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Vie politique au conseil municipal de Saint-Denis

MessagePosté: Ven 9 Oct 2020 08:05
de stephed
Une violente intrusion a eu lieu au sein du conseil municipal de Saint-Denis (93): hier soir, une cinquantaine d'agents municipaux, d'anciens élus et des "inconnus" ont pénétrés dans l'enceinte du conseil et y ont fait "le coup de poing".

Ils protestaient contre la décision du nouveau maire Mathieu Hanotin (PS) de faire passer le temps de travail annuel des agents municipaux de 1532 Heures à 1607 heures.

3 élus ont été blessés et l'ensemble des groupes politiques ont condamnés ces violences.


https://www.nouvelobs.com/politique/202 ... esses.html

https://actu.fr/ile-de-france/saint-den ... 72773.html

https://www.leparisien.fr/seine-saint-d ... 399442.php

Re: Vie politique au conseil municipal de Saint-Denis

MessagePosté: Ven 9 Oct 2020 08:23
de stephed
stephed a écrit:
Ils protestaient contre la décision du nouveau maire Mathieu Hanotin (PS) de faire passer le temps de travail annuel des agents municipaux de 1532 Heures à 1607 heures.



Précision: Le passage à 1607 heures correspond à une base de 35 heures hebdomadaires. Outre que c'est une promesse de campagne de la nouvelle équipe arrivée il ya 3 mois, c'est surtout une obligation légale au 01/01/2021 depuis une loi d'aout 2019 dite de transformation de la fonction publique.

Re: Vie politique au conseil municipal de Saint-Denis

MessagePosté: Ven 9 Oct 2020 13:35
de stephed
Plus de précisions du maire hanotin sur les agressions des élus : 3 élus majoritaires sont concernés: les adjoints Nathalie Voralek, Bertrand Revol et Boris Deroose.

La ville va porter plainte. La justice devra déterminer le pourquoi de la présence et le rôle exact dans le groupe des "forcenés" de Bally Bagayoko (LFI) ancien adjoint au maire et candidat aux dernières municipales. Sur son compte twitter, l'intéressé ne dément pas sa présence et condamne les violences mais indique de "pas etre armé" (*sur la vidéo, un nunchaku est saisi par un agent de sécurité et on voit une syndicaliste SUD crier "Non, Bally, arrête").

Par ailleurs, l'ajointe Nathalie voralek Denis aurait été agressée verbalement et menacée physiquement par des fonctionnaires de la ville lors d'une visite d'un espace jeunesse de la ville la veille. Les personnes concernées sont convoqués par leurs hiérarchie qui devrait appliquer des sanctions

https://www.francetvinfo.fr/elections/m ... 34041.html

Re: Vie politique au conseil municipal de Saint-Denis

MessagePosté: Sam 9 Jan 2021 17:54
de stephed
Le nouveau maire Mathieu Hanotin (PS) a annoncé mettre fin au versement de subventions au journal de Saint-Denis à partir du 1er janvier. Celui ci tirant ses financements à 100% des aides de la mairie, il devrait ainsi cesser sa parution.

https://actu.fr/ile-de-france/saint-den ... 10865.html

Derrière à ce qui s'apparente à un règlement de compte politique et à un 3ème tour des élections municipales (le journal étant réputé très proche de l'ancienne majorité municipale battue en juin), c'est aussi la conséquence du départ du rédacteur en Chef Yann Lalande en novembre suite à un édito condamnant la décapitation de Samuel Paty et "censuré" par ses collègues du journal.

https://www.lepoint.fr/societe/au-journ ... 140_23.php

Re: Vie politique au conseil municipal de Saint-Denis

MessagePosté: Dim 10 Jan 2021 00:28
de stephed
stephed a écrit:Le nouveau maire Mathieu Hanotin (PS) a annoncé mettre fin au versement de subventions au journal de Saint-Denis à partir du 1er janvier. Celui ci tirant ses financements à 100% des aides de la mairie, il devrait ainsi cesser sa parution.

https://actu.fr/ile-de-france/saint-den ... 10865.html

Derrière à ce qui s'apparente à un règlement de compte politique et à un 3ème tour des élections municipales (le journal étant réputé très proche de l'ancienne majorité municipale battue en juin), c'est aussi la conséquence du départ du rédacteur en Chef Yann Lalande en novembre suite à un édito condamnant la décapitation de Samuel Paty et "censuré" par ses collègues du journal.

https://www.lepoint.fr/societe/au-journ ... 140_23.php


La vision de Charlie Hebdo sur la fin de ce journal et les tensions qui y règnent:

"Il aura duré trois décennies. Trois décennies à informer les Dionysiens sur l’actualité de leur ville. Né du communisme municipal à la fin des années ’80, devenu hebdomadaire en 1992, le Journal de Saint-Denis (JSD) dispose d’un statut particulier par rapport à tant d’autres magazines municipaux directement rattachés à la mairie.
Dans cette ville, c’est une association, Communiquer à Saint-Denis, qui gérait le journal. Ce statut associatif permettait aux rédacteurs d’avoir le statut de journaliste et la carte de presse, ce qui n’est généralement pas le cas de ceux qui travaillent dans la presse institutionnelle.

