant en 2008 sa 45e année de mandat de conseiller général de Remiremont.

Epinal Ouest : réélection du conseiller de droite Yvon Eugé, maire de la commune des Forges, avec 57,7 % des voix au premier tour.

Coussey : réélection du sortant de droite Claude Philippe, seul candidat et maire de la petite commune d'Harmonville.
Le canton abrite le village de Domrémy la Pucelle, lieu de naissance présumé de Jeanne d'Arc.

Lamarche : élection du DVD Gérard Sancho, maire de Martigny les Bains, avec plus de 61 % au second tour face au candidat UMP officiel.
En fait, l'intéressé a rejoint l'UMP ensuite.
Le candidat DVG, maire du chef lieu, n'a pas atteint 21 % au premier tour.

Vittel : réélection de Jean Jacques Gaultier, investi conseiller général en 2007 et député de la quatrième circonscription, avec 62,5 % au premier tour face à deux candidats de gauche.

Corcieux : réélection au premier tour du candidat UMP Guy Martinache, avec 54,5 % des voix.
Paradoxe : au détour d'un second tour sérieusement panaché, l'intéressé perd sa mairie de Granges sur Vologne, la commune la plus importante du canton.

Provenchères sur Fave : réélection du candidat UMP Jean Guy Ruhlmann, maire de la petite commune de Lubine, avec 54,2 % face au secrétaire de la fédération du Parti socialiste, celui obtenant un résultat somme toute honorable.
Ce petit canton pour la population a la particularité d'avoir eu comme élu deux anciens Ministres, l'un, Maurice Lemaire qui fut Président de société de chemins de fer avant guerre, directeur général de la SNCF à la Libération puis Ministre du Logement à deux reprises sous la Quatrième République, exerçant pendant 27 ans des fonctions de député des Vosges et l'autre, Lionel Stoléru, Secrétaire d'Etat au Travail manuel puis à l'immigration, concepteur de la fameuse « prime au retour » (traduite un peu humoristiquement par la formule «  prends 10 000 balles et tire toi « ) puis Secrétaire d'Etat au Plan dans les gouvernements d'ouverture de Michel Rocard entre 1988 et 1991.
Elu du canton pendant trois ans, Lionel Stoleru sera ensuite député de l'Oise, soutenu par le PS, en 1988.
Autre particularité du canton : il eut, sous la Troisième République, un conseiller général et député de la Fédération Républicaine de France, Hubert de Bazelaire de Lesseux, dont l'un des descendants, Arnould, fut le vainqueur de Lionel Stoleru, sous étiquette PS avant de rallier la majorité Poncelet du Conseil général.

Raon l'Etape : réélection au premier tour du conseiller général socialiste sortant, Michel Humbert, maire du chef lieu, qui en est désormais à 29 ans de mandat de conseiller général et 28 de maire de Raon.
Une élection de sénateur, si l'on ose dire, avec 66,5 %.

Senones : réélection du maire socialiste de Senones, dès le premier tour, avec 51,2 % des votes.
Jean Luc Beverina confirma son élection de 2001 en étant reconduit à la tête de sa mairie en obtenant dès le premier tour de la municipale 56,2 % des voix au scrutin de panachage.

Saint Dié des Vosges Ouest : réélection du sortant UMP William Mathis, maire de Saint Michel sur Meurthe, avec 56,5 % au second tour.
Le candidat de droite arriva même en tête dans la partie de Saint Dié votant sur le canton avec 8 voix d'avance sur son adversaire socialiste.

Bilan comptable de ce renouvellement 2008 : 3 élus de gauche, 13 de droite.

Les européennes 2009 furent marquées, comme partout, par une faible participation (à peine plus de 40 % des électeurs inscrits).

La liste UMP de Joseph Daul arriva en tête avec 27, 74 % des voix, devant la liste PS de Catherine Trautmann avec 17,76 %, la liste des Verts avec 13,18 %.
Le Modem, avec Jean François Kahn, se fixa à 9,29 %, le FN, avec Bruno Gollnisch à 8,19 %, la liste du NPA 6,70 %, celle d'Antoine Waechter 4,23 % et la liste du Front de Gauche, menée par l'avocate Hélène Franco, 3,66 %.

La gauche, dans son ensemble, obtint 47 200 voix (43 %), centre, droite et extrême droite 57 625 voix (52,5 %).

Les régionales 2010 ont marqué une différence.

La liste de gauche menée par Jean Pierre Masseret, ancien Ministre, député et Sénateur PS de Moselle (également coureur à pied chevronné du Stade Messin et franc maçon connu) arrive en tête au second tour avec 48,5 % des voix et 68 901 voix.
La liste UMP de Laurent Hénart se cala sur un pourcentage de 33,9 % avec 48 205 voix et la liste FN de Thierry Gourlot de 24 972 voix et 17,6 %.

La liste de gauche arriva en tête dans la totalité des villes importantes du département (même Vittel et Remiremont !) atteignant notamment les 60 % à Contrexéville.

Enfin, les cantonales 2011.

Bruyères : élection du socialiste Christian Tarantola, maire de la commune de Docelles, au second tour avec 51,1 % et 124 voix d'avance sur le sortant de droite.

Châtel sur Moselle : élection de la centriste Colette Marchal, maire de Nomexy, dans un second tour marqué par la présence du FN, la gauche ayant été éliminée de ce canton comprenant notamment la commune de Thaon les Vosges.
A noter que ce canton, qui fut pendant 25 ans, de 1973 à 1998 celui du conseiller apparenté PCF Robert Bresson, a vu se présenter sous l'étiquette EELV Marie France Glaudel, ex candidate PS de 2007 et même Secrétaire de la Fédération du PS.
La candidate centriste, pour sa part, a été qualifiée en faisant plus de 36 % des votes, devant un candidat FN réalisant près de 26 % des voix.

Dompaire : élection du divers droite Gérard Marulier, maire du village d'Harol (563 habitants), sans présence de la gauche au second tour.

Epinal Est : réélection du socialiste François Xavier Huguenot, avec plus de 60 % au second tour.
La gauche, au premier tour, a réuni plus de 48 % des voix.
Quant au candidat FN, il est assez connu puisqu'il s'agissait de Jean François Jalkh, ancien député lepéniste de Seine et Marne.

Monthureux sur Saône : réélection du candidat UMP Alain Roussel, avec près de 66 % des voix dès le premier tour, maire du petit village de Claudon (220 habitants), ancien élu DVG lors de son premier mandat en 1998.

Saulxures sur Moselotte : réélection au premier tour du maire DVG de La Bresse, Guy Vaxelaire, avec plus de 52 % des voix.
Il améliore d'ailleurs un peu son score de l'élection précédente, tandis que le FN renforce son pourcentage au détriment de la droite classique.

Le Thillot : élection du candidat DVD Dominique Peduzzi, maire de Fresse sur Moselle, aux dépens du sortant DVG François Cunat, maire de Ramonchamp.
Le canton était celui du député François Vannson, qui fut suivi par l'élu de 2011, celui ci étant battu en 2004 par le candidat de gauche.

Xertigny : réélection au premier tour du sortant, le sénateur RPR Jackie Pierre, vice Président du Conseil général délégué aux Finances avec près de 55 %, devant la candidate du FN...

Châtenois : réélection du DVD Jean Pierre Florentin, maire du chef lieu, au second tour avec plus de 60 % des suffrages face au candidat PS Christian Prévôt, maire de la petite commune de Houécourt.

Mirecourt : réélection du PS Patrice Jamis, maire adjoint du chef lieu, centre national de la Lutherie, avec près de 62 % des voix au second tour (contre moins de 54 % en 2004)

Neufchâteau : élection du candidat UMP Simon Leclerc, face au sortant PS Jacques Drapier, qu'il avait déjà battu lors de la municipale de Neufchâteau en 2008.
Et l'écart s'avère important : plus de 860 voix dont la moitié dans le chef lieu.

Brouvelieures : réélection du PS Etienne Pourcher, maire de Frémifontaine et ancien suppléant de Christian Pierret, avec plus de 67 % des voix, laissant le FN en seconde position avec 18 % environ.