Indépendance réelle ou de façade ? Un peu des deux sans doute. L’influence des différents maires communistes qui se sont succédé jusqu’en 2020 – de Marcellin Berthelot à Laurent Ruffier, en passant par Patrick Braouezec ou Didier Paillard – y aura été subtile. Les pages du JSD ne ressemblaient pas à celles des autres gazettes locales où l’élu se sert de son journal comme d’une vitrine et expose sa bobine dès qu’il coupe un ruban ou mange la galette des rois avec les mémés et pépés de l’Ehpad.

« Le journal de Saint-Denis a été voulu comme un journal d’informations locales et non comme un organe de propagande à la gloire de l’édile en place mais, quand la mairie faisait des trucs bien, on le disait bien sûr », résume une journaliste en poste depuis une vingtaine d’années. L’ancien rédacteur en chef Dominique Sanchez, auquel Yann Lalande a succédé, mettait un point d’honneur à interviewer longuement toutes les sensibilités politiques (républicaines) lors des échéances électorales. Cette pratique peu courante dans la presse municipale a perduré avec l’arrivée de Yann Lalande. Une présence dans les quartiers, des portraits de Dionysiens, des reportages d’actualité dans les associations locales, des pages culture de qualité… l’attachement d’une partie de la population à ce média local est bien réel, tout comme l’incompréhension de le voir s’arrêter brutalement. Il est vrai que, depuis l’annonce de la démission du directeur de la rédaction pour les raisons que l’on sait, les choses se sont précipitées au JSD.

Le nouveau conseil municipal – socialiste – a ainsi pris prétexte de l’absence de remplaçant à la tête du journal pour ne pas voter la subvention publique de plus de 700 000 euros qui permettait de faire vivre le journal et de le diffuser dans 48 000 boîtes aux lettres de la ville.

Dans un communiqué de presse diffusé sur les réseaux sociaux (à lire ici), onze salariés s’adressent aux « ami(e)s lecteur(trice)s du JSD » et s’étonne de la soudaineté de la décision du maire socialiste Mathieu Hanotin.
Mais dans un autre communiqué de presse, signé par trois salariés propose une autre version. Ces trois signataires, membres de la rédactions sont là depuis une vingtaine d’années et jugent sévèrement les autres signataires. « Ils sont très naïfs pour penser que l’aventure pouvait continuer », tranche une salarié du journal qui souhaite garder l’anonymat. De fait, il y avait un tas d’indices qui pouvaient mettre la puce à l’oreille : l’arrivée des socialistes à la mairie avait déjà rétréci le contrat qui liait la ville au journal. De triennale, la convention devenait annuelle, ce qui ne présageait rien de bon. Mais, pour notre informatrice, le pire est que ce message posté sur Facebook émane de ceux qui ont précipité la fin du journal, ceux qui ont refusé que le JSD dénonce clairement l’islamisme politique. « Il y a une nette fracture générationnelle dans la rédaction entre les quinquagénaires et les trentenaires. Entre ceux qui placent au-dessus de tous les principes républicains et universalistes et d’autres qui sont racialistes, pro-indigénistes, gauche identitaire et tout le toutim et qui dénoncent à tout va la prétendue l’islamophobie de ceux qui ne pensent pas comme eux. »

Le journal de Saint-Denis ou le syndrome Hara-kiri
Et la journaliste de préciser qu’à chaque fois que les sujets sur l’islam étaient évoqués cela donnait lieu à de belles empoignades. Jusqu’à la dernière avec l’édito de Yann Lalande, qui a précipité sa démission. On imagine l’ambiance délétère au sein de la rédaction… « Même pas, précise la journaliste. À se demander si ces jeunes journalistes ont conscience de ce qu’ils disent et font. »

Les jours passants, les réflexions aussi ont évolué. « On a eu droit à quelques propos complotistes du genre : « Tout ça est trop soudain » ou « Yann Lalande nous lâche au mauvais moment » alors que ce sont eux qui sont les vrais fossoyeurs du journal. La mairie a juste profité de l’occasion. » Et notre interlocutrice de pointer aussi la lâcheté d’une partie de l’équipe qui ne dit rien, avec ces automatismes insupportables du type : « Il faut comprendre », « il faut tolérer ». Un relativisme compréhensif avec les thèses indigénistes et racialistes mais intransigeant avec les autres.