Fraize : réélection du PS Jean Claude, avec plus de 62 % au second tour face au candidat du FN.
Celui ci, avec plus de 28 % au premier tour, a supplanté la droite classique.
Sur 2004, le candidat de droite, Jacques Hestin, maire d'Anould, avait ét qualifié pour le second tour dans une triangulaire dont le candidat PS était sorti vainqueur.
Le candidat de droite perd 700 voix sur son score de 2004 quand le FN gagne 200 voix.
Ce canton de tradition industrielle a eu, longtemps, un élu communiste, dès avant la guerre et encore de 1961 à 1967, puis de 1979 à 1992.

Gérardmer : réélection du candidat PG Gilbert Poirot, premier adjoint au maire du chef lieu, station thermale et touristique connue (aujourd'hui lieu d'organisation du Festival du Film Fantastique qui avait auparavant lieu à Avoriaz) avec près de 63 % dès le premier tour.

Saint Dié des Vosges Est : réélection du sortant centriste Roland Bedel, maire de Sainte Marguerite, avec une avance de 1 242 voix sur le candidat socialiste au second tour.
A noter qu'au premier, il s'en est fallu de huit voix que la candidate FN n'élimine le candidat du PS.
Toutefois, bien que largement battu sur le canton, celui ci est resté en tête sur la partie de Saint Dié qui vote sur le canton pour 108 voix.
Problème : le candidat de droite gagne de 707 voix dans sa commune d'élection...

Le bilan de ce renouvellement est donc le suivant : 7 sièges à gauche et 8 à droite.

En tout cas, sur l'ensemble des séquences électorales, même si la gauche n'est pas dans les basses eaux de juin 2007, tout laisse penser que la droite aura quand même quelques difficultés à être battue lors des législatives.

Surtout que les sièges de gauche (10 au total et non 11 comme indiqué dans notre premier message) sont assez mal répartis.

Un seul des cinq cantons de la première circonscription ; cinq des neuf cantons de la deuxième ; deux des cinq cantons de la troisième et deux des douze cantons de la quatrième.

Alors, le pays déodatien à gauche ?
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Re: Les législatives dans les Vosges

Messagede pierrep » Lun 2 Jan 2012 13:14

Un détail concernant Christian Pierret : celui-ci n'a jamais été rocardien , ainsi que mentionné ci-dessus . En effet celui-ci a commencé sa carrière au PS dans les wagons de JP . Chevénement , et donc du CERES d'alors . Il a même été le 1er secrétaire du PS de Paris de 1974 à 1976 . Il est amusant de se souvenir qu'à cette époque , haut fonctionnaire , il utilisait un pseudo ( Christian Pierre) , pour militer et signer un livre ( Plan et autogestion ) . Après le CERES , en désaccord avec Chevènement après avoir été parachuté dans les Vosges en 1978 , il crée son propre (petit) courant lors du congrès du PS à Metz en 1979, puis il rejoint bien vite la mouvance de Pierre Mauroy. Ensuite il rejoint Laurent Fabius vers 1982, pour en rester proche par la suite . Comme on le voit il a fait une bonne partie des courants du PS sauf celui de Michel Rocard .
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Re: Les législatives dans les Vosges

Messagede vudeloin » Lun 2 Jan 2012 14:21

C'est qu'entre une mémoire parfois brumeuse (assez joli cependant la brume sur les Vosges) et la diversité des courants, des renoncements, des changements d'alliance et de quelques trahisons, il est parfois difficile de suivre exactement les carrières longues au PS, pierrep ! ;)
J'avoue, pendant quelques instants, avoir eu un léger doute sur ce que j'écrivais sur Pierret (alors que CERES et Rocard, pourtant, n'est ce pas ?)
Ton message permet d'éclaircir ce point essentiel de la vie politique vosgienne.
Pour en revenir aux Vosges, renseignements pris, Guthmuller était autant de droite que les autres, ce qui donne tout de même au département, par ailleurs fortement marqué par l'activité industrielle, un caractère de fief de droite assez largement marqué.
Surtout quand on voit qu'un certain nombre d'élus socialistes ou DVG ont fini par pactiser avec la majorité Poncelet, permettant à l'ex Président du Sénat de tenir la gestion départementale sans difficulté depuis un temps...
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Re: Les législatives dans les Vosges

Messagede lindet » Lun 2 Jan 2012 14:48

Christian Pierret, ancien ministre de Jospin, a en effet un parcours assez original. Mais sa ligne politique est-elle si sinueuse ? Je dirais volontiers à Vudeloin qu'il a formellement tort, mais raison sur le fond politique des choses. C. Pierre a été au Ceres à l'époque où Dominique Strauss-Kahn lui-même était un jeune prof d'économie, mince et barbu, et je crois de la même sensibilité... Comme beaucoup, ses aspirations à la rénovation et à la modernité se sont ensuite davantage intégrées à une vision insistant sur les nécessités et les bienfaits du marché et il s'est vite situé à l'aile droite du PS, avec des rattachements de courants divers, mais qui ne modifiaient pas le fond de sa pensée. Il a voulu être candidat aux primaires à la présidentielle en 2011 pour défendre ses idées "social-démocrates" et s'est montré sévère envers Martine Aubry, alors qu'il se disait proche de D. Strauss-Kahn. Il est donc idéologiquement proche des positions défendues par Michel Rocard depuis longtemps même si les circonstances ? ou ??? ont fait qu'ils ne se sont jamais retrouvés dans le même courant politique.
Par ailleurs, comme beaucoup, je lui suis gré d'avoir fondé le Festival international de géographie dans sa ville, une belle réussite, sur le modèle de ce qu'a fait Jack Lang pour l'histoire à Blois.
Mais j'ose aussi très personnellement espérer que la gauche trouvera pour les années à venir des champions... aux idées plus proches de la jeunesse de C. Pierret que de sa maturité vieillissante... il faut relancer la machine...
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Re: Les législatives dans les Vosges

Messagede pierrep » Lun 2 Jan 2012 14:55

Exact Lindet .Et ceci ne nous empèche pas de donner u coup de chapeau au FIG , qui est à la géographie ce que Cannes ( ou Venise ..) est au 7eme art .
Message aux organisateurs ... géographie ET politique ... ça aurait de la gueule non ?
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Re: Les législatives dans les Vosges

Messagede vudeloin » Lun 2 Jan 2012 15:09

Comme si la géographie ne portait pas la trace de la politique...
Mais bon, le mix avec l'Histoire me semble quelque peu l'image de la controverse sur ce forum...
On pourrait le dire ainsi : Histoire, Géographie, Psychologie, Philosophie, là semble bel et bien résider l'essence de nos discussions...
Pour en revenir aux Vosges, si ce sont les sièges de Saint Dié et de Neufchâteau qui ont pu être de gauche dans un passé plus ou moins récent (cela fait tout de même dix ans que la vague bleue permet à la droite le grand chelem dans le département), j'ai tendance à penser que ce sont les sièges de Saint Dié et celui de la Montagne qui sont les plus susceptibles d'être emportés par une vague qui serait d'une autre couleur.
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Re: Les législatives dans les Vosges

Messagede pierrep » Lun 2 Jan 2012 15:18

Bien sur et " La géographie ça sert à faire la guerre" et " les pays ont l'histoire de leur géographie" et j'en passe ....
N'empèche qu' un festival autour du traitement géographique de la politique dans toutes ses dimensions et invsersement (élections , frontières, conflts divers , cartographie, changement de lieu des capitales et bien d'autres thèmes ....) ce serait passionant .... et à la charnière parfois floue géographie/ géopolitique ....
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Re: Les législatives dans les Vosges

Messagede SALVAT » Lun 2 Jan 2012 16:08

Yves LACOSTE nous a indiqué la voie, n'est-ce pas ?
Passionnant et ayant marqué ses lecteurs et étudiants.
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Re: Les législatives dans les Vosges

Messagede ubil » Sam 7 Jan 2012 07:42

Le "scoop" du matin: Notre J. Lang aurait enfin trouvé un point d'attache. Foin des rumeurs, maintenant c'est quasiment assuré: le cabotage électoral, après un joli tour de France, s'est terminé. Jack se fixe dans les Vosges.

http://www.lexpress.fr/actualites/1/pol ... 69058.html

Bon, comme on dira, de la Place des Vosges aux Vosges, il n'y a pas tant de différence que cela :)
ubil
 
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