Entendre que le meurtre de Samuel Paty est un « fait divers terroriste » en faisant référence à un sociologue qui aurait inventé ce concept fumeux, était devenu insupportable, nous expliquait, il y a quelques semaines, Yann Lalande lui-même. Au JSD, la scission semblait donc bien consommée entre deux tendances. « On a aussi eu droit aux propos racialisé du genre : « Tu es un homme blanc, je suis une femme noire » ou bien « tu confonds musulmans et islamistes » », précise encore notre interlocutrice très remontée contre ces remarques.

Et, quand Yann Lalande évoquait dans son édito (non paru) « le fascisme islamiste » , une jeune journaliste lui a fait la leçon, en lui disant qu’il n’était pas possible d’écrire ça au prétexte que le fascisme est italien, poursuit notre informatrice. « Quand je lui ai dit de regarder la définition d’usage dans le dictionnaire elle m’a répondu : « le dictionnaire est idéologique ». Cette jeune génération de journalistes, censée être cultivée et ouverte, est totalement phagocytée dans ces idéologies indigénistes et racialistes ».
Désespérant et, à la longue, mortifère, comme le prouve l’enterrement à venir du Journal de Saint-Denis."

https://charliehebdo.fr/2020/12/societe ... int-denis/

Re: Vie politique au conseil municipal de Saint-Denis

MessagePosté: Dim 10 Jan 2021 07:50
de pmf
Merci Charlie de remettre l'église au centre du village ou plutôt bien entendu la LAICITE et ce sans adjectif et sans le chanoine Bianco.

Re: Vie politique au conseil municipal de Saint-Denis

MessagePosté: Mer 13 Jan 2021 13:58
de alamo
C'est totalement dans le droit fil desz Municipales quand LFI a voulu imposer dans une liste de deuxième tour la présence en position éligible d'un indigéniste racialiste, pour reprendre les termes de la journaliste citée par Charlie Hebdo, le sulfureux Messaoudène.
Russier a refusé, sachant qu'il ouvrait un boulevard à Hanotin. C'est tout à son honneur.

Significatif aussi des turbulences qui traversent les deux partis de gauche traditionnels, aujourd'hui dirigés par des chefs de file (Faure et Roussel) qui opèrent un retour aux valeurs républicaines et laïques, en rompant (ou en essayant de rompre) avec les dérives clientélistes et les complaisances communautaristes de leurs prédécesseurs. Quitte à rendre difficiles les alliances avec des partis comme LFI, EELV ou G's qui n'ont pas les mêmes scrupules, et à se couper de nouveaux militants plus jeunes et fortement américanisés dans leur vision de la société...

La fracture a été actée lors de la "Manif de la honte" de novembre 2019, initié par une organisation, le CCIF , dissoute après l'assassinat de S. Paty (mais aussi Messaoudène, justement, et Bouhafs).
D'un côté Faure et la Direction du PS, Roussel mais aussi Ruffin et Quattenens, de l'autre Autain, Benbassa, Faucillon, et, plus grave, Hamon et Mélenchon...

Re: Vie politique au conseil municipal de Saint-Denis

MessagePosté: Jeu 14 Jan 2021 16:32
de daequin
L'article de Charlie Hebdo est intéressant en ce qu'il permet de voir que le journal de Saint Denis ne fonctionnaient plus vraiment en raison de conflit au sein de la rédaction ( on lit très bien entre les lignes ce qu'il en est de cette opposition et je ne mettrais pas d'huile sur le feu en donnant un avis sur l'aspect délirant et risible de certains propos de Charlie Hebdo) et que le nouveau maire en a profité pour casser quelque chose qui ressemble une belle avancée démocratique.

En effet, les feuilles de choux que nous envoient les municipalités sont souvent au mieux utiles et plates, au pire propagandistes. Confier cela à une association semble relever d'une expérimentation intéressante.

Re: Vie politique au conseil municipal de Saint-Denis

MessagePosté: Jeu 14 Jan 2021 18:57
de stephed
daequin a écrit:
En effet, les feuilles de choux que nous envoient les municipalités sont souvent au mieux utiles et plates, au pire propagandistes. Confier cela à une association semble relever d'une expérimentation intéressante.


Oui et non. C'est vrai que sur le fond le fait que cela soit en association permet aux salariés d'avoir une carte de presse et de ne pas être fonctionnaires de la mairie. Ce qui garantit leur indépendance face aux politiques.

Après non, lorsque l'association tire, comme c'est le cas ici à priori, 100% de ses ressources de subventions municipales les journalistes ne peuvent pas forcément être très critiques vis à vis de celui qui tient le "chéquier"

Si dans les articles consacrés, tous font état du respect d'un pluralisme politique du journal, ils font aussi état qu'il n'a pas souvent été très critique vis à vis des maires qui se sont succédés jusqu'à juillet dernier. Comme dit plus haut cela pèse sans doute autant que l'absence de condamnations de la décapitation de Samuel Paty ou des actions de Messaoudène.